Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, sur les relations politiques, culturelles et commerciales entre la France et le Togo, la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, le projet d'Erasmus euro-africain et la crise migratoire, à Lomé le 28 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, sur les relations politiques, culturelles et commerciales entre la France et le Togo, la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, le projet d'Erasmus euro-africain et la crise migratoire, à Lomé le 28 octobre 2016.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Visite du Premier ministre en Afrique de l'Ouest du 28 au 31 octobre 2016 - Allocution devant la communauté française, à Lomé (Togo) le 28

ti : Monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur l'ambassadeur, cher Marc FONBAUSTIER,
Mesdames et messieurs les délégués consulaires,
Mesdames et messieurs et mes chers compatriotes,


C'est un vrai bonheur de vous retrouver ce soir ici, à Lomé, alors que je débute une nouvelle tournée, une nouvelle visite et, plus particulièrement, en Afrique de l'Ouest.

28 ans, 28 ans après la dernière visite d'un Premier ministre français, celle de Michel ROCARD – et vous pouvez comprendre ma fierté bien sûr de lui avoir succédé après d'autres à Matignon – mais de lui succéder directement ici à Lomé, parce que vous connaissez mon attachement à Michel ROCARD qui a disparu il y a quelques semaines, quelques mois, alors qu'il était venu ici signer les fameux accords de Lomé.

Et j'ai voulu venir quasiment dès mon arrivée avec Anne, mon épouse, la délégation qui m'accompagne, venir à votre rencontre. Car c'est vous bien sûr qui faites vivre cette belle relation entre la France et le Togo, entre le Togo et la France. Plus de 100 ans d'histoires communes, une tradition (je crois) d'amitié, de confiance et aussi – ne l'oublions jamais  une fraternité d'armes.

Il y a eu au cours de cette histoire centenaire des soubresauts, mais ils n'ont jamais entaché l'amitié et l'amitié d'abord entre nos deux peuples. Il y a eu aussi de la part de la France – et je le dis très directement avec franchise – un défaut d'intérêt à l'égard du Togo. Nous n'avons pas suffisamment porté attention à ce pays, qui se tourne pourtant vers nous et qui attend beaucoup, beaucoup de la France.

Ma visite est d'ailleurs la première de ce niveau à Lomé sous la présidence… président FAURE, elle fait suite à celle d'André VALLINI et de Jean-Marie LE GUEN, j'ai bien compris qu'il était (lui) un vrai ami du Togo désormais, en mai dernier, celle de Jean-Yves Le DRIAN, le ministre de la Défense il y a quelques jours à peine, après un déficit patent de visites ministérielles au Togo entre 2009 et 2016.

Le Togo change et je veux saluer les parlementaires qui m'accompagnent, qui connaissent bien ce pays, qui connaissent bien cette sous-région et qui en sont convaincus, la sénatrice, l'ancienne ministre Hélène CONWAY-MOURET ; Jean-Yves LE BOUILLONNEC qui est un ami personnel du Togo depuis très longtemps, avant même d'être élu et qui est président du groupe d'amitié à l'Assemblée nationale entre nos deux pays ; Pascal TERRASSE qui est président de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie ; Claudine LEPAGE ; Robert DEL PICCHIA et Jean-Baptiste LEMOYNE qui sont sénateurs et qui ont une relation forte avec les différents pays que nous allons visiter ; et Bernard LESTERLIN que je viens de découvrir en arrivant et qui était là, présent pour une manifestation je crois d'engagement, c'est un sujet qui lui tient à coeur ; et Seybah DAGOMA qui est députée de Paris et qui est aussi présente, pour la première fois d'ailleurs dans ce pays et qui illustre je crois… elle incarne même ce que peut être la relation entre la France et l'Afrique.

Le Togo change et même si les défis sont là, je pense à la démocratie, à l'Etat de droit, aux réformes institutionnelles, il change dans le bon sens. La France croit au Togo et la France veut une relation plus forte avec le Togo. C'est ce message que je suis venu porter ici et c'est ce que je viens encore de proposer au président de la République comme au Premier ministre.

Cette relation, ce partenariat dense doivent nous permettre d'aborder ensemble bien sûr les défis auxquels la France et le Togo sont confrontés. Je pense aux migrations, au développement, je pense aussi bien sûr au terrorisme.

