Message de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, aux enseignants et aux personnels de l'éducation nationale, sur la rentrée scolaire et la Refondation de l'école, Paris le 31 août 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, aux enseignants et aux personnels de l'éducation nationale, sur la rentrée scolaire et la Refondation de l'école, Paris le 31 août 2016.

Personnalité, fonction : VALLAUD-BELKACEM Najat.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti :


Mesdames, Messieurs,
Enseignants et personnels de l'Éducation nationale,


2016 et 2017 sont des années majeures de la refondation de l'École qui trouve, avec sa mise en oeuvre globale, toute sa cohérence et toute son efficacité pédagogique.

À cette rentrée, ce sont en effet les trois dernières réformes de la refondation qui vont s'appliquer.

La première, c'est la mise en oeuvre des nouveaux programmes du CP à la troisième qui succède à la mise en oeuvre des programmes de maternelle à la rentrée 2015.

Je veux ici souligner l'importance de ces changements.

L'exercice confié pour la première fois au Conseil supérieur des programmes, instance indépendante composée d'experts et de professionnels, était ambitieux.

Par son ampleur tout d'abord, neuf années de la scolarité obligatoire à revoir pour donner la plus grande cohérence possible aux programmes et aux objectifs de maîtrise du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Par le nombre des consultations qui ont été réalisées ensuite, auprès de l'ensemble des enseignants, via une vaste enquête en ligne, mais aussi une large consultation des scientifiques, des historiens et des académies de l'Institut.

Désormais recentrés sur les fondamentaux en cycle 2, plus progressifs, plus cohérents, adaptés au rythme de progression de l'élève, ces programmes seront bénéfiques pour les élèves et, j'en suis certaine, appréciés comme ceux de maternelle l'ont été.

La deuxième réforme, c'est celle du collège.

Je sais que les sentiments à l'égard de cette réforme ont été partagés : certains ont émis une opposition, d'autres ont fait part de leurs doutes ; d'autres, au contraire, étaient particulièrement favorables et se sont engagés parfois dès 2015 dans cette nouvelle organisation.

L'année 2015-2016 a permis, à travers le plan de formation d'une ampleur inédite, mais aussi à travers des dotations horaires globales particulièrement favorables, de dissiper chez certains des inquiétudes.

Les enquêtes internationales ont souvent pointé la faiblesse de notre organisation au collège.

Non pas à cause de la qualité de nos enseignants, largement reconnue et je suis la première à le rappeler à ceux qui aiment si facilement tout critiquer, mais bien à cause de l'empilement de dispositifs qui, plutôt que de résoudre le problème de façon globale, ont fini par créer un système à deux vitesses, laissant trop d'élèves sur le côté. Et, c'est pourquoi, cette réforme, c'est d'abord celle de la confiance aux équipes de terrain, avec une marge d'autonomie dans l'organisation pour vous permettre de sortir de certaines contraintes qui pèsent sur votre quotidien. Davantage d'autonomie laissée aux équipes donc, mais cette réforme c'est aussi plus d'accompagnement personnalisé pour les élèves, des moyens supplémentaires pour les petits groupes, avec 4000 emplois sur les deux rentrées 2016 et 2017, du travail de projet en interdisciplinarité et la deuxième langue vivante apprise plus précocement.

Je serai particulièrement attentive à la mise en oeuvre de la réforme et l'accompagnement des inspections se poursuivra tout au long de l'année.

La troisième, c'est la mise en oeuvre du plan numérique, avec dès la rentrée, les premières ressources disponibles sur la banque dédiée, qui seront complétées par deux nouvelles vagues de mise à disposition de ressources.

Le plan numérique ce sont aussi 1 800 écoles et 25% des collèges qui seront équipés en 2016, 100% des départements qui se sont portés volontaires.

Je parlais il y a quelques instants de la cohérence de la refondation : le numérique en est une illustration très concrète puisque, pour la première fois, les programmes envisagent le numérique comme une composante de la pédagogie au quotidien.

Enfin, avant de conclure ce traditionnel message de rentrée, je veux évoquer vos carrières et vos rémunérations. Nombreux ont été les chantiers engagés depuis 2012, je pense aux directeurs d'école, je pense aux indemnités en éducation prioritaire… Eh bien nous irons plus loin encore cette année : les enseignants du premier degré verront leur indemnité progresser au niveau de celles de leurs collègues du second degré, à 1 200 euros par an.

C'est la fin d'une injustice inexplicable dans les écarts de salaires, qu'avait initiée Vincent Peillon à travers la création de l'Isae à 400 euros et que nous achevons donc aujourd'hui.

Par ailleurs, dès le 1er janvier 2017 et sur une période qui courra jusqu'en 2020, les rémunérations de l'ensemble des enseignants vont être revues à la hausse.

Ce grand chantier s'achèvera dans les prochains mois avec les discussions que nous menons avec les organisations syndicales, avec une révision complète des carrières.

Votre progression sera bien plus claire, votre engagement sera mieux reconnu et tout le monde y gagnera.

La création d'une classe exceptionnelle sera l'occasion pour beaucoup de voir leur fin de carrière revalorisée.

Mesdames et Messieurs, c'est la toute dernière rentrée du quinquennat et, même s'il me reviendra de préparer la rentrée 2017, c'est la dernière fois de cette mandature que je m'adresse à vous à l'occasion d'une rentrée scolaire.

Je tiens à vous dire le plaisir, l'honneur, la fierté que j'ai à vous représenter chaque jour, dans un moment si particulier pour notre pays.

Je tiens à vous dire ma détermination à conduire chaque jour les réformes nécessaires pour l'Éducation nationale après Vincent Peillon, Benoît Hamon, pour l'École de la République, pour la réussite de tous les élèves.

Je pense aux 60 000 créations de postes, promesse que nous tiendrons bel et bien avec le prochain projet loi de finances, à la recréation d'une formation initiale, aux nouveaux programmes de la maternelle à la troisième, aux chantiers de modernisation des carrières et des rémunérations, au travail mené pour plus de justice et de mixité sociale, à la lutte contre la pauvreté, au numérique, j'en ai parlé, ou encore à la transmission des valeurs de la République avec l'enseignement moral et civique et l'éducation aux médias et à l'information.

Notre pays est traversé de doutes.

Face à ces doutes, votre mission est essentielle car, en formant les élèves, en leur transmettant vos connaissances, en leur apprenant à développer un esprit critique, vous préparez rien de moins que l'avenir.

L'École est l'un des ciments de notre Nation, un pilier de la République.

Nous ne devons jamais l'oublier et nous pouvons en être fiers.

À toutes et à tous, je souhaite une excellente rentrée 2016.


source http://www.education.gouv.fr, le 23 septembre 2016

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