Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 10 octobre 2016, sur les suites à donner à l'agression de policiers à Viry-Châtillon, sur les primaires à droite pour l'élection présidentielle 2017, le niveau de popularité de François Hollande. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 10 octobre 2016, sur les suites à donner à l'agression de policiers à Viry-Châtillon, sur les primaires à droite pour l'élection présidentielle 2017, le niveau de popularité de François Hollande.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, ROUX Caroline.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : WILLIAM LEYMERGIE
« Les 4 vérités ». Caroline ROUX reçoit ce matin Stéphane LE FOLL, qui est porte-parole du gouvernement, et aussi ministre de l'Agriculture.

CAROLINE ROUX
Bonjour Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Bonjour.

CAROLINE ROUX
Alors l'un des quatre policiers attaqués samedi à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, aux abords du quartier de la Grande borne, est entre la vie et la mort, une bande qui a attaqué deux voitures de police au cocktail Molotov. Est-ce qu'on est face à une zone de non-droit ?

STÉPHANE LE FOLL
D'abord, moi, j'aurai une pensée pour ce policier et ses collègues qui ont été blessés, dont l'un des policiers est en pronostic vital engagé, donc à lui et à sa famille. Le deuxième point, c'est qu'on est dans une zone de sécurité prioritaire, qui avait été décidée par le gouvernement, dans une zone difficile, à une forte délinquance. Si j'ai bien compris, il y a une caméra à l'endroit où étaient les voitures de la police, qui empêche ou qui devait empêcher justement, un certain nombre de trafics.

CAROLINE ROUX
C'est une zone de non-droit, c'est comme ça que ça s'appelle ?

STÉPHANE LE FOLL
C'est une zone dans laquelle....

CAROLINE ROUX
Pardonnez-moi de vous couper, quand on est obligé d'envoyer des voitures de police pour surveiller des caméras de surveillance.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, c'est une zone qui est une zone de trafic, parfaitement identifiée, et les policiers étaient là, justement pour faire droit à cette caméra qui a été à plusieurs reprises détruite, parce que ceux qui faisaient les trafics voulaient surtout qu'on ne les voit pas. C'est ça l'enjeu. A partir de là, on doit poursuivre ce travail, mais je mesure aussi, et j'ai parfaitement regardé dans tout ce que sont les commentaires aujourd'hui, que derrière tout ça, il y a une économie, il y a des gens qui ont organisé un trafic depuis longtemps. Donc il faut essayer de remonter tout cela, il faut être dans une lutte qui va prendre là aussi du temps et en même temps il faut agir vite. Je le sais, vous savez, je regardais...

CAROLINE ROUX
Ça fait dix ans que ça dure, dans ce quartier-là.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, plus que dix ans, puisque je crois que dans ce quartier, à Grande borne, 2005 aussi, les émeutes, il y a eu beaucoup de choses. Ça fait plus que dix ans, et vous savez, les déséquilibres sociaux dans les quartiers, économiquement, socialement, je comprends l'idée qui consiste à dire « il suffirait d'avoir des mesures qui viennent les régler en quelques temps », je crains malheureusement qu'il faille avoir de la détermination et de la continuité dans l'action.

CAROLINE ROUX
Vous avez fait suffisamment pour les banlieues, sincèrement, Stéphane LE FOLL ?

STÉPHANE LE FOLL
On n'a jamais fait assez. La preuve, c'est que si les choses ne sont pas réglées, c'est qu'on n'a pas fait assez. Mais il faut aussi qu'on soit conscient que ce n'est pas une action, à un moment, ou législatif, ou avec des budgets, qui va régler des problèmes qui sont là, et qui posent beaucoup de questions. C'est des sujets qui nécessitent une action de la police, un soutien à la police, création de postes, zones de sécurité prioritaire. C'est une action de se conduire aussi au niveau de l'éducation, c'est une action qui doit se conduire au niveau économique, c'est une action qui doit se conduire aussi sur la lutte contre les discriminations.

CAROLINE ROUX
Il y aura des mesures annoncées par le gouvernement, pour ce quartier, précisément ?

