Déclaration de M. Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, sur le lancement officiel des travaux du tramway T 4 à Clichy-Sous-Bois le 18 octobre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, sur le lancement officiel des travaux du tramway T 4 à Clichy-Sous-Bois le 18 octobre 2016.

Personnalité, fonction : KANNER Patrick.

FRANCE. Ministre de la ville, de la jeunesse et des sports

ti :


Une politique de cohésion nationale, est nécessairement, et je dirais avant tout, une politique de désenclavement territorial.

Comment se sentir liés les uns aux autres, si nous sommes séparés par des murs parfois invisibles et néanmoins infranchissables ?

Il faut permettre la mobilité. La mobilité sociale, bien entendu. La mobilité résidentielle également. Mais tout simplement la mobilité. La mobilité est la liberté par excellence.

C'est la liberté de pouvoir étudier, de pouvoir travailler, de pouvoir se cultiver, de pouvoir se retrouver.

C'est la liberté de pouvoir flâner et s'amuser.

Rien de tout cela n'est possible lorsqu'on est techniquement assigné à résidence.

Une France une et indivisible est une France dans laquelle ses citoyens peuvent circuler, dans laquelle aucun territoire ne leur est interdit, de droit ou de fait.

C'est tout cela un tram. C'est pour Clichy-sous-Bois et ses habitants, un moyen de transport moderne, la réparation d'une injustice et le symbole d'une renaissance.

Vous l'avez dit, monsieur le maire, cher Olivier KLEIN, cela fait longtemps, trop longtemps, que votre ville et sa voisine de Montfermeil – je salue également son maire, cher Xavier LEMOINE – attendent.

Nous avons un vrai problème avec le temps de l'action politique. Il est manifestement déconnecté du temps de la vie ordinaire, et cette déconnexion devient en soi une source de désagrément voire de souffrance pour les citoyens.

Disant cela, je dois admettre que je ne connais pas de solution évidente à ce problème, mais il faut au moins se poser la question pour essayer d'y répondre.

Que ce soit dans le processus législatif ou non, nous devons aller plus vite.

Cela fait des décennies votre territoire, messieurs les maires, à proximité des pôles principaux de la métropole, à commencer par le pôle économique de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et ses dizaines de milliers d'emplois, manque de transport.

L'absence de ces transports est la source de bien des maux qui accablent les habitants. Moins de transport, c'est moins d'activité économique, moins de revenus, moins de mixité.

C'est le cycle infernal de l'enfermement.

L'engagement des pouvoirs publics dans le financement de ce tram montre que nous n'acceptons pas cette situation, que nous ne la considérons pas, par facilité ou par lâcheté, comme une fatalité.

Nous prêts et déterminés à la faire évoluer.

L'Etat avait une dette morale vis-à-vis de Clichy et de Montfermeil et de ses leurs habitants.

Le Premier Ministre s'est personnellement impliqué dans ce dossier, et aujourd'hui, nous pouvons avancer que les travaux seront achevés dans deux ans.

Il fallait cette mobilisation de tous, car il était totalement anormal qu'un projet aussi attendu que celui-ci – qui ne présente pas de difficulté technique particulière – mette autant de temps à voir le jour.

Il était totalement anormal que des villes de Seine-Saint-Denis, si proches les unes des autres, aient pu si longtemps se tourner le dos.

Clichy et Montfermeil, seront désormais mieux reliées à Livry-Gargan et aux Pavillons-sous-Bois.

Nous réparons donc une injustice.

Les travaux qui démarrent aujourd'hui sont le prolongement, presque l'aboutissement, de l'engagement exceptionnel des élus du territoire.

J'ai une pensée particulière, amicale et triste, pour notre ami Claude Dilain, lui qui aimait tant sa ville, et la servait avec tellement de courage.

Je sais qu'il aurait été heureux d'assister à cet événement.

Nous réparons une injustice et nous continuons notre travail pour un renouveau de la ville, et plus globalement pour une grande transformation de nos quartiers populaires.

En quelques années, pour Clichy-sous-Bois, ce fut une agence Pôle emploi, puis un collège, le collège Louise Michel, un nouveau commissariat, une nouvelle piscine, la piscine Rosa Parks que je suis d'ailleurs venu inaugurer.

L'Etat revient en force, et en solidarité, par la présence des services et équipements publics.

C'est ainsi que je conçois une République en actes, mot d'ordre du Gouvernement pour les quartiers prioritaires.

Partout en France, des quartiers entiers changent de visage.

Les transports arrivent, les logements sont réhabilités ou reconstruits, les espaces publics réaménagés, les commerces et autres activités économiques se développent avec le soutien de la puissance publique.

Nous opérons cette transformation avec le souci d'y associer étroitement les citoyens, les habitants qui, par définition, connaissent mieux que quiconque leur quartier.

C'est pourquoi nous avons souhaité la création systématique de conseils citoyens dans chaque quartier concerné par un contrat de ville.

Nous les réunirons tous, à travers leurs représentants le 27 octobre, pour une grande manifestation, une « rentrée citoyenne », qui sera l'occasion de montrer que nos quartiers ont beaucoup à dire et à proposer, pour eux-mêmes et pour la France.

C'est cela aussi le progrès : faire confiance.


Source http://www.patrickkanner.fr, le 16 novembre 2016

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