Interview de M. Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, à Public Sénat le 5 octobre 2016, sur la préparation de l'élection présidentielle, la position des départements vis-à-vis du projet de recentralisation du revenu de solidarité active (RSA) et le sauvetage du site d'Alstom de Belfort. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, à Public Sénat le 5 octobre 2016, sur la préparation de l'élection présidentielle, la position des départements vis-à-vis du projet de recentralisation du revenu de solidarité active (RSA) et le sauvetage du site d'Alstom de Belfort.

Personnalité, fonction : BAYLET Jean-Michel, VIGUIER Cyril.

FRANCE. Ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales;

ti : CYRIL VIGUIER
Bonjour, c'est l'heure de l'invité politique, bonjour Jean-Michel BAYLET...

JEAN-MICHEL BAYLET
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Vous êtes ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, merci d'être avec nous ce matin dans « Territoires d'infos ». Pour vous interroger, à mes côtés ce matin : Véronique JACQUET, de Sud Radio, bonjour Véronique...

VÉRONIQUE JACQUET
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Et Gilles LECLERC, de Public Sénat, bonjour Gilles.

GILLES LECLERC
Bonjour.

CYRIL VIGUIER
Emmanuel MACRON était hier soir à Strasbourg, Monsieur le Ministre, l'ex-ministre de l'Économie a répondu aux critiques de la droite et posé un diagnostic sur l'état de la France, quand vous écoutez Emmanuel MACRON, quand vous entendez ce qu'il dit, c'est un discours au fond assez centre gauche qui vous ressemble un peu ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Je n'ai pas entendu ce qu'il a dit hier, mais c'est vrai que le positionnement idéologique d'Emmanuel MACRON est assez près de la ligne des radicaux, très progressiste sur le plan sociétal, très libéral, en tout cas libéral, raisonnablement libéral sur le plan économique, il n'empêche que moi je pense qu'il faut faire attention quand même parce que nous approchons des élections, la gauche est menacée de ne pas être au second tour, en ce qui me concerne je préfère cultiver les convergences plutôt que les divergences, rassembler plutôt que diviser.

GILLES LECLERC
Et quel est le meilleur rassembleur dans la famille de gauche je dirais large, élargie ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Moi je ne me suis jamais caché de dire que le président de la République sortant à une élection présidentielle a la légitimité s'il souhaite se représenter, mais bon tout cela sera tranché prochainement dans le cadre des primaires et ma formation politique se réunira fin novembre pour savoir si nous participons à ces primaires ou si nous décidons de présenter un candidat à la...

GILLES LECLERC
Mais, vous, vous avez envie...

CYRIL VIGUIER
La tendance, c'est plutôt quoi ?

GILLES LECLERC
Qu'il y ait un candidat PRG dans cette primaire ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Moi je ne suis plus président du parti, donc ce n‘est plus à moi de penser pour cela.

GILLES LECLERC
Mais vous, personnellement, vous avez un avis ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Je me positionnerai en respectant la décision du parti. Moi je considère qu'effectivement les primaires c'est un bon exercice – et pas seulement parce que j'ai participé la dernière fois – mais tout simplement parce que c'est utile, ça permet d'échanger pour peu qu'on respecte les règles du jeu et qu'on en sorte rassemblés.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais c'est utile pour le PRG sur quel plan, pour jouer après, pour peser sur les Législatives ? Vous allez faire combien ?

JEAN-MICHEL BAYLET
C'est très utile, regardez combien la participation des radicaux aux primaires la dernière fois nous ont permis de gagner en notoriété, combien nos valeurs, nos idées ont été bien intégrées par les Français et puis le PRG est un des partis les plus importants avec le Parti socialiste de la gauche française, il est normal qu'il s'exprime dans ces moments-là, mais je le répète moi je ne suis plus président du parti, ce n'est pas à moi à prendre ces décisions.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais qu'est-ce qui pourrait faire finalement, en vous écoutant, que le PRG n'aille pas à la primaire ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Mais il y a des militants qui sont partisans de la primaire et il y a des militants qui sont partisans d'aller directement au suffrage universel et d'avoir un candidat radical de gauche à la Présidentielle.

