Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les volontaires internationaux en entreprises, à Paris le 11 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les volontaires internationaux en entreprises, à Paris le 11 octobre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Dixième anniversaire du « club VIE » (volontaires internationaux en entreprise), à Paris le 11 octobre 2016

ti : Bonsoir à toutes et à tous. C'est vraiment très intéressant de vous écouter même si j'arrive à la fin des témoignages. Je vois que vous êtes très nombreuses et nombreux ce soir, c'est impressionnant et réconfortant de sentir cet enthousiasme. J'ai l'occasion de beaucoup voyager, parfois trop brièvement dans certains pays, mais il est rare que je ne rencontre pas des VIE.

Ce soir, il y a des témoignages, avec des expériences et des différences d'âge révélatrices du rôle que vous jouez et des perspectives que vous avez à partir de cette expérience extrêmement riche. J'ai discuté avec beaucoup d'entre vous et chaque fois, je sens cet enthousiasme, cette envie qui vous caractérise. Dans tous les pays du monde ou presque, je vois des gens volontaires qui souhaitent vivre cette expérience et découvrir. Les jeunes Français, on ne le sait pas assez, sont parmi les jeunes qui s'expatrient le plus pour étudier, faire un stage, acquérir une expérience professionnelle ou encore accomplir un volontariat. C'est le sens d'une ouverture au monde forte et réelle que l'État soutient et encourage depuis longtemps Ce volontarisme et cette ouverture au monde sont le fruit d'une tradition de l'accompagnement par l'État des jeunes en mobilité à l'étranger. Parmi toutes les formes de volontariat, le VIE et le VIA, héritiers des VSN et CSN du temps du service national, constituent un dispositif unique qui, depuis des décennies, ouvre les portes du monde à des générations de jeunes cadres.

C'est un dispositif qui vise juste. Il concourt à l'internationalisation de nos entreprises, offre un levier irremplaçable à nos PME et nos ETI, à leur conquête de nouveaux marchés et à leur présence à l'étranger. Il apporte une expérience partagée : celle de l'entreprise dans laquelle vous allez travailler pour un stage ou un séjour, mais aussi votre vision, nouvelle, avec ce regard différent qui est porteur d'idées et d'innovations. C'est dans les deux sens et c'est un enrichissement mutuel qu'il faut saluer.

Business France a comme objectif d'atteindre 10.000 VIE pour la fin 2017. C'est possible ! Les entreprises, en particulier les PME et les ETI, doivent encore être mieux informées sur ce dispositif, dans toutes les régions. Le ministère des affaires étrangères et du développement international est totalement engagé en faveur de cet objectif. Nous travaillons notamment, en lien avec le ministère de l'économie et des finances, à la levée des obstacles institutionnels et fiscaux, il y en a toujours, au développement du VIE dans certains pays. Ainsi, lorsque c'est nécessaire, le dispositif est inclus dans les accords de mobilité que nous concluons avec des pays tiers, comme nous l'avons fait récemment avec l'Inde.

Je ne peux évoquer le VIE sans mentionner sa déclinaison au sein de l'administration. Les jeunes VIA servent l'action internationale de la France au sein de notre réseau diplomatique et culturel. Ils sont nombreux. Aujourd'hui, nous accueillons près de 1.000 VIA répartis dans une centaine de pays. Ils occupent des fonctions diverses : au service de notre politique d'influence, parfois dans les chancelleries diplomatiques, c'est donc assez varié. Ce que je retiens de mes rencontres et de mes échanges, c'est que les volontariats internationaux offrent une expérience qui bien souvent change la vie de ceux qui la connaissent. C'est sûr, cela vous donne une autre vision du monde, un autre regard et surtout, une confiance en vous. C'est une expérience unique qui a souvent constitué un tremplin pour vos carrières. Aujourd'hui, au Quai d'Orsay, pas moins de 33 ambassadeurs et 18 consuls généraux en fonction dans le réseau diplomatique et consulaire ont suivi ce parcours ! Cela donne des idées à ceux qui les avaient peut-être déjà, mais en tout cas, c'est réconfortant.

Lorsque j'étais Premier ministre, je me souviens de l'un de mes premiers déplacements aux Philippines, un pays de 100 millions d'habitants. C'était la première visite d'un représentant du gouvernement français depuis l'indépendance, c'était dommage d'avoir négligé ce grand pays émergent. Depuis, nous avons renforcé nos liens. Là-bas, j'ai rencontré des VIE. Je me souviens de cette époque où le gouvernement et l'entreprise Airbus négociaient pour la vente d'Airbus. Qui était le plus efficace alors ? C'était un VIE qui fut recruté ensuite par Airbus car il était très performant. Il était très jeune comme nombre d'entre vous ce soir, il était surtout passionné. J'ai été heureux de parler avec lui, comme avec beaucoup d'entre vous que je rencontre régulièrement.

Tout cela donne des idées, des envies et de l'espoir et je pense qu'il faut être fier de ces dispositifs. C'est une chance formidable que nous avons.

Vous venez de rappeler qu'il y a des déficits qu'il faut combler, mais il y a aussi beaucoup de dispositifs qui fonctionnent. C'est important car on voit la manière dont on fait des progrès au fur et à mesure, surtout lorsqu'on y croit, que l'on est mobilisé et que l'on joue en équipe. C'est très important.

Les VIE, les VIA lorsqu'ils sont sur le terrain se mettent tout de suite «dans le bain» grâce à leur enthousiasme. Ceux qui les accueillent se donnent également comme objectif de les aider, de les accueillir avec générosité et ouverture.

Le club VIE qui fête ses dix ans est très intéressant car il permet de partager des expériences. C'était nécessaire de mettre en avant cette expérience humaine, de plus jeunes et de moins jeunes, qui partagent la même ambition, c'est-à-dire faire que notre pays continue de se développer avec force, qu'il continue son influence et sa progression. Vous le savez, il y a des marges de progression considérables, mais il n'y a pas de raisons que nous ne réussissions pas avec tant de talent, tant d'ambition et tant d'énergie. C'est vous qui les représentez.

Ce soir, nous allons honorer l'un ou l'une d'entre vous, c'est le 10.000e VIE.

Il me semblait important de rappeler ce message qui est un message de confiance dans la jeunesse française qui, à travers vous, montre ses talents et ses capacités, mais aussi les capacités de la France. Notre mission est également de faire en sorte que les jeunes, non seulement soient le plus nombreux possible à pouvoir bénéficier de cette expérience, mais que cela touche tous les milieux. Nous avons encore des progrès à faire mais je sais que cette ambition, vous la partagez.

Je vous remercie et je vous laisse dévoiler le nom de la personne que je vais honorer.

Bonne chance.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 octobre 2016

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