Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFMTV/RMC" le 23 novembre 2016, sur les primaires à droite, la probable candidature de François Hollande à la primaire de gauche. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFMTV/RMC" le 23 novembre 2016, sur les primaires à droite, la probable candidature de François Hollande à la primaire de gauche.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité est Stéphane LE FOLL, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture. Stéphane LE FOLL, bonjour.

STÉPHANE LE FOLL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La primaire de la droite et du centre ; les débats semblent se crisper un peu entre François FILLON et Alain JUPPE. Ça vous paraît logique, non ? C'est logique ? Comment les regardez-vous d'ailleurs ces débats ?

STÉPHANE LE FOLL
C'est deux droites différentes qui sont en train de se diviser. Une droite plutôt chiraquienne, traditionnelle comme on l'a connue avec JUPPE ; JUPPE, c'est cette tradition de la droite qu'on connaît. Et puis, ça m'a frappé hier - et je connais bien François FILLON puisqu'il est de la Sarthe – une droite, lui-même le dit, radicale, une droite radicalisée. Ça, c'est un peu nouveau. C'est ça, le débat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous voteriez JUPPE si vous aviez à voter ?

STÉPHANE LE FOLL
Oui, mais je n'ai pas à voter donc je ne vais pas m'immiscer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous comprenez d'ailleurs que des électeurs de gauche aillent voter à la primaire de droite ?

STÉPHANE LE FOLL
C'est ce qui m'a frappé, et je l'ai parfaitement noté puisque je l'ai entendu. Je n'y croyais pas vraiment à ce mouvement de six cent mille électeurs de gauche qui ont été voter à la primaire de droite parce qu'ils avaient intégré ce qui était dit : c'est que le deuxième tour, ce serait Marine LE PEN-Nicolas SARKOZY et qu'il fallait éliminer Nicolas SARKOZY. Il y a donc des gens qui ont été voter. Ils ont été voter et JUPPE et aussi FILLON pour être sûr de ne pas avoir Nicolas SARKOZY.

Si c'était la stratégie, maintenant on n'a pas Nicolas SARKOZY. Mais on a un débat à droite entre, je l'ai dit, une droite chiraquienne traditionnelle et une droite qui s'assume comme radicalisée. Ça, c'est la nouveauté et c'est quelque chose qui doit être regardé. Ce débat va avoir lieu jeudi ; il y aura dimanche le candidat de la droite. Laquelle ? On le saura dimanche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Stéphane LE FOLL, est-il vrai que François HOLLANDE est revigoré par le succès de François FILLON ?

STÉPHANE LE FOLL
Ce qui est vrai, c'est ce que nous donne à voir la primaire plutôt, en contraste avec toutes les critiques qu'on a eues – toutes les critiques – qui ont été un débat à gauche pour savoir si on était assez à gauche. Avec la primaire de la droite, on voit qu'il y a une droite en France. Que l'alternative en cas d'alternance de droite, c'est un autre projet. Ça donne du relief à ce qui a été fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, c'est évident. A droite, c'est autre projet, Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Oui. Mais il y en a qui pensaient que le seul débat qui existait, Jean-Jacques BOURDIN, c'était au sein de la gauche. C'était fallait-il être plus à gauche. On a entendu ça pendant quatre ans. Il y a un rappel avec une lumière qui dit : « la droite existe ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous pose une question : est-ce que François HOLLANDE est revigoré par le succès de François FILLON, qui était loin, loin des deux favoris de cette primaire il y a encore quelques semaines ?

STÉPHANE LE FOLL
François HOLLANDE est d'abord président de la République. Il regarde tout ça avec l'idée toute simple que dans ce débat, il y a suffisamment de propositions du côté de François FILLON qui remettent en cause ce que sont ou ce qu'est la République telle qu'on la conçoit, en particulier sur les grandes questions de laïcité. Il y a des choses qui sont dites dans ce débat qui montrent que la laïcité et l'esprit républicain, les principes républicains, doivent être rappelés et il est là pour le faire. Est-ce qu'il est revigoré ? Il dit simplement qu'il est là pour avoir un débat, des thèmes de débat, il les constate et puis il n'y a pas à être revigoré ou pas : il y a à défendre ce qu'on a fait et ce que l'on pense être juste pour la France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-il vrai que François HOLLANDE annoncera sa décision le 10 décembre ?

