Interview de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé à LCI le 2 novembre 2016, sur la campagne contre le tabagisme et le taux de mortalité par cancer chez les femmes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé à LCI le 2 novembre 2016, sur la campagne contre le tabagisme et le taux de mortalité par cancer chez les femmes.

Personnalité, fonction : TOURAINE Marisol.

FRANCE. Ministre des affaires sociales, de la santé

ti :


AUDREY CRESPO-MARA
Bonjour à tous. Bonjour Marisol TOURAINE.

MARISOL TOURAINE
Bonjour.

AUDREY CRESPO-MARA
Explosion des décès par cancer chez les femmes, on entend un chiffre effrayant ce matin : + 60 % de cancer dans le monde. Qu'est-ce que vous, ministre de la Santé française, vous pouvez nous dire quelle décision prendre ?

MARISOL TOURAINE
C'est vrai que les femmes, aujourd'hui, rejoignent les hommes en ce qui concerne la mortalité par cancer, parce que leurs comportements, par rapport au tabac, à l'alcool, à l'absence d'activités sportives, rejoignent ces comportements, ceux des hommes. Mais moi je veux ce matin adresser un message plus rassurant à nos téléspectatrices, parce que ce qui se passe dans le monde, malheureusement, c'est une très grande inégalité, entre des pays en voie de développement, qui ne maitrisent pas les meilleurs traitements, qui ne maitrisent pas le dépistage, et un pays comme la France, qui fait partie de ceux...

AUDREY CRESPO-MARA
Où le taux de guérison est élevé.

MARISOL TOURAINE
Qui fait partie de ceux où les résultats de la lutte contre le cancer sont les meilleurs. Pensez qu'il y a dix ans seulement on soignait un cancer sur deux en France, qu'aujourd'hui on en soigne 60 %. Pour ce qui est du cancer du sein, plus spécifiquement, neuf cancers du sein sur dix se soignent, se guérissent. Et donc, le maitre-mot, mon message ce matin, c'est prévention et dépistage. C'est pour cela que j'ai décidé d'améliorer l'accès des femmes au dépistage, et je dis à toutes les femmes de consulter leur médecin, et si elles ont entre 50 et 74 ans et pas de raison particulière d'être inquiètes, de bien faire une mammographie tous les deux ans.

AUDREY CRESPO-MARA
Autre fléau, Alzheimer. La Haute autorité de santé dénonce les dangers des médicaments contre Alzheimer, leur inutilité et leurs effets secondaire. Elle préconise l'arrêt des remboursements. Vous dites non, et là certains vous reprochent de ne pas vouloir brusquer l'électorat, c'est 850 000 patients et autant de familles, et de ne pas vouloir brusquer les intérêts économiques des labos.

MARISOL TOURAINE
La Haute autorité de santé, qui est une autorité indépendante, analyse l'intérêt médical des médicaments. Elle ne dit pas qu'il faut ou pas rembourser, elle conclut que les médicaments contre Alzheimer ont un intérêt médical limité, très modeste, et donc on peut s'interroger de savoir s'il faut maintenir le remboursement. La question pour moi est de savoir si aujourd'hui toutes les structures existent pour une bonne prise en charge, un bon accompagnement d'un malade. La question elle n'est pas de rembourser par principe des médicaments, elle est de s'assurer que ceux qui tombent malades ou qui sont malades, si on ne leur prescrit plus les médicaments, seront bien pris en charge de manière structuré et coordonnée, et donc...

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, ce que les experts disent, pardonnez-moi, ce que les experts disent, c'est que les médicaments ne servent à rien, si ce n'est à couter 100 à 300 millions par an à la Sécu, et cela depuis 20 ans.

MARISOL TOURAINE
Non, 100 millions actuellement, par an, c'est vrai, c'était beaucoup plus, c'était 400 millions il y a dix ans, et donc les médecins, progressivement, ont réduit les prescriptions. Je ne dis pas qu'il faut prescrire ces médicaments, entendons-nous bien, je dis simplement que nous devons prendre le temps du dialogue avec les associations de malades, et de la mise en place d'un parcours coordonné de soins. Quelqu'un à qui on dit...

AUDREY CRESPO-MARA
Donc on continue faute de mieux, c'est ça ?

MARISOL TOURAINE
Non, tant que nous n'aurons pas mis en place un parcours de prise en charge, structuré, bien identifié. Concrètement, quel que soit l'endroit où vous habitez en France, si on vous apprend que vous avez la maladie d'Alzheimer, on ne doit pas vous laisser comme ça, sans accompagnement, sans prise en charge. Et donc, ma volonté, c'est, avec des scientifiques, avec les associations de patients, de travailler à l'organisation d'un protocole, comme on dit, c'est-à-dire d'un cadre...

