Déclaration de M. Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur la coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme, à l'Assemblée nationale le 20 décembre 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur la coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme, à l'Assemblée nationale le 20 décembre 2016.

Personnalité, fonction : LE ROUX Bruno.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Dominique Raimbourg, député (Socialiste, écologiste et républicain) de Loire-Atlantique, à l'Assemblée nationale le 20 décembre 2016

ti : Monsieur le Député, je vous remercie, ainsi que votre collègue, pour vos mots, qui ne peuvent que rassembler ceux qui aujourd'hui, dans cet hémicycle, sont berlinois, ou allemands, comme les Allemands étaient il y a quelques mois niçois, ou français.

Lorsqu'est survenu l'attentat, je descendais de l'avion en provenance de Berlin, où j'avais passé l'après-midi avec Thomas de Maizière à réfléchir aux initiatives que nous devons continuer à prendre pour assurer la sécurité de l'Europe et faire en sorte que nos territoires, nos concitoyens puissent être mis le plus à l'abri possible des attaques menées par ces cellules endogènes ou exogènes à nos pays, générées par Daech.

Depuis plusieurs mois, beaucoup a été fait sous l'impulsion coordonnée de nos deux gouvernements. Je pense en particulier à la mise en place, même si elle a été longue, du Passenger Name Record - PNR. Je pense aussi au futur système européen d'autorisation et d'information concernant les voyages - ETIAS -, l'équivalent de l'ESTA américain, qui permettra d'enregistrer les ressortissants des pays qui n'ont pas besoin de visa pour entrer dans la zone Schengen. Je pense enfin à la nouvelle directive sur les armes à feu.

Il est aussi des sujets sur lesquels nous souhaitons que l'Europe aille plus vite et plus loin. Le Premier ministre vient de rappeler la question du système d'enregistrement aux frontières extérieures. Nous devons pouvoir contrôler et enregistrer ceux qui entrent sur le territoire européen afin de nous assurer qu'ils ne le font pas avec des intentions malveillantes. Je pourrais multiplier les exemples, comme les initiatives que nous allons prendre sur la question du chiffrement. Il est en effet anormal que sur le territoire européen, ces techniques permettent aux terroristes d'attenter à nos intérêts sans être détectés. Tels sont les dossiers en cours, Monsieur le Député.


Monsieur le Député de Strasbourg, je sais votre attachement à la coopération avec nos amis allemands et, plus largement, à la coopération européenne en matière de sécurité.

Avant de répondre à votre question, je voudrais vous dire que j'ai en effet souhaité me rendre ce matin sur le marché de Noël de la ville de Strasbourg - un des grands marchés de Noël de notre pays - pour adresser un message clair à nos concitoyens : il faut, en cette fin d'année, sortir ; il faut, en cette fin d'année, s'amuser ; il faut, en cette fin d'année, montrer à ceux qui veulent terroriser nos démocraties que notre volonté de vivre ensemble est beaucoup plus forte que la haine qu'ils veulent semer sur nos territoires.

Et ce n'est pas une pétition de principe de ma part : je le dis en constatant que les moyens ont été parfaitement dimensionnés par rapport à la menace qui pèse dans notre pays ; que notre capacité à répondre à cette menace est en grande partie due à l'anticipation que nous avons su obtenir par notre travail avec les collectivités locales et tous nos partenaires - je pense notamment aux commerçants - et ce à Strasbourg comme pour toutes les manifestations qui ont actuellement lieu dans notre pays.

Les éléments ont été mis en oeuvre. Nous devons en assurer l'efficacité au jour le jour et c'est pour m'assurer de cette efficacité que je me suis rendu à Strasbourg.

S'agissant de la question européenne, vous me permettrez de compléter la réponse que j'ai faite au président. Oui, il reste beaucoup à faire, mais notre coopération avec l'Allemagne est exemplaire.

Elle est tout d'abord transfrontalière. Je pense notamment au CCPD - centre de coopération policière et douanière - de Kehl, sur la rive allemande, qui mobilise près de soixante fonctionnaires allemands et français vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je pense également à la brigade fluviale franco-allemande qui se met en place sur le Rhin.

Bref, nous devons multiplier nos échanges pour la sécurité de nos concitoyens.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 décembre 2016

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