Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur l'organisation de l'accueil des migrants, à l'Assemblée nationale le 19 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur l'organisation de l'accueil des migrants, à l'Assemblée nationale le 19 octobre 2016.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au Gouvernement sur des sujets européens posée par M. Arnaud Viala, député (Les Républicains - LR) de l'Aveyron, à l'Assemblée nationale le 19 octobre 2016

ti : Monsieur le Député, comme parlementaire et comme élu local, vous avez posé des questions tout à fait légitimes. De quoi s'agit-il ? Oui, un drame se joue à nos frontières, à quelques heures d'avion de notre pays. Des migrants viennent de la corne de l'Afrique ou du reste du continent et meurent en Méditerranée - même si beaucoup sont sauvés, il faut le dire, grâce à l'action des ONG, de l'Union européenne et de la France. Il y a aussi bien sûr, nous y reviendrons tout à l'heure, le drame des réfugiés lié à la guerre en Irak et surtout en Syrie, qui jette sur les routes des millions de déplacés.

Face à cela, comme je l'ai déjà dit en début de séance, l'Europe doit apporter une réponse bien plus forte. Nous savons que la résolution de cette crise passe d'abord par la diplomatie, mais aussi par l'action militaire, nous y reviendrons.

Il faut commencer par aider les pays qui accueillent les réfugiés. Je pense à l'Italie et, bien sûr, à la Grèce. Il faut aussi mieux organiser les frontières extérieures de l'Union européenne.

Pour notre part, nous n'avons jamais dit que nous accueillerions tous les réfugiés, tous les migrants - l'Allemagne, par exemple, a fait un choix différent -, mais nous avons assuré que nous assumerions nos responsabilités dans le cadre du plan européen de relocalisation de 180.000 réfugiés : nous prendrons notre part en accueillant 30.000 personnes sur deux ans.

En outre, nous assumons nos propres responsabilités à Calais. Parlons-nous de 1,5 million, de 1 million, de 500.000 ou de 100.000 réfugiés ? Non, les réfugiés se trouvant à Calais sont au nombre de quelques milliers - 5.000 à 7.000 personnes -, dont la plupart, sans doute 80% d'entre eux, obtiendront le droit d'asile dans notre pays.

Comment s'organiser ? Bernard Cazeneuve a eu l'occasion de le rappeler hier : par une relocalisation des réfugiés sur l'ensemble du territoire.

(...)

Nous assumons donc nos responsabilités, en faisant en sorte que 6.000 à 8.000 personnes - des hommes, des femmes, des familles, des enfants - puissent être accueillis dans les meilleures conditions avant de savoir s'ils ont droit ou non à l'asile, ce qui sera probablement le cas de 80% d'entre eux.

Il y a quelques jours, à Épernay, j'ai vu ce que nous pouvons faire : au sein d'une petite unité, des opérateurs, des associations, des professionnels et des bénévoles font tout pour que le droit d'asile soit octroyé dans les meilleures conditions et préparent l'intégration des bénéficiaires qu'il s'agisse de leur intégration sociale, de l'apprentissage du français ou du respect de nos valeurs. Ceux qui n'ont pas droit à l'asile devront être reconduits à nos frontières.

Voilà ce que fait la France. J'étais interrogé tout à l'heure sur la place de la France en Europe et dans le monde : assumer nos responsabilités et nos valeurs avec maîtrise, responsabilité et sérieux, c'est cela, la France !

Ainsi, nous pourrions avancer ensemble. À Épernay, on m'a rappelé qu'un ancien maire de la ville, Bernard Stasi, donnait une belle image de ce que pouvaient être la générosité et la droite françaises


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 octobre 2016

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