Interview de Mme Myriam El Khomri, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social à Radio Classique le 27 septembre 2016, sur les chiffres du chômage et la comparaison des taux de chômage avec ceux des pays européens. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Myriam El Khomri, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social à Radio Classique le 27 septembre 2016, sur les chiffres du chômage et la comparaison des taux de chômage avec ceux des pays européens.

Personnalité, fonction : EL KHOMRI Myriam, DURAND Guillaume.

FRANCE. Ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social;

ti :


GUILLAUME DURAND
Nous sommes en direct avec la ministre du Travail, Myriam El KHOMRI. Bienvenue, nous allons commenter ensemble, évidemment, les chiffres du chômage.

MYRIAM EL KHOMRI
Bonjour.

GUILLAUME DURAND
Bonjour. Hier, évidemment, ce commentaire des chiffres vous a permis de parler des attentats, du tourisme qui connait une crise terrible en France. ce matin, la Presse retient essentiellement les aspects politiques, et au fond dit, je pense à Nicolas BEYTOUT au Figaro ou même à des journaux de gauche, François HOLLANDE discrédité sur ce thème qui est fondamental, il ne peut pas lancer une campagne politique présidentielle avec des chiffres pareils. Vous diriez quoi avant qu'on détaille l'aspect économique, parce qu'il y a un aspect politique aussi.

MYRIAM EL KHOMRI
Oui, et avant tout, la question du chômage c'est un aspect social, avant les commentaires politique. S'agissant de la question que vous me posez sur le président de la République, il a dit qu'il prendrait sa décision d'ici la fin de l'année, en tout ces la chiffres mensuels, certes négatifs, qui ont été annoncés hier sur le mois d'août, ne remet pas en cause, ni la trajectoire, ni le chemin parcouru en la matière, et c'est pas moi qui le dis, c'est l'INSEE, qui a bien expliqué que depuis un an, le chômage, le taux de chômage en France...

GUILLAUME DURAND
Oui, mais enfin, il y a une dégradation considérable en août.

MYRIAM EL KHOMRI
Le taux de chômage en France est passé de 10,5 % à 9,9 %. Voilà quels sont les chiffres donnés par l'INSEE, qui est la seule...

GUILLAUME DURAND
En France.

MYRIAM EL KHOMRI
En France, c'est la seule comparaison internationale, des chiffres de l'INSEE, ça c'est le commentaire politique, mais derrière ces chiffres, nous savons bien, et moi ministre du Travail, je combats quotidiennement justement, contre le chômage, parce que derrière ces chiffres il y a des femmes et des hommes. En effet il y a eu une forme de trou d'air au mois d'août, la tendance depuis le début de l'année était à la baisse du chômage, elle reste à la baisse du chômage et il y a eu - 23 000 personnes sorties de la catégorie A.

GUILLAUME DURAND
Mais justement, j'ai beaucoup de questions à vous poser.

MYRIAM EL KHOMRI
Non mais cette question est bien sûr essentielle. Pourquoi nous avons eu un trou d'air au mois d'août, il y a en effet une saison touristique qui a été compliquée dans notre pays au mois d'août, l'hôtellerie, la restauration, les commerces de loisir, ont été impactés, et permettez-moi de le signaler ici, les chiffres de septembre sont plus rassurants aussi en la matière. Donc il y a eu une réalité qui a eu un impact sur les chiffres du chômage.

GUILLAUME DURAND
Madame, la question qui est posée par les journaux ce matin, c'est que chez nos voisins allemands ou anglais, pays très industrialisé, pays pas tellement industrialisé, c'est 6 ou 5 % de chômage, donc il peut y avoir une amélioration sur le début de l'année, mais c'est deux fois moins chez nos voisins, et c'est quand même 685 000 chômeurs de plus depuis que François HOLLANDE est président de la République depuis mai 2012. Alors, l'amélioration sur la tendance n'empêche pas non plus les prévisions de croissance qui, vous le savez, sont quand même de moins en moins favorables à la France et les économistes sont très inquiets, donc cette amélioration est peut-être aussi le signe d'une dégradation à venir.

MYRIAM EL KHOMRI
Il y a plusieurs données. Par rapport au comparaisons notamment européennes, je pense qu'il est important de dire à vos auditeurs que nous avons une chance pour notre pays, qui est sa croissance démographique, mais que c'est en effet un défi pour notre économie. Concrètement, nous avons 700 000 départs en retraite tous les ans, et 800 à 850 000 entrées sur le marché du travail. Voilà notre équation. Et donc c'est pour cela que nous avons besoin de 1,5 % de croissance...

