Déclaration à la presse de M. François Hollande, Président de la République, sur le meurtre d'un prêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray et les relations avec le Vatican, à Rome le 17 août 2016. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration à la presse de M. François Hollande, Président de la République, sur le meurtre d'un prêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray et les relations avec le Vatican, à Rome le 17 août 2016.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement à Rome (Italie) pour rencontrer le Pape, le 17 août 2016

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Journaliste : Bonjour Monsieur le Président. Est-ce que vous êtes porteur d'un message particulier pour le Pape François aujourd'hui ?

LE PRESIDENT : Un message de reconnaissance, de gratitude car le Pape, après la terrible épreuve qu'a été l'assassinat du père HAMEL, venant après les attentats de Nice, a eu des paroles qui ont été très réconfortantes. Il m'avait fait cette confidence qu'il se tenait comme un frère aux côtés du peuple français et c'était l'expression qu'il a reprise ensuite quand il est allé aux JMJ à Cracovie. Toutes les paroles qui ont été prononcées et je pense aussi à ce qu'ont fait les responsables de l'Église de France ont été très importants dans cette période. Puisque cela a contribué à rappeler l'unité de la France, le rassemblement qui doit se faire et aussi la solidarité du monde entier à l'égard de la France qui a été victime des attentats terroristes.

Je suis venu aussi pour évoquer avec le Pape les questions qui sont celles des chrétiens d'Orient car nous avons cette même vocation, chacun à notre place, la France parce que nous sommes parmi les protecteurs des chrétiens d'Orient bien sûr, le Pape parce qu'il sait combien les chrétiens d'Orient contribuent à l'équilibre dans la région. Je ferai aussi en sorte de parler de la situation du Moyen-Orient, de la crise qui s'y produit, des réfugiés et qui appelle à des paroles qui doivent être celles de la vision que l'on peut avoir du monde et pas simplement des réponses toutes faites ou des peurs qui sont utilisées.

Voilà pourquoi il était très important, au nom de tous les Français, des catholiques bien sûr, qui ont été particulièrement éprouvés par ce qui s'est produit avec le père HAMEL égorgé dans son église, mais de tous les Français, au-delà de leurs convictions, de leur sensibilité, de leur foi ou de leur athéisme puisque nous avons cette responsabilité de représenter toute la France, quelles que soient ses croyances et ses religions, ses convictions, il était très important que je vienne dire au Pape combien nous étions sensibles aux paroles qui ont pu être prononcées et à l'action qui est la sienne et qui conforte notre vision de l'Humanité.

Journaliste : C'est un geste de réconciliation vers les catholiques français, s'il y avait une brouille ?

LE PRESIDENT : Non, les catholiques français sont éprouvés par cet attentat mais c'est toute la France qui a été frappée. Comme je l'ai dit, quand une église est touchée, quand un prêtre est assassiné, c'est la République qui est profanée parce que la République, elle doit protéger – c'est cela la laïcité –, elle doit protéger tous les cultes et elle doit assurer la liberté de croire ou de ne pas croire et donc la possibilité pour les Français ou ceux qui vivent en France, d'avoir la religion de leur choix, à condition qu'il y ait bien sûr le respect des autres. Voilà pourquoi ce message de la laïcité n'est pas un message qui peut blesser mais un message qui peut réunir et rassembler.

Journaliste : Sur un autre sujet, Monsieur, pensez-vous que le port du burkini en France… ?

LE PRESIDENT : Non, cela ne sera pas pour aujourd'hui. Je vous ai parlé de la liberté religieuse, je vous ai parlé de la laïcité et je vous ai parlé de l'unité indispensable dans le respect. Merci à vous.

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