STÉPHANE LE FOLL
Je n'ai pas d'informations sur le sujet, mais en tout cas, la détermination du gouvernement c'est d'agir sur tous les points sur lesquels il faut agir pour pouvoir redresse des situations qui se sont extrêmement dégradées.

CAROLINE ROUX
Alors, le premier débat de la primaire, ce sera jeudi. Si on en croit les sondages, celui qui sortira de cette primaire de la droite et du centre, sera le prochain président de la République, c'est les sondages qui le disent. Est-ce que la gauche et le gouvernement en sont réduits à compter les points ?

STÉPHANE LE FOLL
Oh, la gauche et le gouvernement en sont réduits d'abord à gouverner, pour ce qui est du gouvernement, et de la gauche à s'opposer. Je crois que cette primaire qui s'engage, et j'ai vu les meetings hier, ou les propositions. Ce qui est intéressant, c'est que l'opposition s'est opposée pendant quatre, cinq ans, maintenant elle est obligée de proposer. Et qu'est-ce qu'on constate ? Qu'Alain JUPPE, c'est la vieille droite, c'est celle qui a existé avec le RPR. Suppression de l'ISF, vous vous rendez compte, on revient à l'ISF. Les 35 heures, la dégressivité pour les allocations chômage, la lutte contre les syndicats, le retour aux 39 heures, la fin des 35 heures, tout ça c'est le programme d'Alain JUPPE, c'est le même d'ailleurs que Nicolas SARKOZY. Nicolas SARKOZY y ajoute, lui, du ZEMMOUR et du BUISSON, un peu de MAURRAS en plus.

CAROLINE ROUX
Ou est-ce que vous voyez ça ? Dans quoi vous voyez ça ?

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien, dans les expressions qui sont les siennes, dans ses référendums qui sont proposés, dans la manière dont il a présenté et qu'il, après ce que j'ai vu hier soir, cherchent à durcir déjà un discours qui était suffisamment dur. Mais Alain JUPPE...

CAROLINE ROUX
C'est intéressant ce que vous dites, c'est-à-dire le référendum, pour vous, c'est du BUISSON ou du MAURRAS, c'est en appeler au peuple, comme il le dit, c'est du BUISSONT et du MAURRAS.

STÉPHANE LE FOLL
Mais je n'ai pas dit ça, j'ai dit qu'hier c'était quoi ? Les thèmes du référendum. Il y a des thèmes qu'il a choisis, il n'a pas choisi l'importe quel thèmes.

CAROLINE ROUX
Les fichés S notamment, et le regroupement familial.

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien voilà, donc on fait poser des questions sur lesquelles on choisit deux thèmes, je ne parle même pas des questions juridiques, de la constitution et tout ça, mais c'est des thèmes. Les thèmes. On voit bien qu'il y a quand même un peu de panique, et donc on est sur des propositions qui se succèdent. Je le dis, donc on est dans béret gris / noir bonnet.

CAROLINE ROUX
François HOLLANDE, vous êtes parmi ceux qui sont en charge d'amorce d'ores et déjà une campagne présidentielle, sans candidat pour l'instant. Vous croyez en lui, inévitablement, on l'a bien compris, mais qui d'autre croit en lui ? Les Français sont très remontés, comme vous le savez, contre le président de la République, ils sont plus de 80 % à ne pas vouloir de nouvelle candidature de François HOLLANDE. Où sont les autres soutiens, à part les indéfectibles dont vous êtes, Stéphane LE FOLL ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais moi, je regarde les choses avec ce que j'ai fait, aussi, en tant que ministre de l'Agriculture, ce que l'on a pu faire sous la présidence de François HOLLANDE. Je rappelle qu'on n'avait pas gagné de présidentielle, depuis que François HOLLANDE a gagné. Je me souviens d'ailleurs que les mêmes qui disent aujourd'hui qu'ils avaient fait une erreur de choisir François HOLLANDE, n'était pas le dernier...

