Interview de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les tirailleurs sénégalais et sur la coopération militaire franco-sénégalaise, à Thiaroye le 10 novembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les tirailleurs sénégalais et sur la coopération militaire franco-sénégalaise, à Thiaroye le 10 novembre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Déplacement au Sénégal, le 10 novembre 2016

ti :
Q - (Question inaudible)

Je tenais à venir ici à Thiaroye, parce que pendant de longues années, on a oublié ces tirailleurs sénégalais. Non pas tous, mais certains d'entre eux, qui en 1944, après avoir combattus aux côtés des Français contre le nazisme, souvent retenus dans des camps de prisonniers, dans des conditions particulièrement sordides, lorsque la France a été libérée, ces combattants sont repartis vers l'Afrique et en particulier ici au Sénégal. Personne ne s'occupait d'eux, personne ne pensait à eux, personne n'exprimait une vraie reconnaissance alors qu'ils attendaient leur solde, leur pension. Avant d'être démobilisés, rien ne venait et il y avait comme de la colère et cette colère a éclaté et au lieu de régler le problème par une mesure de justice ils ont reçu des balles. 35 ont été tués, au moins autant blessés et le président de la République, François Hollande, en 2014, a tenu à venir ici avec le président Macky Sall, avec des archives dont nous disposions pour réparer une injustice. Il m'a paru juste, qu'à la veille du 11 novembre, venant ici au Sénégal, après avoir assisté à la journée des forces armées du Sénégal, de me recueillir quelques instants à la mémoire de ces soldats. Ces hommes se sont battus pour nous, pour notre liberté, pour notre indépendance. Ils ont été nos frères d'armes. Ils méritent notre reconnaissance. C'est pourquoi je tenais à venir, ici, aux côtés du ministre de l'intérieur, représentant le gouvernement du Sénégal, pour dire ma solidarité, ma gratitude et en même temps dire que du passé et du devoir de vérité, de mémoire, c'est un message de confiance et d'optimisme que nous adressons à la jeunesse de chacune de nos deux nations.

Q - Un mot sur la coopération militaire ?

Nous coopérons dans le cadre des Nations Unies. Au Mali, le Sénégal intervient comme la France, comme dans d'autres pays comme des casques bleus. Ce sont des opérations de maintien de la paix et le Sénégal fournit d'importants contingents et c'est vrai en particulier au Mali. Le prix à payer pour les hommes qui sont engagés. La France vient de perdre l'un de ces soldats et ce n'est malheureusement pas le premier ; le Sénégal en perd, d'autres nations représentées dans cette force multinationale ont perdu aussi des hommes. Ils se battent contre le terrorisme, ils se battent pour l'indépendance de ces pays, ils se battent pour que ces pays puissent construire leur démocratie, puissent construire leur développement sans que le terrorisme et toutes ces idéologies mortifères leur imposent leur mode de vie. C'était l'occasion, à la veille du 11 novembre, de rendre hommage aux soldats du passé qui ont combattu avec les nôtres pour la liberté mais de rendre aussi hommage à ceux, qui avec les Nations Unies, continuent de se battre pour la démocratie.


Merci.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 novembre 2016

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