Conférence de presse de M. François Hollande, Président de la République, sur la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024, à Rio de Janeiro le 5 août 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. François Hollande, Président de la République, sur la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024, à Rio de Janeiro le 5 août 2016.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement à Rio de Janeiro (Brésil) à l’occasion de l’ouverture des Jeux Olympiques, les 5 et 6 août 2016

ti :
Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je tenais à saisir l'occasion qui m'était offerte parce que je suis ici à Rio pour soutenir les athlètes français, mais aussi pour exprimer l'appui de la France, de toute la France, à la candidature de Paris pour les Jeux olympiques de 2024. Il y a une règle simple et qui vaut pour toutes les compétitions quelles qu'elles soient, c'est que pour gagner, il faut être rassemblé et uni.

Alors la France s'est rassemblée à travers tous ses acteurs, les acteurs du mouvement sportif d'abord, les acteurs publics, l'Etat - qui prendra toutes ses responsabilités - apportera toutes ses garanties, la ville de Paris parce que c'est elle qui va accueillir et qui présente ; la région Ile-de-France, avec Valérie PECRESSE qui est ici présente, mais je pourrais également associer la mairie de Marseille et au-delà, toutes les villes de France qui se sentent fières d'être derrière cette candidature.

Mais c'est le mouvement sportif avec Tony ESTANGUET, avec Bernard LAPASSET, qui porte la candidature. C'est le mouvement sportif qui va être amené à préciser toutes les conditions techniques pour accueillir un tel événement, un événement mondial qui porte des valeurs universelles. C'est pourquoi la candidature de Paris, au-delà des exigences qui doivent être respectées, elle a du sens, elle a une portée, elle a une signification et notamment dans le monde tel que nous le connaissons et nous le vivons.

La France est capable d'organiser de grands événements – nous l'avons montré dans un passé récent, j'allais dire presque immédiat, avec l'Euro de football, mais j'aurais pu citer le Tour de France, le Marathon de Paris, Roland-Garros et même des grands événements politiques qui vont compter pour la planète comme la COP 21. Nous avons acquis un savoir-faire, un savoir-faire pour l'hospitalité – cela faisait longtemps – un savoir-faire pour la culture – nous avons cette prétention – non, un savoir-faire pour l'organisation de très grands événements et ce savoir-faire suppose qu'il y ait aussi une sécurité qui soit garantie aux sportifs et aux spectateurs dans les stades et hors les stades.

Je ne vous apprends rien, ce n'est pas la première candidature de Paris pour les Jeux olympiques d'été mais nous avons tenu compte justement de ce qui s'était produit ou ce qui ne s'était pas produit ; nous avons beaucoup réfléchi, nous avons beaucoup travaillé ; nous avons essayé de comprendre et de tirer tous les enseignements de tous les jeux qui ont suivi, que ce soit Londres ou que ce soit aujourd'hui Rio et d'en tirer les meilleures conclusions pour notre candidature. Et cette candidature, elle doit être innovante parce que son horizon, c'est 2024 et donc nous devons prendre en compte tous les enjeux.

Je termine pour dire que nous partageons avec le CIO des valeurs : les valeurs de l'olympisme - l'excellence, l'effort, le respect, notamment celui de la diversité et également la paix et la solidarité. Ces valeurs, elles font écho aux valeurs de la République française - l'égalité, la liberté, la fraternité. La fraternité, c'est sans doute ce qui nous réunit le plus pour préparer des Jeux olympiques aujourd'hui ici à Rio, après à Tokyo et je l'espère en 2024, à Paris parce que ce sont ces valeurs-là qui donnent la meilleure réponse aux défis que le monde rencontre aujourd'hui et continuera à affronter demain. La réponse si je puis dire, c'est Paris.

