Déclaration de Mme Annick Girardin, ministre de la fonction publique, sur la politique de formation des futurs fonctionnaires aux valeurs et à la culture du service public, à Rennes le 12 décembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Annick Girardin, ministre de la fonction publique, sur la politique de formation des futurs fonctionnaires aux valeurs et à la culture du service public, à Rennes le 12 décembre 2016.

Personnalité, fonction : GIRARDIN Annick.

FRANCE. Ministre de la fonction publique

Circonstances : 20ème anniversaire du réseau des écoles de service public (RESP), à Rennes (Ille-et-Vilaine) le 12 décembre 2016

ti : Monsieur le président du réseau des écoles de service public, cher Laurent Chambaud,
Mesdames et messieurs les présidents ou directeurs des écoles de service public,
Mesdames et messieurs les élèves,
Mesdames et messieurs,


Je suis très heureuse d'être ici, à vos côtés, pour ouvrir cette belle journée d'anniversaire. Le réseau des écoles de service public fête en effet ses 20 ans.

A ce titre, je voudrais chaleureusement saluer tous les participants qui rendent possible cette journée dédiée au service public : les organisateurs bien sûr, mais aussi les intervenants et professionnels éducatifs qui ont répondu présents pour célébrer cet anniversaire symbolique.

Je vous remercie par avance pour la qualité des échanges et la pertinence de vos analyses qui j'en suis sûre nous permettront de renouveler notre approche de la fonction publique.

20 ans…Cela fait déjà 20 ans que le réseau des écoles de service public s'est installé dans le paysage institutionnel français.

20 ans qu'il est un lieu d'échanges entre les écoles qui forment et accompagnent les jeunes fonctionnaires qui perpétueront notre modèle social, construit sur la cohésion et la solidarité.

20 ans qu'il contribue à renforcer la pertinence de la formation professionnelle de nos agents pour adapter en permanence leurs compétences aux besoins, toujours évolutifs, du service public.

Vous le savez, les anniversaires sont des moments bien particuliers surtout lorsqu'ils tombent sur des chiffres ronds. Ils sont l'occasion de mesurer le chemin parcouru mais aussi de prendre le recul nécessaire pour dresser un premier bilan.


* Le RESP, un outil essentiel pour construire une politique de formation cohérente

Lorsque, en 1996, « la déclaration commune des écoles » fondant votre Réseau a été signée à l'Ecole Nationale de la Santé Publique, il s'agissait de répondre à un besoin clair. Celui de promouvoir les différentes écoles membres, tant au plan national qu'international, tout en reconnaissant les spécificités de chacune.

Fort de 39 écoles dotées de statuts pourtant divers, le Réseau des écoles de service public s'est appliqué, dès sa fondation, à améliorer les méthodes pédagogiques à destination de ses élèves, à mutualiser les formations et à décloisonner la formation professionnelle tout au long de la vie.

Dès le départ, ce travail de mutualisation s'adressait aux élèves en formation initiale, aux acteurs de la formation ainsi qu'aux agents publics dans le cadre de la formation continue.

Cette variété de publics explique la réussite de cette structure qui a su très tôt mettre en musique les objectifs communs d'une diversité d'acteurs institutionnels et s'est imposée comme un interlocuteur indispensable dans l'écosystème de la Fonction publique.

Ces objectifs communs, ce sont, bien sûr, la formation de nos futurs fonctionnaires, mais aussi la transmission d'un socle de valeurs communes. Le rôle des écoles de services publics est en effet essentiel pour inculquer à nos jeunes fonctionnaires stagiaires les valeurs du service public qui se distinguent du secteur privé. Parmi celles-ci, je pense bien entendu à la laïcité. Vendredi dernier, la Commission « Laïcité et Fonction publique » que j'avais installée il y a 6 mois m'a remis son rapport dans lequel sont formulées de nombreuses préconisations pour accompagner et outiller concrètement les agents publics en prise à des revendications religieuses.

Le réseau des écoles de service public illustre un point : ce n'est qu'en créant des passerelles que nous parviendrons à agir efficacement au service de l'intérêt général et répondre aux défis de demain.

