Interview de Mme Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l'habitat durable, à France Info le 14 novembre 2016, sur l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les primaires de gauche et l'encadrement des loyers. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l'habitat durable, à France Info le 14 novembre 2016, sur l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les primaires de gauche et l'encadrement des loyers.

Personnalité, fonction : COSSE Emmanuelle, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Ministre du logement et de l'habitat durable;

ti : FABIENNE SINTES
Bienvenue à tous, c'est l'émission politique de France Info, comme tous les matins, une demi-heure ensemble. Bonjour Jean-Michel APHATIE.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Fabienne.

FABIENNE SINTES
Bonjour à vous Guy BIRENBAUM.

GUY BIRENBAUM
Bonjour.

FABIENNE SINTES
Et Gilles BORNSTEIN.

GILLES BORNSTEIN
Bonjour.

FABIENNE SINTES
Votre invitée ce matin est ministre du Logement et de l'Habitat durable.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Emmanuelle COSSE.

EMMANUELLE COSSE
Bonjour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Daniel TRUMP… Daniel TRUMP…

(…) Rires

EMMANUELLE COSSE
Non merci !

JEAN-MICHEL APHATIE
Donald TRUMP, le nouveau président américain a dit hier soir aux manifestants dans son pays : n'ayez pas peur. Il a fait comme Jean-Paul II il y a quelques années, on l'écoute sur France Info.

(…)

JEAN-MICHEL APHATIE
Avez-vous peur de Donald TRUMP ?

EMMANUELLE COSSE
Écoutez ! Au moins, vous aurez réussi à nous faire rire avec…

JEAN-MICHEL APHATIE
Je suis d'accord.

EMMANUELLE COSSE
Ça sera peut-être la seule fois. Peur je ne sais pas, beaucoup de craintes liées à ce qu'il a dit durant sa campagne et aussi liées à son entourage. Je ne vous cache pas que voir… c'est quelqu'un qui s'est dit climatosceptique, c'est quelqu'un qui s'est dit anti-avortement, pro-armes à feu. Moi ce qui m'a beaucoup inquiété, c'est ses propos au niveau international, on sait que les États-Unis jouent un rôle primordial quand même dans ce qui se passe dans les bouleversements de ce monde. Je ne sais pas quelle va être sa position sur la Syrie à venir, moi ça m'inquiète énormément. On est quand même dans une offensive sur Mossoul et sur Raqqa et c'est quelque chose de très fort. Et puis…

JEAN-MICHEL APHATIE
On a besoin des Américains ?

EMMANUELLE COSSE
Évidemment mais de toute façon, les Américains c'est un grand pays, c'est une grande démocratie et on ne va pas…

JEAN-MICHEL APHATIE
On a besoin de l'armée américaine, on a besoin de la force américaine ?

EMMANUELLE COSSE
On ne va pas faire comme si… ce que craignent beaucoup de monde quelle que soient les… sur les États-Unis, c'est le fait que les États-Unis s'isolent et ne jouent pas leur rôle, un rôle dans le monde qui est évidemment important. Mais il y a aussi une crainte, je dis ça, j'ai simplement lu, je n'ai pas parlé avec des gens qui sont aux États-Unis actuellement, c'est cette montée dans les communautés. Il y a eu dans la communauté LGBTI vraiment de la crainte, mais quand vous lisez pas mal de postes sur Facebook de personnes afro-américaines, il y a des craintes liées au racisme. Et je crois que ça, il faut aussi l'entendre…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous comprenez les manifestants Emmanuelle COSSE ?

EMMANUELLE COSSE
Je les comprends, après c'est toujours trop tard de manifester après une élection.

JEAN-MICHEL APHATIE
Manifester c'est simple, contre le suffrage universel c'est difficile.

EMMANUELLE COSSE
Non mais on peut manifester parce qu'on a peur. J'ai manifesté après le 21 avril 2002, mais c'est avant qu'il faut se manifester, c'est avant qu'il faut se poser la question de comment on fait pour ne pas arriver à ça. Après TRUMP, il y a aussi les institutions américaines qui font que, me semble-t-il, il ne pourra peut-être pas faire tout ce qu'il a promis qu'il allait faire. Mais son discours hier sur « je vais renvoyer 3 millions d'illégaux qui sont tous des bandits, des narcotrafiquants…

JEAN-MICHEL APHATIE
Des criminels, il a dit.

EMMANUELLE COSSE
Des criminels, ça dit quand même beaucoup de sa perception de son pays quand même.

JEAN-MICHEL APHATIE
A l'Assemblée nationale, parce que nous essayons tous de donner un sens à cette élection, Manuel VALLS mercredi dernier a jugé que l'élection de Donald TRUMP pouvait aussi être comprise ainsi, on écoute le Premier ministre.