Question en anglais d'un journaliste

(…)

LE PRESIDENT : Le monde entier est sous la menace du terrorisme ; il n'y a aucun pays, aucune région, aucune ville qui peut se penser à l'abri ; nous devons lutter contre le terrorisme, nous le faisons et en 2024, je l'espère de tout cœur, nous aurons gagné des victoires. Mais nous avons été éprouvés, vous avez raison de le dire, par des attaques depuis plusieurs mois ; nous en avons déjoué d'autres mais nous avons aussi, à travers ces épreuves, su encore mieux nous protéger et notamment protéger les grands événements. C'est ce que nous avons été capables de faire pour l'Euro où il y avait plusieurs villes qui étaient concernées, la compétition a duré plus d'un mois et il n'y a pas eu d'incident ou d'accident ou d'attaque.

Nous avons si je puis dire acquis une expérience que beaucoup d'autres n'ont pas encore et donc nous devons montrer que justement nous sommes capables, mieux que d'autres, de préparer un événement comme celui-là mais si j'ai un conseil à donner à d'autres villes qui sont candidates et qui ont bien le droit de faire valoir leurs arguments, c'est qu'elles doivent assurer le plus haut niveau de protection ; c'est ce que nous avons, nous, déjà intégré.

Question en anglais d'un journaliste

(…)

LE PRESIDENT : D'abord qu'est-ce que le monde voudrait dire si, parce qu'il y a eu des attaques sur un pays, il faudrait l'écarter ? Quel serait le message que le monde enverrait ? Nous ne demandons aucune compassion par rapport à ce qui est d'abord une candidature, même si je sais que le monde nous a exprimé sa solidarité après les épreuves ; mais ce qui s'est produit à Nice, puis ensuite à Saint-Etienne-du-Rouvray près de Rouen, ce sont des attaques terroristes qui étaient dans un cadre… j'allais dire de la vie… de la vie que nous devons protéger. Ce n'était pas des attaques dans le cadre d'un événement que nous avions décidé de protéger comme un événement de dimension internationale et avec la nécessité de contrôles à l'entrée et bien sûr à plusieurs points, lorsque par exemple, pour pénétrer sur le Stade de France puisque Muriel en a parlé, il fallait avoir trois contrôles et nous avons eu aucun incident ni dans les stades, ni dans les fans-zones.

Mais je vous le dis, je ne sais pas quel sera le monde en 2024 et nous faisons en sorte - c'est ma responsabilité, c'est la responsable des chefs d'Etat et de gouvernement du monde entier de lutter contre le terrorisme - mais de toute manière, toutes les villes devront se protéger pour organiser les grands événements parce que les menaces sont là et elles ne disparaîtront pas mécaniquement de toutes les zones de la planète. Il y a des formes de violence qui sont aussi déconnectées du terrorisme - certains prétendent qu'elles le sont – et qui peuvent avoir des conséquences extrêmement graves dans des stades ou lors de manifestations sportives, chacun les a à l'esprit.

Journaliste : Monsieur le Président, bonjour, Eric BERNAUDEAU, Agence France-Presse. Vous avez indiqué dans votre discours que vous aviez tenu compte des enseignements, des échecs précédents ; quelles leçons avez-vous retenues et qu'est-ce qui vous permet de penser aujourd'hui que Paris peut l'emporter ? Et si vous le permettez, j'aurais une 2e question : la situation économique de la France n'est pas la plus florissante de l'Union européenne ; est-ce raisonnable aujourd'hui d'engager la France dans une telle candidature qui va peser énormément sur les finances publiques ? Merci.