GUILLAUME DURAND
Mais c'est pas la raison qui fait que les Anglais ou les Allemands ont 5 ou 6 % de chômage, alors que nous on en a pratiquement...

MYRIAM EL KHOMRI
Par rapport à l'Allemagne où nous avons 700 000 départs en retraite, nous avons 400 000.

GUILLAUME DURAND
Mais oui, mais enfin, bon, on peut jouer sur les chiffres l'un et l'autre pendant des heures, il y a quand même une situation française qui n'est pas réglée, qui n'a pas commencé avec François HOLLANDE, mais qui s'est aggravée avec François HOLLANDE.

MYRIAM EL KHOMRI
Non, ça ne s'est pas aggravé, puisque depuis un an, les indicateurs économiques sont...

GUILLAUME DURAND
Moi je parle depuis qu'il est là, depuis 2012.

MYRIAM EL KHOMRI
Moi je vous dis, depuis un an, les indicateurs économiques sont meilleurs. Concrètement, nous avons créé 140 000 créations nettes d'emplois, alors que depuis plusieurs années nous détruisions de l'emploi. Qu'est-ce que nous avons fait ? Nous avons bien sûr réduit les déficits, nous avons aussi...

GUILLAUME DURAND
Mais pas les emplois marchands, c'est les emplois aidés, c'est de la formation.

MYRIAM EL KHOMRI
Non, 140 000 emplois, je parle dans le secteur concurrentiel, qui ont été créés. Ça c'est la première fois en 2015, après des années de destructions d'emplois. Donc nous voyons bien que la conjoncture économique s'améliore. Pour cela, il a fallu améliorer la compétitivité de nos entreprises, restaurer les marges et pour qu'elles puissent aussi derrière investir c'est le sens du pacte de responsabilité et du CICE. Et il y a en effet des réformes structurelles qui sont nécessaires et qui étaient nécessaires dans notre pays, et notamment la loi travail que j'ai portée le 8 août dernier, est là pour apporter cette réforme structurelle. Donc il y a des mesures conjoncturelles, et des mesures structurelles qui ont été mises en oeuvre. Aujourd'hui, les indicateurs, malgré ce chiffre, en effet, qui est décevant sur le mois d'août, les indicateurs économiques et les prévisions de croissance confirmées par Michel SAPIN à 1,5, demain. Donc...

GUILLAUME DURAND
Mais personne n'y croit. Pardonnez moi, mais il y a une bataille de chiffres, j'ai lu tous les journaux ce matin, il n'y a pas un économiste qui ne croise les prévisions de croissance du gouvernement.

MYRIAM EL KHOMRI
Mais, par exemple, je vais vous dire, d'autres l'an dernier ne croyaient pas non plus aux prévisions de croissance du gouvernement, et elles se sont réalisées et même elles ont été meilleures que prévu. Donc, vous voyez bien que sur ces questions là, l'UNEDIC, je vais vous prendre, l'UNEDIC a souvent des prévisions pessimistes...

GUILLAUME DURAND
Plus pessimistes que l'INSEE, exact.

MYRIAM EL KHOMRI
Exactement. L'UNEDIC prévoit d'ici la fin 2016, une diminution de 124 000 demandeurs d'emploi en catégorie A. Donc nous voyons bien qu'il y a des indicateurs, la reprise économique est là, elle reste fragile, je le conçois tout à fait, mais nous voyons bien que dans certains secteurs, notamment dans le bâtiment, nous sommes sur une reprise. Nous voyons bien que le taux, les marges des entreprises se sont restaurées, donc l'enjeu c'est de continuer et de renforcer cette accélération.

GUILLAUME DURAND
Je lis les journaux. Nicolas BEYTOUT dans l'Opinion, c'est un désastre, les critiques de Nicolas SARKOZY qui dit que cette conduite de la politique économique et de l'emploi c'est absolument n'importe quoi, critique violente aussi d'Alain JUPPE qui a publié un livre sur l'emploi, considérant justement que les réformes de structures, il parle même de votre loi, sont venues, mais trop tard et pas assez. Donc en fait, si vous voulez on a l'impression d'une sorte de dialogue de sourds dans la société française, c'est-à-dire que d'un côté vous dites que ça va plutôt un peu mieux et c'est une souffrance sociale et les autres vous répondent : la politique économique du gouvernement, c'est absolument n'importe quoi depuis maintenant le début du quinquennat de François HOLLANDE, à cause des zigzags. Donc il y a quand même un aspect politique dans tout ça. Personne n'oublie la souffrance.