(…)

JEAN-MICHEL APHATIE
…Emmanuelle COSSE, le besoin de frontières et le besoin de réguler l'immigration.

EMMANUELLE COSSE
C'est en tout cas ce qui s'est dit durant l'élection américaine, mais ça dépend…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous partagez cette analyse, vous ?

EMMANUELLE COSSE
Surtout des États, il faut aussi dire les choses. Et il se trouve que j'étais à Quito pour la Conférence onusienne sur l'habitat en octobre…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non mais Manuel VALLS…

EMMANUELLE COSSE
Non mais je pense aussi que Manuel VALLS vous parle des États-Unis sur un continent américain…

INTERVENANT
Non mais là, il importe…

JEAN-MICHEL APHATIE
Le besoin de frontières.

EMMANUELLE COSSE
Il n'importe pas, il a dit… vous allez reprendre sa phrase, ce que nous dit l'élection américaine. Et après le sujet surtout…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est le besoin de frontières et de réguler l'immigration.

EMMANUELLE COSSE
Moi je pense surtout qu'aujourd'hui, il y a surtout un besoin de répondre à des questions extrêmement concrètes que nous posent les citoyens français, comme européens. N'oublions pas, n'oublions pas qui a gagné les élections européennes en France ? C'est le Front national…

JEAN-MICHEL APHATIE
Le Front national oui.

EMMANUELLE COSSE
Non mais ne l'oublions pas parce que…

FABIENNE SINTES
…Pardon Emmanuelle COSSE, ce que dit Manuel VALLS en creux là, c'est : oui, on a bien vu qu'il y avait 3 millions d'expulsions potentielles aux États-Unis, on a peur que cette demande-là soit contagieuse en fait, c'est ça qu'il nous dit en creux Manuel VALLS, non ?

EMMANUELLE COSSE
Mais attendez…

JEAN-MICHEL APHATIE
On a peur que cette demande soit contagieuse ?

EMMANUELLE COSSE
En France…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ou il faut honorer aussi cette demande ?

FABIENNE SINTES
Ou on aurait aussi cette demande ?

EMMANUELLE COSSE
Mais surtout en France aujourd'hui, excusez-moi, il n'y a pas de mouvement populaire pour… des expulsions de personnes. Il y a par contre des sujets très clairs qui est… il y a une crise migratoire que connaît l'Europe et pas simplement la France, l'Europe, qu'est-ce qu'on fait ? Pas simplement au niveau français, qu'est-ce qu'on fait au niveau européen ? Et c'est pour ça que je vous parle des élections européennes parce que le durcissement au niveau européen en 2014, le Front national en tête en France, l'impossibilité des partis dits « majoritaires » de répondre à cette question européenne, elle est me semble-t-il très grave. Et moi je vais vous dire, je pense que quand les États-Unis sont aussi bouleversés et peut-être vont s'affaiblir d'un certain côté avec TRUMP, il faut que l'Europe prenne le leadership. Et pour l'instant malheureusement, on ne va pas faire ça.

GILLES BORNSTEIN
Alors parlons France, politique française justement. La France s'apprête à faire ce qu'elle ne faisait pas, c'est-à-dire renvoyer vers le pays par lequel ils sont rentrés en Europe des migrants. Est-ce que vous êtes pour ou est-ce que vous êtes contre cette mesure ?

EMMANUELLE COSSE
Je voudrais déjà comprendre ce que vous dites parce que…

GILLES BORNSTEIN
La France s'apprête à expulser plus de migrants, à renvoyer vers les pays par lesquels ils sont entrés, la Grèce, l'Italie…

FABIENNE SINTES
C'est-à-dire les accords de Dublin…

EMMANUELLE COSSE
La France doit respecter les accords de Dublin mais elle a fait…

GILLES BORNSTEIN
Jusqu'à présent elle ne le faisait pas, elle va le faire.

EMMANUELLE COSSE
Jusqu'à présent, elle le faisait extrêmement peu et je ne vais pas empiéter sur les compétences de Bernard CAZENEUVE qui vous répondrait mieux que moi. Mais par ailleurs, la France ne s'apprête pas pour l'instant à le faire plus, même si je vois très bien l'article auquel vous faites référence…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un article publié dans Le Monde la semaine dernière…

EMMANUELLE COSSE
Oui, absolument…

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui disait que les expulsions d'immigrés seraient plus nombreuses…

EMMANUELLE COSSE
Oui.

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est une compensation avec la gestion des migrants qui demandent l'asile politique.