GILLES LECLERC
Donc, si c'est ça le vote des militants, la candidate serait Sylvia PINEL a priori logiquement ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Logiquement c'est toujours le président ou la présidente du parti qui est candidat à ce genre d'élection, oui je vous le confirme, mais là encore il appartient aux militants de choisir.

VÉRONIQUE JACQUET
Les radicaux de gauche donc sduit quand même par Emmanuel MACRON, parce que vous souhaitez qu'il rentre dans le rang quand on vous écoute – mais enfin il est parti pour ne pas s'arrêter – il installe l'idée que sa crédibilité de candidature est possible ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Je viens de vous répondre, moi je suis pour le rassemblement et l'unité, vous me questionnez sur le contraire, la division non, je suis heureux quand j‘entends Emmanuel MACRON énoncer ses visions politiques, sociales et économiques, je suis heureux quand je vois qu'il a gardé les valeurs que sont les nôtres quand il attaque la droite et qu'il ménage la gauche...

CYRIL VIGUIER
Et qu'elles sont populaires dans l'opinion publique ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Oui, bien sûr, bien sûr, l'opinion publique adore ce genre de situation, sauf qu'au dernier moment après le vote utile l'emporte toujours nous le savons, par contre je suis moins satisfait si la volonté d'Emmanuel MACRON c'est de porter la division.

CYRIL VIGUIER
C'est Jean-Michel BAYLET, le ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, qui est l'invité de « Territoires d'infos », ça tombe très bien ce matin - la matinale de Public Sénat, de Sud Radio avec la presse quotidienne régionale - vous serez vendredi à Poitiers pour l'Assemblée des départements de France. On le sait, on en a parlé dans la première partie de cette matinale, les départements souffrent financièrement, allez-vous à cette assemblée avec de bonnes nouvelles Jean-Michel BAYLET ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Je vais écouter les départements, leurs présidents et nous allons parler des sujets qui les préoccupent, en particulier du RSA qui pèse lourdement sur les finances des départements. Il faut quand même en deux minutes recadrer les choses, parce que vos auditeurs ne savent pas forcément ce qu'est le RSA : en 1990, considérant qu'il y avait trop de personnes laissées au bord du chemin, Michel ROCARD instaurait le RMI, le Revenu Minimum d'Insertion, avec la volonté de dire : « Bon ! Vous êtes en difficulté », on vous tend la main, on ne vous laisse pas au bord du chemin, mais on va avec l'insertion vous ramener à la vie active » - les départements à ce moment-là étaient obligés de faire 20 % d'insertion, aujourd'hui ils n'en font pas du tout – première problématique ; En 2004, le gouvernement de Jean-Pierre RAFFARIN décide de décentraliser le RMI, c'est-à-dire que cette prestation nationale, cette prestation servie par l'Etat, on en colle le financement aux départements, 2004 – 2004 ce n'est pas une date neutre parce que dans ce gouvernement-là il y avait Dominique VUSSEREAU aujourd'hui président des...

CYRIL VIGUIER
De l'assemblée !

JEAN-MICHEL BAYLET
De l'Assemblée des départements de France – et il est vrai qu'aujourd'hui, compte tenu des problématiques qu'il y a, un grand nombre de nos concitoyens sollicitent le RSA mais n'en ressortent pas parce que l'insertion n'est plus faite. Donc au congrès de Troyes, le congrès avant celui de Poitiers, l‘année dernière l'ADF a voté à l'unanimité une motion pour demander la recentralisation du RSA en ne touchant pas aux recettes dynamiques que sont la SVAE et les DMTO, les DMTO c'est les frais de notaires. Voilà !

GILLES LECLERC
Jean-Michel BAYLET quand même, au-delà de...

JEAN-MICHEL BAYLET
Attendez, je voudrais juste aller...

GILLES LECLERC
Oui, allez-y.

