Déclaration de Mme Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, sur le suivi par l'Etat du dispositif mis en place par la SNCF pour l'accompagnement et l'indemnisation des victimes de l'accident de train d'Eckwersheim, à Eckwersheim le 14 novembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, sur le suivi par l'Etat du dispositif mis en place par la SNCF pour l'accompagnement et l'indemnisation des victimes de l'accident de train d'Eckwersheim, à Eckwersheim le 14 novembre 2016.

Personnalité, fonction : MEADEL Juliette.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes

Circonstances : Cérémonie commémorative en hommage aux victimes de l'accident ferroviaire d'Eckwersheim (Bas-Rhin) lors des essais de la LGV est-européenne, à Eckwersheim le 14 novembre 2016

ti : Mesdames, Messieurs,


Il y a un an, le samedi 14 octobre 2015, survenait ici, à Eckwersheim, l'accident qui mit fin à la vie de 10 personnes, puis une onzième personne grièvement blessée, et fit 42 blessés, dont quatre enfants. En ce jour de commémoration, un an après ce drame, l'Etat n'oublie pas les 25 agents de la SNCF, les 10 agents SYSTRA, les 2 employés d'Erail test ainsi que les 16 personnes extérieures invitées à bord du train, toutes victimes du même accident. Nous sommes réunis ici, sur les lieux du drame, en solidarité à toutes les victimes, directes et indirectes, de cet accident terrible.

Dans ce train, à 15h05, à la sortie de cette courbe, leurs vies ont basculé. Onze l'ont perdue. Leurs noms resteront gravés dans nos mémoires. Stéphane Briet, Alain Cucarroni, Daniel Heury, Fabrice Jounot, Freddy Martial, Christophe Miannay, Alain Rolland, Laurence et Marc Lenglet. Les deux plus jeunes avaient 25 et 28 ans, ils s'appelaient Fanny Mary et Jérémy Landais. Nous ne les oublierons pas, cette commémoration est là pour en attester.

A votre demande, je suis venue aujourd'hui pour affirmer la solidarité de la puissance publique à l'égard des victimes, de toutes les victimes – je tiens à le rappeler.

Car si la création du Secrétariat d'Etat à l'aide aux victimes fut décidée au lendemain des attentats du 13 novembre, nous n'avons pas voulu limiter cette réponse aux nécessités immédiates de la menace terroriste. D'emblée, nous avons voulu inscrire ce projet dans une vision large et à long terme qui prenne acte des nombreuses vulnérabilités qui constituent notre monde. C'est pourquoi mon souci est d'agir non seulement pour les victimes d'actes de terrorisme, mais aussi pour les victimes de catastrophes naturelles ou encore celles d'accidents collectifs ; parce qu'il ne saurait y avoir de comparaison, encore mois de hiérarchisation des priorités, entre les victimes.

L'Etat ne fait pas de distinction entre les douleurs ou entre les chagrins, c'est pourquoi il sera auprès de tous. Dans un souci d'égalité de traitement, l'Etat sera toujours présent auprès des victimes. C'est pourquoi je suis et tiens à être auprès de vous aujourd'hui.

L'Etat suit de près le dispositif mis en place par le groupe SNCF pour vous accompagner et vous proposer une réparation rapide et juste. Le parquet de Paris organise de manière trimestrielle une réunion de suivi sur le dispositif d'aide aux victimes de l'accident d'Eckwersheim.

Etre là, être présent auprès des victimes, cela signifie – pour l'Etat, pour moi – agir concrètement en leur faveur. C'est dans cet esprit que j'ai récemment installé un Groupe de Travail pour améliorer les dispositifs d'aide aux victimes en cas d'accidents collectifs.

Ce groupe de travail, réuni pour la première fois le 3 novembre dernier, associe les différents ministères concernés (Justice ; Intérieur ; Transports ; Affaires étrangères ; Santé ; Finances), des magistrats, des auxiliaires de justice, des responsables de services de l'Etat, des associations de victimes et d'aide aux victimes, des assureurs, des avocats et des spécialistes de la gestion de crise. S'appuyant sur des retours d'expérience et partant des besoins des victimes, il formulera des propositions d'amélioration des dispositifs existants de prise en charge, d'ici la fin du mois de février 2017. Il permettra ainsi, entre autres, de rénover le guide méthodologique publié en 2004. Dans l'urgence, comme dans la durée, notre intervention auprès des victimes d'accidents collectifs pourra ainsi être mieux structurée et améliorée.

Car dans le chagrin du deuil, l'Etat est là pour vous accompagner, pour vous aider à retrouver le gout de vivre et pour vous soulager. Nous voulons éviter que la lourdeur des procédures administratives ajoute de la douleur à la douleur.

C'est dans cette perspective que nous avons engagé un travail d'amélioration de l'information disponible et veillé, avec les associations de victimes, à un suivi individualisé et adapté. Nous avons ainsi créé la plateforme GUIDE, un outil numérique innovant et collaboratif, simple d'utilisation, qui facilite et coordonne l'accès à leurs droits pour les victimes de terrorisme et bientôt pour celles d'accidents collectifs. Si le gouvernement a en effet le souci de moderniser et de simplifier vos démarches, c'est pour vous laisser le temps de faire votre deuil et de vous reconstruire, pour aborder le jour d'après dans les meilleures conditions possibles.

Et c'est cet esprit-là que la solidarité de l'Etat peut faire vivre.

Cet esprit-là n'est jamais en repos. Cet esprit-là, cet esprit d'effort et de soutien, cet esprit dans lequel le sentiment fonde le geste, dans lequel efficacité et humanité vont de pair, cet esprit-là, c'est celui d'une exigence soutenue, d'une responsabilité assumée, et c'est celui de la République.

Un an après le drame qui vous a touchés et vous touche encore, nous ne devons pas l'oublier. Nous ne l'oublierons pas.


Je vous remercie.


Source http://juliettemeadel.fr, le 15 novembre 2016

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