EMMANUELLE COSSE
C'est une lecture qui est faite par cette journaliste du Monde et je pense que vous…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est parce que vous êtes un peu mal à l'aise que vous vous réfugiez derrière…

EMMANUELLE COSSE
Pas du tout, pas du tout, c'est que j'ai lu cet article, qu'actuellement je m'occupe de l'accueil de beaucoup de migrants qui, par ailleurs, sont concernés par le règlement de Dublin, que nous ne l'avons pas appliqué pour ces migrants qui viennent de Calais…

GILLES BORNSTEIN
Jusqu'à présent.

EMMANUELLE COSSE
Non mais Gilles BORNSTEIN, nous ne l'avons pas appliqué pour les migrants qui venaient… qui étaient à Calais et on les a mis dans les centres d'accueil et d'orientation. Et il y a aussi des gens qui ont été dits « dublinés » et ce n'est pas nouveau. Donc j'ai lu cette lecture de cet article et pour tout vous dire, j'ai trouvé que la conclusion qui en était faite était un peu (me semble-t-il) hâtive. Et c'est pour ça que je vous propose d'interroger le ministre de l'Intérieur et de l'Asile sur le sujet.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous l'avez fait peut-être, après avoir lu l'article, vous avez passé un coup de fil à CAZENEUVE ?

EMMANUELLE COSSE
Oui, je l'ai fait et c'est pour ça que je vous dis, je pense que cette conclusion est un peu hâtive.

JEAN-MICHEL APHATIE
Ah ! D'accord, c'est en fonction de ce que vous a dit le ministre de l'Intérieur…

EMMANUELLE COSSE
Non mais pourquoi je devrai…

JEAN-MICHEL APHATIE
Que vous avez obtenu une forme d'assurance et de tranquillité…

EMMANUELLE COSSE
Non mais pourquoi je devrai plus… je vous dis simplement que je ne partage pas ce qui est écrit dans cet article.

JEAN-MICHEL APHATIE
Je suis d'accord mais la différence entre vous et moi Emmanuelle COSSE, c'est que nous on ne peut pas téléphoner comme ça au ministre de l'Intérieur.

EMMANUELLE COSSE
Si, vous téléphonez à beaucoup de ministres et très souvent, vous demandez des informations même par SMS.

INTERVENANT
Ah bon !

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous nous donnerez son numéro de téléphone, comme ça…

EMMANUELLE COSSE
Vous l'avez, vous l'avez.

FABIENNE SINTES
On se retrouve dans 90 secondes, il est 8 h 40.

(…)

FABIENNE SINTES
La suite de l'émission politique sur France Info avec Emmanuelle COSSE ce matin. Question Gilles BORNSTEIN.

GILLES BORNSTEIN
Oui. Vous avez annulé aujourd'hui un déplacement à Nantes, alors on se demandait pourquoi, est-ce que c'est à cause de la décision que doit rendre la Cour d'appel de Nantes à propos de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, une décision potentiellement défavorable à l'aéroport ?

EMMANUELLE COSSE
Non, ce n'est pas pour cette raison que j'ai annulé, c'est parce que j'ai des dossiers assez urgents à régler à Paris. Mais je serai à Nantes dans les jours qui viennent par ailleurs, parce que j'ai prévu de rencontrer les professionnels du logement et aussi aller soutenir François DE RUGY qui, comme vous le savez, est député de Loire-Atlantique.

JEAN-MICHEL APHATIE
Et candidat à la primaire du Parti socialiste…

EMMANUELLE COSSE
Absolument.

JEAN-MICHEL APHATIE
Nous allons en parler dans un instant. Est-ce que vous diriez, comme Ségolène ROYAL l'a dit au Journal du Dimanche il y a quelques temps : Notre-Dame-des-Landes, mieux vaut arrêter les frais ?

EMMANUELLE COSSE
Écoutez ! Moi je ne préjuge pas de la conclusion qui va être donnée par la Cour d'appel administrative. Après, il se trouve que ces recours je les connais bien puisqu'y compris je les ai signés en première instance, quand j'étais secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts. Et je peux vous dire qu'il s'agit d'un recours qui concerne la conformité à la loi sur l'eau, à la législation sur l'eau. Donc c'était les sujets les plus ardus, les plus pointus et les plus faibles du dossier depuis le début…

INTERVENANT
Attendez ! Vous Emmanuelle COSSE, ministre du gouvernement, vous avez signé les recours…

EMMANUELLE COSSE
Moi Emmanuelle COSSE, chef de parti…

INTERVENANT
Contre la politique du gouvernement.

EMMANUELLE COSSE
J'ai signé au printemps 2015 un recours en première instance…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est un peu schizophrénique du coup comme position !