LE PRESIDENT : Les journalistes français posent toujours deux questions, c'est comme ça qu'on les reconnaît, en dehors de la langue qui est utilisée. La première question et je pense que d'autres pourront compléter : lorsqu'il y a un échec, même s'il apparaît injuste, même s'il était très court dans les votes qui avaient pu s'exprimer, il faut en tirer les conclusions - Comment améliorer le dossier ? Comment faire la démonstration que les coûts seront maîtrisés, que la jeunesse sera encore davantage associée, que nous pourrons faire des liens avec la culture, avec l'éducation, davantage que par le passé ? Qu'est-ce que Londres et Rio nous apprennent, notamment par l'usage des technologies ? - et de faire en sorte que nous ne présentions pas le même dossier amélioré mais un autre dossier, un tout autre dossier. Je crois que c'est ce qui a été l'esprit du mouvement sportif et des collectivités à commencer par la Ville de Paris pour montrer que nous avions des équipements qui étaient déjà prêts et finalement peu d'investissements par rapport à ce qui pouvait être imaginé. Donc cela me permet de donner un sens à la deuxième question : c'est que l'économie française va mieux d'abord et qu'ensuite elle ira encore mieux en 2024 et surtout, c'est que nous avons un dossier qui a été maîtrisé financièrement et qui non seulement est équilibré, mais pourra avoir des retombées très importantes sur le plan économique, sur le plan de l'emploi et comme l'a dit Muriel – et c'était très juste – c'est qu'il faut que ce dossier ait une dimension éducative et sociale, qu'il puisse ensuite, après les Jeux, être mis au service des quartiers, - des jeunes - qui auront été les lieux où les jeux se seront déroulés. Il y a une dimension sociale, il y a une dimension éducative, il y a une dimension symbolique dans la candidature de Paris.

(…)

Question en anglais d'un journaliste

(…)

LE PRESIDENT : La France depuis longtemps et tous les gouvernements qui se sont succédé depuis près de vingt ans, ont toujours mis la lutte contre le dopage au premier rang de leurs priorités. Pour nous, c'est une règle essentielle que la compétition soit loyale et transparente. Et là-dessus, nous ne faisons pas de concessions. C'est vrai que nous avons connu des épreuves - vous en avez signalé plusieurs - où il y a eu des cas de dopage ; des sanctions ont toujours été prononcées et les champions qui avaient pu être titrés à ces occasions-là ont vu leur récompense remise totalement en question. Et je ne doute pas que ce sera, quoi que les Français décident dans les prochaines années, la même intention, la même persuasion, la même force pour la lutte antidopage et nous avons d'ailleurs dans l'Autorité de lutte antidopage plusieurs Français dont Tony qui poursuit également ce combat parce que c'est le combat essentiel par rapport aux valeurs de l'olympisme.

(…)

Journaliste de l'EQUIPE : Monsieur le Président, vous avez rencontré ce matin Thomas BACH et d'autres hauts responsables importants du Comité international olympique ; quel est le message que vous leur avez fait passer et quel est le message qu'eux en retour vous ont transmis ? Et comme les journalistes français posent toujours deux questions, je crois que vous avez oublié de répondre à la première ou deuxième question du mon petit camarade tout à l'heure par rapport à Los Angeles favori et les chances de Paris ?

LE PRESIDENT : Le journal L'EQUIPE est un journal français et donc non seulement pose deux questions mais en plus veut des révélations sur des entretiens privés dont je ne dirai rien pour ne pas compromettre Thomas BACH - cela donnerait peu de chances à la candidature française - mais ce que j'ai voulu - et je vais laisser aussi la parole à d'autres qui assistaient à cet entretien - c'était demander des conseils ; le mieux, c'est toujours de demander des conseils plutôt que de faire valoir à chaque fois les arguments qu'en plus ici nous vous avons présentés. Nous voulons les Jeux olympiques et paralympiques, c'est vrai, mais en même temps, nous nous inscrivons dans une démarche où c'est l'Olympisme qui doit nous dire aussi ce qu'il attend de Paris et qu'est-ce que cela représente que d'organiser les Jeux olympiques et paralympiques à Paris. Et pour tout vous dire, dans cette conversation, puisqu'il faut bien que le journal L'EQUIPE ait son scoop – il est à peu près seul face à moi – donc… il y a un ancien Président de la République qui disait… qui avait cette belle formule que j'ai retenue, après vous chercherez quel ancien Président de la République disait : dans une compétition, il ne faut jamais parler de ses adversaires, que de soi. Et donc je m'en tiens à cette règle qui pour lui comme pour moi, a été finalement assez probante. Merci.


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