Interview de M. Matthias Fekl, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, à la promotion du tourisme et aux Français de l'étranger, avec France 2 le 21 décembre 2016, sur un attentat terroriste à Berlin en Allemagne, les effets du terrorisme sur le tourisme en France et sur le lancement d'un mouvement au sein du Parti socialiste. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Matthias Fekl, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, à la promotion du tourisme et aux Français de l'étranger, avec France 2 le 21 décembre 2016, sur un attentat terroriste à Berlin en Allemagne, les effets du terrorisme sur le tourisme en France et sur le lancement d'un mouvement au sein du Parti socialiste.

Personnalité, fonction : FEKL Matthias, WITTENBERG Jeff.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au commerce extérieur, à la promotion du tourisme et aux Français de l'étranger;

ti :
THIERRY BECCARO
Mais d'abord c'est l'heure des 4 Vérités quel est votre invite aujourd'hui, Jeff WITTENBERG ?

JEFF WITTENBERG
Aujourd'hui nous recevons Matthias FEKL qui est entre autres secrétaire d'Etat chargé du Commerce extérieur et du Tourisme, ce qui nous intéresse ce matin et en effet, bonjour Matthias FEKL...

MATTHIAS FEKL
Bonjour.

JEFF WITTENBERG
L'attentat de Berlin va-t-il porter un coup inévitable à l'activité touristique en ces fêtes de Noël, comment ne pas céder à la crainte d'un attentat lorsqu'on arpente les allées des marchés de Noël en particulier ?

MATTHIAS FEKL
D'abord je veux redire une nouvelle fois toute notre compassion au peuple allemande, à Berlin, à cette ville frappée au coeur – parce que c'est un des coeurs de la ville qui a été attaqué – une ville amie d'un grand pays partenaire...

JEFF WITTENBERG
Qui vous concerne personnellement, vous êtes franco-allemand...

MATTHIAS FEKL
C'est la ville où j'ai grandi...

JEFF WITTENBERG
Vous êtes né en Allemagne.

MATTHIAS FEKL
Et c'est un endroit que je connais particulièrement bien parce que c'est un lieu de fêtes, un lieu de vie, c'est un lieu où on va se promener, où on va acheter des choses, où on va au cinéma, bref c'est vraiment un des poumons et un des coeurs de la Capitale allemande qui a été frappé.

JEFF WITTENBERG
Vous avez gardé beaucoup de liens là-bas, justement quel est l'état d'esprit qui règne aujourd'hui à Berlin, j'imagine d'abord l'angoisse que le ou les auteur (s) de cet attentat court (ent) toujours ?

MATTHIAS FEKL
Oui. D'abord il y a une sidération parce que c'est le premier attentat de cette nature-là, il y avait eu déjà un certain nombre de problèmes, notamment au supermarché, mais c'est la première que de manière comparable à Paris le peuple allemand est frappé probablement par le terrorisme islamiste - en tout cas c'est ce qui est indiqué – nous verrons ce que donne l'enquête. Donc, il y a cette sidération et puis une volonté d'aller de l'avant, les réactions sont très dignes : de la douleur, une immense tristesse et en même temps l'envie de rester un pays ouvert, une société libre - et c'est une réaction que nous avons connue ici aussi - et c'est une réaction...

JEFF WITTENBERG
Matthias FEKL, ouvert vraiment, vous voyez que la politique d'Angela MERKEL est critiquée beaucoup dans son pays...

MATTHIAS FEKL
Absolument, bien sûr.

JEFF WITTENBERG
La politique d'accueil des migrants, avant même cet attentat terroriste. Est-ce que cela peut rester en l'état ?

MATTHIAS FEKL
Il y a surtout eu très vite une récupération absolument indécente, après une attaque comme ça, aller directement sur des considérations, alors qu'on sait que le terrorisme frappe aussi des pays musulmans - on sait très bien qu'en Tunisie par exemple il y a des attentats qui ont mis à bas l'économie touristique du pays et qui ont heurté, frappé, tué des citoyens de confession musulmane – donc c'est un défi pour le monde entier et en même temps l'Allemagne s'honore, comme l'Europe, de vouloir avoir une politique d'accueil pour ceux qui fuient précisément la barbarie islamiste, la barbarie de Daesh et de l'Etat islamique.