EMMANUELLE COSSE
Ce n'est pas du tout schizophrénique, excusez-moi, j'étais chef de parti, j'ai signé ce recours…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous signez des recours contre le gouvernement, maintenant vous êtes au gouvernement…

EMMANUELLE COSSE
Ben oui mais…

JEAN-MICHEL APHATIE
Et vous souhaitez, je l'imagine, que ce recours soit couronné de succès.

EMMANUELLE COSSE
Ça montre plutôt l'ouverture d'esprit du président de la République qui connaît mon opposition depuis le départ de Notre-Dame-des-Landes. Et par ailleurs, je l'ai toujours dit, je l'ai même dit chez vous il y a quelques mois, qu'il restait des recours. Ca faisait plaisir à tout le monde de dire à chaque fois « les recours c'est fini », etc., ce n'est pas vrai…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est le Premier ministre qui disait ça.

EMMANUELLE COSSE
C'est les recours les plus importants…

JEAN-MICHEL APHATIE
On est mieux informés que vous.

EMMANUELLE COSSE
Sur la législation sur l'eau, c'est le point le plus faible du dossier depuis le début. C'est sur ce point qu'il y a une infraction aux législations européennes et c'est pour cette raison… je ne sais pas du tout ce qui sera décidé cet après-midi, mais voilà ! Le dossier arrive à ce moment-là et oui, le temps de la justice il est très long.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors on dit que la Cour d'appel pourrait statuer contre l'aéroport puisque le commissaire du gouvernement a indiqué que ces recours-l…

EMMANUELLE COSSE
Il faudra lire…

JEAN-MICHEL APHATIE
Devaient être acceptés.

EMMANUELLE COSSE
Il faudra lire le rendu…

INTERVENANT
Et qui est généralement suivi.

EMMANUELLE COSSE
Il faudra lire le rendu du jugement et s'y conformer, comme on fait sur l'ensemble des décisions…

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour rendre compte de la difficulté de votre position Emmanuelle COSSE…

EMMANUELLE COSSE
Non, elle n'est pas difficile ma position.

JEAN-MICHEL APHATIE
Sur ce dossier de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, nous avons exhumé une archive il y a exactement un an, novembre 2015 sur LCP, écoutez.

(…)

JEAN-MICHEL APHATIE
Là c'est dit au moins.

EMMANUELLE COSSE
Mais oui mais vous savez, depuis très longtemps…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous voyez bien qu'il y a une contradiction forte entre la position du gouvernement…

EMMANUELLE COSSE
Excusez-moi…

JEAN-MICHEL APHATIE
Auquel vous appartenez et vous-même !

EMMANUELLE COSSE
Non, je n'ai pas de contradiction et si l'on pense qu'à chaque fois que pour faire des choses, il faut être d'accord sur tout, on ne fait rien. Je suis rentrée dans ce gouvernement avec deux oppositions très connues, celle sur la déchéance de nationalité, celle sur Notre-Dame-des-Landes. Je m'en suis ouverte au président de la République, au Premier ministre et ils l'ont assumé en tout état de cause. Et en plus mon opposition à Notre-Dame-des-Landes est sur les arguments juridiques, écologiques et économiques…

FABIENNE SINTES
Mais pourquoi c'est si compliqué du coup de dire, comme Ségolène ROYAL, il faut arrêter les frais, je ne comprends pas très bien ?

EMMANUELLE COSSE
Mais parce que je ne suis pas en charge de ce dossier et que moi, excusez-moi, il y a un jugement qui va être rendu cet après-midi. Je laisse parler la justice, je pense qu'à un moment il faut aussi que le droit parle, qu'il soit respecté et tout simplement qu'on regarde ce qui est dit, quelles sont les préconisations de la Cour d'appel administrative sur la législation sur l'eau, c'est tout.

INTERVENANT
Et Jean-Marc AYRAULT, il est content, le ministre des Affaires étrangères ?

EMMANUELLE COSSE
Je ne peux pas vous dire, je n'en ai pas parlé avec lui.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous n'avez pas son téléphone peut-être !

EMMANUELLE COSSE
Si et je parle avec lui d'autres sujets que Notre-Dame-des-Landes, en particulier l'accueil des réfugiés en France.

GILLES BORNSTEIN
On parle un peu de politique. Pour qui voterez-vous lors de la primaire de la gauche le 22 janvier : François DE RUGY dont vous venez de citer le nom ?

EMMANUELLE COSSE
Au premier tour oui et vous le savez, je vais soutenir François DE RUGY qui sera candidat et qui représentera les écologistes au premier tour de cette primaire, absolument.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les chances d'élection de François DE RUGY sont faibles dans cette primaire ou fortes ?