AUDREY CRESPO-MARA
Vous n'avez plus beaucoup de temps, hein, qui le permette.

MARISOL TOURAINE
Oui, mais les choses se lancent et j'ai bon espoir que ce soit des politiques qui se poursuivent dans la durée, parce qu'il y a malheureusement environ 200, 250 000 nouveaux cas de malade d'Alzheimer par an en France, et donc nous devons leur apporter des réponses. Moi, je ne veux pas brusquer, je dis : aujourd'hui, la question du déremboursement ne se pose pas, ça ne veut pas dire qu'elle ne se posera pas dans quelques mois, mais aujourd'hui, elle ne se pose pas.

AUDREY CRESPO-MARA
Ce qui creuse aussi le trou de la Sécu, c'est le tabac. Vous fumez ?

MARISOL TOURAINE
Non, je ne fume pas.

AUDREY CRESPO-MARA
Votre ministère lance...

MARISOL TOURAINE
Lance l'opération « Mois sans tabac ».

AUDREY CRESPO-MARA
Voilà, l'initiative un mois sans tabac ; donc, l'idée c'est que 30 jours sans fumer, donne plus de chances, augmente les chances...

MARISOL TOURAINE
Cinq fois plus chances.

AUDREY CRESPO-MARA
... pour arrêter définitivement.

MARISOL TOURAINE
Quelqu'un qui arrête de fumer pendant un mois, a cinq fois plus de chances d'arrêter définitivement. Cela, ça n'est pas moi qui le dis toute seule, c'est les résultats de ce que nous observons en Grande-Bretagne.

AUDREY CRESPO-MARA
Au Royaume-Uni notamment.

MARISOL TOURAINE
Exactement.

AUDREY CRESPO-MARA
Alors, au Royaume-Uni, seuls 18 % des Britanniques fument, contre 30 % de Français.

MARISOL TOURAINE
Oui.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous, ministre de la Santé, de la France, depuis 2012, est-ce que vous jugez votre bilan moyen ?

MARISOL TOURAINE
Lorsque je suis arrivée aux responsabilités, le nombre de gens qui fumaient était très élevé, en particulier chez les jeunes, et nous voyons déjà reculer le nombre de lycéens fumeurs quotidiens. Ces jeunes qui fument tous les jours, sont passés de 31 % à 23 % en quelques années. C'est donc un signe encourageant. Il faut faire preuve de détermination, vous savez, ça veut dire avoir le courage d'affronter des oppositions, des lobbies et il faut avoir le courage de lancer des initiatives nouvelles. « Mois sans tabac », c'est une nouvelle démarche. J'ai mis en place des politiques de prévention, le paquet neutre qui se généralise en ce moment-même dans les bureaux de tabac. J'ai annoncé que depuis hier, le sevrage tabagique serait remboursé jusqu'à 150 € par an, quelque soit la personne concernée. Et « Mois sans tabac », c'est une initiative positive, de mobilisation collective. Je ne fume pas, mais je vais soutenir le moral et la volonté de ceux qui m'entourent...

AUDREY CRESPO-MARA
Essayer de convaincre nos proches d'arrêter de fumer.

MARISOL TOURAINE
... de ceux qui m'entourent et qui veulent arrêter de fumer. Alors, moi je lance un message et je dis : allez-y, lancez-vous à l'eau, essayez, ça ne peut qu'être positif pour vous, quelques jours, quelques semaines pourquoi pas, pour toujours, arrêter de fumer.

AUDREY CRESPO-MARA
A la Une également, le vote des députés sur la loi de financement de la Sécu pour 2017. Vous assurez qu'en 2017 le fameux trou de la Sécu aura disparu. Alors, ce n'est pas si clair, si vous le permettez, on va regarder des chiffres, ça dépend quelle branche, on regarde. Trois d'entre elles devraient être à l'équilibre, mais pas... On va faire un focus sur 2017, pas la branche maladie qui est en rouge, déficit prévu 2,6 milliards, c'est pas le cas non plus du fonds de solidarité vieillesse, déficit prévu 3,8 milliards, c'est en vert. Le vrai trou de la Sécu, nous expliquent tous les experts, correspond à la dette sociale, elle est encore de 145 milliards en 2017, donc le trou de la Sécu n'est pas près de disparaitre.

MARISOL TOURAINE
Non, il faut savoir de quoi on parle.

AUDREY CRESPO-MARA
Ce sont les chiffres de la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

MARISOL TOURAINE
Oui mais la dette n'a jamais fait partie du déficit de la Sécurité sociale, sinon mais prédécesseurs n'auraient pas eu un déficit à 20 milliards, mais un déficit à 200, 250, 300 milliards.