MYRIAM EL KHOMRI
J'entends bien qu'il y a un aspect politique dans tout cela. Aujourd'hui on est dans une campagne électorale, quand Nicolas SARKOZY nous fait la leçon sur le plein-emploi, en oubliant qu'il a été président de la République pendant cinq ans, je voudrais donner trois chiffres de son bilan, c'est 600 milliards d'euros de dette supplémentaire, c'est 800 000 chômeurs supplémentaires...

GUILLAUME DURAND
Il vous a répondu déjà, la crise pendant la campagne électorale.

MYRIAM EL KHOMRI
... et 100 000 chômeurs, jeunes, supplémentaires. Un peu de modestie par rapport à cela. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'aujourd'hui la politique du gouvernement a été à la fois : réduire les déficits, le faire dans la justice, de préserver notre modèle social et de restaurer la compétitivité à travers, vous le savez bien, au sein de la gauche, à travers...

GUILLAUME DURAND
Mais il vous répond que pendant deux ans, François HOLLANDE a fait n'importe quoi, qu'il a pris conscience après deux ans, qu'il fallait peut-être essayer...

MYRIAM EL KHOMRI
Nous n'avons pas fait n'importe quoi, puisque nous avons...

GUILLAUME DURAND
Non, je parle des deux premières années, finalement deux années ont été perdues, et qu'on essaie de rattraper avec la baisse des charges et effectivement la loi El Khomri, qui est la vôtre, même si elle n'est pas, disons, suffisamment intense, je parle du point de vue de l'opposition, je ne parle pas évidemment de mon point de vue, tout ça c'est deux ans, d'années perdues et qui pose un problème considérable, parce qu'effectivement on est dans la souffrance des Français, d'où la question qui est reposée et politique, pardonnez-moi de revenir là-dessus : peut-il se représenter sur des bases pareilles ?

MYRIAM EL KHOMRI
La décision de se représenter lui appartient, et il a indiqué qu'elle sera prise d'ici la fin de l'année. Moi je vous dis, les chiffres mensuels, qu'ils soient bons ou mauvais, je le dis à chaque fois, il faut regarder les choses en tendance. Je le dis pourquoi ? Parce que nous savons bien que nous avons des variations mensuelles extrêmement fortes, d'un mois à un autre. C'est une réalité, c'est pour cela que l'on regarde quel est le taux dit par l'INSEE, et le taux dit par l'INSEE dit qu'en un an nous sommes passés de 10,5 à 9,9, donc l'inversion de la courbe, elle est là. Quand on regarde les chiffres de l'INSEE.

GUILLAUME DURAND
J'ai plusieurs...

MYRIAM EL KHOMRI
Le combat, permettez-moi juste, le combat, parce qu'en effet cette souffrance sociale il faut y répondre par une multiplicité de réponses. La première c'était : renforcer la compétitivité des entreprises. La seconde c'est comment nous pouvons renforcer aussi, parce que nous avons des demandeurs d'emploi qui sont parfois pas suffisamment qualifiés et qui peinent à retrouver un emploi.

GUILLAUME DURAND
C'est les 500 000 formations.

MYRIAM EL KHOMRI
C'est le plan 500 000 formations que nous avons lancé en janvier.

GUILLAUME DURAND
Mais les gens vous disent : c'est une manière de sortir des gens des chiffres du chômage en leur donnant des formations payées par l'Etat, un Etat qui est archi endetté. Vous connaissez ces arguments.

MYRIAM EL KHOMRI
La formation doit aller à ceux qui en ont le plus besoin. Quand vous avez deux millions de demandeurs d'emploi qui ont un niveau inférieur au bac, 600 000 inférieur ou serait CAP, nous savons bien que c'est eux qui restent durablement au chômage. Donc tout l'enjeu de ce travail du plan 500 000 que nous faisons avec les régions, et les régions, vous savez qu'elles ne sont pas toutes de gauche, qui sont partenaires avec nous dans ce cadre-là, c'est de regarder quels sont les emplois non pourvus, bassin d'emploi par bassin d'emploi, parce que nous avons en effet dans notre pays...

GUILLAUME DURAND
Et on les sort des statistiques ou on ne les sort pas des statistiques ?

MYRIAM EL KHOMRI
Non, ils ne disparaissent pas des chiffres de Pôle Emploi, ils passent en catégorie D, et à partir... et vous savez bien que les formations ne vont pas durer 8 mois jusqu'à la fin du quinquennat.

GUILLAUME DURAND
Mais franchement, je suis face à vous ce matin, vous n'avez pas été quand même choquée par ces chiffres, je pense, à titre personnel.

