Interview de Mme Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l'habitat durable, à RTL le 24 octobre 2016, sur l'organisation de la fermeture de la "jungle" de Calais, le redéploiement des réfugiés dans les centres d'accueil et d'orientation, le sort des mineurs isolés qui ont des liens avec la Grande-Bretagne et l'élection présidentielle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l'habitat durable, à RTL le 24 octobre 2016, sur l'organisation de la fermeture de la "jungle" de Calais, le redéploiement des réfugiés dans les centres d'accueil et d'orientation, le sort des mineurs isolés qui ont des liens avec la Grande-Bretagne et l'élection présidentielle.

Personnalité, fonction : COSSE Emmanuelle.

FRANCE. Ministre du logement et de l'habitat durable

ti : YVES CALVI
Elizabeth MARTICHOUX, vous recevez ce matin, Emmanuelle COSSE, ministre du Logement et de l'Habitat durable.

ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Emmanuelle COSSE.

EMMANUELLE COSSE
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci d'être avec nous dans ce studio. Vous êtes avec Bernard CAZENEUVE, comme le disait Yves CALVI, en première ligne dans l'organisation de la fermeture de la jungle de Calais, une opération hors normes. Les départs en bus vont débuter dans quelques minutes, à 08h00. Vous avez des retours, d'abord, sur le regroupement des migrants, vers les bus, justement ?

EMMANUELLE COSSE
Oui, on a une partie de mon équipe qui est sur place, et on a déjà, depuis en fait deux heures, depuis à peu près 06h00 du matin, on a des personnes qui font la queue pour pouvoir monter dans les bus, qui veulent être dans les premiers à partir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que les migrants sont contrôlés administrativement avant ou juste à l'entrée des bus ?

EMMANUELLE COSSE
Alors, on leur explique ce qui va leur arriver, en allant dans les CAO, notamment pour qu'ils puissent faire leur demande d'asile, et ensuite, il y a un examen extrêmement sommaire qui est fait de leur situation. Et pour dire les choses très clairement, l'objectif est qu'ils partent de ce camp, indigne, et beaucoup le disent que c'est vraiment un enfer d'y vivre, en plus on est passé maintenant dans la période hivernale, et objectivement, les conditions de vie sont absolument atroces, et c'est dans les CAO qu'un examen plus poussé va être fait de leur situation administrative, et notamment qu'on va regarder s'ils ont déjà été inscrit dans un autre pays sur l'asile.

ELIZABETH MARTICHOUX
Exactement, la fameuse Convention de Dublin.

EMMANUELLE COSSE
Absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
Votre but humanitaire, Emmanuelle COSSE, c'est clair, c'est de vider la jungle de tous ses occupants, est-ce qu'on peut dire « quel que soit le statut des migrants aujourd'hui » ?

EMMANUELLE COSSE
Mais, la première chose, c'est d'arrêter d'avoir ces personnes-là qui vivent dans la rue, parce que, que ça soit à Calais ou à Paris, ils vivent dans la rue. Moi, depuis que je suis arrivée au gouvernement, j'ai travaillé avec Bernard CAZENEUVE, pour qu'on renforce une politique d'accueil de ces réfugiés, et surtout qu'au lieu d'attendre, de manière assez hypocrite, qu'ils passent ou non en Angleterre ou ailleurs, qu'on joue la bataille de l'asile, du droit d'asile en France, et que donc on leur informe de leurs droits.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, s'ils ne veulent vraiment pas monter ce matin, ça va se produire, il y en a déjà qui ne veulent pas.

EMMANUELLE COSSE
Ça se produira peut-être.

ELIZABETH MARTICHOUX
Qu'est-ce qui se passe ?

EMMANUELLE COSSE
Eh bien dans ce cas-là il y aura certainement des arrestations, comme l'a rappelé Bernard CAZENEUVE, mais pour l'instant, nous, nous travaillons avec des associations et des équipes sur place, avec des maraudes, pour essayer de tout faire, pour les convaincre...

ELIZABETH MARTICHOUX
De tout faire pour les convaincre, mais s'ils ne veulent vraiment pas monter, parce que leur seul objectif c'est d'aller en Angleterre et qu'ils ne veulent pas être éloignés...

EMMANUELLE COSSE
Malheureusement...

