Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur le Salon international de l'alimentation, à Paris le 16 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur le Salon international de l'alimentation, à Paris le 16 octobre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Salon international de l'alimentation, à Paris le 16 octobre 2016

ti : Mesdames et Messieurs les Ministres des pays invités au SIAL,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Directeurs et vous tous qui avez participé à ce colloque qui vient juste de se terminer,


Je suis très heureux de vous accueillir ici au Quai d'Orsay, au ministère des affaires étrangères.

Ce soir, nous sommes rassemblés à l'occasion d'un moment extrêmement important qui est le salon international de l'alimentation qui se tient à Villepinte. Le SIAL est le premier salon mondial de l'alimentation, avec une expérience considérable, 50 ans, et avec sa réputation qui lui a permis de se décliner dans plusieurs pays. C'est le cas en Asie ou encore dans le golfe persique où il connaît un franc succès.

En France, le SIAL permet à 7.000 entreprises, originaires de 105 pays, de présenter leurs produits devant 160.000 visiteurs venus du monde entier. Pendant 5 jours, ce salon fera de Paris la capitale mondiale de l'alimentation. C'est un événement majeur pour les entreprises agro-alimentaires françaises, qui sont cette année plus d'un millier à être représentées, mais c'est vrai aussi pour tous les invités qui sont venus du monde entier. Je leur souhaite la bienvenue ici en France. Je profite de cet instant pour le dire en présence de tous les professionnels français réunis ici, je me réjouis que les savoir-faire de nos entreprises soient particulièrement visibles cette année. Ce travail que vous avez fait ensemble avec Business France et Sopexa, deux opérateurs qui se rapprochent, a contribué à cette mise en valeur qui était nécessaire.

Merci à tous et à toutes pour cette mobilisation, celle de nos professionnels et de tous ceux qui se sont mobilisés pour développer leurs activités sur les marchés internationaux depuis des années et avec pour moi, l'occasion de rappeler que les secteurs agricole et agro-alimentaire sont l'un des piliers de l'économie française. Ils sont des leviers essentiels pour la croissance et l'emploi dans notre pays. Ils emploient 1,4 millions de personnes et ils représentent le deuxième excédent de notre balance commerciale, juste après l'aéronautique. L'année dernière, à lui seul - et j'espère que ce sera encore meilleur cette année - dans un cycle où la croissance était faible, le secteur de l'agro-alimentaire a créé 6.000 emplois. Certes c'est peu par rapport aux besoins d'emplois, mais c'est déjà un signe très positif de la vitalité, du sérieux et de l'efficacité de ce secteur.

La France est riche d'un immense patrimoine alimentaire, de grandes traditions gastronomiques qui sont reconnues dans le monde entier. Nos produits alimentaires sont renommés pour leur qualité et aussi leur diversité. L'origine France est devenue, grâce à vous, Mesdames et Messieurs, un signe d'excellence. Cette identité gastronomique est d'ailleurs l'une des plus belles vitrines de nos régions de France, c'est un puissant vecteur de promotion, notamment auprès des touristes. Je pense bien sûr à la gastronomie mais aussi à l'oenotourisme qui est en train de se développer dans plusieurs régions françaises. Je salue les entreprises qui savent comprendre l'importance de la dimension touristique dans le développement du secteur de l'agro-alimentaire et de l'agriculture française.

Merci pour ce savoir-faire que vous faites découvrir et partager. J'ai eu l'occasion cet été de faire une visite dans la région du Val-de-Loire, où se trouvent les châteaux de la Loire, où ce thème était à l'honneur. Dans des périodes moroses où l'on dit que le tourisme est frappé par la situation liée, notamment, aux attentats, c'est également important de mettre en avant cette capacité à relever les défis et à montrer que nous sommes capables de franchir bien des caps et bien des difficultés, si nous savons nous mobiliser. Le gouvernement l'est en tout cas, afin de vous accompagner, d'accompagner le développement à l'international de ce secteur. C'est dans les compétences du ministère des affaires étrangères et du développement international et nous y travaillons, en étroite collaboration avec le ministère de l'agriculture, avec le secrétaire d'État au commerce extérieur, Matthias Fekl, et avec nos ambassadeurs qui consacrent 40% de leurs temps à la diplomatie économique. Bien naturellement, ils prennent en compte cette dimension agricole, cette dimension agro-alimentaire. Tous nos postes sont particulièrement mobilisés, encore plus que par le passé.

Concernant le travail qu'il y a également à faire pour fédérer à l'export ce secteur industriel à part entière, nous avons notre fédératrice, Catherine Chavrier, que je tiens à remercier car elle fait un travail formidable et je voulais l'en remercier et le dire devant vous.

