Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Guinée, à Conakry le 11 novembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Guinée, à Conakry le 11 novembre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Déplacement en Guinée, visite de l'université Gamal Abdel Nasser, à Conakry le 11 novembre 2013

ti : Monsieur le Président de la République,
Messieurs les Membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Représentants des institutions de la République,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et les Représentants des corps diplomatiques et consulaires,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,


D'abord je voudrais dire combien je suis heureux d'être ici avec vous aux côtés du président Alpha Condé. J'avais fait une promesse effectivement lorsque j'ai été nommé ministre des affaires étrangères et du développement international au président Alpha Condé de venir en Guinée. Il avait d'ailleurs été l'un des premiers à m'appeler, me féliciter, m'encourager et me dire à quel point il souhaitait cette rencontre qui vient s'inscrire dans une coopération étroite et sincère entre la Guinée et la France, et qu'il nous appartient aujourd'hui d'amplifier.

Aujourd'hui cette coopération est symbolisée par des actes importants. Celui que nous avons accompli il y a quelques instants et celui qui va se prolonger tout à l'heure, c'est-à-dire la pose des premières pierres du centre de recherche clinique et de formation de Guinée et de l'institut Pasteur de Guinée.

Vous l'avez rappelé, dès les premières heures de l'épidémie d'Ebola jusqu'au terme de celle-ci, face à l'épreuve à laquelle était confronté l'État guinéen, la France a répondu présente et s'est tenue aux côtés de la Guinée et de son peuple. Au total, ce sont plusieurs centaines de professionnels français de la santé, de la sécurité et du ministère des affaires étrangères qui ont été mobilisés au fil de cette épreuve, de cette crise douloureuse, aux côtés de leurs collègues guinéens.

Depuis l'annonce de la fin de l'épidémie par l'OMS le 1er juin et sa confirmation le 31 août, la Guinée peut se consacrer pleinement à son développement, réparer les ravages causés par Ebola et aussi se prémunir contre toute forme et tout risque de résurgence. Et dans cette étape, dans cette phase cruciale, nous sommes toujours à vos côtés. Le soutien de la France à la relance post-Ebola est aujourd'hui effectif. Il totalise une mobilisation de 150 millions d'euros.

La création de l'institut Pasteur de Guinée concrétise l'un des engagements du président de la République française, François Hollande, en réponse à une demande que, Monsieur le Président de la République, vous aviez formulée. Vous l'aviez formulée au coeur de l'épidémie. Eh bien, cet engagement est tenu.

Cette institution va faire face d'abord aux urgences, mais il va également participer à la formation, à l'accompagnement des scientifiques guinéens dans la prévention des épidémies. D'ailleurs, on me dit qu'il ne s'agit pas vraiment d'une création mais plutôt d'une renaissance car en effet, il y a eu un institut Pasteur en Guinée. C'était dans la ville de Kindia et il a fermé il y a plus de 55 ans. Mais aujourd'hui, l'IPG dirigé par le professeur Noël Tordo devient le 33ème établissement membre du réseau international des instituts Pasteur. C'est un réseau qui est implanté sur les cinq continents et qui perpétue une oeuvre que je qualifie d'humaniste. C'est l'oeuvre de Louis Pasteur qui est mise au service du progrès, par la science, par la médecine, par une politique audacieuse de santé publique.

Quand je dis humaniste c'est parce qu'il voulait que tous, quel que soit le lieu où ils vivent, où ils habitent, les difficultés auxquelles ils sont confrontés et notamment les plus pauvres, puissent accéder à un droit fondamental qui est celui de la santé.

La construction du bâtiment de l'IPG qui bénéficie d'un financement de l'AFD va prendre deux ans mais dans l'intervalle, des travaux de rénovation d'un bâtiment de l'université Gamal Abdel Nasser vont être réalisés pour y implanter un laboratoire qui va permettre dès 2017 d'organiser des formations, d'activer aussi des axes de recherche.

Le centre de recherche clinique et de formation sur les maladies infectieuses de Guinée, dont nous avons posé la première pierre aujourd'hui, va permettre quant à lui d'accueillir des spécialistes et des chercheurs au service du public et de prendre notamment en charge et suivre la charge virale des personnes qui sont guéries d'Ebola. C'est important que ce suivi soit assuré dans la durée.

Monsieur le Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ainsi que Monsieur le Recteur de l'université Gamal Abdel Nasser, je vous remercie chaleureusement pour votre engagement total dans ce projet. Le CERFIG va donc devenir, j'en suis convaincu, un formidable outil de coopération internationale.

Monsieur le Président, Monsieur le Professeur Alpha Condé, vous qui mettez la jeunesse et le bien-être de votre peuple au coeur de vos priorités et qui savez quels sont les choix prioritaires qu'il faut faire, après la tragédie de cette épidémie que avez vécue, je voudrais saluer votre engagement et associer à ces salutations tous ceux et celles qui vous accompagnent dans cette mobilisation pour la santé pour tous.

Je parle aux soignants, aux médecins, aux infirmiers à tous les personnels qui accompagnent les malades mais je pense bien sûr aussi aux chercheurs et à tous les personnels. Je pense bien sûr aux morts, d'abord aux Guinéens, mais aussi aux étrangers - pas seulement des Français -, tous ceux qui ont été en première ligne devant l'épidémie, qui étaient présents et qui restent présents.

Face à l'extrême complexité de cette crise sanitaire vous avez suscité l'admiration du monde entier pour votre courage et votre détermination. Jamais vous n'avez renoncé.

Mesdames et Messieurs les soignants, les chercheurs, ce sont vos collègues qui ont perdu la vie - parce que certains ont perdu la vie, ils ont pris des risques, le président Alpha Condé m'en a parlé, car ils étaient en première ligne -, que je voudrais saluer et les associer aussi à toutes les victimes de l'épidémie Ebola.

Je pense à vous tous, je pense aux familles, je pense à ceux et à celles qui ont tout donné pour eux, alors qu'aujourd'hui nous lançons ces deux initiatives qui vont nous permettre ensemble de vaincre Ebola mais aussi d'autres maladies infectieuses.


Vive la Guinée, Vive la France,
Vive la coopération entre la France et la Guinée.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 novembre 2016

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