ELIZABETH MARTICHOUX
... il y a eu quelques Afghans, déjà, ce matin, d'après nos reporters, effectivement, qui n'ont pas voulu monter, ils sont menacés... Pour les convaincre, est-ce qu'on va jusqu'à les menacer d'expulsion ?

EMMANUELLE COSSE
Le sujet, c'est pas d'être menacés d'expulsion, c'est qu'ils relèvent...

ELIZABETH MARTICHOUX
Non, c'est qu'ils montent absolument, c'est ce que vous avez dit.

EMMANUELLE COSSE
Ils relèvent du droit des étrangers et donc ils peuvent être mis, tout simplement, en rétention administrative. Après, aujourd'hui, on a aussi beaucoup de leurs compatriotes qui ont fait ce choix, d'aller en CAO depuis octobre 2015. Je rappelle quand même...

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans les centres d'accueil, oui.

EMMANUELLE COSSE
... qu'il y a 6 000 personnes qui sont parties de Calais depuis octobre 2015 pour être dans des centres d'accueil. Aujourd'hui, un certain nombre d'entre eux sont réfugiés, ont leur statut, sont passés à une autre vie, et donc c'est pour ça que nous continuons cette bataille.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors ça, c'est important. Ceux qui sont sous le coup d'un ordre d'expulsion, il y en a forcément sur les milliers... Vous dites combien, d'ailleurs, vous, 7 500 ? Combien ?

EMMANUELLE COSSE
On pense aujourd'hui qu'il y a à peu près 7 500 personnes...

ELIZABETH MARTICHOUX
On ne sait pas exactement, en fait.

EMMANUELLE COSSE
... dont nous pensons à peu près, 1 200 à 1 300 mineurs, mais tout ça reste assez hypothétique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ceux qui sont sous le coup d'un ordre d'expulsion aujourd'hui, ils seront accueillis dans un CAO, de toute façon, dans un premier temps, puisque votre but, c'est qu'ils ne restent pas là, j'allais dire, en plein air, dans des conditions insalubres.

EMMANUELLE COSSE
Mais, de toute façon, je crois qu'il ne faut pas opposer la question du statut administratif de ces personnes et la politique de mise à l'abri. Il y a des personnes...

ELIZABETH MARTICHOUX
Non mais c'est important que les Français sachent aussi, ce qui se passe en matière migratoire.

EMMANUELLE COSSE
Oui, mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il y a aujourd'hui des personnes qui muent par le désir d'aller en Angleterre, et aussi par le rêve qu'on leur a vendu, des passeur qui leur ont dit à un moment, contre 10 000 €, contre 5 000 €, contre 20 000 € « je te ferai passer en Angleterre ». On a des personnes qui sont sur ce camp depuis plus de deux ans, qui n'arrivent pas à se projeter dans autre chose. On a des femmes qui espèrent aller en Angleterre, même si elles n'ont pas de famille en Angleterre, mais parce qu'on leur a dit que c'est là qu'il fallait aller. Aujourd'hui, ce que nous faisons, c'est d'une part arrêter de laisser entendre que c'est des conditions dignes de vivre à Calais, parce que ce n'est pas le cas, et ensuite de les mettre dans des structures, où elles vont avoir un soutien administratif et juridique, et donc...

ELIZABETH MARTICHOUX
Absolument, mais est-ce que le prix à payer pour rendre Calais aux Calaisiens, pour rendre leur dignité à ces migrants, c'est que ceux qui aujourd'hui sont sous le coup d'un ordre d'expulsion, même s'ils ne sont pas très nombreux, eh bien puissent être accueillis éventuellement, qu'on leur propose un statut de demandeur d'asile.

EMMANUELLE COSSE
Mais vous savez très bien que le droit des étrangers continuera à s'appliquer, donc le sujet...

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'y aura pas de tolérance, et encore une fois, ce n'est pas le prix à payer pour que cette politique humanitaire se fasse.

EMMANUELLE COSSE
Il n'y a pas de prix à payer, aujourd'hui ce n'est pas une question de prix à payer, c'est une question que le droit reprenne place dans cette histoire. Le droit d'asile, l'accès au droit des étrangers pour ces personnes, l'accès au regroupement familial...

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'il a été nié ?