EMMANUELLE COSSE
Elles ne sont pas majoritaires en tout cas, mais moi ce que je souhaite c'est que cette primaire nous permette d'une part de défendre notre point de vue d'écologie. Ce qui est un vrai débat à gauche, c'est l'enjeu des primaires, on voit bien que la primaire de la droite, quoi qu'on en pense, elle joue son rôle de débat, de discussions, de défendre des idées que je ne partage pas mais en tout cas, elle joue son rôle. Et la primaire de la gauche doit exactement jouer le même rôle. Et je ne vous cache pas que maintenant, je suis un peu en attente et j'ai un peu hâte que les candidats soient connus et qu'on soit dans le jeu démocratique du débat et qu'on puisse évidemment avancer.

GUY BIRENBAUM
La position écologiste, elle sera peut-être défendue dans la présidentielle par le candidat écologiste, non, il y en a un, il s'appelle Yannick JADOT, il a été élu…

EMMANUELLE COSSE
Oui mais enfin…

INTERVENANT
C'était votre parti.

EMMANUELLE COSSE
Excusez-moi mais il n'a pas le monopole de l'écologie et je pense qu'on a des désaccords importants. Mais surtout, au-delà de la personnalité de Yannick JADOT et du choix qu'ont fait les participants à cette primaire, c'est que je pense qu'aujourd'hui – et vous le savez très bien – si la gauche est divisée à cette élection, elle sera éliminée dès le premier tour. Donc la question c'est : comment est-ce qu'on fait pour avoir une gauche qui soit plus soudée, qui puisse y compris faire face à ses contradictions, à ses affrontements depuis 5 ans. Et c'est me semble-t-il à ça que doit jouer à la primaire et vous le savez très bien. Yannick JADOT est celui qui a lancé la primaire de la gauche et des écologistes il y a maintenant, 9 mois, au final il n'a pas voulu aller au bout, moi je le regrette et je regrette très fortement qu'on n'ait pas ce débat-là. Peut-être que sa candidature ira au bout, c'est le choix qu'a fait Europe Ecologie Les Verts, mais moi je pense que l'écologie peut être portée ailleurs que dans ce parti, y compris en n'ayant pas cette position d'isolement aujourd'hui qui est extrêmement forte dans ce parti.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez dit Emmanuelle COSSE que vous aviez hâte de connaître les candidats à cette primaire, dont évidemment vous attendez avec impatience, c'est ce qu'il faut comprendre, la décision de François HOLLANDE.

EMMANUELLE COSSE
Et des autres…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, les autres on les connaît, MONTEBOURG, HAMON, LIENEMANN, FILOCHE…

EMMANUELLE COSSE
Oui mais il y a un moment si vous voulez…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non… c'est de François… on va parler franchement, c'est de François HOLLANDE que vous parlez !

EMMANUELLE COSSE
Oui mais par ailleurs je pense, même si je ne m'en excuse jamais avec lui, je pense qu'il sera candidat, j'ai surtout hâte qu'on soit dans le débat politique…

JEAN-MICHEL APHATIE
Est-ce que vous avez envie qu'il soit candidat ?

EMMANUELLE COSSE
Oui, oui, j'ai envie…

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour quoi, pour qu'il rende compte de son bilan ?

EMMANUELLE COSSE
Pour qu'il rende compte de son bilan, pour qu'on puisse aussi débattre pour de vrai et hors de la posture des désaccords qu'il y a eu à gauche. Quand j'entends encore avant-hier que voilà, la politique de la France depuis 5 ans c'est l'austérité, mais on parle de quoi sincèrement ? Parce qu'il y a eu une réduction des dépenses publiques sur les collectivités territoriales. Mais regardons ce qui a été fait sur les minima sociaux, sur l'aide à l'emploi, sur la question des aides aux entreprises. Je pense qu'on a besoin d'avoir ces débats-là. Quand j'entends un autre candidat soi-disant écologiste qui dit « le bilan du quinquennat sur l'écologie est nul » alors que c'est faux, qu'on a enfin adopté la première loi mondiale contre les pesticides tueurs d'abeilles, qu'on a avancé sur le nucléaire même si je pense que ça ne va pas assez vite, moi je veux qu'on ait ces débats-là. Et c'est pour ça qu'il faut que cette primaire ait lieu et en effet, il me semble qu'il est important qu'il y ait assez vite tous les candidats sur la ligne de départ.

JEAN-MICHEL APHATIE
Globalement, le bilan de François HOLLANDE est bon ?

