Tribune de M. Manuel Valls, Premier ministre, et de M. Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, sur le compte Facebook du Premier ministre le 27 octobre 2016, à propos du développement régional, intitulé "Innover : la force de nos territoires". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. Manuel Valls, Premier ministre, et de M. Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, sur le compte Facebook du Premier ministre le 27 octobre 2016, à propos du développement régional, intitulé "Innover : la force de nos territoires".

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

ti : Affirmation de nos régions – 12 grandes régions hexagonales, cinq régions d'Outre-mer, et la collectivité territoriale de Corse –, consolidation de nos départements, renforcement de l'intercommunalité, émergence de grandes métropoles : la France des territoires change à grands pas ! Toutes ces évolutions créent de nouvelles opportunités que les territoires peuvent saisir avec ambition, à condition, bien sûr, que nous leur en donnions tous les moyens.

Les territoires ne demandent pas à être protégés ou assistés. Ils demandent à disposer de toutes les cartes pour agir, pour innover, en matière de soutien aux entreprises, ou bien de solidarité. Ils demandent que leurs compétences, les politiques qu'ils mènent soient reconnues comme contribuant à l'effort national et à la cohésion de notre pays. Ils demandent que les réalités locales l'emportent sur les consignes générales. Et qu'enfin les échelons se complètent, que les politiques publiques s'adaptent, qu'elles collent au réel !

Cela fait maintenant 50 ans que cette ambition, cette volonté de « décoloniser la province », pour reprendre les mots de Michel Rocard, a été énoncée. Cela fait 30 ans, qu'au travers des lois de décentralisation, elle s'est progressivement confortée. La France, de tradition jacobine, est devenue de plus en plus girondine…

Cette révolution silencieuse, que certains appellent une révolution tranquille, restait pourtant incomplète, inachevée. Notamment pour nos régions. Malgré le renforcement de leurs compétences, elles manquaient trop souvent de capacités pour agir.

Or qui peut encore croire que le développement local s'imagine, se construit, se finance, et se pilote depuis Paris ? Il fallait repenser les outils, changer les mentalités. C'est ce que nous venons d'accomplir ensemble. Plus qu'une révolution institutionnelle, c'est une révolution dans les esprits.

Tout d'abord, en matière d'économie et d'emploi. Inutile de détailler, un à un, les transferts de compétences, mais pour la première fois, les régions disposeront d'une capacité complète – de l'identification des filières stratégiques au soutien à l'appareil industriel, en passant par la définition de la carte des formations. C'était important, car la stratégie territoriale gagnante ne se bâtit pas en silo, mais en rassemblant tous les potentiels locaux.

C'est ce que nous entreprenons avec les projets « usine du futur ». Il y a de beaux exemples dans la région Nouvelle-Aquitaine, et notamment l'entreprise I2S, que nous visitons aujourd'hui.

Grace à ces dispositifs, nous rassemblons les entreprises régionales, les ETI en particulier, autour d'un projet commun : réindustrialiser les territoires, redonner de la compétitivité aux entreprises, remettre l'humain, les compétences et l'innovation au cœur de la productivité. Cette démarche collective et pragmatique vise aussi bien le développement économique, l'aménagement équilibré des territoires que l'amélioration des conditions de travail. Les résultats sont là : ces « usines du futur » embauchent, innovent, se développent et exportent. Et plus important encore, elles renforcent leur implantation dans leurs territoires et font mentir les prophètes de la désindustrialisation de notre pays.

L'Etat doit également reconnaître aux régions les moyens de leur autonomie. On ne pouvait pas continuer avec des régions qui étaient les « petits poucets » des Länder ou des Communidades Autonomas. C'est pourquoi, dès 2018, les régions ne dépendront plus d'une dotation d'Etat mais gagneront une réelle autonomie financière.

Les Régions n'auront plus de dotation globale de fonctionnement, mais une fraction de TVA dont l'effet dynamique annuel garantira, augmentera et pérennisera leurs moyens d'action. Ce choix parachève la réforme territoriale, il lui donne tout son sens : des territoires forts, co-responsables avec l'Etat, capables de choisir leur avenir.

C'est une grande avancée. Elle a permis la mise en œuvre et la réussite du plan « 500.000 formations pour les demandeurs d'emploi ». Elle a permis une codécision en matière de crédits du Programme d'investissements d'avenir. Nous déciderons ensemble de l'utilisation de 500 millions d'euros d'investissements de l'Etat dans les territoires.

Ces évolutions, c'est une mue profonde de l'Etat. Pas au nom d'une logique institutionnelle, mais d'une vision, d'une ambition. Des régions et un Etat engagés pour l'excellence, des régions et un Etat mobilisés pour l'emploi, des régions et un Etat, responsabilisés et économes. C'est cela la nouvelle France des territoires.


Source http://www.gouvernement.fr, le 2 novembre 2016

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