Interview de Mme Barbara Pompili, secrétaire d'Etat aux relations internationales chargée de la biodiversité, à Public Sénat le 4 octobre 2016, sur la préparation de l'élection présidentielle à gauche, le "bilan écologique" du gouvernement, la commande de 16 rames TGV à Alstom et les suites de la ratification de l'accord de Paris sur le climat. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Barbara Pompili, secrétaire d'Etat aux relations internationales chargée de la biodiversité, à Public Sénat le 4 octobre 2016, sur la préparation de l'élection présidentielle à gauche, le "bilan écologique" du gouvernement, la commande de 16 rames TGV à Alstom et les suites de la ratification de l'accord de Paris sur le climat.

Personnalité, fonction : POMPILI Barbara, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations internationales sur le climat, chargée de la biodiversité;

ti : CYRIL VIGUIER
Aujourd'hui notre invitée politique dans Territoires d'infos c'est Barbara POMPILI, bonjour…

BARBARA POMPILI
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes secrétaire d'État chargée des Relations internationales sur le climat et la biodiversité, pour vous interroger aujourd'hui à mes côtés Véronique JACQUET de Sud Radio et Gilles LECLERC de Public Sénat, bonjour.

VÉRONIQUE JACQUET ET GILLES LECLERC
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Barbara POMPILI, Emmanuel MACRON sera à Strasbourg ce soir pour dévoiler son diagnostic de la France, ces marcheurs vont lui rendre compte de son diagnostic du pays, est-ce que François HOLLANDE il faut qu‘il y aille maintenant, pour vous il faut y aller-là, c'est parti ?

BARBARA POMPILI
Écoutez, ce que je sais c'est qu'on a besoin tous de se rassembler pour redonner un petit peu d'envie aux électeurs qui ont voté pour François HOLLANDE la dernière fois et qui aujourd‘hui se sentent un petit peu en attente on va dire, donc...

CYRIL VIGUIER
Il est dans une démarche de rassemblement, Emmanuel MACRON quand il fait ça ?

BARBARA POMPILI
Ah ! Mais moi j'espère bien, j'espère bien. Emmanuel MACRON il apporte dans le débat politique une envie de bousculer un petit peu les codes et puis d'essayer d'apporter de nouvelles idées à gauche, mais très bien, on a besoin de débat. Moi tous les gens qui ont peur du débat, tous les gens qui ne veulent surtout pas qu'on pose les questions qui se posent aujourd'hui sur que doit être la gauche ? Que doit être le rapport entre la gauche et les écologistes face aux enjeux du XXIème siècle ? A un moment, je crois qu'il faut arrêter d'avoir peur de son ombre et avancer, il faut redonner envie et qu‘Emmanuel MACRON vienne dans cette démarche de rassemblement et ça sera très bien.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais qui est votre candidat pour 2017, qui est votre candidat, c'est François HOLLANDE ?

BARBARA POMPILI
Non, mon candidat moi c'est François de RUGY. Pourquoi ? Tout simplement parce que dans la suite de ce que je viens de vous dire on veut rassembler, on veut que la gauche redonne envie, mais que la gauche évidemment soit une gauche écologiste et donc pour cela il faut qu'il y ait un candidat dans les primaires qui représente l'écologie politique et qui représente une écologie qui rassemble, qui construit pour gagner ensemble et donc, plus François de RUGY aura un bon score – et je sais qu'il aura un très bon score à ces primaires – plus l'écologie pèsera par la suite ; Et on voit aujourd'hui à quel point c'est important, je rappelle que par exemple la dernière fois à l'ONU il y avait trois grands sujets qui étaient évoqués : évidemment la Syrie, évidemment les réfugiés, mais aussi la COP21 et les enjeux du changement climatique - voilà des enjeux absolument essentiels - la France doit les prendre en compte.

GILLES LECLERC
Donc Barbara POMPILI si j'ai bien compris ce matin vous allez faire campagne pour François de RUGY et, en même temps, vous souhaitez que François HOLLANDE soit candidat, c'est ça, j'ai bien compris ?

BARBARA POMPILI
Moi je n'ai aucun souhait, vous n'avez absolument pas pu entendre ça de ma bouche, moi ce que je veux c'est qu'on redonne de la lumière dans les yeux des électeurs, que les électeurs qui aujourd'hui ont l'impression que la gauche ne propose rien voient qu'au lieu de se mettre au service de petites personnalités qui veulent s'entretuer les gens s'engagent sur un vrai débat de fond politique pour relancer cette dynamique-là.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais Barbara POMPILI c'est difficile de vous entendre, parce que vous avez quitté Europe Écologie – Les Verts pour rentrer au gouvernement...