MYRIAM EL KHOMRI
Ils sont... nous anticipions.

GUILLAUME DURAND
Parce que là, vous nous sortez des chiffres, mais enfin c'est quand même, pour nous, c'est quand même problématique, vous êtes citoyenne française, je suis citoyen français, ça fait des années que ça dure le chômage, tous nos voisins font mieux que nous et nous on est là en train de dire « oui, la conjoncture s'améliore ».

MYRIAM EL KHOMRI
Guillaume DURAND, bien évidemment, ces chiffres sont décevants, ces chiffres sont décevants mais nous anticipions, dans certains secteurs, qu'il allait y avoir un ralentissement. Nous savions. J'étais avec Jean-Marc AYRAULT, le 13 septembre dernier dans le comité d'urgence du tourisme. Nous ne resteront pas les bras ballants, 10 millions d'euros sont mis justement pour la destination France, nous savons qu'en septembre ça va mieux, et je vais vous dire, un élément, des mesures concrètes, s'agissant du tourisme, en Ile-de-France, suite aux attentats de novembre dernier, nous avons développé l'activité partielle, c'est-à-dire que nous aidons les entreprises de ce secteur qui ont une baisse d'activité, nous formons leur demandeurs, nous formons leurs salariés, pendant que ces salariés sont donc en activité partielle dans l'entreprise, nous avons mis 18 millions d'euros et 1 200 salariés d'Ile-de-France ont été formés parce qu'ils étaient en activité partielle. Donc nous ne restons pas les bras ballants, s'agissant de ce qui se passe dans le secteur du tourisme, et nous notons qu'en septembre ça va beaucoup mieux, de ce point de vue là.

GUILLAUME DURAND
J'ai plusieurs questions, il nous reste deux minutes et il y a plusieurs problèmes qu'il faut traiter ensemble, qui n'ont strictement aucun rapport. ALSTOM, journée de protestation. Quel est le plan pour requalifier les gens du secteur, donc, de l'entreprise de Belfort. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que le gouvernement va faire ?

MYRIAM EL KHOMRI
Alors, le président de la République a... il ne faut pas fermer le site de Belfort. A partir de la...

GUILLAUME DURAND
D'accord. SIRUGUE a dit qu'on allait trouver une solution, mais laquelle ?

MYRIAM EL KHOMRI
A partir de là, Christophe SIRUGUE et Alain VIDALIES, travaillent justement sur le plan de... sur les commandes, qui peuvent être donnés à cette entreprise ALSTOM à Belfort. Il y a bien sûr le dialogue social qui est présent, qui doit être essentiel, et on voit bien que la question de la restructuration d'une entreprise ne peut pas se faire sans et contre les salariés.

GUILLAUME DURAND
MONTEBOURG pense qu'il faut requalifier à Belfort, un certain nombre de commandes qui ont été faites de locomotive pour l'Inde etc., voire même il demande à SAPIN d'utiliser son autorisation ministérielle pour au fond donner les ordres à ALSTOM.

MYRIAM EL KHOMRI
Ecoutez, Arnaud MONTEBOURG a été ministre de l'Economie, il sait bien que sur ces questions-là, tout n'est pas possible dans ce cadre-là, laissons actuellement Christophe SIRUGUE et Alain VIDALIES trouver des solutions par rapport à ALSTOM, c'est tout l'enjeu de cette semaine.

GUILLAUME DURAND
Une question à caractère politique. Vous savez que deux grands flics ont été placés en garde à vue, ils sont proches de Nicolas SARKOZY. Est-ce que ce sont des interventions de la justice qui ont un caractère politique ce matin ?

MYRIAM EL KHOMRI
Je ne peux pas m'exprimer sur ce dossier-là.

GUILLAUME DURAND
Pourquoi ?

MYRIAM EL KHOMRI
Je ne peux pas m'exprimer parce que je n'en connais pas les enjeux.

GUILLAUME DURAND
Mais enfin, vous êtes tout de même responsable politique.

MYRIAM EL KHOMRI
Je suis une responsable politique mais, en l'occurrence, s'agissant de ce dossier-là, je n'ai pas d'éléments à vous apporter.

GUILLAUME DURAND
Parce que les gens considèrent que peut-être que tout d'un coup, on les entend brutalement à un moment où François HOLLANDE essaye de lancer une campagne qui est encore difficile.

MYRIAM EL KHOMRI
Non, absolument, moi je fais confiance à la justice de mon pays et je sais bien qu'elle est indépendante, et elle est indépendante.