STÉPHANE LE FOLL
J'ai vu ça hier. Je crois que c'est Didier GUILLAUME qui a annoncé ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

STÉPHANE LE FOLL
On dit souvent que je suis bien placé et que j'ai des contacts avec François HOLLANDE.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Vous allez me dire : « Je n'en sais rien ».

STÉPHANE LE FOLL
Ce n'est pas ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ? Parce que j'attendais ça.

STÉPHANE LE FOLL
Je ne pense pas que ce soit une date qui ait été évoquée. Si je vous le dis, Jean-Jacques BOURDIN, c'est que je m'appelle Stéphane LE FOLL, voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est que ce n'est pas la bonne date.

STÉPHANE LE FOLL
On dit souvent « le plus proche ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas faux, ce n'est pas faux. Vous êtes l'un des plus proches de François HOLLANDE, ce n'est pas faux.

STÉPHANE LE FOLL
Ce n'est pas faux mais ce n'est pas que ça non plus, vous êtes d'accord.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non. D'accord mais quand même.

STÉPHANE LE FOLL
Voilà. Mais je le saurais, c'est ça que vous pouvez dire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant le 15 décembre puisque c'est la date limite pour déposer sa candidature.

STÉPHANE LE FOLL
Ça, ç'a toujours été dit. C'est très clair.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sa candidature à la primaire de la gauche.

STÉPHANE LE FOLL
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il sera candidat ; maintenant, plus personne n'en doute. Vous en doutez vous encore ou pas ?

STÉPHANE LE FOLL
Moi, je n'en doute pas. C'est lui qui le dira.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous n'en doutez plus. Vous ne doutez plus de sa candidature.

STÉPHANE LE FOLL
Je n'en doute pas. En ai-je douté ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non. Là, vous ne doutez plus. C'est donc clair, il sera candidat. Quand ? Nous verrons.

STÉPHANE LE FOLL
Voilà. C'est lui qui décidera.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, la date, c'est lui qui va décider. Ce n'est pas vous.

STÉPHANE LE FOLL
Et la date et la décision.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais la décision, vous la connaissez : vous venez de me le dire.

STÉPHANE LE FOLL
Vous me posez la question à moi, je vous réponds : « Je n'en ai pas ». C'est moi, c'est moi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'avez pas de doute, donc vous savez. Vous savez.

STÉPHANE LE FOLL
Vous me connaissez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, justement. Vous savez. Dites-moi, la Sarthe c'est le centre du monde maintenant.

STÉPHANE LE FOLL
C'est le centre du monde, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est incroyable ! Incroyable !

STÉPHANE LE FOLL
Quel département ! Il faut que vous sachiez qu'en plus c'est non seulement un département mais c'est la Sarthe. En plus, c'est la quatrième circonscription de la Sarthe qui a eu LE THEULE, François FILLON bien sûr ministre, Premier ministre et maintenant probable candidat à la présidence de la République, et puis un ministre – c'est plus modeste – de l'Agriculture, de la forêt, de l'agroalimentaire et porte-parole du gouvernement. Le tout dans le même département et dans la même circonscription. Quel département ! Quelle circonscription !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien dites-moi ! Stéphane LE FOLL, les Français même à droite et au centre n'ont plus voulu de Nicolas SARKOZY.

STÉPHANE LE FOLL
Oui. Je vous vois arriver, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils ne veulent plus de François HOLLANDE.

STÉPHANE LE FOLL
Voyez, ça s'appelle un syllogisme : c'est quand on fait un raisonnement qui raccourcit et qui donne la conclusion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous supposez que les Français veulent de François HOLLANDE.