Vous avez vécu vous aussi à distance les attaques qui ont frappé la France dans sa chair. Vous êtes certainement inquiétés pour vos proches, pour vos connaissances. D'autres épreuves nous attendent, la menace est là, permanente et je vous le dis comme je le dis inlassablement malheureusement à tous nos compatriotes, nous devons apprendre à vivre avec cette menace. Ce qui ne veut pas dire se résigner, être fataliste mais cela veut dire au contraire beaucoup de résilience, cela veut dire résister.

Et c'est le combat de toute une nation entière, de tous les Français qui vivent en métropole, dans nos Outre-mer ou à l'étranger. Et c'est précisément l'unité de la nation, sa cohésion, sa force que les terroristes vivent. Mais la France est debout et la France mène le combat.

Ce combat, l'Afrique le mène aussi, les attentats à Bamako, à Ouaga, à Grand-Bassam l'ont rappelé ces derniers mois avec la plus grande violence. L'Afrique de l'Ouest est elle aussi une cible et en son sein, nos compatriotes, nos ressortissants, nos intérêts, nos entreprises sont visés, peuvent être visés.

Nous serons toujours au côté des Français partout dans le monde, pour assurer leur sécurité et les protéger. C'est notre devoir et c'est notre première responsabilité.

Nous avons ainsi décidé de renforcer fortement les moyens dédiés, c'est un engagement du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc AYRAULT, des moyens dédiés à la sécurité des entreprises françaises à l'étranger. Je pense en particulier aux enceintes scolaires et je verrai demain, nous verrons demain en inaugurant l'école maternelle et primaire Charles de Gaulle combien cette question de la sécurité est prise en compte dans les aménagements, même si demain nous parlerons bien sûr d'abord d'école et d'éducation.

Je l'ai dit avec force au président Faure, la France est totalement engagée au côté du Togo pour garantir sa stabilité, pour contribuer si nécessaire à sa sécurité, en tout cas pour engager toutes les coopérations nécessaires.

Ce combat contre le terrorisme pour notre sécurité collective, nous le menons ensemble, la France, l'Europe, le Togo, l'Afrique de l'Ouest unis et déterminés. Parce que nous avons les mêmes intérêts, parce que nous pouvons partager les mêmes valeurs.

Je n'oublie pas en plus, parce qu'il y a cette fraternité d'armes, l'engagement, l'enrôlement de ces jeunes togolais dans les bataillons des tirailleurs africains venus combattre en France, lors des deux guerres mondiales. Et à chaque fois que nous avons commémoré depuis 2014 le centenaire de la Première Guerre mondiale, j'étais encore il y a encore quelques semaines à Verdun, le 13 septembre, pour célébrer le centenaire de la remise de la Légion d'honneur à cette ville martyr par à l'époque le président Raymond POINCARE. Et il y a, il y a ces croix blanches, il y a ces cimetières où des hommes venus d'Afrique se sont battus et sont morts pour la France.

Aujourd'hui, le Togo est à nouveau au côté de la France pour préserver l'intégrité du Mali, qui menaçait d'être emporté par le jihadisme. Et le Sommet Afrique-France qui aura lieu, présence du président de la République François HOLLANDE en janvier prochain à Bamako, se tiendra 4 ans après cette décision courageuse et déterminante du président de la République dont il faut être particulièrement fier. Parce que cette intervention a permis de sauver le Mali et à empêcher l'extension du jihadisme un peu partout en Afrique de l'Ouest.

Avec le Togo, nous faisons face aussi au défi que pose la piraterie maritime dans le golfe de Guinée. Le Togo a pris les choses en main en organisant le Sommet de l'Union africaine sur la sécurité maritime. Et cela a été monsieur l'ambassadeur un grand succès. La France y était donc représentée par Jean-Yves Le DRIAN et le ministre de la Défense avec de la fierté, de l'émotion, vous connaissez son caractère entier, en Conseil des ministres il y a quelques jours nous a dit combien il avait été touché par le fait que les 4 chefs d'Etat africains présents avaient (eux notamment) salué le rôle de la France, d'une manière générale et aussi dans l'engagement de cet accord pour le golfe de Guinée, qui vise à protéger bien sûr le Togo et les pays du golfe. Mais là aussi, nous y avons tous les intérêts car les trafics, les trafics qui peuvent passer par ces pays nous concernent très directement : drogue, cigarettes, armes.

