Message de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, adressé aux participants des «Rencontres Africa 2016», sur le partenariat franco-africain, à Paris le 22 septembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, adressé aux participants des «Rencontres Africa 2016», sur le partenariat franco-africain, à Paris le 22 septembre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Ouverture des «Rencontres Africa 2016», à Paris le 22 septembre 2016

ti :

Mesdames et Messieurs les Participants aux «Rencontres Africa 2016»,


Je veux partager avec vous cette conviction : l'Europe et l'Afrique, continents voisins, ont une communauté de destin. Les deux rives de la Méditerranée ont vocation à devenir un espace de croissance, de développement et de prospérité mutuellement bénéfiques.

Les relations entre la France et l'Afrique sont spécifiques et, j'ose le dire, privilégiées. Elles sont le produit de l'histoire tout autant que de la géographie. Elles sont fondées sur de solides atouts qui font de la France une porte d'entrée naturelle pour l'Afrique sur le marché unique européen.

Quels sont ces atouts ? Notre langue d'abord, partagée par une grande partie du continent et que le reste du continent souhaite apprendre - j'ai pu m'en rendre compte lors de mes déplacements. La richesse de nos liaisons aériennes et portuaires ; notre coopération universitaire et scientifique axée sur la formation des talents africains ; un cadre juridique, fiscal et financier attractif ; enfin, un dynamisme économique et commercial porté par un réseau d'entreprises qui disposent d'une connaissance inégalée du continent africain.

Il n'y a de ma part aucun triomphalisme, mais il n'y aucune raison de minimiser les liens qui nous unissent ni d'en sous-estimer le potentiel pour l'avenir.

Ces relations sont surtout fondées sur la volonté de réussir ensemble le développement de tout le continent.

Nous devons bien sûr conserver un regard lucide : les défis à relever demeurent considérables. Le premier d'entre eux est la sécurité. La France a montré au cours des quatre dernières années que, chaque fois que cela était nécessaire, elle prenait ses responsabilités à la demande des pays africains et en concertation avec les organisations africaines. Assurer la sécurité de l'Afrique c'est aussi assurer la sécurité de la France et de l'Europe.


Mais dans bien des domaines les progrès sont remarquables. Je souhaite ainsi partager avec vous une grande satisfaction : l'Afrique, bien loin du catastrophisme médiatique, invente son propre chemin vers l'émergence.

Le continent met aujourd'hui en oeuvre un authentique modèle de développement durable, porté par sa démographie et par l'émergence d'une classe moyenne de plus en plus urbaine (l'Afrique devrait compter 40 métropoles de plus de 3 millions de personnes en 2050). Portée, aussi, par la créativité de sa jeunesse qui veut être un acteur à part entière du changement et par les progrès de son intégration économique.

Dans ce formidable mouvement qui s'est engagé, le secteur privé africain joue un rôle moteur. Il est secondé par les acteurs publics et les forces de la société civile et relayé par les diasporas africaines. L'ambition de la France est claire : accompagner les Africains sur ce chemin d'espoir parsemé de défis. Les États africains savent pouvoir compter sur un partenaire expérimenté et sincère.


L'exigence de qualité de cette amitié entre l'Afrique et la France prend tout son sens dans un monde ouvert et en évolution rapide. Cette amitié doit aller de pair avec le sens des responsabilités. Je pense ici à la question essentielle du ré-endettement et à la promotion d'un financement soutenable du développement.

C'est le sens de la refondation du partenariat franco-africain voulue par le président de la République et inaugurée à l'occasion du Sommet de l'Élysée de décembre 2013.

Ce partenariat vient compléter l'ampleur et la densité de nos engagements de solidarité aux côtés des Africains - en faveur notamment de l'éducation, de la formation et de la bonne insertion de la jeunesse sur le marché du travail. Profondément renouvelé, il a une dimension économique centrale : réaliser une double mutation de la présence économique française sur le continent africain.

- Sa présence géographique d'abord : la France entreprend de construire, avec l'ensemble des nations africaines, quelle que soit la sphère linguistique à laquelle elles appartiennent, une relation de confiance et de respect. Les deux principaux partenaires commerciaux de la France en Afrique subsaharienne - le Nigéria et l'Afrique du Sud - en témoignent. Il ne s'agit pas de faire plus là pour faire moins ici. Il s'agit de faire plus partout.

- Sa présence sectorielle ensuite : nous souhaitons concentrer notre action sur les secteurs d'excellence de l'offre française, dans lesquels nos entreprises répondent de manière compétitive. Je veux citer les domaines stratégiques du développement urbain, des nouvelles technologies de l'information, de l'agro-business et, bien sûr, des énergies renouvelables.

Dans cet esprit, les membres de «l'Équipe France pour l'Afrique» sont mobilisés pour apporter un appui financier, administratif et technique aux entreprises françaises désireuses d'investir ce marché dynamique et concurrentiel.


Mesdames et Messieurs,

Dans la perspective du prochain Sommet Afrique-France de Bamako, en janvier prochain, c'est bien à la consolidation de notre relation de confiance et d'amitié que vont servir ces «Rencontres Africa 2016». Je félicite les administrations concernées et la Fondation Africa France d'en avoir pris l'initiative.

L'important courant d'affaires entre entreprises françaises et africaines doit aujourd'hui se densifier encore et se diversifier davantage. Je suis persuadé que les multiples échanges que vous avez pu mener durant ces deux journées, au sein de ce magnifique cadre du Conseil économique, social et environnemental - que je remercie pour son accueil -, y auront contribué de façon décisive. Je vous remercie.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 septembre 2016

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