EMMANUELLE COSSE
Je pense qu'il est bon, je pense que sur certains sujets il y a eu beaucoup d'incompréhension. Et je pense même que c'est un des défauts de ce quinquennat, c'est une difficulté à expliquer des choses. Mais sur des thèmes aussi importants que l'emploi, que le logement, que l'accès à la santé, des droits essentiels pour notre population, il y a eu des évolutions. Sur l'éducation, il y a eu énormément d'évolutions et moi je crois que 5 ans plus tard, puisqu'il s'agit aussi de regarder une période, on est dans une situation qui est bien meilleure que celle de 2012. Ca ne veut pas dire que tous les problèmes sont réglés, ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus de pauvreté dans le pays, ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus d'inégalités, mais on a fait beaucoup de choses et surtout me semble-t-il, il faut que l'on continue parce que moi ce que je regarde actuellement dans le débat sur la primaire de la droite, c'est aussi la volonté d'un retour en arrière très fort sur un grand nombre de sujets. Et je crois que ce n'est vraiment pas une bonne chose pour notre pays.

JEAN-MICHEL APHATIE
Si François HOLLANDE était désigné par la primaire des socialistes, vous revoteriez pour lui, vous voteriez pour lui ?

EMMANUELLE COSSE
Bien sûr mais de toute façon, je voterai…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous vous engagez…

EMMANUELLE COSSE
Je voterai pour le vainqueur de la primaire de la gauche.

INTERVENANT
Même si c'est VALLS ?

EMMANUELLE COSSE
Je voterai… je vais vous dire…

INTERVENANT
Même si c'est VALLS ?

EMMANUELLE COSSE
Oui, mais même si c'est VALLS, même si c'est MONTEBOURG, si c'est HAMON, si c'est François DE RUGY.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous vous engagez dans cette primaire…

EMMANUELLE COSSE
Je m'engage dans cette primaire, je souhaite que la gauche gagne les élections et à un moment…

INTERVENANT
Entre Yannick JADOT et Manuel VALLS, vous préférez Manuel VALLS ?

EMMANUELLE COSSE
Et à un moment, je vais vous dire, je souhaite que la gauche ait les moyens de gagner cette élection. Donc oui, j'irai voter pour le candidat qui sortira vainqueur de la primaire de la gauche, tout simplement.

JEAN-MICHEL APHATIE
On va parler… quelques fois la politique ce n'est pas clair, là c'est clair, vous voterez pour le candidat désigné par la primaire.

FABIENNE SINTES
En attendant, il est 8 H 50 sur France Info.


(…)
FABIENNE SINTES
Emmanuelle COSSE est avec nous sur France Info ce matin. Question Gilles BORNSTEIN.

GILLES BORNSTEIN
Oui, on parlait d'Emmanuel MACRON avant la coupure, est-ce que si lui est le mieux placé pour qu'un candidat de gauche soit en tête au... soit présent au deuxième tour de la présidentielle, est-ce que vous pourriez voter pour lui ?

EMMANUELLE COSSE
Eh bien, de toute façon, je pense qu'il n'est pas candidat de la primaire pour le moment...

GILLES BORNSTEIN
Tout le monde sait qu'il le sera cette semaine.

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, candidat à la primaire...

EMMANUELLE COSSE
Non, candidat de la primaire, excusez-moi, on parlait de la primaire....

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez raison de...

EMMANUELLE COSSE
... il sera candidat à la présidentielle et pour l'instant j'ai du mal à voir ce qui est de gauche chez lui, mais je vous dis franchement, j'ai vu sa longue interview la semaine dernière dans Le Nouvel Observateur...

JEAN-MICHEL APHATIE
Dans L'Obs.

EMMANUELLE COSSE
Oui. C'est dans tous les sens, haro sur la protection sociale, sur l'égalité dans l'éducation, voilà. Moi je ne m'y retrouve absolument pas, je ne vous cache pas.

GILLES BORNSTEIN
C'est moins mal que la droite ?

EMMANUELLE COSSE
Mais ce n'est pas le sujet, aujourd'hui...

GILLES BORNSTEIN
Ça peut le devenir.

EMMANUELLE COSSE
Écoutez, je vais vous dire quelque chose, Emmanuel MACRON a été pendant quatre ans au coeur de la politique publique de ce quinquennat, d'un seul coup il décide, pour un destin personnel, d'en sortir, avec une duplicité extrêmement forte. Moi je vous dis simplement que quelqu'un que j'appréciais, que je trouve en plus qui pose des questions essentielles sur ce qui ne va pas dans notre pays, aujourd'hui ce qu'il présente, ce n'est pas du tout quelque chose qui me parle. Derrière ce côté « je vais tout réformer, parce que notre pays est conservateur », on a des positions extrêmement dures, notamment sur la protection sociale et le droit du travail, y compris il réitère des positions qui ont été celles qui ont amené à ces manifestations aussi fortes, au moment de la Loi El Khomri et notamment les questions sur les indemnités de licenciement, alors qu'il sait très bien que c'est extrêmement dommageable, et je pense objectivement qu'aujourd'hui il ne représente pas cette gauche dans laquelle moi je me reconnais. Donc je vais vous dire les choses, moi je m'engage dans cette primaire de la gauche, et ce que je souhaite, c'est que ce soit le candidat de cette primaire qui soit en tête de la gauche, et justement, on soit dans cette bataille beaucoup plus claire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous l'avez évoqué tout à l'heure, vous redoutez le risque de division, mais il faut aussi acter la division de la gauche. Jean-Luc MELENCHON sera candidat, les écologistes auront leur candidat, donc ce sera Yannick JADOT, les socialistes auront leur candidat, Emmanuel MACRON se rattache aussi parce qu'il en a été membre, à la gauche, il en a été membre du gouvernement, donc il se rattache aussi à la gauche, donc la division est quand même une donnée qu'il faut prendre compte, si on est réaliste.