CAROLINE ROUX
Arnaud MONTEBOURG, c'est Arnaud MONTEBOURG qui dit ça.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, c'est Arnaud MONTEBOURG, il n'était pas le dernier à être heureux le soir de la victoire, qu'il est devenu ministre. Moi je suis quelqu'un qui a un peu, comment dirais-je, de continuité, je ne change pas tout le temps d'avis, je ne suis pas quelqu'un qui brule ce qu'il a adoré, j'essaie d'éviter ce qu'est l'émotion et de garder un minimum de cohérence et de loyauté. C'est ça ce que je suis, donc je ne suis pas simplement là pour revendiquer une fidélité, je suis là aussi pour dire : mais attendez, tout ce qui a été fait, alors, on oublie ? Et vous croyez qu'en faisant ça vous avez une chance de convaincre les Français ? Vous avez dit que vous aviez soutenu, et puis maintenant vous ne soutenez plus, et vous pensez que c'est ça qui va faire gagner ? Donc moi je dis simplement une chose : je dis que si en politique on n'assume pas et on ne défend pas ce qu'on a fait, mais alors il n'y a plus de raisons de convaincre qui que ce soit.

CAROLINE ROUX
Où sont les autres soutiens ? C'était la question que je vous posais...

STÉPHANE LE FOLL
Oh mais ils seront...

CAROLINE ROUX
Il va y avoir un appel de parlementaires, il va y avoir quelque chose d'un peu massif pour dire : il faut que François HOLLANDE soit le candidat de la gauche ? Parce que pour l'instant...

STÉPHANE LE FOLL
Mais moi, je me place pas simplement sur des comptabilités liées aux nombre de soutiens, je vous dis simplement la logique qui est la mienne. Vous m'avez posé une question. Pourquoi je serais encore là ? Eh bien si je suis là, c'est parce que moi je crois en les choses, en ce que nous avons fait, et que je ne change pas tout le temps d'avis. Voilà.

CAROLINE ROUX
Une phrase : « François HOLLANDE, dans ce quinquennat, je l'ai vu tomber amoureux de la France et des Français », c'est Jean-Christophe CAMBADELIS qui dit ça. Ça veut dire qu'avant de se présenter à la présidentielle, il n'était pas amoureux de la France et des Français ?

STÉPHANE LE FOLL
Moi je ne vais pas interpréter ni faire des commentaires sur ce qu'a dit Jean-Christophe CAMBADELIS, moi j'ai connu François HOLLANDE Premier secrétaire du Parti socialiste...

CAROLINE ROUX
Il était amoureux de la France, là, ou il était amoureux du PS ?
STÉPHANE LE FOLL

Moi j'ai fait... combien de déplacements dans toute la France, s'il y en a un qui a fait des déplacements, partout, et je ne crois pas que l'expérience qui était la sienne, d'élu en Corrèze, ait montré qu'il n'aimait pas les Corréziens. Donc il aimait les Corréziens, il aimait les Sarthois, il aimait les Finistériens, il aimait les gens du Nord, du Sud, du Sud-est.

CAROLINE ROUX
Je ne peux pas terminer cette interview sans vous poser une question, mais rapide, si vous le voulez bien, la réponse. Aujourd'hui, vous vous rendez au Luxembourg pour le Conseil de l'Agriculture avec vos homologues. Vous allez porter une idée, eh bien, utiliser les surplus de viande bovine pour les réfugiés. Combien de bouches pouvez-vous nourrir avec les surplus européens de viande bovine, Stéphane LE FOLL ?

STÉPHANE LE FOLL
Je ne sais pas combien. J'essaie de me poser une question simple. On a, avec le lait et la viande, des sujets sur lesquels il faut qu'on puisse offrir aussi des débouchés, alors qu'on en a de moins en moins, donc... et il y a là une crise humanitaire majeure, donc je vais essayer de pousser cette idée.

CAROLINE ROUX
Pour l'instant, vous êtes seul ?

STÉPHANE LE FOLL
Pour l'instant, la France est seule.

CAROLINE ROUX
Bon. Merci Beaucoup Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Merci.

CAROLINE ROUX
A tout de suite William.

WILLIAM LEYMERGIE
Caroline, à demain.

CAROLINE ROUX
À demain.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 octobre 2016

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