JEFF WITTENBERG
Et l'ambassadeur d'Allemagne en France disait néanmoins hier que, s'il s'avérait que le coupable de cet attentat était un réfugié ou un demandeur d'asile, ce serait révoltant. Vous partagez cet avis ?

MATTHIAS FEKL
Evidemment, mais c'est de toute façon révoltant, on ne peut être que révolté face à ce type d'attentat ; et après il faut agir, et c'est ce que font nos forces de l'ordre en France, en Allemagne, elles le font d'ailleurs ensemble – le ministre de l'Intérieur Bruno LE ROUX le rappelait hier – avec un engagement total contre le terrorisme et contre la barbarie.

JEFF WITTENBERG
Revenons donc à la question du départ, comment en France ne pas céder à la psychose à quelques jours de Noël et alors que des milliers, des millions de gens veulent aller dans la rue continuer à faire leurs achats, est-ce que ce n'est pas tout simplement devenu très difficile de le faire de façon tranquille ?

MATTHIAS FEKL
La menace est très élevée et toutes les autorités de l'Etat n'ont eu de cesse de le dire, donc personne ne va vous dire aujourd'hui le contraire. Mais des mesures de...

JEFF WITTENBERG
Comment rassurer alors ?

MATTHIAS FEKL
Mais en agissant et en prenant les bonnes décisions. Nous avons, dès le début du mois de novembre, tenu un comité interministériel sur le tourisme sous l'autorité du Premier ministre qui a été très largement consacré à la question de la sécurisation des sites touristiques, pour les touristes étrangers, pour les touristes français, pour les citoyens français qui se rendent par exemple dans les marchés de Noël.

JEFF WITTENBERG
Mais sur les marchés de Noël précisément, monsieur FEKLL, on ne peut pas mettre des murs de béton partout...

MATTHIAS FEKL
Mais il y a un renforcement, il y a un renforcement.

JEFF WITTENBERG
Par exemple ?

MATTHIAS FEKL
Non évidemment et, sinon, ce serait la fin de la société libre telle que nous la connaissons. Mais il y a eu un renforcement très important des mesures de sécurité qui ont été décidées dès le mois de novembre, avec une circulaire à la fin du mois de novembre qui fixe les choses là-dessus, avec sur les derniers jours de l'année un renforcement très conséquent de la présence policière – on passe de 7.000 à 8.500 forces de l'ordre déployées pour sécuriser ces évènements-là dans les derniers jours de 2016 – et donc c'est ces décisions-là qui sont prises, en novembre nous avons décidé de 15 millions d'euros supplémentaires rien que sur la sécurisation du tourisme et des lieux touristiques particulièrement fréquentés

JEFF WITTENBERG
Matthias FEKL, les attentats du 13 novembre 2015 et celui du 14 juillet à Nice avaient considérablement fait chuter les chiffres du tourisme, les réservations d'hôtel notamment, qu'en est-il en cette fin d'année, est-ce que la courbe s'est redressée en quelque sorte, quels sont les chiffres dont vous disposez ?

MATTHIAS FEKL
On sait que l'année 2016 sera une mauvaise année et tous les professionnels avec lesquels j'échange régulièrement vous le disent. Donc il y a eu d'abord un effet massif après les attentats...

JEFF WITTENBERG
De quel ordre ?

MATTHIAS FEKL
7 % de baisse environ d'après les chiffres qu'on a maintenant, nous verrons à la fin de l'année. Mais il y a aussi des éléments qui prouvent que ça repart, par exemple il y a un indicateur très intéressant c'est l'arrivée par voie aérienne de touristes étrangers sur notre sol, il y avait une chute de 16 % au mois d'août, donc immédiatement après Nice et particulièrement concentrée sur Provence Alpes – Côte d'Azur et la région Capitale ; au mois de novembre on a une hausse, légère, mais de plus de 1 % de ces arrivées-là, donc ça prouve que les touristes ont envie de continuer à venir visiter notre pays qui reste la première destination touristique mondiale mais avec une situation très dure on le sait.