BARBARA POMPILI
Ah ! Non, j'ai quitté Europe Écologie – Les Verts parce que je ne voulais pas rester dans une secte.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais ensuite... Bon ! Pour rentrer au gouvernement, pour porter l'écologie au sein du gouvernement, or le bilan de François HOLLANDE – on arrive à la fin du quinquennat – n‘est pas très glorieux en matière d'écologie : Fessenheim n'a pas fermé, Notre-Dame-des-Landes reste ce que c'est malgré le référendum pour l'instant... Voilà ! Quel bilan pour l'écologie et qu'est-ce que vous vous pouvez porter ? Quand vous voulez apporter de la lumière sur l'écologie, ça se traduit comment ?

BARBARA POMPILI
Quand on parle du bilan écologique du gouvernement, moi j'aimerais bien qu'on regarde les faits. Alors oui on a perdu du temps au début, ça c'est sûr, maintenant je crois que ce qui restera de ce quinquennat ce sera trois choses : la loi de transition énergétique, qui amorce un virage considérable dans la politique énergétique de notre pays, je crois que ça il faut vraiment qu'on l'ait en tête, la baisse de la part du nucléaire, la hausse de la part des renouvelables et tout ce qui va avec ; la loi sur la biodiversité, qui était un petit peu enlisée quand je suis arrivée et qui aujourd'hui est votée, pareil qui met des bases extrêmement importantes avec la création de l'Agence française pour la biodiversité, avec un encadrement d'un certain nombre de mesures pour éviter justement des problèmes comme Notre-Dame-des-Landes – ce sont deux lois très importantes – et pour la dernière chose c'est la COP21, la France aujourd'hui est reconnue internationalement pour le travail qu'elle a fait sur la COP21. Donc, on a un bilan. Moi je veux bien qu'on dise que le bilan est mauvais, moi ce que je constate c'est que ces trois points-là ce sont des points très importants et ceux, notamment comme Cécile DUFLOT, qui parlent du bilan du gouvernement ou de Ségolène ROYAL, ou de moi-même, écoutez je lui retourne la question, quel est son bilan en termes d'écologie ? Ecoutez, il est nul et non advenu.

GILLES LECLERC
Vous nous parlez du bilan, mais une élection présidentielle ça va être aussi un projet...

BARBARA POMPILI
Tout à fait.

GILLES LECLERC
Donc par exemple François de RUGY va porter quoi, ça va être quoi la petite musique écologique du... enfin on va dire proche du gouvernement ou proche des socialistes ?

BARBARA POMPILI
Il va porter un certain nombre de choses. D'abord porter le fait que l'écologie aujourd'hui c'est le meilleur vecteur de développement économique pour notre pays, on le voit que ce soit dans les énergies renouvelables, que ce soit dans la rénovation thermique des bâtiments, que ce soit dans les transports, voilà des domaines dans lesquels on a un potentiel de création d'emplois qui n'existe j'allais dire nulle part ailleurs dans les autres secteurs économiques ; en agriculture aussi, la prise en compte des enjeux écologiques va tout à fait se rejoindre avec les enjeux de l'agriculture d'aujourd'hui dont on voit qu'elle a atteint ses limites, j'ai encore ce matin entendu un représentant de la FNSEA lui-même le dire ; et puis il va aussi porter, justement ce qui n'a pas suffisamment été fait aujourd'hui dans ce gouvernement, notamment je le disais sur la question des transports, on voit que la loi de transition énergétique une de ses faiblesses ce sont les transports qui n'ont pas été suffisamment développés, une grande loi d'orientation sur les transports intérieurs pour qu'on ne regarde plus moi mon petit contournement de ville, moi ma petite autoroute, etc., qu'on regarde les choses de manière globale.

GILLES LECLERC
Et les décisions qu'on va attendre aujourd'hui concernant le site de Belfort pour ALSTOM, la commande apparemment de 16 TV pour des trains Intercités, c'est une bonne vision des choses pour une écologiste comme vous ?

BARBARA POMPILI
Écoutez, dans une période où aujourd'hui il est difficile de retrouver de l'emploi, le fait d'essayer de garder un site c'est très bien. Maintenant, je fais la différence entre les mesures qui sont prises un peu ponctuelles pour régler la question pour quelques années et puis une vision de long terme, qu'on réfléchisse à l'avenir d'un site industriel en essayant de réfléchir à sa manière d'être adaptable parce que les choses changent...