EMMANUELLE COSSE
Il n'a pas été nié, il a été joué. Et il y a un an, Bernard CAZENEUVE, avec l'OFPRA, a décidé qu'il fallait enfin jouer la bataille de l'asile et arrêter d'avoir un regard pudique sur Calais.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous avez combien de places dans les CAO ?

EMMANUELLE COSSE
On en a, on en voulait 9 000 pour pouvoir faire l'opération, et on les a aujourd'hui...

ELIZABETH MARTICHOUX
Et vous les avez.

EMMANUELLE COSSE
Et ce n'est pas 9 000 places dont nous avons besoin aujourd'hui, mais moins.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous pensez que c'est moins. Est-ce que le plan de répartition initial, par régions, qui avait été dévoilé en septembre, a été respecté, finalement....

EMMANUELLE COSSE
Absolument.

ELIZABETH MARTICHOUX
... c'est-à-dire 1 784 dans la région Auvergne...

EMMANUELLE COSSE
Absolument, oui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Exactement. Est-ce que vous avez du renoncer à des places, et dans combien de communes, compte tenu de la mobilisation parfois ?

EMMANUELLE COSSE
Alors, je peux dire les choses très franchement, nous n'avons pas renoncé à des places parce qu'il y avait une opposition des communes et des manifestations d'hostilité. Nous avons pu renoncer à des places, quand on a visité les locaux et qu'on s'est rendu compte qu'ils n'étaient pas du tout dignes pour l'accueil que nous voulions opérer, mais je le redis ici...

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc les communes qui ont manifesté leur hostilité, ils « recevront », ils accueilleront malgré tout, les demandeurs d'asile.

EMMANUELLE COSSE
Partout, nous avons besoin des places, et nous avons trouvé des locaux qui étaient adéquats et qui correspondaient à nos besoins, nous les avons utilisés.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous avez subi des échecs, des revers, des...

EMMANUELLE COSSE
Non, on a eu des élus qui nous ont dit qu'ils étaient d'accord, et qui ont retiré leur avis dès que Laurent WAUQUIEZ a appelé à la fronde contre la République. Mais moi je veux dire les choses ici très simplement. d'une part, beaucoup d'élus nous ont dit oui tout de suite et ont joué le jeu, et je les en remercie, parce que sans eux, on ne le ferait pas dans d'aussi bonnes conditions.

ELIZABETH MARTICHOUX
Quelle que soit leur étiquette, d'ailleurs ?

EMMANUELLE COSSE
Quelle que soit leur étiquette.

ELIZABETH MARTICHOUX
Droite, gauche.

EMMANUELLE COSSE
Franchement, droite, gauche, quelle que soit leur étiquette, et ensuite...

ELIZABETH MARTICHOUX
Front national.

EMMANUELLE COSSE
Non, ça, à ma connaissance, je n'en ai pas vus. Et ensuite, des élus qui pensent qu'ils sont en capacité d'appeler à la fronde contre la République, quand ils sont eux-mêmes élus de la République, je pense à Laurent WAUQUIEZ mais je pense aussi à Christian ESTROSI et bien d'autres, je crois qu'aujourd'hui c'est à eux de se poser la question de leur responsabilité, parce qu'il y a en France une majorité d'élus, responsables, un gouvernement qui est responsable, et eux qui sont dans la polémique, et ça c'est, me semble-t-il, absolument totalement décalé par rapport aux objectifs de cette opération.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne comprenez pas les français qui sont réticents ?

EMMANUELLE COSSE
Ah si, je peux comprendre que les Français aient peur, qu'ils se demandent pourquoi est-ce qu'on le fait. Et moi, simplement, ce que je veux leur montrer, c'est que d'une part on doit le faire, et ensuite que c'est possible, et que cela n'a enlevé aucun moyen aux structures d'accueil par exemple pour les SDF, aux personnes en difficultés, puisque dans la même période, nous avons augmenté les places d'hébergement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a les mineurs, vous y êtes très attentive, les mineurs qui sont parmi tous les migrants de Calais, 1 200 environ, 200 ont déjà rejoint l'Angleterre et surtout leurs familles. Combien pourront le faire cette semaine ou dans les 15 jours qui viennent ? Combien ?