Mes chers compatriotes, vous êtes au Togo plus de 3.500 français, une communauté nombreuse, donc dynamique, présente. Et moi je suis toujours  et j'irai à votre rencontre dans un instant – touché et ému par ces visages, par cette présence de la France partout dans le monde. Et je salue évidemment les sénateurs qui représentent ces Français de l'étranger, comme on dit. Et vous êtes engagés dans tous les domaines d'activité et dans tout le pays. Et si vous êtes là, c'est que vous avez aussi confiance dans l'avenir du Togo et vous avez bien raison.

Je salue les entreprises françaises entreprenantes, créant de l'emploi et de la richesse, notamment dans la construction et les transports. Et demain, nous visiterons notamment le port autonome de Lomé, seul port de cette région en eau profonde et qui représente pour les transports donc, pour les conteneurs de 3ème génération, pour l'économie bleue parce que c'est l'avenir de nos pays, des atouts tout à fait considérables.

Le volume de nos échanges commerciaux a presque doublé depuis 2013 et nous voulons faire encore davantage. La France veut se mobiliser au coté du Togo pour relancer un partenariat économique d'envergure. Et je sais que nos entreprises sont prêtes à contribuer à la modernisation de l'économie togolaise et dans tous les secteurs.

Je sais aussi que le climat des affaires est souvent difficile et que vous pouvez en souffrir. Des efforts sont entrepris par les autorités togolaises mais bien sûr, il reste du chemin à parcourir. Je sais que vous subissez par ailleurs la concurrence d'entreprises de grands pays émergents. Sachez que tout le dispositif public français est là pour accompagner vos projets, vous aider si nécessaire à les financer.

La France au côté du Togo, c'est aussi une France mobilisée pour son développement. L'Agence française de développement, l'AFD, son directeur Rémy RIOUX qui a été récemment nommé m'accompagne. C'est un homme qui connaît bien l'Afrique qu'il aime et qui est particulièrement engagé. L'AFD porte d'importants projets au Togo, dans l'énergie et le développement durable, dans l'agriculture bien sûr, c'est essentiel, dans la ville durable.

J'irai visiter demain une réalisation concrète de notre partenariat, je poserai la première pierre du Centre d'enfouissement technique qui doit permettre d'améliorer durablement les conditions de vie des habitants de la capitale.

Au Togo comme ailleurs, les succès de nos entreprises ce sont les succès de la France. Lorsque nos entreprises investissent, lorsqu'elles embauchent, lorsqu'elles gagnent des marchés grâce aussi à notre politique de relance de compétitivité, notre économie se porte mieux. Le chômage, les chiffres du mois de septembre viennent de le démontrer, le chômage baisse, pas assez vite bien évidemment mais 66.000 chômeurs de moins au mois de septembre, 90.000 chômeurs de moins depuis le début de l'année, cela veut bien dire qu'il y a un mouvement qui est lancé.

La croissance est là, trop faible mais elle est là, elle crée de l'emploi, 120.000 à 130.000 emplois crée en solde net, ça veut dire qu'il faut – après ces premiers résultats – les conforter. Nous sommes sur la bonne voie mais il faut poursuivre les réformes.

Je veux saluer également tous ceux et toutes celles qui, parmi vous, font rayonner ce trésor, peut-être le plus beau que nous avons tous en partage, la langue française. Et cette langue française, cette francophonie, mais c'est un atout incroyable, nous l'avons souvent oublié. Nous avons d'ailleurs reculé dans ce domaine parfois alors que c'est comme ça, c'est l'histoire des hommes, quand on parle la même langue on se comprend et on avance donc ensemble.

Je pense aux acteurs de l'Institut français du Togo qui accomplissent un travail important, je pense également à ceux qui sont tous les jours les acteurs de l'enseignement français au sein du lycée français de Lomé, à tous ces enseignants qui – c'est vrai en France, c'est vrai ici transmettent valeurs, savoirs et qui exercent sans aucun doute le plus beau métier du monde.

Je tenais à saluer chaleureusement les jeunes volontaires français, cher Bernard, qui se trouvent parmi vous. Le Togo est la première destination au monde pour les volontaires français. Vous êtes entre 1.500 et 2.000 à venir chaque année partager avec des différentes communautés togolaises ce que vous avez appris et en retour apprendre d'elles. Vous êtes le symbole de l'engagement civique de la jeunesse de France.