VÉRONIQUE JACQUET
Donc le plan d'Emmanuel VALLS là, la commande de 16 TGV pour faire vivre le site d'ALSTOM, vous le jugez comment, est-ce qu'il n'aurait pas fallu carrément nationaliser ALSTOM au point où en est ?

BARBARA POMPILI
Non, c'est une mesure ponctuelle. Moi ce qui m'intéresse plus...

VÉRONIQUE JACQUET
Non, mais c'est une mesure ponctuelle mais ce n'est pas forcément une bonne mesure, commander 16 TGV pour les mettre sur des voies à petite vitesse enfin c'est complètement incongru ?

BARBARA POMPILI
Oui, après on verra - parce qu'on a aussi des TGV qui arrivent en bout de course - on va voir, moi pour l'instant là-dessus ce n'est pas ce que je regarde en premier, ce que je regarde en premier c'est qu'est-ce qu'on va faire après ? Il y a une idée pour que ce soit devienne un site de maintenance, pourquoi pas, voilà ça lui donne une vraie perspective d'avenir - mais encore une fois ça doit se faire - et ça je suis assez d'accord avec vous, ça doit se faire dans une perspective globale, comment on voit globalement le transport ?

GILLES LECLERC
Pardon de vous interrompre ! Sur la méthode quand même, par rapport à ce sujet-là, qui est un sujet qui touche l'aménagement du territoire, qui touche l'environnement, etc.

BARBARA POMPILI
Oui, tout à fait.

GILLES LECLERC
Est-ce que par exemple, vous, vous avez été consultée ? Est-ce qu'il y a eu débat à l'intérieur du gouvernement ou c'est une décision de Matignon qui va tomber tout à l'heure ?

BARBARA POMPILI
Moi je ne suis pas complètement concernée, parce que ça ne touche pas beaucoup la biodiversité. Non le gouvernement a consulté, il a rencontré à de nombreuses reprises des acteurs du territoire, des acteurs économiques et aussi les représentants dans le gouvernement qui s'occupent de ces questions-là, non, non, il n'a pas fait ça tout seul dans son coin. Mais encore une fois moi je fais bien la différence, c'est pareil que pour l'agriculture, entre les mesures qui sont là - des mesures un peu d'urgence pour essayer de résoudre un problème ponctuel – et les mesures de long terme.

GILLES LECLERC
Vous dites d'urgence, ce n'est pas des mesures électoralistes ?

BARBARA POMPILI
Écoutez-moi laisser fermer une usine sans donner de perspective à des personnes qui aujourd'hui ne gagnent pas énormément leur vie et en leur disant : « vous devez partir, vous devez abandonner votre maison, etc. » sans trouver de solution, ce n'est pas une question d'électoralisme, c'est une question d'essayer de résoudre un problème quand il se pose, je crois que franchement le gouvernement ce serait bien passé de cette annonce.

CYRIL VIGUIER
Notre invitée politique ce matin Barbara POMPILI, secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité dans Territoires d'infos, la matinale de Public Sénat et de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale. L'Inde l'a ratifié, aujourd'hui en principe feu vert de l'Union européenne pour ratifier l'accord de la COP21...

BARBARA POMPILI
Oui.

CYRIL VIGUIER
A partir de maintenant, comment ça se passe pour atteindre l'objectif de 2 ° concrètement ?

BARBARA POMPILI
Concrètement, il faut déjà que... d'abord la ratification, on passe très bite là-dessus, mais quand on signe un accord...

CYRIL VIGUIER
Non, non, je l'ai dit.

BARBARA POMPILI
Non, non, mais vous avez raison, quand on signe un accord il faut qu'il soit ratifier, le faire en moins d'un an comme Ségolène ROYAL a réussi à le faire moi je le salue parce que franchement ce n'est pas habituel...

CYRIL VIGUIER
Concrètement !

BARBARA POMPILI
Après ce qu'il faut, l a ratification de l'accord, c'est-à-dire que chaque État s'engage à respecter la feuille de route qu'il a lui-même donnée, une feuille de route c'est un certain nombre de politiques publiques : il faut avoir effectivement avoir une politique sur les transports ; il faut avoir une politique sur l'habitat, parce que l'habitat aujourd'hui coûte très cher en termes de dégagement de gaz à effet de serre, c'est pour ça que la France par exemple travaille beaucoup sur l'isolation thermique des bâtiments ; c'est la question aussi de revoir ces modes de production énergétique, tout ça ce sont des engagements qui ont été pris par les États et donc les États doivent les tenir.

CYRIL VIGUIER
Et l'objectif du 2 ° il est toujours valable ou, en avançant, il ne l'est plus ?