JEFF WITTENBERG
La première destination touristique mondiale qui est en état d'urgence, est-ce que ce n'est pas dissuasif pour les touristes, est-ce qu'ils n'ont pas l'impression de débarquer dans un pays quasiment en état de guerre lorsque l'état d'urgence est maintenu ? Faut-il changer peut-être le terme ? Quelle est votre proposition sur ce point ?

MATTHIAS FEKL
Il faut d'abord être totalement mobilisé sur la sécurité et, là-dessus, la réalité compte plus que les mots. Mais ce qui est vrai – et on me le dit souvent dans les déplacements à l'étranger quand on fait la promotion de la destination France – c'est que l'état d'urgence, certains disent : « c'est l'état de siège ou l'état de guerre », donc nous sommes mobilisés avec toutes nos ambassades dans le monde entier pour relayer, expliquer ce que signifie l'état d'urgence, c'est-à-dire une sécurité extrêmement renforcée – et on le disait notamment sur les lieux touristiques – mais, en même temps, nous sommes dans un pays où l'on peut continuer à vivre, à sortir, à faire des expériences touristiques absolument extraordinaires et moi-même dans mes déplacements, les membres du gouvernement, tous nos ambassadeurs dans le monde entier relaient cela auprès des autorités et des professionnels du tourisme et, donc, des touristes.

JEFF WITTENBERG
Mais les professionnels, les hôteliers à Paris notamment, vous demandent peut-être de changer ce terme puisque... vous parliez des avions, mais on sait très bien que les réservations d'hôtel, notamment dans l'hôtellerie e luxe à Paris, ont perdu parfois de 30 à 40 % de leur chiffre d'affaires ?

MATTHIAS FEKL
Il peut y avoir une réflexion là-dessus, encore une fois je ne suis pas sûr que changer les mots sans changer le contenu ça règle le problème, d'où l'importance de dire la réalité de l'état de notre pays, c'est-à-dire un pays totalement mobilisé sur la sécurité et en même temps un pays où il fait bon vivre ; et les touristes le savent bien, encore une fois si nous somme la première destination touristique au monde ce n'est quand même pas par hasard...

JEFF WITTENBERG
Vous restez donc optimiste ?

MATTHIAS FEKL
Mais mobilisé surtout et avec des professionnels magnifiques qui partout sur le terrain font un travail merveilleux.

JEFF WITTENBERG
Un dernier mot de politique. Monsieur FEKL, vous êtes aussi à l'origine d'un mouvement que vous avez lancé - à l'intérieur du Parti socialiste je le précise – qui s'appelle...

MATTHIAS FEKL
Ah ! Pas seulement, il y a beaucoup de gens qui sont...

JEFF WITTENBERG
Mais, vous, vous, n'avez pas quitté le Parti socialiste, vous êtes toujours...

MATTHIAS FEKL
Ah ! Non, certainement pas, vous savez ce n'est pas dans les jours difficiles qu'il faut quitter le navire.

JEFF WITTENBERG
Ce mouvement s'appelle Movida, en référence j'imagine au mouvement qui avait libéré la société espagnole dans les années 80, pourquoi vous n'avez pas choisi vous de candidat à la primaire, pourquoi vous ne vous rangez pas derrière Manuel VALLS comme beaucoup de vos collègues ?

MATTHIAS FEKL
C'est le Mouvement pour la vie des idées et des alternatives et nous avons publié - avec de très nombreuses personnalités, des gens qui s'impliquent, des jeunes, bref des profils très divers – le 1er décembre une tribune indiquant que nous soutenons, nous parrainons les idées et ce que nous souhaitons faire dans cette... Non, il y a des choses très précises...

JEFF WITTENBERG
C'est d'être incarné par des hommes et des femmes...

MATTHIAS FEKL
Oui, bien sûr, mais c'est pour ça que dans Movida vous avez des gens qui font des choix extrêmement différents, mais nous serons présents dans cette campagne des primaire en contribuant au débat d'idées - c'est une primaire très importante, elle doit être réussie – et vraiment le peuple de gauche a le droit à une primaire réussie qui, ensuite, lancera la dynamique pour les Présidentielles.

JEFF WITTENBERG
On entend que vous n'avez pas encore de favori, peut-être vous le direz plus tard. Merci beaucoup Matthias FEKL. C'est à vous Thierry, très bonne journée.

THIERRY BECCARO
Merci et bonne journée messieurs.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 décembre 2016

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