Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le budget 2017 du secrétariat d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, à Paris le 26 septembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le budget 2017 du secrétariat d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, à Paris le 26 septembre 2016.

Personnalité, fonction : TODESCHINI Jean-Marc.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire

Circonstances : Assemblée générale de l'UFAC, à Paris le 26 septembre 2016

ti :


Je suis très heureux d'être parmi vous aujourd'hui - et je remercie le président Goujat de son invitation – à l'occasion de votre congrès, pour vous adresser une nouvelle fois un message de reconnaissance et de confiance.

Ce message de reconnaissance trouve une nouvelle traduction dans le projet de loi de finances pour 2017, présenté en conseil des ministres hier matin.

Comme l'année dernière, j'ai reçu le jour même les représentants du G12, avant même les discussions parlementaires, pour leur présenter les grandes lignes de ce budget, témoignage du lien privilégié que j'ai noué avec le monde associatif, mais aussi du témoignage de ma confiance.

Dans un contexte budgétaire toujours contraint, j'ai eu avec mon collègue en charge du budget plusieurs séances de travail qui ont permis de dégager, à l'issue, un accord qui satisfasse à la fois l'exigence de maîtrise des finances publiques à laquelle le ministère doit contribuer et la nécessaire préservation des droits et dispositifs dont le monde combattant bénéficie.

C'est ma responsabilité et mon devoir. Ce budget maintient l'ensemble des dispositifs de reconnaissance et de réparation à l'égard du monde combattant. Avec une baisse largement inférieure aux années précédentes, ce budget de 2,445 Md€ permet également une revalorisation de certains dispositifs.

Comme je m'y étais engagé dès mon entrée en fonction en novembre 2015, l'action budgétaire se concentrera prioritairement sur les Anciens combattants, tout en préservant le souci de venir en aide aux personnes les plus démunies.

Ce budget prévoit tout d'abord la revalorisation de la retraite du combattant à hauteur de 4 points.

Aujourd'hui fixée à 674 €, elle sera portée à plus de 700€ dès le 1er janvier et atteindra plus de 750€ au 31 décembre 2017, soit une augmentation de 11% en seulement un an.

Cette revalorisation concerne tous les Anciens combattants, de ceux ayant combattu dans la Seconde Guerre mondiale à ceux engagés dans les opérations extérieures en passant par les anciens combattants d'Afrique du Nord, dont les Harkis et les nouveaux bénéficiaires de la carte à cheval.

Elle témoigne de ma volonté de conduire une politique de réparation égale pour toutes les générations combattantes.

Outre l'augmentation de la retraite du combattant, les Harkis, mais aussi les conjoints et ex-conjoints survivants vont bénéficier d'une revalorisation de l'allocation de reconnaissance à hauteur de 100 € par an, dans le prolongement du plan harkis lancé en 2014 qui prévoyait une revalorisation de 167 €.

C'est donc une augmentation d'au moins 8% en seulement deux ans, témoignant, après l'intervention du Président de la République le 25 septembre dernier, de toute l'attention que l'Etat leur porte.

Ce budget n'oublie pas non plus les populations les plus démunies puisque j'ai souhaité qu'un effort supplémentaire soit fait en direction des personnes les plus isolées.

Le PLF 2017 prévoit ainsi une nouvelle revalorisation de l'action sociale de 1 M€, soit une augmentation de 31% depuis 2012.

Là aussi, cette action sociale vise l'ensemble des ressortissants identifiés comme les plus fragiles : les Anciens combattants eux-mêmes, les conjoints survivants et les victimes d'actes du terrorisme.

A cet instant, je veux dire un mot des victimes du terrorisme pour qui une médaille a été créée à la demande de la grande chancellerie par le Président de la République.

Elle est le témoignage de l'hommage incontournable de la Nation à ses victimes. Elle vient aussi saluer le courage avec lequel les blessés du terrorisme et les familles endeuillées doivent se reconstruire.

Certains dans le monde combattant s'émeuvent de la création de cette médaille. Je comprends cette émotion. Mais je veux leur dire qu'elle ne remet pas en cause le courage avec lequel vous avez défendu les valeurs de la France, ni l'hommage que la Nation vous rend pour les sacrifices consentis.

La France honore toutes ses victimes. Sans les opposer. Les victimes du terrorisme sont d'ailleurs depuis 1990 des victimes de guerre, et bénéficient à ce titre de l'accompagnement de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. C'est donc à tous ses ressortissants qui font face à des difficultés sociales qu'est dédiée l'action sociale de l'Office.

Cette revalorisation des moyens alloués s'inscrit dans le cadre de la refonte de l'action sociale de l'ONAC-VG engagée l'année dernière.