JEAN-MICHEL BAYLET
Je n'en ai pas pour longtemps. Nous avons ouvert la négociation avec le Premier ministre, c'est quand même 700 millions - 700 millions d'euros - pour l'État – et nous leur avons dit : « Banco ! Vous souhaitez recentraliser sans toucher aux recettes dynamiques, nous le faisons » et, à partir de là, il est apparu clairement qu'une partie des présidents de droite qui avaient voté cette recentralisation ne le souhaitait pas réellement pour des raisons qui sont plus politiciennes que politiques et qui touchent à la situation actuelle à six mois ou huit mois des élections.

VÉRONIQUE JACQUET
Droite ou gauche Jean-Michel BAYLET on est face à un système à bout de souffle, la population vieillit, il y a de plus en plus de paupérisation, donc la situation n'est pas la peine qu'il y a 20 ans, donc comment on gère le financement des minima sociaux à l'échelle du département – c'est ce que vous demande en fait Dominique BUSSEREAU là – qu'est-ce que vous faites pour eux face à une situation qui est nouvelle depuis plusieurs années ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Mais nous faisons, parce que l'État quand même prend en charge une partie du financement de l'APA – comme vous parlez du vieillissement – mais là encore les engagements n'ont pas été tenus depuis 2020, c'était 50 les départements 50 l'Etat, nous en sommes loin. Moi je suis encore ouvert à la négociation, mais pour négocier il faut être deux, moi on m'a mis deux négociateurs en face : Alain LAMBERT pour qui j'ai la plus grande estime et Aymeric de MONTGOLFIER, même commentaire, les deux négociateurs sont arrivés en disant : « on nous a demandé de mener cette délégation pour négocier la recentralisation du RSA », l'un et l'autre m'ont dit : « je suis contre », quand on envoie des négociateurs qui sont hostiles à la négociation, il est clair que les choses ne peuvent pas aboutir – et ce fut le cas – je le regrette parce que nous avons tendu la main en reprenant mot à mot la motion qu'ils avaient votée lors de leur dernier congrès et, je répète, 700 millions sur la table. Effectivement vous avez raison il faudra bien trouver une solution, ce sera maintenant, ce sera après les élections présidentielles, mais il faudra bien trouver une solution pour prendre en charge ce que l'on appelle les AIS (phon), c'est-à-dire les Aides Sociales Départements.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais concrètement, là dans un premier temps, pas de bonne nouvelle pour les départements de France ?

CYRIL VIGUIER
Donc pas d'annonce de votre part vendredi, pas d'annonce ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Je vous encourage à venir au congrès, mais j'ai déjà quand même clairement dit que l'an dernier le fonds d'urgence pour les départements les plus en difficulté était de 52 millions et que cette année il serait porté à 200 millions, ça fait quand même 150 millions d'euros de plus ; nous avons aussi clairement dit que concernant l'insertion, puisque ça ne marche pas, nous proposons aux départements qui sont volontaires de contractualiser avec l'État pour mener un certain nombre d'actions et, là encore, nous avons mis 50 millions d'euros, donc nous ne faisons pas rien. Mais pour négocier, je répète, il faut être deux et de bonne volonté, ce n'est pas tout à fait le cas.

GILLES LECLERC
Jean-Michel BAYLET, au-delà je dirais de la polémique politique, vous dites d'un côté : « nous on est prêts à mettre 700 millions, si je vous est bien compris, et de recentraliser en partie le RSA », Dominique BUSSEREAU, je le cite, il dit : « à Poitiers ça va être le congrès de la colère », à ses yeux il manque huit milliards : RSA, APA, prestations handicap, donc il y a un énorme gap entre les deux ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Oui. Remarquez, j'imagine qu'il cumule depuis le début de ces prestations, sur les huit milliards il y en a une bonne partie qui a été – si tant est qu'il y ait ce trou comme il le prétend, ce que je ne crois pas – de huit milliards il y en a une bonne partie pour les gouvernements de droite quand même.

GILLES LECLERC
Donc, la négociation elle n'aura pas lieu à Poitiers s'il devait y avoir...