STÉPHANE LE FOLL
Non, ce n'est pas comme ça. Ce n'est pas si simple. D'abord Nicolas SARKOZY a été président de la République, a perdu une présidentielle et a voulu revenir. C'est ça qui est le fond de la question ; après, il y a plein de choses qui ont joué. Mais je me disais, quand on perd une présidentielle et qu'on veut revenir, au fond les Français de manière assez générale considèrent que si on a perdu, c'est qu'il y avait des raisons et ils ne se déjugent pas cinq ans après.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

STÉPHANE LE FOLL
Voilà, c'est ce que je pense. C'est un peu différent de ce que vous voulez dire. François HOLLANDE est président de la République là, aujourd'hui, je voudrais le rappeler. Il a depuis quatre ans et demi, cinq ans, fait face à des difficultés. On peut avoir des critiques et vous le savez ; je ne vais pas rentrer dans les détails. Ça, je suis capable de le comprendre. Mais en même temps, il y a eu une action qui a été conduite et il y a eu des principes qui ont été affirmés. Il y a eu des grandes valeurs qui ont été défendues. Voilà, c'est tout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous imaginez François HOLLANDE battu à la primaire de la gauche ?

STÉPHANE LE FOLL
Oh moi je pense que...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un président de la République battu, dans son propre parti, à la primaire de la gauche.

STÉPHANE LE FOLL
Mais on ne va pas anticiper sur ce qui se passerait, je n'en sais rien et on verra au moment où il prendra sa décision.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On verra pendant la campagne, oui.

STÉPHANE LE FOLL
Pour répondre franchement, je ne l'imagine pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Battu.

STÉPHANE LE FOLL
Voilà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A la primaire.

STÉPHANE LE FOLL
S'il se présentait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il se présentera.

STÉPHANE LE FOLL
S'il se présentait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous le savez très bien, vous le savez très bien. 4,2 millions votants à la primaire de la droite, vous espérez beaucoup de votants aussi à la primaire de la gauche, j'imagine.

STÉPHANE LE FOLL
Je pense, enfin, on va être très francs, parce que je dépense que ce débat...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien oui.

STÉPHANE LE FOLL
Il y en aura moins.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y en aura moins ?

STÉPHANE LE FOLL
Bien sûr, d'abord parce qu'on n'est pas dans l'opposition, je me souviens de ce qui fait que la volonté d'alternance fait aussi mobiliser tout un camp.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais avec aussi des électeurs venus d'ailleurs, qui pourraient venir pour faire battre François HOLLANDE. Pardon, mais...

STÉPHANE LE FOLL
Ça c'est un sujet qui est apparu très clairement, là, à cette occasion, où des gens vont voter, signent la charte, en disant, « une fois que c'est signé, je... », avec des stratégies qui peuvent être des stratégies, oui, non pas de désigner un candidat...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais d'en éliminer un.

STÉPHANE LE FOLL
D'en éliminer un. Ça c'est un sujet assez nouveau, parce que dans la primaire de la gauche, que j'ai connue, qui a fait 2,5 millions et 3 millions en tout parce qu'il y a eu 500 000 personnes du premier tour qui ne sont pas revenues au deuxième tour, et 500 000 du deuxième, donc, en gros, 3 millions de personnes, là c'est un vrai succès. Et d'ailleurs, pour ceux qui critiquent le système ou qui font profession politique de critiquer le système, le système quand il s'organise, eh bien il est à la fois démocratique et transparent. Je le dis pour Emmanuel MACRON en particulier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, je vais en parler d'Emmanuel MACRON.

STÉPHANE LE FOLL
En particulier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, oui, je vais en parler. C'est-à-dire que vous dites, eh bien parlons-en tout de suite...

STÉPHANE LE FOLL
Eh bien allons-y !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites ce matin à Emmanuel MACRON : « Tu dois te présenter à la primaire ».

STÉPHANE LE FOLL
Je lui dis que quand on se présente comme un candidat antisystème, qui critique, les partis politiques c'est fini, il ne reste plus que des personnalités. Eh bien des partis politiques, et on peut saluer l'organisation de la primaire de la droite, comme on l'avait fait en 2011 pour la primaire de la gauche, des partis politiques, des grands partis politiques, sont capables d'organiser des débats démocratiques qui mobilisent plus de 4 millions de personnes. Si...

JEAN-JACQUES BOURDIN
On ne peut pas passer à côté de ces débats.