Au terme de cette première année, je peux affirmer que cette refonte se passe bien, les retours que nous avons eus de la part des services départementaux étant plutôt rassurants. Je présenterai en octobre prochain, comme je m'y étais engagé, un rapport sur le sujet au parlement, rapport qui vous sera également adressé.

Je parlais tout à l'heure de « contexte budgétaire contraint ». Mais nous avons aussi fait face ces dernières années à un contexte d'engagement opérationnel exceptionnel.

C'est pourquoi ce budget confirme l'attention toute particulière portée aux soldats de retour d'opérations extérieures, tant via la reconnaissance que la réparation.

Tout d'abord, il tient compte de tous ceux qui ont pu bénéficier de la carte du combattant grâce à l'assouplissement des critères d'obtention.

Depuis le 1er octobre 2015, 24 300 cartes du combattant ont été délivrées. Autant de soldats qui ont rejoint la grande famille des « anciens combattants » avec tous les droits que cela implique.

Ce budget tient compte aussi de la particularité des conditions de l'engagement militaire aujourd'hui puisqu'il prévoit la suppression de la condition d'âge de 40 ans pour l'octroi du supplément « enfant à charge » au conjoint ou partenaire survivant d'un militaire blessé.

Aussi, cette mesure d'équité entend rassurer le militaire aujourd'hui et faciliter le quotidien du conjoint ou partenaire demain, en cas de décès.

Enfin, au-delà de la réparation, la reconnaissance à l'égard de cette génération du feu trouvera sa traduction dans le lancement en 2017 du chantier de construction du mémorial en hommage aux soldats morts en OPEX, parc André Citroën, dont le Président de la République a émis le souhait de poser la première pierre.

C'est l'un des grands chantiers de l'année mémorielle 2017. C'est pourquoi j'ai tenu à préserver le budget de la politique de mémoire à hauteur de 22,2 M€, afin de poursuivre une politique ambitieuse et moderne.

Il permettra la poursuite du cycle du centenaire de la Grande Guerre, avec les cérémonies commémorant notamment l'entrée en guerre des Etats-Unis et le Chemin des Dames, tout en continuant de valoriser les autres mémoires : celle de la Résistance, des conflits qui ont conduit à la décolonisation et des OPEX.

Il permettra aussi de mener une politique forte et volontariste de valorisation des lieux de mémoire à l'image du mémorial du Mont Faron en cours de rénovation que le Président de la République inaugurera début 2017.

Mesdames et messieurs, si nous partageons ce souci de défendre les droits des anciens combattants, nous ne sommes pas moins attachés à la jeunesse de notre pays. Ce budget n'oublie pas les nouvelles générations.

L'enveloppe dédiée à la politique de mémoire est en partie consacrée au soutien et à la valorisation de projets pédagogiques mais aussi au développement de supports multimédias dans les lieux de mémoire pour attirer un public plus jeune.

Par ailleurs, la journée Défense et citoyenneté, qui accueille chaque année 800 000 jeunes environ, dispose d'un budget en légère hausse en 2017, de 15,7 M€ contre 15,3 M€ en 2016.

Je sais combien votre engagement est précieux, pour continuer de défendre les droits de nos anciens et de l'ensemble de vos adhérents mais aussi pour conduire des actions de mémoire, dans un souci de transmission et d'éveil à la citoyenneté.

Des structures d'aide et d'accompagnement sont là pour mener cette indispensable œuvre de reconnaissance et de réparation.

Au premier rang de ces structures, il y a bien sûr l'Office national des Anciens combattants et victimes de guerre et son maillage territorial que je défends ardemment.

L'année 2016 est celle du Centenaire de l'Office national. Je veux saluer l'engagement de la Directrice générale et de l'ensemble de ses équipes pour que cet anniversaire soit à la hauteur de l'histoire de l'ONAC-VG, histoire qui a traversé les générations combattantes.

Il y a aussi l'Institution nationale des Invalides, dont j'ai tenu à préserver les fondements dès mon entrée en fonctions. Elle bénéficiera en 2017 d'une dotation exceptionnelle au titre du lancement du programme de rénovation lourde de ses infrastructures.

Le projet de loi de finances que je soumettrai bientôt au vote du parlement veille à la préservation de ces structures d'accompagnement.

Mesdames et messieurs, je veux, en vous souhaitant à toutes et à tous un très bon congrès, une dernière fois vous remercier, monsieur le président, et l'ensemble des membres, pour votre engagement et votre fidélité à vos camarades, à vos valeurs, à vos combats.

Et vous savez pouvoir compter sur moi pour vous accompagner dans cette bataille de la reconnaissance et de la réparation.


Source http://www.defense.gouv.fr, le 6 octobre 2016

Rechercher