Déclaration de Mme Ségolène Royal, ministre de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, sur l'implication des fonds d'investissement dans la réalisation des objectifs climatiques, à Paris le 25 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Ségolène Royal, ministre de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, sur l'implication des fonds d'investissement dans la réalisation des objectifs climatiques, à Paris le 25 octobre 2016.

Personnalité, fonction : ROYAL Ségolène.

FRANCE. Ministre de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat

Circonstances : Congrès annuel du Carbon Disclosure Project (CDP), à Paris le 25 octobre 2016

ti : Un des principaux résultats de l'Accord de Paris est la reconnaissance d'emblée, dans son article 2, du rôle, que les acteurs financiers doivent jouer pour rendre les « flux financiers compatibles avec un profil d'évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques ».

La COP21 a en effet opéré un changement de paradigme : les entreprises ont pris conscience des risques du changement climatique et des opportunités de la croissance verte.

Les premiers signataires de l'Appel de Paris, lancé juste après la COP 21, comprenaient plus de 400 entreprises, 150 villes et régions ainsi que 120 investisseurs, gérant 11 000 milliards de dollars d'actifs.

Huit mois plus tard, 130 investisseurs, représentant plus de 13 000 milliards de dollars d'actifs, ont exhorté les chefs d'État du G20 à ratifier l'Accord de Paris, à doubler l'investissement mondial dans les énergies propres, à renforcer le reporting climatique, à développer la tarification du carbone et à éliminer les subventions en faveur des énergies fossiles.

Et je suis heureuse de constater que le Carbon Disclosure Project (CDP) qui est une de la vingtaine d'initiatives sur la finance privée réunit aujourd'hui plus de 5 600 entreprises, un millier de plus qu'avant la COP21.

Le rapport 2016 qui vient de vous être présenté montre que la quasi-totalité des entreprises du CAC 40 s'engagent désormais auprès du CDP mais seulement un tiers utilisent un prix interne du carbone.

La croissance verte est une vraie opportunité : la performance financière des entreprises les mieux notées par le CDP est supérieure à la moyenne.

La mise en place d'un cadre réglementaire incitatif est essentiel, pour assurer la mise en oeuvre effective des engagements des secteurs privé et financier.

· Les décideurs politiques et les régulateurs se sont désormais complètement saisis du sujet.

Plusieurs illustrations récentes :

- Le groupe de travail sur le reporting financier relatif aux enjeux climatiques (TCFD) du Conseil de stabilité financière présidé par Michael Bloomberg et dont j'ai ouvert les travaux à Paris le mois dernier ;
- le Groupe de travail sur la finance verte du G20 qui a rendu ses travaux lors du dernier sommet du G20 ;
- et l'annonce, par la Commission européenne, du lancement d'un groupe d'experts pour accélérer la mobilisation « verte » des marchés financiers.

En France, la loi Transition énergétique pour la croissance verte, votée l'année dernière, exige un reporting climatique obligatoire par les entreprises et les investisseurs d'autre part (art. 173). Elle a déclenché certaines de ces réflexions.

Je voudrais honorer la mémoire d'un des artisans de cette mesure qui nous a quitté la semaine dernière : Eric Loiselet, fondateur du Forum pour l'investissement responsable et administrateur de deux investisseurs engagés (Ircantec et ERAFP).

De toute évidence, ces réglementations ont d'ores et déjà démontré leur efficacité, à en juger par le fait que, selon le CDP, le nombre d'entreprises françaises et du Benelux avec les meilleurs résultats a plus que doublé en un an.

Afin de soutenir et d'amplifier l'élan créé par la COP 21, j'ai voulu donner des outils d'application aux entreprises volontaires.

Pendant la COP21, le label « transition énergétique et écologique pour le climat » a été lancé.

Il met en exergue les fonds d'investissement contribuant à la réalisation des objectifs climatiques ; il contribuera également à développer le reporting des entreprises sur la part « verte » de leurs activités ainsi que leur empreinte carbone et, ce, d'une façon standardisée.

En six mois, 9 fonds ont déjà été labellisés, représentant plus d'un milliard d'euros en gestion, dépassant ainsi l'objectif que je m'étais fixé pour cette 1ère année.

En juin dernier, j'ai également lancé la première édition du Prix international du meilleur Investisseur pour le climat, une initiative clairement pionnière et déjà un véritable succès, avec pas moins de 30 candidatures en provenance du monde entier, de l'Australie aux États-Unis.

Je remettrai les prix vendredi avec le secrétaire général de l'OCDE au château de La Muette et vous êtes évidemment tous les bienvenus.

Les instruments financiers alternatifs ne sont pas en reste ; à la fin de cette année je lancerai un label « financement participatif pour la croissance verte » qui est actuellement en consultation sur le site internet du ministère.

Le Carbon Disclosure Project (CDP) est complémentaire de l'action publique pour inciter les entreprises à s'engager

J'apprécie à sa juste valeur le fait que le CDP joue un rôle clé dans sa complémentarité avec les politiques publiques mises en place, en incitant les entreprises à fixer des objectifs climatiques ambitieux, scientifiquement fondés.

Il reste encore un long chemin à parcourir. Même si les entreprises interrogées par le CDP atteignent les objectifs qu'elles se sont fixés, cela ne représente qu'un quart du parcours vers l'objectif des 2°C, et qu'il faut plutôt viser 1,5°C de réchauffement.

La mise en place d'un indicateur de mesure de l'alignement climatique des stratégies des entreprises et des portefeuilles d'investissement, est donc cardinale pour intensifier et accélérer la mobilisation des marchés financiers au bénéfice de la transition énergétique et écologique.

Le prochain jalon est de structurer, de manière robuste, un marché liquide pour les actifs verts. C'est d'ailleurs dans cette perspective que la France lancera la première émission d'obligations d'État vertes (Green bonds).

Je suis heureuse de participer à présent à l'annonce des entreprises qui ont obtenu la meilleure note carbone du CDP : 14 entreprises Françaises et 7 entreprises du Benelux sont récompensées aujourd'hui.


Source www.developpement-durable.gouv.fr, le 27 octobre 2016

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