Ce soir, nous célébrons aussi la journée mondiale de l'alimentation qui, tous les ans, marque l'anniversaire de la création de la FAO le 16 octobre 1945. Elle porte cette année sur le climat, sur les changements que connaissent notre agriculture, notre alimentation et qui nous invitent donc à une réflexion sur nos habitudes alimentaires et rappellent aussi le rôle fondamental de l'innovation dans le secteur de l'agriculture et de l'agro-alimentaire, pour prendre en compte cette exigence de durabilité. Les consommateurs, comme vous le savez, sont de plus en plus attentifs, pas seulement en France mais dans le monde entier. Je me rends compte à travers mes déplacements combien cette question de la traçabilité de l'alimentation est pour eux un critère de premier plan. Les innovations dans le secteur alimentaire permettent justement de répondre à cette exigence qui ne concerne pas seulement les pays les plus développés, mais aussi les pays émergents. C'est donc une question essentielle. Nous avons donc à prendre en compte cette question de la santé et de la sécurité alimentaire, de la qualité, de l'information des consommateurs, notamment sur l'origine des produits. Ce sont des exigences fortes et c'est aussi un atout commercial.

En ce qui concerne la France, nous savons bien que partout, nous devons mettre en avant la marque France. J'imagine que c'est aussi vrai pour les autres pays. C'est aussi une exigence dans les négociations des accords commerciaux entre l'Union européenne et d'autres pays et il est important d'être très mobilisés et très attentifs à cette dimension.

Il y a aussi la mobilisation contre le gaspillage alimentaire. Il y a en ce moment une campagne en Île-de-France qui a aussi une vertu pédagogique, une vertu de prise de conscience, non pas de culpabilisation, mais de réactions, de responsabilités qui peut être tout à fait compatible avec l'efficacité économique.

Il y a quelques instants, vous avez terminé un débat durant lequel vous avez beaucoup parlé d'innovations. Des innovations fortes, remarquables, convaincantes et parfois surprenantes. Ces innovations, vous en êtes à l'origine. Elles doivent inspirer tous les acteurs du secteur. Le SIAL est justement l'occasion de donner une grande visibilité à cette dimension essentielle. D'où l'importance du nombre de visiteurs de ce salon, les échanges et les rencontres. Je le dis encore, nos hôtes étrangers sont particulièrement les bienvenus. C'est l'occasion d'échanger sur les bonnes pratiques, sur les expériences pour progresser ensemble.

En tout cas, ce SIAL est un moment très fort, et j'espère que cette année encore, il sera un moment de grande réussite collective.

Le concours «SIAL innovation» qui récompense les entreprises les plus innovantes, est également une très bonne idée. Le dispositif qui a été mis en place par les équipes de Business France mettent à l'honneur l'innovation, notamment à travers les ateliers autour des entreprises de la «Food Tech». Moi qui voyage beaucoup, j'ai eu l'occasion de vérifier ce que voulait dire concrètement pour nos partenaires la «French Tech», en mettant en place des «French Tech hubs». Il est important de prendre aussi en compte la dimension de la «Food Tech», vous l'avez parfaitement compris et ce salon sera l'occasion de la mettre davantage en avant.

Encore une fois, merci à toutes les équipes organisatrices de Comexposium.

Vous avez réussi à faire du SIAL un symbole de l'excellence des salons français, c'est aussi un savoir-faire et un métier. Il faut faire connaître cette excellence sur les marchés internationaux. Je suis sûr que cette année 2016 sera une récompense pour les organisateurs et une opportunité pour les exposants et les participants.

Vous êtes venus ici nous proposer de célébrer cela au Quai d'Orsay, qui est aussi une vitrine de la gastronomie française pour les étrangers qui le fréquentent, celles et ceux qui font le succès du SIAL.

Merci encore, bravo, aux entreprises qui exposent, aux visiteurs qui viennent y faire leur marché, aux ministres du monde entier qui veulent y découvrir l'excellence agro-alimentaire singulièrement française. Je suis très heureux de vous dire que notre chef, Thierry Charrier - qui a d'ailleurs donné une interview dans un grand journal ce week-end - met toute son énergie, toute son intelligence, tout son coeur aussi, avec ses équipes, pour donner la meilleure image de la gastronomie française. C'est aussi notre mission.

Talleyrand, l'un de mes très anciens prédécesseurs, disait à Napoléon : «donnez-moi de bons cuisiniers, je vous ferai de bons traités». Je peux vous dire que cela reste toujours d'actualité et que cette maison a le devoir de garder cette tradition, d'y ajouter des touches contemporaines, l'origine et la diversité de nos produits, les savoir-faire. Non seulement nous le faisons avec beaucoup de plaisir, mais nous le faisons aussi avec beaucoup de fierté, car c'est aussi cela, la France. C'est ainsi que l'on aime notre pays, ce n'est pas un pays figé qui resterait ancré dans ses certitudes, mais c'est un pays qui s'appuyant sur son Histoire, sur sa culture, sur tout ce qu'elle a de meilleur, peut franchir bien des caps. Ce salon en est un bon exemple.


Bonne réussite, bon salon et bienvenue au Quai d'Orsay.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 octobre 2016

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