AUDREY CRESPO-MARA
Ce qu'on peut dire, c'est que ça va mieux, mais que le trou de la Sécu existe toujours.

MARISOL TOURAINE
Non, mais les comptes de la Sécurité sociale sont remis d'aplomb, et la Sécurité sociale est remise d'aplomb. Nous avons, pour ce qui est des quatre branches de la Sécurité sociale, que l'on approche globalement, le déficit est ramené cette année 2016 à 3,5 milliards à peu près, et l'année prochaine, 400 millions. Je ne dis pas zéro, donc on est dans l'épaisseur du trait. Mais moi, ce que je veux aujourd'hui, devant vous, là, c'est passer un message de confiance aux Français, parce qu'ils peuvent avoir confiance...

AUDREY CRESPO-MARA
J'entends bien, depuis le début, mais...

MARISOL TOURAINE
Non mais...

AUDREY CRESPO-MARA
Où on peut avoir moins confiance, pardonnez-moi, c'est que les chiffres – vos calculs sont basés sur les prévisions de croissance. Et pour le coup, les prévisions de croissance de 1,5 % en 2016, on sait que ça n'aura pas lieu puisque même Michel SAPIN dit qu'on n'atteindra pas ces chiffres.

MARISOL TOURAINE
Année après année, on m'a dit : « Vous n'allez pas atteindre vos objectifs ».

AUDREY CRESPO-MARA
Mais là sur la croissance, Marisol TOURAINE, on ne les atteint pas.

MARISOL TOURAINE
Oui, mais depuis 2012 on me dit la même chose.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais Michel SAPIN le dit pour 2016.

MARISOL TOURAINE
Oui, mais depuis 2012, il y a eu des moments de croissance plus ou moins facile, plus ou moins élevée, et on a renforcé les efforts. Mois après mois, je prends des décisions pour faire en sorte que les objectifs fixés soient atteints.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais le ministre des Finances lui-même dit qu'en 2016, on n'arrivera pas à 1,5.

MARISOL TOURAINE
Non mais 2016, là ce que je vous dis, c'est que si nous avions des efforts supplémentaires à faire, des économies à rechercher, nous les trouverions. Il y a quelques jours, j'ai fait voter un programme renforcé de maîtrise des dépenses en matière de médicaments. Donc on va dépenser moins en matière de médicaments que ce qui était prévu.

AUDREY CRESPO-MARA
Ça veut dire qu'on va arriver à 1,5 à la fin 2016 grâce à vos économies supplémentaires ? Michel SAPIN a dit qu'on n'y parviendra pas.

MARISOL TOURAINE
Non, je vous parle du déficit de la Sécurité sociale. Je vous dis que si la croissance n'est pas suffisante…

AUDREY CRESPO-MARA
Vous ferez davantage d'économies.

MARISOL TOURAINE
Et elles sont d'ores et déjà prévues et elles ont été votées à l'Assemblée nationale. Le message que moi je veux faire passer, c'est que nous avons toutes les raisons d'avoir confiance et les Français doivent se dire que la Sécurité sociale est remise sur pied. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les retraites… Non mais laissez-moi aller jusqu'au bout de mon raisonnement ! Ça veut dire que les retraites seront payées dans la durée. Le Conseil d'orientation des retraites dit clairement qu'il n'y a pas de problème de paiement jusqu'à au moins 2040, et après on verra. Ça veut dire que les remboursements en matière de santé s'améliorent et pourront s'améliorer. J'ai lancé un plan de meilleure prise en charge des dents.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous, vous dites que votre bilan est bon et c'est vrai que parmi les ministres, c'est sans doute vous qui avez le moins mauvais bilan au regard des Français.

MARISOL TOURAINE
Non mais ce que…

AUDREY CRESPO-MARA
Pardonnez-moi, on va parler de François HOLLANDE et Manuel VALLS un tout petit peu.

MARISOL TOURAINE
Non mais ce que je veux dire, c'est que lorsque j'entends des programmes de la droite qui nous expliquent que…

AUDREY CRESPO-MARA
Je n'avais pas prévu de parler de la droite, j'avais prévu de la gauche. Je pense que ça dérange un peu plus mais…

MARISOL TOURAINE
Moi, je vous parle de la Sécu. Lorsque la droite dit qu'il va falloir travailler plus longtemps alors que les retraites sont à l'équilibre ; qu'il va falloir moins rembourser alors que l'équilibre est de retour, je dis qu'il n'y a aucune raison d'imposer ces efforts, ces contraintes supplémentaires aux Français alors que les comptes sont remis sur pied.