EMMANUELLE COSSE
Je ne suis pas capable de vous donner ce chiffre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous n'avez pas négocié avec Londres ?

EMMANUELLE COSSE
Non, mais on ne négocie pas par un nombre de chiffres, nous voulons que l'ensemble des mineurs qui relèvent du regroupement familial, soient admis le plus rapidement possible, et donc c'est plusieurs centaines qui doivent être admis rapidement. Nous avons...

ELIZABETH MARTICHOUX
400, on dit 400 à peu près, ça peut être ça ?

EMMANUELLE COSSE
C'est tout à fait possible, mais c'est Bernard CAZENEUVE qui s'occupe de ces négociations. Moi, ce que j'ai souhaité, et ce que nous travaillons depuis plusieurs semaines, c'est que pour les mineurs qui sont plus place, dont certains ne partiront pas en Angleterre, parce qu'ils ne le souhaitent pas, puissent être accueillis dans des centres spécifiques. Ils sont besoin d'une solution spécifique, avec un accueil pour les mineurs, cela relève du droit de l'aide sociale à l'enfance, et c'est pour cette raison que nous avons travaillé à des solutions particulières.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais encore une fois, vous y êtes très sensible, est-ce que vous trouvez normal que Londres...

EMMANUELLE COSSE
Non.

ELIZABETH MARTICHOUX
... que Londres ferme sa porte à ces jeunes qui ont leur famille à quelques dizaines de kilomètres de Calais ?

EMMANUELLE COSSE
Je peux vous dire que c'est scandaleux qu'il faille qu'un ministre de l'Intérieur aille à plusieurs reprises en Angleterre, fasse des interviews au Guardian, pour qu'enfin le gouvernement britannique applique tout simplement le droit international. Qu'est-ce qu'on dirait de la France si nous ne respections pas le regroupement familial ? C'est quand même un sujet énorme, et aujourd'hui il y a en effet des enfants, et pas seulement des mineurs, des enfants dont les parents sont en Angleterre et qui ont les plus grandes difficultés pour être admis, même si nous avons fait des progrès significatifs la semaine dernière.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais, si Londres prend du temps, ils vont rester à Calais ?

EMMANUELLE COSSE
Oui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans des containers, ces containers ils ne vont pas être rasés ?

EMMANUELLE COSSE
Non.

ELIZABETH MARTICHOUX
Parce que Bernard CAZENEUVE il a dit : « On veut tout raser sur la jungle de Calais ».

EMMANUELLE COSSE
Non mais notre objectif est de ne pas laisser, à terme, de dispositif sur la lande de Calais. Mais dans cette période intermédiaire, nous voulons utiliser les structures physiques que nous avons installées. Je rappelle que l'Etat finance un camp de mille cinq cents places sur Calais pour justement héberger les personnes les plus fragiles. Il va être utilisé. Et ce matin – j'avais des photos ce matin à 07h00 du matin, de mineurs qui font la queue devant ce cap à Calais pour pouvoir rentrer dans les containers et simplement dormir au chaud.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y aura toujours des migrants qui voudront passer en Angleterre. Ça existera toujours et Calais sera toujours Calais en face de Douvres. Combien arrivent tous les jours d'ailleurs à Calais ? Une trentaine ?

EMMANUELLE COSSE
Je ne sais pas, mais il y aura toujours aussi malheureusement des personnes en exil et sur le chemin de l'exil tant qu'il y aura des guerres à Calais.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y aura des centres à nouveau quand même qui vont les accueillir ?

EMMANUELLE COSSE
Notre objectif est que toutes ces personnes, notamment celles qui arrivent à Paris aujourd'hui, soient prises en charge et aillent directement dans des centres d'accueil et d'orientation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y aura donc des structures de prise en charge de ces migrants qui viendront.

EMMANUELLE COSSE
Il y aura des structures de prise en charge pour les envoyer vers les CAO et qu'elles ne soient plus dans ces campements à la rue, et surtout à la merci des violences des passeurs.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et Calais sera à nouveau Calais dans combien de temps ? Dix jours ?

EMMANUELLE COSSE
Mais vous savez, Calais sera toujours à 30 km de la frontière britannique et Calais restera un lieu de passage ; mais Calais doit aussi retrouver de sa normalité et qu'on arrête de faire un lieu de concentration des personnes qui veulent passer vers l'Angleterre.