Car c'est de cela qu'il s'agit : former des fonctionnaires conscients de l'ampleur de leurs futures tâches au service de l'Etat et donc les rendre plus attentifs aux nouvelles attentes de leurs concitoyens.

Je profite de cette occasion pour réaffirmer devant vous le rôle majeur des écoles de service public destinées à former nos futurs fonctionnaires, cadres ou encadrants tout au long de leur carrière. Ces écoles sont les rampes de lancement de nos agents. Elles constituent une étape structurante dans la perception que se fait le fonctionnaire de sa future fonction. Leurs missions sont donc cruciales et il me semble indispensable de valoriser le travail qui y est effectué chaque année.

Par ailleurs, je souhaite que vous travailliez en lien étroit avec les universités et les instituts d'études politiques. L'enseignement supérieur nous fournit en effet des jeunes formés et il est important d'approfondir le lien entre la formation dispensée aux étudiants et celle que vous délivrez aux élèves-fonctionnaires.

Je sais que vos écoles travaillent avec les IPAG et les CPAG ; des conventions entre vous viennent préciser d'ailleurs vos modes de travail. Je suis attachée à ce que ce partenariat entre mes services, vos écoles, les IPAG et les CPAG soit renforcé.

Mais je ne peux pas parler des écoles de formation sans saluer l'engagement des fonctionnaires et agents publics en poste qui font bénéficier à nos élèves de leurs compétences et de leurs expériences de terrain. Sans leur dévouement et leur professionnalisme, la formation ne serait pas complète.

Revenons un instant sur le Réseau des écoles de service public. Un réseau qui s'illustre depuis de nombreuses années par une production d'outils très variés à disposition de tous :
- je pense au guide sur la formation à distance que vous avez édité en 2013,
- je pense aux modules communs de formation comme celui que vous avez conçu sur la laïcité en début d'année sous l'impulsion de la DGAFP
- je pense également à la collection d'ouvrages dont le Réseau des écoles de service public est propriétaire et qui a depuis donné lieu à trois publications portant sur les réseaux de service public, sur les paradoxes du management par le sens et sur les valeurs du service public.

Cette capacité à travailler en réseau et à mutualiser les ressources pour une plus grande cohérence des politiques de formation dans la fonction publique a évidemment vocation à s'approfondir au cours des prochaines années. Le Réseau des écoles de service public est amené à jouer un rôle essentiel à cet égard, notamment en partenariat avec la DGAFP.


* L'engagement pour la diversité

J'aimerais maintenant évoquer devant vous l'engagement que les écoles de service public ont pris et doivent encore approfondir en matière de diversité.

En effet, vos écoles ont parfaitement compris la nécessité de s'ouvrir à des populations qui, pour de multiples raisons, se trouvent éloignées de la fonction publique et ne l'appréhendent souvent qu'en qualité d'usager.

Depuis mon arrivée au Ministère de la Fonction publique, je travaille pour ouvrir davantage la Fonction publique à tous les talents de notre pays. L'ouvrir à tous, sans distinction. Nul ne doit pouvoir se sentir exclu de la possibilité de servir l'intérêt général. Nul ne doit voir dans la fonction publique une forteresse impénétrable gardée par quelques privilégiés.

Elle appartient à tous et ouvre les bras à qui veut bien épouser ses principes car elle est le garant de notre modèle de société.

Ces mesures qui participent plus généralement de la lutte contre les discriminations, les préjugés et les stéréotypes doivent également se prolonger dans la manière dont les élèves-fonctionnaires sont évalués voire classés. C'est une exigence morale qui s'impose à nous.

Les actions en faveur de l'égalité réelle dans l'accès à la fonction publique ont constitué un axe prioritaire des travaux des Comités interministériels « Egalité et citoyenneté » qui se tiennent depuis 2015. Une étape décisive a été franchie avec les mesures significatives en faveur de la diversification de la fonction publique qui ont été adoptées dans le projet de loi égalité et citoyenneté.