STÉPHANE LE FOLL
On ne peut pas dire : « Les partis sont morts, et le système soi-disant, serait mort. Et c'est moi qui incarne un renouveau à moi tout seuls ». Non, à soi tout seul, on n'incarne pas un renouveau. Voilà, c'est ça le message.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, tiens, puisque nous parlons d'Emmanuel MACRON, vous allez lire son livre ? « Révolution », hein, il ne peut pas parler de réforme, parce qu'il pense que c'est un mot un peu désuet, il parle de révolution. Alors, je vois...

STÉPHANE LE FOLL
Alors, quand on met ce mot-là, il faut qu'il y ait derrière la révolution.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Révolution démocratique, de l'école, technologique, écologique, formation professionnelle, domaine de la santé, pratique politique.

STÉPHANE LE FOLL
Bon, alors, une fois qu'on dit : « Révolution pratique, technologique, de la santé, nin nin nin », qu'est-ce que ça veut dire ? La révolution...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'y a rien derrière ?

STÉPHANE LE FOLL
Je ne sais pas, je n'ai pas regardé le livre, je n'ai pas lu le livre, je n'ai pas encore regardé les bonnes pages. Un, COP21, COP22, c'est pas une révolution, c'est une mutation qui est en cours. Il se trompe. Il y a ceux qui pensent qu'on change le réel en deux coups de cuillère à pot parce qu'on est tellement fort, que toute cette réalité...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il est imbu de lui-même un peu ?

STÉPHANE LE FOLL
Toute cette réalité, je vais vous dire ce que je pense au fond de moi. Au fond de moi, les changements ils se font avec méthode, sans brutalité, en faisant en sorte que ce qu'on a comme rêve, comme objectif, pour qu'ils se réalisent, c'est une organisation d'une mutation qu'il faut faire, c'est ma conviction profonde. Ceux qui parlent de rupture, François FILLON, de révolution, utilisent des mots qui consistent à dire « on va tout changer en un quinquennat », je dis « halte au mensonge ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais enfin, dites-moi, vous êtes un conservateur, d'après Emmanuel MACRON...

STÉPHANE LE FOLL
Moi... Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un rêveur criminel, un puritain, un utopiste du passé !

STÉPHANE LE FOLL
Un puritain, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'a rien en commun avec vous. Mais rien rien rien ! Il veut vous écarter du jeu.

STÉPHANE LE FOLL
Donc si je prends à l'envers, il serait ni puritain, ni...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je lis ce qu'il écrit ! Il veut faire tomber toutes les normes, tous les dogmes, voler... ces dogmes qui volent les statuts, qui empêchent l'épanouissement, l'émancipation même des individus, et ça dans tous les secteurs.

STÉPHANE LE FOLL
Mais ça, je vais vous dire ce que c'est, c'est de la littérature.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qu'il écrit.

STÉPHANE LE FOLL
Ben oui, donc je vous dis, c'est de la littérature.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il veut réconcilier les métropoles avec la France périphérique.

STÉPHANE LE FOLL
Ah, mais ça c'est une grande nouveauté ! Les métropoles avec la France périphérique. On a construit des métropoles, la France périphérique je la connais bien, et moi je suis même de la France périphérique rurale. Je la connais, je sais, ce n'est pas...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que lui ne la connait pas, mais pourtant...

STÉPHANE LE FOLL
Qu'est-ce qu'il veut faire ? Il veut révolutionner ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il veut révolutionner des quantités de choses.

STÉPHANE LE FOLL
Ah ben oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais ça c'est sûr, mais enfin bon.

STÉPHANE LE FOLL
La révolution est en marche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il veut réconcilier les métropoles avec la France périphérique.

STÉPHANE LE FOLL
La révolution est en marche.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà ce qu'il décrit encore : « lorsqu'on dit que j'aurais du obéir au président comme une machine, renoncer à mes idées simplement parce qu'il m'avait nommé ministre, que dit-on que l'idée du bien public doit s'effacer devant celle du service rendu ? ».