EMMANUELLE COSSE
Mais, vous savez, je la prends en compte. Il se trouve que j'étais tête de liste aux régionales il y a maintenant un an, que j'ai vu aussi ce que donnait la division. Un des grands problèmes de beaucoup de personnalités à gauche, cet qu'ils pensent tous qu'ils sont meilleurs que le voisin, sauf qu'à la fin, il n'y a personne au second tour. Il n'y a personne au second tour, c'est ce qui s'est passé en Nord-Pas-de-Calais et en PACA, et aujourd'hui, vous savez quoi, ces mêmes leaders de la gauche localement, nous expliquent que c'est dramatique, que la droite est horrible. Regardez les déclarations qu'a fait ESTROSI, regardez ce qu'il a fait voter en PACA sur les migrants il y a maintenant 15 jours. Il se serait passé quoi si la gauche était partie différemment dans ces élections ? Et à un moment, il me semble aussi qu'il faut un peu plus de maturité.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais c'est un voeu pieux.

EMMANUELLE COSSE
Non.

JEAN-MICHEL APHATIE
Jean-Luc MELENCHON...

EMMANUELLE COSSE
C'est peut être un voeu pieux, mais je ne vois pas pourquoi...

JEAN-MICHEL APHATIE
Je vais vous dire, Jean-Luc MELENCHON, vous ne le ramènerez pas, aujourd'hui, dans un cadre unique de la gauche.

EMMANUELLE COSSE
Vous savez quoi ? C'est peut-être un voeu pieux, mais je ne vois pas pourquoi je devrais arrêter d'espérer. Il y a quand même quelque chose qui est réel, c'est que, à droite, vous avez une plus grande maturité des partis politiques quand il s'agit de gagner une élection, et il me semble à un moment que l'on est capable de pouvoir avoir des désaccords au sein d'une gauche et en même temps décider d'agir ensemble. En tout cas, moi c'est ce que j'ai fait e rentrant dans ce gouvernement, sans oublier d'où je viens et quelles sont mes combats.

JEAN-MICHEL APHATIE
Une question sur le logement, de Gilles BORNSTEIN.

GILLES BORNSTEIN
Oui, vous avez étendu aux communes de banlieues l'encadrement des loyers, et pourtant on constate que ça ne marche pas très bien, donc, qu'allez-vous faire ? D'autant que les bailleurs ne sont pas punis s'ils dépassent le loyer autorisé.

EMMANUELLE COSSE
Alors, l'encadrement des loyers, aujourd'hui, il est effectif uniquement à Paris, il le sera à Lille l'année prochaine, et pour le reste de l'agglomération parisienne, il va falloir attendre un an et demi, parce qu'il faut mettre...

JEAN-MICHEL APHATIE
Toute la banlieue est concernée, c'est-à-dire le Val-de-Marne, Versailles, l'Essonne...

EMMANUELLE COSSE
C'est pas toute la banlieue...

GILLES BORNSTEIN
400 et quelques communes de proche banlieue.

EMMANUELLE COSSE
C'est une grande partie de la région parisienne, il faut un an et demi pour fixer les différents niveaux. Aujourd'hui, on a d'une part... on sait qu'au moins un tiers des nouveaux locataires à Paris en ont bénéficié, donc ça a fonctionné, et vous avez raison, que sur une partie des propriétaires, ils n'appliquent toujours pas...

GILLES BORNSTEIN
Et il n'y a pas de sanctions.

EMMANUELLE COSSE
Il n'y a pas de sanctions, mais déjà on va faire des contrôles et c'est ce que nous faisons, notamment par les agences immobilières, la Direction de la concurrence et de la répression des fraudes...

GILLES BORNSTEIN
Oui, mais tout le monde ne passe pas par une agence.