ELIZABETH MARTICHOUX
Un mot de politique, Emmanuelle COSSE. L'élimination de Cécile DUFLOT, c'est une surprise ? Vous avez eu un contact avec elle ?

EMMANUELLE COSSE
Non, mais je ne crois pas qu'elle le souhaite depuis que je suis rentrée au gouvernement

ELIZABETH MARTICHOUX
Elle a payé quoi ?

EMMANUELLE COSSE
Je ne sais pas ce qu'elle a payé mais je peux simplement vous dire que je trouve que c'est un gâchis énorme d'avoir fait une primaire à l'échelle de ce parti. Il me semble qu'aujourd'hui il faut une primaire de la gauche et des écologistes. La personnalité qui sortira de cette primaire, en fait peu importe.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce qu'elle a payé sa participation au gouvernement ?

EMMANUELLE COSSE
Je ne crois pas qu'on paye quand on prend des responsabilités. Moi je le vois aujourd'hui, je suis désolée, mais je crois que justement on paye quand on refuse de prendre des responsabilités alors que les Français nous le demandent.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc elle paye sa sortie du gouvernement.

EMMANUELLE COSSE
Je ne sais pas ce qu'elle paye et ça m'importe peu. Je ne vais pas commenter l'histoire d'un parti politique qui n'a pas souhaité poursuivre son histoire avec moi. Ce que je peux dire simplement, c'est que la responsabilité des écologistes, c'est d'être en responsabilité et de montrer qu'on peut changer les choses.

ELIZABETH MARTICHOUX
On a compris que vous n'êtes pas pour une candidature écolo hors de la primaire de gauche.

EMMANUELLE COSSE
Ce n'est pas ça le sujet. Vous voyez ce que je fais aujourd'hui sur Calais, je le fais parce que je suis ministre écologiste, je le fais avec mes idées et je pense que d'autres ministres écologistes auraient pu le faire avant moi.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous étiez au premier rang à écouter Manuel VALLS samedi à Tours. Qu'est-ce qu'il veut Manuel VALLS ? Rassembler autour de lui ?

EMMANUELLE COSSE
Non. Je pense qu'il veut surtout rassembler la gauche parce que nous savons qu'une gauche divisée sera une gauche éliminée.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et qui est le meilleur candidat justement ?

EMMANUELLE COSSE
C'est celui qui est capable de rassembler la gauche et de faire gagner la gauche dans trois mois.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que c'est François HOLLANDE aujourd'hui ?

EMMANUELLE COSSE
Je pense que la question, c'est de savoir surtout qui va être candidat et j'espère que maintenant les choses vont s'éclaircir assez rapidement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Est-ce que vous espérez que François HOLLANDE soit candidat ?

EMMANUELLE COSSE
Ce que je souhaite très simplement… Je n'ai jamais eu l'habitude de répondre à la place des gens, de qui doit être candidat.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous pouvez exprimer un voeu.

EMMANUELLE COSSE
Moi mon voeu, vous savez ce que c'est ? C'est que dans six mois, nous poursuivions ce que nous faisons parce que la France est dans une situation qui me semble beaucoup plus intéressante qu'il n'y a cinq ans.

ELIZABETH MARTICHOUX
Emmanuelle COSSE ne veut pas répondre à la question. C'est l'esquive sur quel est son voeu pour la présidentielle. Vous ne vous mouillez pas : ni HOLLANDE, ni VALLS.

EMMANUELLE COSSE
Ce n'est pas le sujet. Moi, vous le savez, je soutiens François de RUGY au premier tour de la primaire des écologistes. Vous pouvez sourire mais c'est très important qu'aujourd'hui on joue la bataille de la primaire et du rassemblement de la gauche. Et ça se passe par un premier tour à la primaire et un second tour.

YVES CALVI
On repart à Calais. « L'objectif est qu'ils partent de ce camp et tout simplement qu'on les mette à l'abri » vient de nous dire la ministre du Logement. Emmanuelle COSSE donne des chiffres : 9 000 places dans les centres d'accueil et d'orientation, et la ministre évalue à 7 500 le nombre dont 1 200 à 1 300 mineurs. Merci à toutes les deux.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 octobre 2016

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