Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 26 octobre 2016, sur les chiffres du chômage, sur le record d'impopularité du président de la République. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 26 octobre 2016, sur les chiffres du chômage, sur le record d'impopularité du président de la République.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, WITTENBERG Jeff.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : JEFF WITTENBERG
Bonjour Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Bonjour.

JEFF WITTENBERG
Vous êtes le porte-parole du gouvernement et le ministre de l'Agriculture. La baisse record du chômage 1,9 % au mois de septembre est une bonne nouvelle pour la France, mais est-ce qu'elle est de nature selon vous à redresser l'impopularité record elle aussi du président HOLLANDE, 4 % des Français sont satisfaits de son action, si on en croit un sondage publié hier ?

STÉPHANE LE FOLL
Elle est d'abord une bonne nouvelle pour les Français, et pour tous ceux qui ont retrouvé un emploi, ça c'est déjà la première chose. Elle est une nouvelle qui confirme une tendance qui s'est engagée dès le début de l'année 2016, même à la fin de l'année 2015 selon l'INSEE, d'inversion de la courbe du chômage, donc de la baisse du nombre de chômeurs.

JEFF WITTENBERG
Avec un phénomène de montagnes russes, monsieur LE FOLL, 50 000 chômeurs de plus au mois d'août.

STÉPHANE LE FOLL
Absolument, les chiffres de Pôle emploi sont des chiffres erratiques qui tous les mois donnent des résultats différents mais après, il faut être objectif et regarder la tendance générale. On va être avec un taux de chômage qui sera inférieur fin 2016 au taux de chômage que nous avions en 2012.

JEFF WITTENBERG
Et donc vous aussi vous parlez d'inversion désormais réalisée.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, elle est réalisée, est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est pour autant la fin de l'engagement qui doit être le nôtre et celui du président de la République pour lutter contre le chômage ? Non, on doit poursuivre.

JEFF WITTENBERG
Est-ce que vous avez la certitude par exemple que le mois prochain, le nombre de chômeurs continuera à baisser ?

STÉPHANE LE FOLL
Je n'ai aucune certitude, je sais qu'aujourd'hui notre économie crée autour de 170 000 emplois nets et c'est dans le secteur marchand. Je sais aussi que le plan de formation des 500 000 plans pour la formation de ceux qui peuvent trouver un emploi mais qui n'ont pas la formation aujourd'hui pour pouvoir réaliser cet objectif est en pleine mise en oeuvre qui marche, plus de 73 000 personnes sont comptées de manière supplémentaire dans la formation et en même temps celles qui sont formées sont sorties et ont trouvé un emploi. Donc c'est bien ça l'enjeu, former des gens et des jeunes en particulier, moins 35 000 chômeurs de moins de 25 ans, c'est très important, former des jeunes pour qu'ils trouvent un emploi et qu'ils répondent ainsi aussi aux besoins qui ne sont pas satisfaits dans de nombreux secteur aujourd'hui.

JEFF WITTENBERG
Alors on entend votre plaidoyer, Monsieur LE FOLL, est-ce qu'il n'est pas trop tard malgré ces bons chiffres pour inverser la courbe du désamour entre les Français et le président aujourd'hui ?

STÉPHANE LE FOLL
Ecoutez, si vous parlez de la courbe du désamour, ce n'est pas une courbe, on est…

JEFF WITTENBERG
Au plus bas.

STÉPHANE LE FOLL
Voilà, donc est-ce qu'il est temps d'inverser, par définition il est temps de s'expliquer.

JEFF WITTENBERG
Est-ce qu'il est trop tard, ma question, elle n'est pas, est-ce qu'il est temps, mais est-ce qu'il n'est pas trop tard ?

STÉPHANE LE FOLL
Ecoutez, ce n'est pas la question qu'on se pose.

JEFF WITTENBERG
On a l'impression, Monsieur LE FOLL, vous l'entendez-vous aussi que quoi que dise le président, quels que soient les résultats, son discours aujourd'hui n'imprime plus sur les Français, ni même sur les députés socialistes et on en parlait hier lors de leur réunion…

STÉPHANE LE FOLL
Très bien les députés socialistes, certains en ont parlé. Qu'est-ce qu'il y a dans le débat pour 2017 ? Des grandes questions. Quelle est la suite qui sera donnée à un quinquennat de François HOLLANDE ? Qu'est-ce qui est reproché à François HOLLANDE ? Est-ce que le pacte de responsabilités pour une partie de la gauche lui a été reproché ? Oui. Est-ce que c'était nécessaire pour redresser l'économie ? Oui. Est-ce que la grande question posée par la Sécurité sociale, fallait-il réduire le déficit de cette sécurité sociale pour lui assurer sa pérennité et en même temps offrir des droits nouveaux ? Oui. Est-ce que les gens le perçoivent ? Non. Qu'est-ce que propose la droite pendant ce temps-là ? C'est très simple sur les fonctionnaires, il y aura un choix et les Français auront à le faire. François HOLLANDE, il a stabilisé le nombre de fonctionnaires, mais en même temps il a créé des postes de fonctionnaires dans l'éducation, dans la police, dans la gendarmerie. Qu'est-ce que proposent les candidats de la droite ? C'est entre 300 et 600 000 suppressions de fonctionnaires. En 2017, chacun doit faire ses choix. Alors après bien sûr qu'on a un niveau de popularité ou d'impopularité, vous l'avez dit qui est élevé, mais il faut que chacun prenne bien conscience des alternatives, qu'est-ce qui est reproché au fond…

JEFF WITTENBERG
Malgré ce record d'impopularité que vous soulignez vous-même, être malgré tout candidat selon vous qui êtes un de ses plus proches amis ?