BARBARA POMPILI
L'objectif de 2°, on l'a vu, même si les États tiennent leurs engagements, ça va être compliqué. Mais en même temps moi maintenant je suis quelqu'un de pragmatique, je me dis qu'on rentre dans un cercle vertueux, d'ailleurs ça se voit, maintenant on ne s'étonne même plus que la Chine, les États-Unis, l'Inde – qui sont les plus gros producteurs de gaz à effet de serre – signent en rafale, ratifient en rafale, c'était inimaginable il y a deux – trois ans...

VÉRONIQUE JACQUET
On a quand même sept climatologues de renom qui disent, fin septembre : « ça ne suffit pas, il faut doubler les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ».

BARBARA POMPILI
Ah ! Mais je ne vais pas dire le contraire, je ne vais pas dire le contraire. Mais à un moment, quand des pays s'engagent, quand les pays commencent à mettre en place des politiques, allons-y ; et d'ailleurs je crois en la force de l'exemple, moi je crois que quand on montrera que ceux qui se sont engagés dans ces politiques-là y voient un retour positif en termes économiques, en termes de création d'emplois, en termes de marchés qui arrivent – parce qu'aujourd'hui il y a une attente aussi des populations – tout le monde se rendra compte que, plus on avance dans le domaine de l'écologie, plus on y gagne.

GILLES LECLERC
Il y a des clauses et des rendez-vous et, éventuellement, des sanctions si un certain nombre de pays... comment ça se passe concrètement, pour reprendre la question de Cyril ?

BARBARA POMPILI
On a essayé d'éviter le piège de ce qui s'était passé à Kyoto, parce que justement on avait mis des sanctions, on avait mis quelque chose de très dure, résultat personne n'avait ratifié parce que personne ne voulait rentrer dans le régime de sanctions. Aujourd'hui je crois que le plus lourd c'est le poids de, comment dire, du regard des populations, d'ailleurs franchement on peut se poser la question de pourquoi la Chine a ratifié ? La Chine a ratifié pourquoi ? Parce que maintenant elle a des villes entières qui sont couvertes de pollution, avec des populations qui sont tenues et qui sont quand même la base du fonctionnement politique de la Chine, qui aujourd‘hui ne supportent plus et, donc, on voit bien qu'ils ne l'ont pas fait par altruisme ou par écologie politique révélée, ils se sont rendus compte qu'ils avaient tout intérêt à le faire d'un point de vue politique, donc là c'est pareil, il n'y a pas d'obligation juridiquement parlant mais il y a des obligations vis-à-vis de l'opinion publique et on voit que c'est ça qui pèse le plus aujourd'hui.

GILLES LECLERC
En vous écoutant, au fond, je me disais : « mais est-ce que ça ne serait pas Ségolène ROYAL la bonne candidate qui vous mettrait vous peut-être... qui vous ferait plaisir je dirais, qui respecterait tout ce que vous croyez j'allais dire sur l'environnement et en même temps qui politiquement a déjà été candidate, a déjà fait un score, ça ne serait pas la bonne solution au fond pour vous ?

BARBARA POMPILI
Moi je vous l'ai dit le poids de l'écologie politique ce sera le score de François de RUGY et donc je vais travailler pour que François de RUGY soit le mieux...

VÉRONIQUE JACQUET
La primaire des verts alors, la primaire d'Europe Ecologie – Les Verts ?

BARBARA POMPILI
Le mieux élu.

VÉRONIQUE JACQUET
La primaire d'Europe Écologie – Les Verts, elle n'a pas sa place, s'il y a le couloir François de RUGY pourquoi une primaire des verts ?

CYRIL VIGUIER
Vous soufflez-là ?

BARBARA POMPILI
Oui.

CYRIL VIGUIER
Vous soufflez.

BARBARA POMPILI
Oui, parce que les primaires des verts c‘est la qualification pour un jeu qui pourrait s'appeler qui veut gagner 2 % ? Voilà ! Donc, ça ne fera rien gagner à l'écologie politique, par contre ça risque de faire perdre la gauche... Voilà ! Moi je ne comprends pas qu'on en soit encore à ce point-là dans ce parti, que la quasi-totalité des écologistes ont quitté puisqu'aujourd'hui maintenant c'est devenu un groupuscule, ce parti continue à être tellement dans sa bulle qu'il ne se rend pas compte qu'aujourd'hui il y a trois pôles : le pôle de l'extrême droite, le pôle de la droite...

CYRIL VIGUIER
Mais vous l'expliquez comment, par les personnalités ?