A vous tous qui êtes les artisans du rayonnement de la France au Togo, à vous qui êtes la France et je pense à ces Franco-togolais notamment je suis très heureux d'avoir dans ma délégation le premier adjoint d'Evry, Pacôme ADJOUROUVI qui est Franco-togolais, c'est ça la France. Ce sont des origines évidemment différentes, c'est un Premier ministre né à Barcelone, naturalisé français quand il avait 20 ans ; c'est une députée qui est fière de ses origines tchadiennes ; c'est un élu à Evry qui peut être fier de ses origines togolaises, c'est ça la France. Ce ne sont pas les origines, ce ne sont pas des couleurs, ce ne sont pas les religions, c'est partager les valeurs d'une même communauté.

A vous tous donc, je veux dire merci, merci de contribuer à cette amitié qui grandit à travers ces échanges et se nourrit de votre engagement. Je veux dire aussi un mot d'ailleurs de nos compatriotes aux faibles revenus, dont les conditions de vie peuvent être difficiles, c'est le cas parfois de certains binationaux mais pas seulement, et je pense peut-être plus particulièrement aux personnes âgées. Nous leur devons aide et solidarité et je salue l'action bien sûr dans le cadre de l'action de l'aide sociale de nos services consulaires, aide parfois même alimentaire.

En vous voyant tout, en venant à nouveau en terre africaine, je suis animé par une conviction qui ne fait que grandir. L'Afrique est… je ne veux pas que cela soit uniquement des mots, l'Afrique c'est pour nous le continent d'avenir, c'est ici que se jouera le destin de la France et le destin de l'Europe. Le continent africain est celui de toutes les opportunités et de tous les grands défis : démographiques, migratoires, sécuritaires, climatiques sanitaires, identitaires et de ce point de vue-là, il faut peut-être s'appuyer sur le génie togolais, peut-être un exemple de tolérance et le syncrétisme. Défis budgétaires : éducatifs et de formation, c'est évidemment l'essentiel, former la jeunesse. Démocratique et de bonne gouvernance, dans une Afrique qui va très vite grâce notamment à la révolution numérique et à la transition énergétique.

Et l'Europe qui cherche de nouveau un projet, qui n'est pas uniquement celui de la paix et de l'après-guerre dans un monde qui a changé, l'Europe a une responsabilité majeure, c'est son grand dessein, se tourner vers l'Afrique, tendre la main à sa jeunesse. Il faut proposer par exemple un programme sur le modèle d'Erasmus, il faudra l'appeler autrement, il y a suffisamment de figures africaines pour pouvoir trouver un nom qui a été une chance immense pour les jeunes Européens. Et nous avons besoin de ces relations entre la jeunesse et la France ne doit pas avoir peur de la jeunesse africaine. Ca doit être au contraire pour nous une fierté que de participer à la formation des élites de ce continent.

Nous en tirerons bien sûr demain tous les bénéfices et la langue est là, je le répète, pour favoriser ces échanges. La France mes chers compatriotes, elle est forte, elle est forte quand elle est généreuse, quand elle affirme ses valeurs. Vous avez vu que nous avons pu évacuer en quelques jours ce campement indigne de Calais qu'on appelait « la jungle ». Il reste bien sûr encore des sujets, celui des mineurs, les problèmes qui se posent bien sûr à Paris, la crise migratoire qui est là. Crises migratoires, elles existent d'abord du Sud vers le Sud, du Sud vers le Nord, la guerre qu'on fuit, la famine, la maladie et puis il y a bien sûr la crise syrienne.

Et la France fait tout pour aujourd'hui résoudre une des crises majeures de ce début du 21ème siècle. Mais la France ne serait pas capable de protéger ceux qui fuient la guerre, l'horreur, la torture, nous ne serions pas capables alors que nous avons une politique migratoire maitrisée d'accueillir ceux qui demandent l'asile, 30.000 personnes de plus ces 3 dernières années, mais moins de 100.000 demandeurs d'asile, un million et demi en Allemagne. Comparons.

Nous, la France des droits de l'homme, 66 millions d'habitants, un grand pays, 30.000 communes, des grandes associations, un Etat fort, nous ne serions pas capables de répartir sur le territoire 6.000, 7.000 réfugiés, des hommes, des femmes, des enfants, de résoudre à Calais ou à Paris cette crise migratoire ; et des gens voudraient s'opposer en brûlant des centres d'accueil et d'orientation, en manifestant leur haine à l'égard de ceux qui fuient la guerre, alors que nous avons tant de Français dont les parents ou les grands-parents eux-mêmes ont trouvé refuge dans notre pays.