La lutte contre les discriminations est un sujet complexe qui doit être appréhendé à tous les niveaux de la chaine, de l'orientation aux conditions de recrutement en passant par la variété des profils. Désormais, avec les nouvelles mesures adoptées, nous nous sommes dotés d'un cadre ambitieux en faveur de la diversité.

C'est tout le sens de l'harmonisation et de l'extension des conditions d'accès aux 3ème concours avec la prise en compte des activités professionnelles des candidats qu'elles soient associatives, privées ou issues d'un apprentissage.

Je sais que le 3ème concours est peu connu du grand public. Je profite de cette occasion pour vous dire que je suis favorable à ce que cette voie d'accès se développe plus largement encore.

Dans le même temps, j'ai défendu un amendement au projet de loi « Egalité et citoyenneté » qui visait à favoriser l'accès des jeunes peu ou pas diplômés aux emplois de catégorie C en assouplissant le dispositif du parcours d'accès aux carrières (PACTE).

Enfin, nous avons décidé d'agir au niveau de la gouvernance globale des écoles de service public où on se rend compte que les discriminations restent des réalités. Ce n'est que comme cela que l'action en faveur de la diversité s'inscrira dans la durée.

La remise du rapport l'Horthy a permis de poser un premier constat quant à la persistance de discriminations dans le recrutement.

De nouvelles mesures d'information et d'évaluation de l'ouverture de la fonction publique seront mises en place avec d'une part, un rapport biennal sur la lutte contre les discriminations et d'autre part, la collecte systématique des données relatives aux candidats aux concours par les services statistiques qui permettront un suivi. J'ai d'ailleurs porté un amendement en ce sens dans le cadre du projet de loi « Egalité et citoyenneté ».

Des axes complémentaires d'action viendront accompagner ces mesures en s'appuyant sur les travaux de M. L'Horty, en particulier avec l'organisation d'une campagne annuelle de tests de discrimination et la généralisation en 2017 dans les formations dispensées aux recruteurs d'un module de lutte contre les préjugés et les stéréotypes.

Ces plans ont vocation à réviser l'ensemble des processus de recrutement et à doter la Fonction publique de véritables outils pour s'ouvrir davantage.

C'est Olivier Rousselle, conseiller d'Etat, qui a été missionné par le Premier ministre pour coordonner la mise en place d'un plan diversité dans les écoles de service public.

Dans le cadre de cette mission, il a été demandé à chaque école de service public de produire un programme d'ouverture à la diversité. Nous avons déjà reçu plusieurs plans finalisés, c'est très positif. J'invite les autres écoles pour qui le travail n'est pas encore achevé à mettre les bouchées doubles pour transmettre rapidement leur copie.

Je sais que vous portez ces enjeux. J'en veux pour preuve qu'une table ronde sera d'ailleurs consacrée à ce sujet cet après-midi et je me félicite de la mobilisation de l'ensemble d'entre vous. J'espère qu'aucun plan ne manquera à l'appel dans quelques semaines.

L'attention portée par le Président de la République, le Premier ministre et le gouvernement sur ces sujets est forte. Nous avons une exigence de réussite dans les nombreuses actions engagées vers les jeunes gens, diplômés ou non, parfois décrocheurs du système scolaire, et vers les demandeurs d'emploi, pour les amener vers les métiers et les valeurs de la fonction publique.

Je sais pouvoir compter sur vous et sur l'ensemble des écoles de service public.

Voilà mesdames et messieurs, le message que je voulais vous délivrer. Celui d'une immense fierté que le réseau des écoles de service public ait trouvé sa place dans cette architecture institutionnelle dense et soit reconnue comme une nécessité de bien commun par nos concitoyens.

La défense de la fonction publique est l'affaire de chacun. Il en va, je le répète, de notre modèle de société juste et égalitaire. Il en va de notre spécificité française. Spécificité dont chacun d'entre vous, fonctionnaires ou futurs fonctionnaires, êtes les principaux garants.


Je vous remercie.


Source http://www.action-publique.gouv.fr, le 13 décembre 2016

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