BARBARA POMPILI
Le pôle de la gauche et des réformistes...

CYRIL VIGUIER
Vous l'expliquez comment, par ses personnalités, par...

BARBARA POMPILI
Parce qu'ils ont un mode de fonctionnement que maintenant je connais très, très bien pour les avoir fréquentés de près...

GILLES LECLERC
Vous ne les voyez plus du tout, vous n'avez plus aucun contact avec Cécile DULOT, avec...

BARBARA POMPILI
Non ! Et puis, franchement, ça ne m'intéresse pas. Mais j'ai quelques contacts avec des élus de terrain qui sont encore là parce qu'ils ne savent pas trop où aller et donc ils restent là, et qui font du bon travail - il y a encore quelques écologistes à EELV qui font du bon travail – mais à la tête... Et puis les cadres intermédiaires, excusez-moi, mais on est dans sa bulle, on ne voit pas que le Front national sera quasiment sûrement au second tour et on ne voit pas - malgré les leçons – moi j'ai quitté ce parti à cause des Régionales, parce que les Régionales ils partaient dans le mur, je leur ai dit, ils n'ont pas voulu le croire et, là, on refait pareil, c'est-à-dire qu'on va diviser la gauche pour la faire perdre. C'est une manière intelligente de promouvoir l'écologie !

CYRIL VIGUIER
Dernière question Véronique JACQUET, Sud Radio.

VÉRONIQUE JACQUET
Barbara POMPILI, du concret, plan de soutien pour les céréaliers annoncé ce matin par Manuel VALLS, dans le même temps il y a le monde agricole qui attend l'annonce d'un accompagnement des agriculteurs vers une préretraite ou une reconversion - c'est mieux que rien puisque c'est une porte de sortie pour ceux qui sont en difficulté - vous, vous avez porté la loi sur la biodiversité, est-ce que les agriculteurs quand même ne souffrent pas encore et toujours de cet empilement de normes ? Est-ce que là il n'y a pas quelque chose à faire pour les soulager ?

BARBARA POMPILI
Les agriculteurs souffrent d'un système dans lequel on les a mis qui est un système où on essaie de les mettre dans une concurrence internationale qui est complètement intenable, avec justement des normes de plus en plus basses, c'est-à-dire de qualité de plus en plus en plus basse. On voit que les agriculteurs qui s'en sortent le mieux ce sont ceux qui ont plutôt des moins grosses structures, qui ont une agriculture diversifiée - si on ne fait que des céréales, quand il y a un problème climatique, blam, on se prend ça dans la figure – donc il faut diversifier, il faut retourner à des circuits de qualité, des circuits courts, c'est ça la qualité de l'agriculture en France, c'est ça qui refera revenir des agriculteurs sur notre sol parce qu'aujourd'hui il y en a de moins en moins et c'est ça l'avenir. Donc allons dans cette direction-là et qui est une direction complètement compatible avec l'écologie.

CYRIL VIGUIER
Barbara POMPILI, vous avez été militante dans des petits partis - Europe Ecologie Les Verts on en parlait tout à l'heure – les nouvelles dispositions du Conseil constitutionnel sur les temps de parole est-ce que ce n'est pas une prime aux trois grands partis ça ?

BARBARA POMPILI
Non, c'est une prime au rassemblement et moi aujourd'hui je considère que faire de la politique dans son coin, en ayant raison tout seul, en croyant qu'on ait raison tout seul, c'est ce qui nous amène à notre perte et c'est ce que font certains, donc, si on s'inscrit dans un rassemblement, si on montre qu'on veut construire tous ensemble - parce qu'on doit travailler avec les autres, parce qu'on doit travailler forcément avec des gens qui ne sont pas d'accord avec nous, il faut s'ouvrir un peu – ceux qui travaillent dans un rassemblement ne seront pas concernés par ces...

CYRIL VIGUIER
Et sur les temps de parole par exemple, c'est embêtant parce qu'il y aura moins de...

GILLES LECLERC
... les trois grands dont vous parlez il y a un instant ?

CYRIL VIGUIER
Voilà !

BARBARA POMPILI
Ce n'est pas une question d'une prime aux trois grands, encore une fois c'est on prend acte qu'aujourd'hui il y a trois grands pôles, mais encore une fois, quand on s‘inscrit dans l'un de ces pôles et qu'on veut rassembler, on aura tout le temps de parole qu'on voudra.

CYRIL VIGUIER
Merci Barbara POMPILI, secrétaire d'État chargée de la Biodiversité, qui était l'invitée de Territoires d'infos ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 octobre 2016

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