Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur le lycée français Albert Camus de Conakry, à Conakry le 11 novembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur le lycée français Albert Camus de Conakry, à Conakry le 11 novembre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Déplacement en Guinée, le 11 novembre 2016

ti :
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Proviseur,
Mesdames et Messieurs les Parents d'élèves,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


Ce lycée Albert Camus est plus qu'un lycée : c'est un symbole. Un symbole de la densité et de la force des relations entre nos deux pays. Avec le président Alpha Condé nous avons posé deux premières pierres, ce ne sera que la troisième de la journée aujourd'hui, dans quelques instants, mais ce ne sont pas des premières pierres pour rien, elles ont beaucoup d'importance et de sens.

Les deux premières concernaient le droit à la santé pour tous, la volonté de faire reculer les risques d'épidémie après l'épreuve qu'a constitué l'Ebola pour la Guinée et aussi les autres pays de la région.

La dernière première pierre, c'est pour un lycée, une école, donc ces deux moments forts sont des moments qui mettent en avant deux priorités : l'éducation et la santé qui sont la base de tout développement d'un pays, qui sont la base de l'égalité des chances, de la justice, du progrès.

Je suis donc très heureux de représenter la République française pour cet instant avec vous, Mesdames et Messieurs, pour cet évènement qui est une étape dans l'histoire du lycée Albert Camus et une étape dans l'histoire de la Guinée.

C'est vrai que l'épidémie d'Ebola a été une épreuve et une tragédie pour beaucoup de familles. Je l'ai dit tout à l'heure, il y a eu ces morts, ces familles parfois entières qui ont été touchées, et j'ai cité aussi les soignants qui ont pris des risques et qui ont parfois payé de leur vie pour aider les malades.

Mais malgré les craintes, légitimes, et grâce à l'engagement des personnels et des familles, avec le soutien de l'ambassade de France, de l'AEFE, le lycée est resté ouvert pendant toute la crise.

C'était une garantie pour les familles qui ont vu leurs enfants poursuivre leur scolarité normalement à Conakry et dans des conditions de sécurité optimales.

C'est aussi je crois ce qui a contribué à ce qu'un grand nombre de ressortissants étrangers qui participent au développement économique du pays choisissent de rester en Guinée. C'était important pour la Guinée et donc cet établissement a joué son rôle.

Je salue et je remercie très chaleureusement la direction de l'établissement, les équipes pédagogiques qui ont fait le choix de ne pas faire valoir leur droit à la retraite dans certains cas comme cela leur avait été proposé, et qui sont restés à Conakry pour accomplir leur mission. Je tiens ici à leur adresser un hommage chaleureux, les remercier, mais remercier aussi l'association des parents d'élèves, propriétaire de l'établissement. Avec les parents d'élèves, les enseignants ont su gérer cette passe difficile aux côtés de l'équipe de direction. Je voudrais leur adresser ma gratitude la plus sincère.

Monsieur le Président, vous le savez, l'attractivité et le succès du lycée Albert Camus sont grands, mais avec ces évènements, ils n'ont fait que se confirmer. On me dit même qu'en deux ans, les effectifs sont passés de 787 à 950 élèves. C'est d'ailleurs ce qui explique le taux de réussite au baccalauréat et au brevet, qui sont remarquables dans cet établissement. Je ne veux pas donner de pourcentage mais ils sont impressionnants. Ce succès a sa contrainte. Le lycée Albert Camus ne dispose pas de locaux suffisants pour accueillir dans les meilleures conditions toujours plus d'élèves. Il faut donc le plus rapidement possible procéder à l'extension de l'établissement.

Je sais que la préparation de ce projet a été longue, difficile, laborieuse parfois. Il a fallu beaucoup d'efforts, d'énergie pour permettre la tenue de la cérémonie de pose de la première pierre qui nous réunit aujourd'hui. On le doit en particulier à vos efforts Monsieur le Président, Monsieur le Professeur Alpha Condé, parce que vous avez donné le dernier coup de main pour la réussite du démarrage de ce projet. Vous avez débloqué le dossier et les parents d'élèves, les enseignants, comme la République française que je représente aujourd'hui, vous en sont très reconnaissants.

J'aimerais saluer le président Frédéric Bouzigues pour sa ténacité. Avec l'appui de l'ambassade de France, il a pris sa part essentielle dans la concrétisation de ce projet soutenu par une équipe disponible et volontaire de parents d'élèves.

Grâce à vous tous, Mesdames et Messieurs, Chers Amis, grâce à tous les parents, les enseignants, les équipes de direction, mais aussi grâce aux autorités de Guinée, le lycée Albert Camus va continuer d'être une vitrine pour l'éducation, pour la France, pour son modèle éducatif, car la France dispose dans le monde du plus grand réseau d'enseignement en français.

C'est une fierté pour nous, c'est aussi un devoir, c'est aussi une exigence d'accompagner les enseignants, les parents, les familles. Et puis c'est aussi pour la France et la Guinée un symbole extrêmement fort de notre relation.

Je dis «Monsieur le Professeur», car vous avez été professeur, Monsieur le Président de la République, pendant une partie de votre vie, nous en parlions au moment du repas ce midi. Je sais que vous avez exercé ce métier avec passion. Transmettre les savoirs, c'est une noble mission, mais c'est aussi un investissement dans l'avenir, une marque de confiance dans la jeunesse.

Vous qui venez de nous adresser quelques mots d'accueil vous êtes une ancienne élève, il y en a sûrement beaucoup qui continuent leur chemin et je salue à la fois vos études ici et ceux qui vous ont aidée. Vous avez fait des études universitaires ailleurs, mais vous êtes revenue parce que ce qui est important c'est de les mettre au service de son pays, lorsque l'on peut le faire, une fois que l'on a acquis des savoirs. Je sais que c'est l'ambition de beaucoup de jeunes de mettre au service de leur pays leurs connaissances, leurs savoirs, pour être les futurs cadres, les futurs animateurs de projets ambitieux du développement que, Monsieur le Président de la République, vous voulez mettre en oeuvre pour votre pays.

Vous avez l'amour de la nation, l'amour du peuple guinéen dont le pays a connu bien des années difficiles. Depuis votre élection vous n'avez eu de cesse de renforcer la cohésion nationale et la cohésion sociale du pays.

Aujourd'hui les projets sont devant vous, j'allais dire devant nous. Vous pouvez compter comme je vous l'ai dit aujourd'hui, sur l'appui de la France, dans le respect de l'indépendance de la Guinée, mais aussi dans le respect d'une fidèle amitié que je suis venu dire et répéter ici devant vous.


Vive la Guinée et vive la France.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 novembre 2016

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