Déclaration à la presse de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la situation politique en République démocratique du Congo, le terrorisme et sur le conflit syrien, à Bruxelles le 12 décembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration à la presse de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la situation politique en République démocratique du Congo, le terrorisme et sur le conflit syrien, à Bruxelles le 12 décembre 2016.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Conseil de l'UE, à Bruxelles le 12 décembre 2016

ti :
Q - Au sujet de la République Démocratique du Congo, des sanctions doivent-elles être prises aujourd'hui ?

R - Oui, pour les actes de répressions qui ont eu lieu au mois de septembre, des responsables doivent faire l'objet de sanctions. C'est la position que je défendrai.

En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, vous connaissez la position de la France. C'est de demander le respect de la Constitution, que le président Kabila ne puisse plus se représenter aux élections. La date de la fin de son mandat approche à grands pas puisque c'est le 19 décembre. Nous craignons une escalade de la violence. Il faut à tout prix éviter cette violence et cela dépend beaucoup des décisions que le président en place sera amené à prendre dans les prochains jours, c'est-à-dire le respect de sa Constitution, l'engagement à ne pas se représenter et tout faire pour organiser de nouvelles élections. Jusqu'à présent le dialogue était rompu.

Ces derniers jours l'épiscopat de la République Démocratique du Congo a pris une initiative pour relancer un dialogue national. Je me félicite que tout le monde ait décidé d'y participer. J'espère vraiment de toutes mes forces et de tout mon coeur que la raison l'emportera, car la date du 19 approche à grands pas.

Q - Allez-vous attendre la date du 19 décembre pour prendre des sanctions, ou des décisions seront-elles prises dès aujourd'hui ?

R - Nous sommes en conseil des affaires étrangères et il s'agit là de sanctions concernant des personnes responsables d'actes de violence, qui exercent des responsabilités dans l'État, et qui ont été perpétrées il y a déjà plusieurs mois. Il est donc important que la communauté internationale, et en l'occurrence l'Union européenne, adresse un message de très grande fermeté et de très grande clarté.

Q - Quelle est votre réaction à l'attentat de ce week-end contre l'église copte ?

R - Les attentats de ce week-end sont vraiment terribles puisqu'ils touchent des Égyptiens, les chrétiens coptes, qui exerçaient tout simplement leur religion et qui ont été victimes d'un attentat horrible. Au nom de la France, j'ai exprimé ma solidarité, et ma condamnation de ce qui se passe.

Il y a eu également ce week-end des attentats horribles en Turquie. Il y a donc une solidarité et une détermination à lutter contre le terrorisme. Le terrorisme de Daech, le terrorisme du PKK, contre toutes les formes de terrorisme. Je pense que c'est l'occasion de le rappeler avec la plus grande force. Si nous voulons être crédibles, il faut continuer à mener ce combat dans la clarté et la détermination.


Q - Sur la Syrie, la déclaration des 28 de vendredi parle de nouvelles sanctions contre des Syriens. Ne serait-il pas temps de prendre des sanctions contre des Russes ?

R - Je pense qu'avec les Russes il faut continuer à parler un langage de vérité. Je regrette profondément que les négociations de Genève aient abouti à un échec, parce que c'est un échec. John Kerry était à Paris samedi à la réunion que j'avais organisée sur la Syrie. Il espérait encore qu'un accord de cessez-le-feu pourrait intervenir avec un but, une priorité : la protection des populations civiles. C'est un échec. Pourquoi est-ce un échec ? Il y a un double langage russe et une forme de mensonge permanent. D'un côté on dit que l'on négocie pour arriver à un cessez-le-feu et de l'autre on continue la guerre. Cette guerre, c'est la guerre totale. C'est la volonté de sauver le régime de Bachar al-Assad et de faire tomber Alep. À quel prix humanitaire ?

Et puis enfin, si Alep tombe, que se passera-t-il après ? Il y a les naïfs qui pensent que c'est la fin de la guerre, ou ceux qui sont partisans de la «realpolitik» et qui pensent qu'après tout on peut s'en tenir là. Mais non, le risque majeur c'est que la guerre continue, que la guerre continue dans la partie de la Syrie utile, et notamment à Idleb. Cela ne fera pas une paix. Ce qui fera la paix, ce qui pourrait faire la paix, c'est un cessez-le-feu total et la reprise des négociations. C'est la position que je défends au nom de la France.

Un dernier mot concernant la lutte contre le terrorisme que j'évoquais. Les Russes qui prétendent lutter contre le terrorisme se concentrent en fait sur Alep et ont laissé un espace à Daech, qui est en train de reprendre Palmyre. Tout un symbole.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 13 décembre 2016

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