STÉPHANE LE FOLL
A chaque fois on me pose la question.

JEFF WITTENBERG
Je vous la repose ce matin car aujourd'hui il y a 4 % de popularité donc elle mérite d'être posée.

STÉPHANE LE FOLL
C'est normal.

JEFF WITTENBERG
On peut être candidat avec un tel niveau de désaveu des Français ?

STÉPHANE LE FOLL
Il donnera sa réponse à la fin de cette année…

JEFF WITTENBERG
Mais selon vous, est-ce que par exemple Jean-Pierre MIGNARD qui est un de ses amis proches, lui dit, c'est dangereux d'y aller, il ne faut pas se faire humilier, est-ce que vous, vous lui donnez aussi ce conseil ?

STÉPHANE LE FOLL
Moi, vous savez, je fais de la politique, j'ai connu des moments de victoire, des moments d'enthousiasme, des déceptions et des défaites, tous ceux qui vivent uniquement avec, alors j'entendais, il ne faut pas être humilié, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? On est en responsabilité.

JEFF WITTENBERG
Il peut prendre le risque d'être battu dans une élection de primaire ?

STÉPHANE LE FOLL
Et dans un contexte difficile, le président de la République François HOLLANDE a pris des décisions difficiles, pas faciles pour son camp, la gauche, à expliquer. Pas facile pour que les Français les perçoivent, c'est ça la politique, c'est ça assumer les responsabilités, de quoi on parle ? Ce n'est pas une question personnelle…

JEFF WITTENBERG
Aujourd'hui si depuis la parution du livre de confidences, c'est aussi une question personnelle Monsieur LE FOLL, parce que ce ne sont pas que les résultats, c'est aussi un comportement, une stature, vous le savez bien et aujourd'hui son image est atteinte.

STÉPHANE LE FOLL
On va regarder et chacun pourra s'il le souhaite le lire ce livre, mais enfin qu'est-ce que c'est que ce livre dont on parle et on fait un procès. Il y a eu des discussions avec des journalistes pour essayer d'expliquer un quinquennat, des journalistes qui ensuite parlent de leur livre beaucoup, des commentateurs qui prennent des phrases…

JEFF WITTENBERG
Et des déclarations imprudentes, vous l'admettez.

STÉPHANE LE FOLL
Imprudentes, on pourra regarder par exemple, regardez ce qui s'est passé à plusieurs reprises dans le monde sur la lutte, l'engagement de la France, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui à Mossoul, en Irak, et la victoire qui se dessine, tant mieux, contre Daesh, qu'est-ce qui se passe en Syrie, qu'est-ce qui se passe au Mali, qu'est-ce qui s'est passé au Sahel ? Est-ce que le président de la République à chaque fois n'a pas été au rendez-vous ? Et de ce que doit être la France, de ce qu'elle doit faire pour lutter contre le terrorisme ? Après on peut discuter de quoi, de deux, trois phrases, c'est quoi cette histoire ?

JEFF WITTENBERG
Des phrases qui n'auraient peut-être pas dû être dites, disent aussi certains de vos amis.

STÉPHANE LE FOLL
C'est le titre du livre de ces journalistes, moi je leur laisse la totale responsabilité et la réussite littéraire, c'est à eux, mais on discute maintenant sérieusement du fond et de l'action.

JEFF WITTENBERG
Alors on parle du fond et d'un autre sondage, 90 % des Français soutiennent l'action des policiers, en tout cas comprennent leur colère, vous faites partie de ces Français qui comprennent que les policiers ne soient pas contents aujourd'hui et manifestent ?

STÉPHANE LE FOLL
J'ai vu ce qui s'est passé à Viry-Châtillon et ce qu'a été par moment les attaques directes et violentes contre les policiers, je comprends que les policiers qui sont ceux qui représentent l'autorité, qui assurent la sécurité de tous les Français se sentent directement agressés et expriment une colère. Après…

JEFF WITTENBERG
Contre l'exécutif aussi, contre vous.

STÉPHANE LE FOLL
Alors nous, là aussi on va parler franchement monsieur WITTENBERG, nous, quand d'autres ont supprimé 13 000 postes, on en a créé, quand il a fallu équiper la police après ce qui s'était passé le 13 novembre, on l'a fait. Donc on a renforcé les moyens et les investissements. Alors on peut toujours reprocher et on peut toujours améliorer, on est dans le dialogue, il y aura une rencontre avec le président de la République cet après-midi, on écoute et on respecte…

JEFF WITTENBERG
Est-ce qu'il va leur annoncer justement des nouvelles choses aux policiers cet après-midi, le président ?

STÉPHANE LE FOLL
On écoute et on respecte, on l'a montré, on n'est pas simplement là dans la parole, dans un rendez-vous, il y a eu des actes. Alors après on peut toujours dire, ce n'est pas assez, on peut dire, il faudrait faire mieux. On peut dire, il y a un certain nombre de problèmes liés à l'exécution des peines. Il y a des choses qui sont dites, on les écoute, mais en disant ce que vous avez dit, contre l'exécutif, l'exécutif, il a fait des choses, mais en même temps, il faut qu'il continue à en faire.

JEFF WITTENBERG
Eh bien c'est entendu, merci beaucoup Stéphane LE FOLL, très bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 28 octobre 2016

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