JEAN-MICHEL BAYLET
A Poitiers ils ne m'ont pas invité pour négocier, je ne viens pas pour négocier, nous allons échanger, c'est le congrès annuel. Vous savez j'ai été pendant des années vice-président de cette Association Départements de France, donc c'est un rite, je vais me livrer au rituel, si les départements veulent reprendre la négociation ma porte est grande ouverte et celle du Premier ministre également.

VÉRONIQUE JACQUET
Jean-Michel BAYLET, vous êtes le ministre de l'Aménagement du territoire, la méthode du gouvernement interpelle quand même dans le sauvetage du site d'ALSTOM, l'Etat achète 15 TGV pour les mettre sur des lignes Intercités, notamment entre Bordeaux et Marseille – c'est comme si on mettait une formule un sur une départementale – en plus ces trains vont coûter très cher à l'entretien, où l'Etat est stratège là-dedans sur le long terme, franchement ça va coûter aux contribuables beaucoup d'argent à partir de 2018 ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Oui ! Alors, faut-il ou non sauver ALSTOM, la réponse est oui.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais est-ce qu'il faut le sauver à n'importe quel prix et n'importe comment ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Nous devons sauver ALSTOM, c'est un fleuron...

GILLES LECLERC
Le site de Belfort, Monsieur le Ministre, pardon de vous inter...

JEAN-MICHEL BAYLET
Oui, mais le site de Belfort...

GILLES LECLERC
ALSTOM n'est pas en péril.

JEAN-MICHEL BAYLET
Oui, bien sûr. Nous devons sauver le site de Belfort d'ALSTOM - je répondais à la question de madame et indirectement sur ALSTOM – nous devons sauver ALSTOM parce que c'est un des fleurons de la technologie française...

VÉRONIQUE JACQUET
Mais ALSTOM se porte très bien à l'étranger ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Nous devons sauver les emplois à Belfort, bien, naturellement. Que ne dirait-on pas si nous n'étions pas intervenus, si nous n'avions rien fait ? Dans le même temps, tout le monde...

VÉRONIQUE JACQUET
Mais à ce moment-là il faut intervenir... Jean-Michel BAYLET, il faut intervenir pour tous les sites industriels qui sont menacés, il faut intervenir pour les agriculteurs qui souffrent ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Nous parlons d'ALSTOM, ce sont des dossiers qu'on prend les uns après les autres - et j'espère qu'il n'y aura pas trop de sites industriels menacés - mais nous avons une véritable politique industrielle en France, le Premier ministre l'a rappelé hier justement ici au Sénat. A partir du moment où nous voulons sauver ALSTOM, nous le faisons dans la meilleure des manières en lui donnant des commandes, or il se trouve que tout le monde proteste sur la vétusté des trains - et c'est un débat qui est ouvert depuis longtemps – alors nous...

CYRIL VIGUIER
... qu'il n'y a pas de stratégie industrielle ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Il y a une stratégie, mais à partir du moment où il y a un sinistre industriel nous ne pouvons intervenir qu'au cas par cas. Nous ne laissons pas tomber l'industrie française, nous ne laissons pas tomber les employés d'ALSTOM. Voilà ! Je crois que c'est quand même plutôt une bonne nouvelle.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais les employés d'ALSTOM n'étaient pas directement menacés par la perte de leurs emplois ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Je le répète, que ne dirait-on pas si nous n'intervenions pas ? Souvenez-vous de la question posée à Lionel JOSPIN, qui répond lors de la campagne de 2002 : « Ah ! Oui, mais ce n'est pas à moi d'intervenir sur les entreprises », ça lui a été reproché toute la campagne. Quand nous intervenons ça ne va pas non plus, il y a un moment il faut savoir.

VÉRONIQUE JACQUET
Mais donc, monsieur BAYLET, on a l'impression quand même que le gouvernement est tétanisé-là par la peur d'un Florange, un deuxième Florange, on est à quelques mois des élections est-ce que ceci n'explique pas cela ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Mais pourquoi dites-vous que nous sommes tétanisés ? Nous oeuvrons, nous avons décidé de sauver ce site, de sauver l'emploi, de passer des commandes d'un matériel extrêmement performant et de régler le problème des trains qui étaient vétustes, je crois que c'est plutôt une bonne nouvelle non.