AUDREY CRESPO-MARA
Seuls 4 % des Français, Marisol TOURAINE, sont satisfaits par l'action de François HOLLANDE. Est-ce que vous l'aviez imaginé comme ça aussi, ce quinquennat ?

MARISOL TOURAINE
Vous savez, il y a des moments difficiles mais le bilan, nous pouvons en être fiers.

AUDREY CRESPO-MARA
Donc les Français sont bêtes. 4 % seulement estiment que le bilan est bon.

MARISOL TOURAINE
Je ne dis pas cela.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais si.

MARISOL TOURAINE
Je ne porte pas de jugement sur les Français. Je dis que les socialistes, les hommes et les femmes de gauche doivent pouvoir regarder ce qui a été fait avec confiance et avec fierté.

AUDREY CRESPO-MARA
Est-ce que François HOLLANDE doit se représenter ?

MARISOL TOURAINE
Dans la période, il y a des doutes, je les entends. Il y a des inquiétudes qui s'expriment à gauche sur notre capacité à convaincre. François HOLLANDE prendra sa décision.

AUDREY CRESPO-MARA
Est-ce que vous souhaitez, vous personnellement, qu'il se représente ?

MARISOL TOURAINE
Ce que je veux dire, je souhaite que François HOLLANDE puisse dans la sérénité prendre sa décision. Et dans le moment, alors qu'il y a des doutes et des inquiétudes, je le dis : ça n'est pas en ajoutant des doutes aux doutes que l'on peut rassurer et stabiliser. La gauche a besoin de force, de cohérence et de solidité dans cette période.

AUDREY CRESPO-MARA
Est-ce que Manuel VALLS a tort d'ajouter des doutes ?

MARISOL TOURAINE
Et la meilleure façon d'attendre la décision du président de la République, c'est de travailler, de valoriser le bilan comme je viens de le faire pour la Sécurité sociale. On peut le faire sur l'éducation, pour la nouvelle économie.

AUDREY CRESPO-MARA
Marisol TOURAINE, vous voyez comme nous ces derniers jours Manuel VALLS lui-même douter de la présidentiabilité du président. Est-ce que vous, vous estimez que Manuel VALLS a tort et que vous êtes l'une des dernières à soutenir François HOLLANDE aujourd'hui ?

MARISOL TOURAINE
Non. Je suis certaine que lorsque le président de la République aura annoncé sa décision, et s'il décide de se représenter à l'élection présidentielle, je suis certaine que Manuel VALLS s'engagera avec force dans la campagne derrière lui.

AUDREY CRESPO-MARA
Et vous le soutiendrez si François HOLLANDE se présente.

MARISOL TOURAINE
Et moi, je soutiendrai évidemment le candidat de la gauche et le président de la République s'il se représente.

AUDREY CRESPO-MARA
Même s'il doit être éliminé dès le premier tour.

MARISOL TOURAINE
Mais pourquoi serait-il éliminé dès le premier tour ? Vous savez, les seules batailles qu'on ne gagne pas sont celles qu'on ne mène pas. Et moi, je veux mener avec force la bataille de la présidentielle parce que nous avons besoin d'une ambition positive pour la France. Nous avons besoin de porter du progrès, de porter de l'innovation.

AUDREY CRESPO-MARA
Mais les Français pensent que le progrès ce n'est pas François HOLLANDE qui le portera. Vous voyez bien les sondages depuis des mois.

MARISOL TOURAINE
A nous de les convaincre, à nous de les convaincre. Une campagne électorale, c'est aussi là pour faire bouger les lignes.

AUDREY CRESPO-MARA
Et si c'est derrière François HOLLANDE, vous irez. On a compris.

MARISOL TOURAINE
Si les sondages étaient ce qui annonçait les décisions des électeurs, on n'aurait pas besoin d'élection.

AUDREY CRESPO-MARA
Tous les matins, Marisol TOURAINE, je pose une question récurrente, la question off mais devant les caméras. C'est off, entre nous. Votre père, l'éminent sociologue Alain TOURAINE, est-ce qu'il est fier de vous ?

MARISOL TOURAINE
Oui, je crois. Oui, oui.

AUDREY CRESPO-MARA
Vous croyez ?

MARISOL TOURAINE
Oui, j'en suis sûre. Oui, oui. J'ai de très bonnes relations avec lui, je le vois très souvent et, oui, je crois qu'il est fier de moi.

AUDREY CRESPO-MARA
Merci beaucoup, Marisol TOURAINE. C'est la suite de la Matinale, François-Xavier MENAGE.

FRANÇOIS-XAVIER MENAGE
Merci à vous deux. Et donc on a bien compris : le candidat de la gauche sera soutenu, quel qu'il soit bien sûr, par la ministre de la Santé.


Source ; Service d'information du Gouvernement, le 3 novembre 2016

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