Interview de M. Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget et aux comptes publics, à "Radio Classique" le 26 janvier 2017, sur l'Etat actionnaire, sur son soutien à Manuel Valls au deuxième tour de la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget et aux comptes publics, à "Radio Classique" le 26 janvier 2017, sur l'Etat actionnaire, sur son soutien à Manuel Valls au deuxième tour de la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle.

Personnalité, fonction : ECKERT Christian, DURAND Guillaume.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au budget et aux comptes publics;

ti : GUILLAUME DURAND
Nous avons rendez-vous avec quelqu'un que vous connaissez bien, c'est Christian ECKERT, le ministre du Budget, donc chargé du budget au gouvernement, il est en direct. Bonjour et bienvenue ! Avant de parler du débat HAMON/VALLS, je voudrais simplement donner votre sentiment ou plutôt que vous nous donniez votre sentiment concernant les déclarations de François FILLON qui dit : « l'affaire de mon épouse n'est pas un hasard », sous-entendu le gouvernement y est pour quelque chose à trois mois des élections.

CHRISTIAN ECKERT
Non, c‘est d'ailleurs l'un des principes fondamentaux – bonjour d'abord – on a des principes fondamentaux dans notre République, c'est la séparation des pouvoirs, en l'occurrence il est question du fonctionnement au sein de l'Assemblée nationale, je rappelle que l'Assemblée nationale se gère, se donne ses propres règles indépendamment du gouvernement, on ne pourrait pas imaginer qu'un gouvernement....

GUILLAUME DURAND
Donc, FILLON a tort ?

CHRISTIAN ECKERT
Non, ce que je veux dire c'est une affaire qui concerne l'Assemblée nationale qui se gère de façon autonome, c'est une question de principe. Deuxième principe, c'est l'indépendance aussi de la justice, la justice s'est saisie de l'affaire, à partir de ce moment-là un membre du gouvernement il ne va pas s'exprimer sur le fond de l'affaire. Donc, il y a une Assemblée nationale qui est indépendante du pouvoir en place, du pouvoir exécutif – c'est le pouvoir législatif – et puis il y a des autorités judiciaires. Je vous rappelle d'ailleurs que c'est...

GUILLAUME DURAND
Mais vous savez que personne n'y croit.

CHRISTIAN ECKERT
Que c'est ce gouvernement qui a mis en place le Parquet national financier.

GUILLAUME DURAND
Oui, mais vous savez que personne n'y croit, tout le monde pense que les...

CHRISTIAN ECKERT
Eh bien, écoutez...

GUILLAUME DURAND
Prenons un autre exemple ! Emmanuel MACRON, ses frais de bouche, il est dans le même immeuble que vous, quand on a sorti son ISF tout le monde s'est dit que ça pouvait venir d'un étage supérieur ou inférieur, etc., là maintenant on commence à éplucher ses déjeuners, c'est...

CHRISTIAN ECKERT
Vous savez en période préélectorale il y a un certain nombre de fonctionnaires qui prépare une éventuelle alternance, ça ne vous étonnera pas, donc il peut arriver effectivement qu'au sein de nos administrations...

GUILLAUME DURAND
Ah !

CHRISTIAN ECKERT
Qui forcément sont saisies, ont connaissance d'un certain nombre de sujets puisqu'elles les gèrent, par définition il peut arriver effectivement qu'il y ait des documents qui puissent sortir aussi bien d'un ministère – vous faisiez référence à celui....

GUILLAUME DURAND
Donc MACRON, qui était le ministre de l'Economie, a été flingué par les siens, je veux dire par ses fonctionnaires ?

CHRISTIAN ECKERT
Non, mais je veux dire les fonctionnaires là aussi ont un rôle qui est indépendant du pouvoir politique et...

GUILLAUME DURAND
En tout cas ce n'est pas vous, ni SAPIN ?

CHRISTIAN ECKERT
Vous êtes journaliste, vous protégez vos sources.

GUILLAUME DURAND
D'accord, mais ce n'est pas vous, ni SAPIN...

CHRISTIAN ECKERT
Ah ! Absolument pas.

GUILLAUME DURAND
Les frais de bouche de MACRON ?

CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, les frais de bouche sont gérés par le bureau des cabinets - qui est d'ailleurs mutualisé - et il n'y a rien à dire sur ce sujet.

GUILLAUME DURAND
D'accord. VALLS/HAMON, vous avez regardé m'avez-vous dit...

CHRISTIAN ECKERT
Bien sûr !

GUILLAUME DURAND
Vous en avez pensé quoi, entre le rêve et la réalité ?

CHRISTIAN ECKERT
Ah ! Moi je suis assez réaliste, est-ce que c'est une question d'âge, en en tout cas une question d'expérience personnelle, moi j'ai été à la tête d'exécutifs locaux, j'ai été dans des oppositions, j'ai été dans des majorités au travers de ma vie publique, on a effectivement assez souvent et souvent aussi en période préélectorale des déclarations qui ne sont pas frappées du sceau de la responsabilité...

GUILLAUME DURAND
Donc, c'est VALLS pour vous ?

CHRISTIAN ECKERT
Bien sûr c'est VALLS, je l'ai dit dès le début, je serai ce soir à son meeting et je n'ai aucun état d'âme, je pense quand même que – et il l'a dit Manuel VALLS – que, comment je dirais, l'exemplarité et le soutien à son gouvernement n'a pas été la marque de fabrique de Benoît HAMON ces dernières années.

GUILLAUME DURAND
Dernière question, parce qu'elle est importante, vous avez lu ce rapport à la une des Echos, celui de la Cour des comptes concernant l'Etat actionnaire, il y a même un papier de Jean-Marc VITTORINI qui résume assez la situation : « le CAC 40 a pris 30 % en six ans, les participations de l'Etat ont perdu 30 % en six ans ».

CHRISTIAN ECKERT
Oui. Pourquoi ? Parce que tout simplement on demande à l'Etat actionnaire d'intervenir dans des participations qui ne sont pas forcément, comment je dirais, les plus rentables, on fait toujours appel à l'Etat quand on est devant une situation difficile...

GUILLAUME DURAND
Oui, mais ça pourrait être bien géré ?

CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez c'est bien géré, c'est bien géré dans la mesure où...

GUILLAUME DURAND
AREVA c'est bien géré ?

CHRISTIAN ECKERT
Non, mais je ne vous parle pas...

GUILLAUME DURAND
La SNCF c'est bien géré, EDF c'est bien géré ?

CHRISTIAN ECKERT
Ce que je vous dis c'est que le portefeuille de l'Etat il est toujours sollicité lorsqu'on a besoin que l'Etat intervienne j'allais dire dans une entreprise qui vit des moments difficiles, c'est ça, par exemple vous parlez d'AREVA - on pourrait parler d'EDF - on va être amenés, probablement d'une façon ou d'une autre à dégager, à vendre un certain nombre de participations pour pouvoir intervenir au capital de ces sociétés en difficulté, par définition c'est pas là que sont les placement les plus rentables.

GUILLAUME DURAND
Mais est-ce que ce n'est pas justement la part faible du discours de Manuel VALLS hier, je ne parle pas du rêve HAMON, mais quand VALLS dit : « LA république c'est d'abord et avant tout l'Etat », on pourrait lui répondre : »regardez le rapport de la Cour des comptes », si c'est ça la République c'est mal géré ?

CHRISTIAN ECKERT
Non, la République ce n'est pas un Etat rentier. C'est un Etat qui est acteur, comme je l'ai dit, qui vient au capital d'entreprises le plus souvent en difficulté et certes il faut avoir une part de rentabilité pour pouvoir justement financer les participations dans des secteurs les plus en difficulté, c'est comme ça que l‘Etat gère son portefeuille d'actions.

GUILLAUME DURAND
Christian ECKERT, donc chargé du Budget au gouvernement, était l'invité de Radio classique ce matin, merci beaucoup et bonne journée à vous....

CHRISTIAN ECKERT
Merci Guillaume, bonne journée.

GUILLAUME DURAND
Car vous vous êtes levé assez tôt.

CHRISTIAN ECKERT
Oui, c'est mon habitude, je suis Lorrain vous savez.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 janvier 2017

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