Et – je veux le dire ici – en Afrique, la France est la France quand elle est capable d'être généreuse, bien sûr responsable toujours dans la maîtrise, mais généreuse. Et c'est important de le dire ici plus particulièrement. Ensemble, ensemble l'Afrique et l'Europe sont plus fortes, alors continuons à créer des partenariats solides, continuons à bâtir des ponts dans tous les domaines économiques, culturels entre nos 2 continents.

J'étais à Francfort il y a quelques jours, parce que la France va être l'invitée de cette grande Foire du livre, la plus grande du monde l'année prochaine. Et la France portera pas seulement ces maisons d'édition, sa langue, sa littérature. Il y avait d'ailleurs… on m'a offert là le beau livre de François MITTERRAND, ses lettres à Anne, il avait du temps pour écrire des lettres. Et l'ambassadeur en arrivant nous disait, à Anne et à moi-même, que François MITTERRAND qui était venu ici en 1983 avait écrit deux lettres ici, de Lomé à Anne PINGEOT. Vous voyez, donc je reviens à la Foire de Francfort, c'est l'occasion aussi de faire vivre la littérature, la littérature africaine, sa langue, ces jeunes auteurs, il y a des écrivains partout.

C'est ça l'Afrique, elle est plus que jamais dans l'histoire, elle n'a jamais quitté l'histoire, elle est là, c'est notre histoire, nous venons (nous) de cette Afrique… c'est ça l'histoire des hommes, des civilisations, aujourd'hui notre destin, nos destins sont plus que jamais liés. Et nous devrons de ce point de vue, nous en parlions avec le ministre, être capables par exemple avec l'Allemagne… nous voulons le faire déjà avec l'Institut français et l'institut Goethe mener ensemble des projets dans bien des pays.

La France doit être la force motrice de ce partenariat, bien sûr dans l'Afrique francophone, bien sûr parce qu'il n'y a aucune raison que nous ne soyons pas présents dans l'Afrique anglophone, et je serai demain soir à Accra, et bien sûr dans l'espace lusophone. Et le président de la République François HOLLANDE a eu l'occasion de se rendre en Angola. Et donc l'avenir de la France et de l'Afrique, il se fera avec vous, avec vous Français du Togo ; et vous amis togolais qui êtes présents ici ce soir et que je salue.

Soyons donc fiers et soyons confiants, fiers de ce que vous faites, fiers de ce que la France fait ici, confiants en l'avenir du Togo et confiants bien sûr en l'avenir de la France dans ce pays. Vous suivez bien sûr les débats qui agitent la France, ils doivent parfois d'ailleurs vous étonner, moi aussi. La France est un immense pays, nous sommes la 5ème puissance économique du monde, une grande puissance industrielle, une puissance agricole. Nous sommes respectés parce que nous tenons notre rang comme membre permanent du Conseil de sécurité. Peu de pays sont capables de se projeter à la fois au Sahel, au Liban ou au Levant, en Syrie et en Irak.

Nous sommes respectés par l'engagement de nos armées et par celui de notre diplomatie, qui a connu le succès que l'on connaît avec la COP 21 et c'est évidemment pour l'Afrique un élément tout à fait essentiel. Et les chefs d'Etats africains ont contribué, notamment le président FAURE, à cet accord et je l'avais rencontré. Et cet accord est évidemment là aussi un motif de fierté pour nous Français. Mais nous sommes un grand pays, je l'ai dit il y a un instant par la culture et par la langue.

Et la ressource principale de la France, ce sont les Français eux-mêmes. Nous avons plus de 2 millions de Français qui vivent à l'étranger, certains disent : mais ils partent, c'est la fuite, mais enfin il y a 3 millions et demi ou 4 millions de Britanniques à l'extérieur et personne ne s'interroge si c'est un affaiblissement. C'est une force dans la mondialisation d'aujourd'hui, cela fait partie des échanges.

Et donc moi, je suis confiant dans l'avenir de mon pays à condition que mes compatriotes regagnent de la confiance. C'est bien sûr à nous de leur donner cette confiance et je ne méconnais rien des risques de la France confrontée au terrorisme ou à la montée des populismes. Eh ben ! Face à ces risques, il faut être confiant, il faut aimer son pays, il faut aimer les Français. Et moi, mes chers compatriotes, je vous demande d'être plus que jamais fiers de ce que vous êtes, fiers d'être Français et de représenter ici pleinement, avec dignité, avec engagement, je n'en doute pas un seul instant, notre beau pays qu'est la France.


Alors vive le Togo, vive la République et vive la France.


Source http://www.ambafrance-tg.org, le 14 novembre 2016

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