Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur la mémoire de la Shoah, à Paris le 8 décembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur la mémoire de la Shoah, à Paris le 8 décembre 2016.

Personnalité, fonction : TODESCHINI Jean-Marc.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire

Circonstances : Signature de la convention archives de la Shoah, à Paris le 8 décembre 2016

ti :

Monsieur le directeur du Mémorial de la Shoah,
Monsieur le directeur des archives de l'Holocaust Memorial Museum des Etats-Unis,
Madame la directrice de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives,
Monsieur le directeur des archives du Ministère des Affaires Etrangères,
Mesdames et messieurs,


Le 27 janvier 2015, le Président de la République nous réunissait au Mémorial de la Shoah, à cette date à jamais gravée dans nos mémoires, celle du 27 janvier 1945, celle de l'ouverture des portes du camp d'Auschwitz-Birkenau par les armées soviétiques.

Un an plus tard, dans l'engagement renouvelé du gouvernement pour une meilleure visibilité de la mémoire de la Shoah, nous avions signé, avec le ministère de l'Education nationale, la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l'Antisémitisme, et le Mémorial de la Shoah, une convention pour poursuivre nos actions pédagogiques et de sensibilisation.

Nous signions alors ce qui allait devenir la première marche dans la matérialisation mémorielle de notre coopération.

Depuis, la dynamique du réseau des lieux de mémoire s'est vu renforcée, l'histoire de la Shoah inlassablement transmise et le grand public, toujours plus sensibilisé à son histoire.

Je vous le disais alors à cette occasion, il n'y a pas de meilleur remède à l'intolérance que l'éveil des consciences.

Je vous le redis aujourd'hui, l'éveil des consciences passe par la volonté de ne pas oublier, de transmettre la mémoire et d'entretenir la flamme du souvenir.

Voilà ce que concrétise cette nouvelle convention. Elle permet un usage libre, gratuit et à distance des archives du Ministère de la Défense pour le Mémorial de la Shoah et l'Holocaust Memorial Museum des Etats-Unis.

La numérisation du patrimoine écrit participe pleinement à la démocratisation culturelle et mémorielle et je veux ici souligner le rôle majeur que joue la France : plus de 400 millions de documents sont ainsi déjà en ligne.

Nous inscrivons ainsi avec nos partenaires institutionnels, la continuité de notre engagement à l'échelle de la Défense.

D'autres chantiers, ici au Ministère de la Défense, nous attendent pour valoriser toujours plus la mémoire de la Shoah. Je pense à la nouvelle convention qui doit lier prochainement le Mémorial de la Shoah et la DMPA.

Je pense aussi au camp de Gurs qui occupe une place centrale dans l'histoire et la mémoire française de la Shoah et de la Seconde Guerre mondiale.

Je sais pouvoir compter sur le Mémorial de la Shoah pour porter avec les collectivités et le soutien de l'Etat, un projet de valorisation de ce lieu de mémoire.

Dans l'injonction permanente à la lucidité et au courage qui est la nôtre, celle des vivants, je souhaite que ce lieu puisse être une des demeures de leur souvenir, qu'il puisse porter la douleur des survivants et la responsabilité des vivants et nous réunir autour de l'horreur du conflit et du rassemblement de la Nation.

Mesdames et messieurs, au-delà de la coopération avec le Mémorial de la Shoah, cette nouvelle convention représente une nouvelle pierre à l'édifice de la coopération franco-américaine.

Nous sommes, vous le savez, en plein cycle commémoratif franco-américain des deux Guerres Mondiales. J'ai moi-même pu mesurer, en juin dernier, lors de ma venue aux Etats-Unis, à l'occasion de la préparation du centenaire de 1917 et de l'entrée en guerre de nos alliés américains, le très fort dimensionnement international de ces commémorations.

C'est donc au travers de cette coopération avec les institutions américaines et à laquelle je suis attaché, que s'inscrit la signature de cette convention.

Cet attachement c'est aussi celui de la France à la paix, en Europe et dans le monde et je veux le rappeler, la Shoah ne peut se comprendre sans prendre en compte la dimension européenne et mondiale de la guerre.

L'histoire ne peut être transmise aux générations qui viennent sans mémoire partagée, celle de nos morts, ni sans notre détermination collective à leur transmettre un espoir intact de paix.


Je vous remercie.


Source http://www.defense.gouv.fr, le 15 décembre 2016

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