GUILLAUME DURAND
Myriam El KHOMRI, vous avez 38 ans, comme Emmanuel MACRON et tout le monde sait que vous n'avez jamais été très sévère avec lui, dans le bon sens du terme, plutôt même chaleureuse, à son égard. Est-ce que fondamentalement, puisqu'on parle de chômage, la génération des gens qui ont plus de 60 ans, ils n'ont pas tous échoué, est-ce qu'il ne serait pas temps finalement que la gauche devienne MACRON ?

MYRIAM EL KHOMRI
Non, je ne pense pas que les gens...

GUILLAUME DURAND
Si tous vos collègues le flinguent.

MYRIAM EL KHOMRI
Je ne pense pas que tous les gens... Moi j'ai toujours considéré qu'Emmanuel MACRON a été un atout et un talent pour ce gouvernement, et je pense qu'il aurait servi son pays, il aurait dû continuer à le faire en tant que ministre de l'Economie. J'ai toujours pensé cela.

GUILLAUME DURAND
Vous savez que le président de la République et Manuel VALLS ne pensent plus du tout cela maintenant. Ils feront tout pour l'empêcher de faire...

MYRIAM EL KHOMRI
Mais je ne partage pas cette aventure individuelle qu'Emmanuel MACRON met en oeuvre aujourd'hui et je pense qu'il aurait dû continuer à servir son pays en tant que ministre de l'Economie. Voilà quel est le fond de...

GUILLAUME DURAND
Vous lui avez dit ?

MYRIAM EL KHOMRI
Il le sait, et je lui ai dit, bien évidemment. La question que vous posez, non, je pense que dans la politique nous avons besoin de toutes les générations, après il y a un sujet qui est celui de la jeunesse.

GUILLAUME DURAND
Vous avez vu dès qu'on parle de MACRON, vous avez un sourire.

MYRIAM EL KHOMRI
Mais parce que, oui, parce que, bien sûr que j'ai un sourire.

GUILLAUME DURAND
Le même sourire n'était pas forcément quand on parlait de la gestion du chômage par François HOLLANDE.

MYRIAM EL KHOMRI
Non, mais on parle de réalité sociale, s'agissant du chômage. Moi je sais très bien que derrière ces statistiques qui peuvent paraître froides, il y a des femmes, des hommes qui se battent et donc le combat au quotidien pour lutter contre le chômage, je l'ai à coeur et je dois le mener et je le mène avec, en inventant, en innovant, en développant des plans de formation parce que les gens en ont besoin et parce qu'il y a des métiers non pourvus, en développant l'apprentissage parce qu'il y a aussi les jeunes et c'est une voie d'excellence et aujourd'hui qui est majoritairement dévalorisée dans notre pays et en me battant aussi pour qu'il y ait une capacité d'adaptation des entreprises. Voilà quelle est la réalité et je sais bien qu'il n'y a pas de baguette magique, mais c'est la conjoncture de toutes ces... conjonction de toutes ces mesures qui permet justement de mieux lutter contre le chômage.

GUILLAUME DURAND
Il paraît que quand il a appris ses chiffres samedi, puisqu'il les a appris samedi, François HOLLANDE était défait. C'est vrai. ?

MYRIAM EL KHOMRI
Non, le président de la République n'est pas défait, et je crois qu'il faut se rendre compte que les chiffres mensuels n'ont pas, montrent bien sûr une situation, un... durant le mois d'août, mais non, ne sont pas...

GUILLAUME DURAND
+ 50 000.

MYRIAM EL KHOMRI
+ 50 000 et sont décevants, mais ne sont pas l'Alpha et l'Omega de la politique qui est menée. Je crois que c'est important de prendre aussi du recul par rapport à cela et de voir aussi...

GUILLAUME DURAND
Vous voulez dire qu'il ne va plus en tenir, pour une éventuelle candidature, parce que Jean-Marie LE GUEN commence à dire, finalement, une campagne ne doit pas être liée aux chiffres du chômage, c'est une sorte de sauvetage en pleine mer agitée.

MYRIAM EL KHOMRI
Le président de la République prendra se responsabilités et prendra sa décision. Je vous rappelle, Guillaume DURAND, qu'il y a un chiffre, c'est celui de l'INSEE, le chômage a baissé de 10,5, à 9,9 % en un an. Voilà la réalité.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup Myriam El KHOMRI, d'être venue, donc, défendre votre politique sur l'antenne de Radio Classique et de Paris Première ce matin. Bonne journée à vous, selon la formule consacrée et sincère.

MYRIAM EL KHOMRI
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 octobre 2016

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