STÉPHANE LE FOLL
Que dit-on ? Eh bien on dit des choses très simples. Dans la politique c'est comme dans la vie, on doit et on peut avoir des fidélités, on doit avoir des valeurs, et la loyauté ça fait partie des valeurs. Voilà ! C'est ça qu'on dit. C'est peut-être conservateur mais ceux qui oublient tout ça font peut-être une révolution, mais je sais où elle conduit, voilà, c'est l'idée que ça soit tout seul et que tout seul on peut...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Milieu modeste...

STÉPHANE LE FOLL
Milieu modeste, mais tout le monde est d'un milieu modeste.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Milieu modeste, mes grands-parents – il parle de ses grands-parents – enfin bon...

STÉPHANE LE FOLL
Oui, qui fut institutrice, sa grand-mère je crois, c'est ça ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, oui.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, eh bien mon père était instituteur, secrétaire de mairie, donc voilà... et je n'en fais pas un élément de débat politique, et pourtant j'en suis fier, dans un village de 256 habitants. Je sais ce que c'était instituteur, classe unique, secrétaire de mairie, quand il y avait les paysans qui venaient plus tard quand la mairie était fermée frapper à la porte de la maison et qui rentraient quand on mangeait la soupe...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un monsieur people ?

STÉPHANE LE FOLL
Moi je connais tout ça par coeur.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un monsieur people ?

STÉPHANE LE FOLL
Je ne ferai pas de commentaire particulier sur le sujet, mais moi je veux bien parler de tout ça, moi je n'en fais pas un élément de débat public. Mais chacun a son histoire et son histoire vraie, moi ce que je veux c'est des gens sincères, qui ne racontent pas leur histoire pour se valoriser mais qui ont une histoire, parce qu'une histoire de vie c'est la vie et connaître la vie c'est être capable de parler aux autres.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a un autre homme dont on ne parle pas, c'est Manuel VALLS, vous en avez parlé hier dans une interview à Libération, est-ce que vous pensez que Manuel VALLS cherche aujourd'hui à empêcher François HOLLANDE de se présenter à la Présidence de la République franchement ?

STÉPHANE LE FOLL
Manuel VALLS est un Premier ministre et vous le savez pour lequel moi qui ait été ministre avec Jean-Marc AYRAULT, qui n'ait pas été dans ceux qui souhaitaient de changement de Premier ministre, mais qui a vu un Premier ministre qui était effectivement efficace, engagé et toujours très déterminé, je sais que Manuel VALLS a ces qualités-là et il a des qualités. Je l'ai dit, je l'assume et je le respecte, qu'il puisse se préparer en se disant : « moi, s'il faut, je serai là et je peux être candidat », je trouve ça respectable, je ne dis rien là-dessus, j'ai simplement dit après : « on respecte le calendrier du président de la République et on se donne les moyens effectivement d'être en capacité tous de défendre la République et les valeurs que nous avons défendues jusqu'ici » ; et on le voit aujourd'hui...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, il doit aujourd'hui défendre le bilan du gouvernement...

STÉPHANE LE FOLL
Il le fait, il le fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et il doit se ranger derrière la candidature de François HOLLANDE ?

STÉPHANE LE FOLL
Vous voyez comment vous avez traduit les choses, je vous ai dit que moi je respectais...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien c'est ce que vous dites !

STÉPHANE LE FOLL
Non, je disais que je respectais le fait que Manuel VALLS considère qu'il a aussi des capacités et que, s'il devait relever ce défi, il pourrait le relever, j'en ai parfaitement conscience et j'ai dit que je respectais ça. En même temps il y a un président de la République et c'est lui qui a été élu en 2012, voilà, c'est tout...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, c'est lui qui décide ?

STÉPHANE LE FOLL
Et c'est lui décidera...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les choses sont claires.

STÉPHANE LE FOLL
C'est lui qui décidera.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

STÉPHANE LE FOLL
Selon Didier GUILLAUME le 10 décembre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, ce n'est pas Didier GUILLAUME, moi je ne connais pas...