GILLES LECLERC
Mais franchement vous vous occupez, on le répète, d'aménagement du territoire, ces fameux trains Intercités vous savez très bien qu'ils ne sont pas ou peu rentables, par exemple je ne sais pas Bordeaux – Toulouse ou Toulouse peut-être plus tard vers Nice et Marseille, est-ce que ça a un fondement économique ?

JEAN-MICHEL BAYLET
D'abord Bordeaux – Toulouse ce n'est pas un train Intercités...

GILLES LECLERC
Non, je suis d'accord.

JEAN-MICHEL BAYLET
Dans quelques années ce sera la ligne à grande vitesse, donc voilà aussi cadrons bien les choses.

CYRIL VIGUIER
Vous connaissez bien Toulouse !

JEAN-MICHEL BAYLET
Je connais bien mes dossiers en aménagement du territoire aussi. Mais les trains Intercités sont très importants pour les citoyens, il n'y a pas que la notion de rentabilité, il y a la notion...

GILLES LECLERC
Donc, c'est le service public ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Il y a la notion de mobilité - ce sont les régions qui gèrent ces trains - il est normal, à partir du moment où nous voulons des mobilités douces, que nous offrions à nos concitoyens la possibilité de se déplacer dans les meilleures conditions et ce d'autant plus que, puisqu'on parle aménagement du territoire, vous avez beaucoup de gens désormais qui travaillent dans les métropoles mais qui sont dans ce qu'on appelle le périurbain à 50 ou 60 kilomètres de la métropole et qui tous les matins vont travailler, c'est mieux qu'ils le fassent en train que de prendre des voitures et de saturer des villes de voitures, il faut leur offrir des trains confortables et de qualité, des trains qui sont à l'heure si possible et des trains qui soient à des tarifs abordables, c'est ce que nous faisons. Moi je trouve là encore que c'est une bonne nouvelle, mais c'est vrai qu'il y avait beaucoup de retard qui avait été pris par la SNCF à l'époque, mais les régions ont fait un travail tout à fait remarquable.

CYRIL VIGUIER
Jean-Michel BAYLET, autre dossier du ministre de l'Aménagement du territoire, votre département ministériel, vous aviez dit que la moitié de la population serait couverte par le très haut débit fin 2016, qu'en est-il, c'est une préoccupation importante dans les territoires ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Attendez, attendez, sur les territoires...

CYRIL VIGUIER
C'est très important !

JEAN-MICHEL BAYLET
Il y a quatre problématiques majeures : il y a les services publics, avec les maisons de services au public – il y en aura 1.000 en fin de l'année – nous ramenons le service public dans les territoires fragiles et dans les territoires qu'il avait déserté depuis longtemps, ça fait 40 ans que l'on pose ce problème, nous avons trouvé la solution ; il y a l'offre de soins de proximité...

CYRIL VIGUIER
Ca y est ?

JEAN-MICHEL BAYLET
C'est les maisons de santé ; il y a deux autres problématiques, c'est le numérique et la téléphonie mobile...

CYRIL VIGUIER
Oui, où il y a des zones noires vous le savez ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Bien sûr, sera couverte d'ici la fin de l'année en 2G et d'ici mi 2017 en 3G sur l'ensemble...

CYRIL VIGUIER
Donc, vous maintenez ce calendrier ?

JEAN-MICHEL BAYLET
Bien sûr ! Quant au numérique, nous avons mis en place le plan France très haut débit, 20 milliards, l'État finance 3,5 milliards, avec les opérateurs nous sommes en avance sur le calendrier parce qu'aujourd'hui il n'est pas possible d'accepter une fracture numérique à l'époque où tout est dématérialisé, parce qu'Internet ce n'est pas simplement le mieux sur Facebook ou converser avec des amis, aujourd'hui c'est devenu un outil indispensable à la vie quotidienne, y compris à la vie professionnelle.

CYRIL VIGUIER
Merci Jean-Michel BAYLET, ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, d'avoir été l'invité de « Territoires d'infos » ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 octobre 2016

Rechercher