Déclaration de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé, sur les dépenses de santé et les performances du système de santé publique, Paris le 17 janvier 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé, sur les dépenses de santé et les performances du système de santé publique, Paris le 17 janvier 2017.

Personnalité, fonction : TOURAINE Marisol.

FRANCE. Ministre des affaires sociales, de la santé

ti :

Je veux remercier l'OCDE qui nous invite à nous pencher sur l'amélioration de la performance de nos systèmes de santé. Maitriser nos dépenses de santé est un impératif en période de contraintes financières. Mais pour la France, aujourd'hui, il s'agit avant tout de garantir à tous ses concitoyens des soins performants, innovants, de qualité, pris en charge par la solidarité nationale. Les dépenses pour la santé sont de bonnes dépenses, économiquement et socialement. Nous devons donc transformer nos systèmes de santé pour assurer que chaque euro dépensé est utile. C'est ce que je fais depuis 5 ans : je mène une politique volontariste qui a permis de redresser les comptes de la sécurité sociale tout en réduisant le reste à charge des ménages qui est, en France, le plus bas des pays de l'OCDE et qui a baissé encore. C'est de cette manière-là, aussi, que nous pourrons financier l'innovation.

C'est pourquoi aujourd'hui, nous mobilisons tous les acteurs français contre les inefficiences, qu'elles concernent la gouvernance, les pratiques professionnelles, le parcours de soins ou l'allocation territoriale de l'offre de soins.

Par exemple, il faut améliorer l'efficience des dépenses pharmaceutiques. En 5 ans, les génériques ont permis de réaliser 7 milliards d'euros d'économies. Il faut aller plus loin : c'est pourquoi j'ai mis en place un plan national de promotion des médicaments génériques pour y parvenir.

Ces économies, nous les investissons pour améliorer l'accès aux traitements les plus innovants. Mais, à l'évidence, ces économies seules ne suffiront pas à garantir l'accès de tous à l'innovation médicale. Tous les pays, sans exception, sont confrontés, au risque de médicaments innovants inaccessibles car trop chers : ce serait économiquement absurde, socialement inégalitaire et humainement insupportable. A l'initiative du Président HOLLANDE une coopération internationale se met actuellement en place. L'OCDE prépare un rapport sur la soutenabilité des dépenses pharmaceutiques à moyen terme et des risques sanitaires liés à un faible accès aux innovations de rupture. Un groupe de haut-niveau a été mis en place pour faire des propositions concrètes. Le rapport intermédiaire qui m'a été remis hier est encourageant et nos discussions permettront à l'OCDE d'avancer sur un rapport final qui doit faire référence.

L'industrie pharmaceutique doit aussi se mobiliser et garantir la soutenabilité de l'innovation médicale. Je pense aux prix des traitements de l'hépatite C qu'il est urgent de baisser pour permettre à tous les patients, quel que soit leur stade de fibrose, de se soigner. En France, si le principal laboratoire concerné reste sourd à cet appel, les outils renforcés en loi de financement de la sécurité sociale seront mobilisés.


Mesdames, messieurs,

Le prix des médicaments, l'efficience des soins, la lutte contre le gaspillage sont autant d'enjeux pour réduire les inégalités de santé et faire vivre la solidarité. C'est ensemble que nous devons relever ce défi.


Source http://social-sante.gouv.fr, le 18 janvier 2017

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