STÉPHANE LE FOLL
Oui, oui, je plaisante.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous plaisantez, ça ne sera pas le 10 décembre donc la candidature. La condition animale, est-ce que vous avez vu ce manifeste publié par 26 ONG - il y a la SPA, il y a 30 Millions d'amis, il y a la Fondation Bardot, etc., etc. – qui demandent vraiment beaucoup de choses, vraiment beaucoup de choses à tous les candidats à l'élection présidentielle : interdiction des cages, interdiction de la castration à vif, de l'écornage, du gavage ; elles demandent de rendre systématique l'étourdissement avant toute mise à mort, abolition des corridas, des combats de coqs, des animaux sauvages et domestiques dans les cirques, etc., etc., création d'un secrétariat d'Etat à la condition animale...

STÉPHANE LE FOLL
Donc vous voyez tout ça c'est toujours le même principe, il y a une société humaine elle a une histoire, elle a des choses qui se sont passées, il y a des valeurs, il y a des dogmes religieux, ce n'est pas nous aujourd'hui qui pouvons juger de ce qui s'est passé il y a 2.000 ans, il y a des choses qui se sont faites. L'histoire de l'humanité, elle ne se prend pas par tranche et on dit : « dans la tranche dans laquelle nous sommes, voilà ce qu'on va faire, et puis on va éliminer tout ce qui s'est passé » ; 2) le bien-être animal est un enjeu, est un enjeu, nos sociétés aujourd'hui le demandent et j'ai dès 2014 sur ce sujet engagé un plan global, donc on doit faire des progrès dans ce domaine - et il y en a besoin – je ne vais pas revenir sur les images, je n'ai pas attendu L214 pour le faire. Mais par contre derrière L214, il y a une autre société, est-ce qu'on considère que manger de la viande et tuer des animaux c'est pour le XXIème siècle on doit le garder ou on doit s'en passer ? Je voyais ce matin...

JEAN-JACQUES BOURDIN
On doit le garder ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr. Est-ce que vous savez que les animaux domestiques n'existent – l'élevage n'existe que parce que les hommes ont conçu l'élevage pour pouvoir éviter de chasser et de courir après les animaux. C'est ça qui s'est passé dans l'Histoire. Ils étaient carnivores, chasseurs comme d'autres carnivores, et ils se sont organisés différemment. L'élevage est né ; je pense qu'il est même né un tout petit peu avant l'agriculture en tant que telle. Le pastoralisme a existé avant l'agriculture. On a donc là un sujet majeur et si on ne mangeait plus de viande, il n'y aurait plus aucun animal domestique. C'est une disparition totale. Je voyais ceux qui font sur des cellules souches du steak avec des cellules. Très bien, il n'y a plus de vaches, il n'y a plus de prairies. C'est donc un choix. Moi, j'assume le fait aujourd'hui qu'on ait de l'élevage. C'est une vieille histoire et de la polyculture d'élevage en particulier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai une dernière question que je pose au porte-parole du gouvernement. Est-ce que l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes sera engagée avant la fin de l'année ?

STÉPHANE LE FOLL
Notre-Dame-des-Landes, j'ai bien connu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Bien connu que vous traînez depuis des mois et des mois.

STÉPHANE LE FOLL
Oui, des mois et des mois. Sujet de tension, de cristallisation qui fait que des gens se mettent dans des ZAD, vont jusqu'à la violence absolue pour refuser un aéroport. J'espère que dans tous ceux qui ont manifesté, il n'y en a pas un qui prend l'avion. Alors qu'on a besoin de temps en temps de se dire : « Est-ce que l'aéroport qui est juste à côté de la ville de Nantes est bien plac ? » Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que la zone à défendre sera à évacuer ?

STÉPHANE LE FOLL
Ecoutez, les principes c'est que les règles s'appliqueront. Ç'a été dit par Manuel VALLS.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc évacuée avant la fin de l'année.

STÉPHANE LE FOLL
Le Premier ministre s'est exprimé sur ce sujet. Il y a des principes et des règles de droit qui s'appliquent. C'est le respect.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc évacuation avant la fin de l'année ; c'est ce qu'avait dit le Premier ministre.

STÉPHANE LE FOLL
Mais pourquoi vous me posez la question si le Premier ministre l'a dit ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous confirmez ?

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Stéphane LE FOLL.

STÉPHANE LE FOLL
Merci Jean-Jacques BOURDIN.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 novembre 2016

Rechercher