Déclaration de M. Thierry Braillard, secrétaire d'Etat aux sports, sur le lancement des Etats généraux du Sport de haut niveau, Paris le 10 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Thierry Braillard, secrétaire d'Etat aux sports, sur le lancement des Etats généraux du Sport de haut niveau, Paris le 10 octobre 2016.

Personnalité, fonction : BRAILLARD Thierry.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux sports

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Il y a encore quelques semaines nous étions les spectateurs de ces événements universels qui réunissent le monde entier et les meilleurs sportifs : les Jeux olympiques et les jeux paralympiques d'été.

La France y a obtenu des résultats encourageants : 42 médaillés olympiques à Rio contre 35 à Londres en 2012. Les bleus sont cinquièmes ex aequo avec l'Allemagne en nombre de médailles mais sont 7èmes au classement des Nations.

Chez les paralympiques, la France finit 12ème, elle était 16ème à Londres. Par contre, en volume de médailles, nous sommes en baisse par rapport à Londres.

Quand elle ne remporte pas de médailles, la France est au pied du podium, souvent.

En lançant les Etats Généraux du Sport de Haut Niveau aujourd'hui, je souhaite que l'on réfléchisse ensemble à comment transformer « l'argent en or » et comment engager dès à présent, la génération 2024 vers la voie de l'excellence olympique et paralympique.

Accompagner la « Génération 2024 », c'est viser la candidature de Paris bien sûr, mais c'est aussi traverser les prochaines échéances olympiques et paralympiques de 2018, 2020 et 2022 en visant l'excellence dans la performance sportive et une organisation du sport de haut niveau plus efficiente, performante à tous les niveaux. Il s'agit bien de réfléchir à la place du sport de haut niveau dans le sport français.

Pour ce faire, il m'est apparu essentiel de consulter tous les acteurs qui font le sport français, et notamment d'y associer pour la première fois les collectivités territoriales, afin de parvenir au diagnostic et aux préconisations les plus justes.

Pour éviter toute équivoque, je veux vous rappeler que cette idée date du mois de mai dernier. J'avais eu l'occasion de présenter les objectifs au président Masseglia avant l'assemblée générale du 26 mai dernier.

Aussi, durant tout le mois d'octobre, les concertations seront nombreuses, les ateliers variés et quelquefois transversaux, afin de balayer véritablement tous les champs en lien direct ou indirect avec la performance sportive.

Non seulement la méthode retenue qui s'inscrit pleinement dans une démarche de démocratie participative permettra de répondre à des problématiques qui ont été clairement définies, mais elle viendra aussi construire un héritage durable pour le sport, un véritable programme pour le sport de haut niveau au cœur de notre société.

En octobre, nous concertons. Jusqu'à mi-décembre, nous dressons le bilan de cette concertation et nous dresserons des perspectives à court, moyen et long termes. Dès le début d'année 2017, nous prendrons les premières décisions, notamment au regard de la négociation des conventions d'objectifs.

Les préconisations qui résulteront de ce travail et qui me seront remises à la mi-décembre, diront donc comment parvenir à cet objectif.

En 2016, la France compte 6359 sportifs de haut niveau. Déjà, les actions engagées par le ministère des sports et notamment la loi sur le statut du SHN du 27 novembre 2015 et la création du Grand Insep, visent à améliorer la performance sportive.

Je souhaite, avec ces états généraux que l'on aille plus loin. Je remercie d'ailleurs les six animateurs des thèmes de travail qui n'ont pas attendu cette ouverture officielle pour entamer la réflexion. Les présentations par chacun d'entre eux tout à l'heure viendront confirmer le sérieux et l'engagement des acteurs impliqués.

Six groupes disais-je donc. Six thématiques comme autant de pointes nécessaires à une étoile pour faire briller le sport français durablement, telles que la place du sport de haut niveau dans le sport français, son organisation et sa structuration, la haute performance olympique et paralympique, l'accompagnement du sportif vers la performance et dans sa réalisation en tant que citoyen, ou encore la gouvernance du haut niveau et son financement.

Parce que réfléchir le sport de haut niveau, c'est d'abord s'accorder sur une définition commune.

Parce qu'optimiser la performance olympique et paralympique, c'est construire des passerelles de l'une à l'autre. De la même façon, considérer que le sport de haut niveau prend sa source dans le sport pour tous, c'est l'entraîner dans une spirale vertueuse.

Parce que bien gouverner le sport passe par la mise en lien de tous ses acteurs, à toutes les échelles afin d'organiser une interaction fructueuse. En particulier, les territoires, avec le transfert récent des CREPS notamment, ont un rôle majeur à jouer dans la mise en cohérence des politiques sportives. Il convient de construire une gouvernance partagée du sport de haut niveau pour redistribuer au mieux les compétences et garantir la performance.

Enfin, parce que l'excellence sportive ne peut être dissociée de la considération entière du parcours de vie du sportif -c'était déjà l'objectif de la loi du 27 novembre 2015 et du pacte de performance-, il faut encore réfléchir à la façon de mener de front scolarité/ études et projet sportif pour les plus jeunes qui pour l'heure ne bénéficient pas d'un traitement homogène selon les établissements d'où ils viennent.

Vous entendez comme le travail est ambitieux. Si les problématiques sont identifiées, les moyens de les résoudre sont le cœur de vos réflexions.

Les résultats des sportifs ne seraient rien sans bien sûr les entraîneurs et l'équipe chargée de les accompagner vers le podium : staff médical, préparateur physique ou mental, diététicien, etc.

Or, pour mettre en œuvre tous ces professionnels, tel un chef d'orchestre, les directeurs techniques nationaux doivent se voir reconnaitre leur rôle essentiel de véritable autorité fonctionnelle.

En janvier dernier je me suis engagé à ouvrir le chantier de la revalorisation de votre métier, c'est chose faite.

J'ai souhaité vous apporter une reconnaissance institutionnelle en vous permettant de continuer votre parcours professionnel après cette mission. J'ai rouvert le dossier du statut des DTN avec une forte volonté de le faire aboutir rapidement.

Les principales étapes sont franchies.

Tous, que vous soyez fonctionnaires ou contractuels, vous pourrez y prétendre et vous serez protégés lors de votre fin de fonction.

Je caresse l'espoir que ce texte aboutisse avant la fin de l'année 2016, d'autant que j'ai la réserve financière pour sa mise en œuvre.

Cette première concertation ne pouvait se faire sans vous, les DTN des fédérations olympiques et paralympiques.

Vos contributions et celles de vos collaborateurs sont essentielles, l'expertise de la performance est au sein de vos organisations, dans la connaissance fine des entraîneurs et des sportifs.

La réussite des Etats généraux passera aussi par les concertations que vous organiserez au sein de vos fédérations.

Vous le savez sans doute, Thomas Bach était ce week-end en France. Il a notamment visité l'INSEP et rencontré nos sportifs de haut niveau. Il s'est montré très intéressé par nos structures de haut niveau. Tout compte dans la candidature de Paris aux JO de 2024.

Ces états généraux s'inscrivent pleinement dans la dynamique de la candidature, plus particulièrement dans celle de l'héritage de Paris 2024 au service de la génération de champions de 2024.

Le sport passionne la France et je ne doute pas que vous meniez ce projet ensemble, dans cette conscience que c'est bien à la construction du sport de demain que vous participez.


Source http://www.thierrybraillard.fr, le 12 octobre 2016

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