EMMANUELLE COSSE
... a aussi donné des éléments, et nous travaillons actuellement avec la ville de Paris aussi pour continuer à faire connaitre le dispositif, car je le rappelle, tous les locataires qui ont signé un bail, qui ne respectent pas l'encadrement des loyers, s'ils vont devant la Commission de conciliation, ils gagnent, ils ont gain de cause immédiatement et le propriétaire est obligé de s'y conformer.

JEAN-MICHEL APHATIE
Merci Cécile DUFLOT. C'est elle qui a mis en place de mécanisme.

EMMANUELLE COSSE
Oui, merci...

JEAN-MICHEL APHATIE
Je le signale juste pour ça.

EMMANUELLE COSSE
Non non, mais, vous savez, moi, je vais vous dire, qu'on fait du logement par beaucoup d'humilité, parce que les réformes que vous portez, il faut trois à quatre ans pour qu'elles soient en place, et aujourd'hui, les très bons chiffres de la construction que nous avons, elles sont liées à des mesures que Silvia PINEL a défendues il y a deux ans, l'encadrement des loyers il est lié à Cécile DUFLOT et toutes celles et ceux qui l'ont poussée à l'époque à le faire, et on peut aussi remercier l'ensemble de la gauche, qui je le rappelle, avait voté la loi ALUR, et malgré tout ce qu'on en dit, c'est une loi qui est extrêmement utile, qui aujourd'hui prend tous ses effets, et c'est aussi pour ça qu'on a de très bons résultats aujourd'hui en matière de construction.

FABIENNE SINTES
Emmanuelle COSSE, est-ce que vous soutenez iTélé ?

EMMANUELLE COSSE
Oui.

FABIENNE SINTES
Je voudrais vous faire écouter Benoit HAMON, c'était sur France Info, ce samedi, qui a une petite idée sur la raison pour laquelle les politiques sont plutôt très silencieux...

EMMANUELLE COSSE
Oui, je l'ai entendu, d'ailleurs j'étais en train de me laver les dents quand il disait cela.

FABIENNE SINTES
Eh bien écoutez, là, sans la brosse à dents, réécoutez-le, vous allez voir.

BENOIT HAMON – LE 12 NOVEMBRE SUR FRANCE INFO
Pourquoi est-ce qu'on est mezzo voce ? Parce que BOLLORE on dine avec. Eh oui. Et donc quand on dine avec monsieur BOLLORE, c'est un peu compliqué d'aller le lendemain à la télévision et expliquer que ce qu'il fait à iTélévision, ce n'est pas bien. Donc voilà, moi je ne dine pas avec monsieur BOLLORE, je n'ai pas cette chance là, mais je sais avoir les yeux grands ouverts là où il se passe aujourd'hui, des méthodes en matière de management et de gestion d'une rédaction, qui sont inacceptables.

FABIENNE SINTES
Alors, 21ème jour de grève. C'est vrai qu'il y a un rendez-vous aujourd'hui entre la Direction d'iTélé, Audrey AZOULAY et aussi Myriam El KHOMRI, mais quand même, est-ce qu'il n'a pas un peu raison, pourquoi est-ce qu'il y a mezzo voce, comme ça, comme dit Benoit HAMON ?

EMMANUELLE COSSE
Écoutez, moi en tout cas je ne dine pas avec monsieur BOLLORE que je n'ai jamais rencontré de ma vie, mais...

FABIENNE SINTES
Vous ne mangez pas avec lui.

EMMANUELLE COSSE
Non, non, mais je, vraiment, en plus je ne le connais pas, et je ne me suis absolument pas dit ça par rapport à iTélé, moi la question que je me suis posée en tant que ministre, c'est plutôt si en soutenant cette grève, ça n'allait pas être utilisé par la Direction d'iTélé pour laisser entendre que le gouvernement avait quelque chose à voir avec cette grève, mais je peux vous dire qu'il y avait une soirée de soutien la semaine dernière, je n'ai pas pu y aller, mais je souhaitais m'y rendre néanmoins, et je pense qu'en effet, il y a un énorme sujet que posent les journalistes d'iTélé, c'est la place des actionnaires dans tout organe de presse ou de médias audiovisuels, et aujourd'hui...

JEAN-MICHEL APHATIE
Le gouvernement n'a pas peur de Vincent BOLLORE.

FABIENNE SINTES
Écoutez, s'il en avait peur, ça se saurait, mais je ne le crois pas, et aujourd'hui je sais qu'Audrey AZOULAY et Myriam El KHOMRI sont extrêmement préoccupées par ce qui se passe et notamment le respect du droit des salariés durant cette grève.

JEAN-MICHEL APHATIE
Merci Emmanuelle COSSE d'avoir accepté l'invitation de France Info.

EMMANUELLE COSSE
Je vous en prie.

FABIENNE SINTES
Et merci à tous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 novembre 2016

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