Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur les relations franco-libanaises, à Beyrouth le 6 mars 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur les relations franco-libanaises, à Beyrouth le 6 mars 2017.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de la défense

Circonstances : Déplacement en République libanaise, les 6 et 7 mars 2017

ti :
Monsieur Mahmoud Berri, représentant le Président du Parlement,
Monsieur le ministre des Affaires sociales,
Monsieur le député, Gwendal Rouillard, membre de la commission de la Défense à l'Assemblée nationale française,
Mesdames et Messieurs les conseillers consulaires,
Monsieur l'ambassadeur, cher Emmanuel Bonne,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,


Je suis très heureux de me trouver parmi vous ce soir, dans cette Résidence des Pins aussi magnifique qu'emblématique.

Une Résidence emblématique du Liban, puisque la proclamation du Grand-Liban a eu lieu sur son perron, événement fondateur dont nous célèbrerons le centenaire en 2020. Emblématique aussi de l'amitié franco-libanaise, car elle accueille des manifestations aussi diverses que les facettes de la relation entre nos deux pays. Notre ambassadeur, Emmanuel Bonne, me disait à l'instant que cette Résidence avait reçu près de 15 000 visiteurs en 2016. C'est bien le signe qu'elle est la maison des Français comme des Libanais, des civils comme des militaires ! C'est aussi le signe que la France a ici une équipe diplomatique infatigable !

Ma dernière venue dans cette Résidence remonte au mois d'avril 2016, à l'occasion de la visite du président de la République que j'accompagnais. François Hollande avait alors convié ici, à un grand dîner, de nombreux amis libanais, ce qui m'avait permis de rencontrer plusieurs d'entre vous.

Le Liban que je visite aujourd'hui est différent de celui de l'époque. Des étapes importantes ont été franchies pour sortir de la crise institutionnelle, pour la grande satisfaction des autorités françaises. En l'espace de quelques mois, les forces politiques libanaises se sont entendues pour élire un Président, pour désigner un Premier ministre, pour former un gouvernement et pour définir leur politique générale, tout cela dans un bref délai, même s'il a fallu attendre. Elles l'ont fait dans un cadre libanais, à l'abri des influences extérieures. Ce bilan est tout à l'honneur des responsables libanais.

Aujourd'hui, j'ai confiance en leur capacité à poursuivre dans cette voie et à élaborer d'autres compromis, qu'il s'agisse de l'adoption d'un budget, sujet qui occupe beaucoup le Conseil des Ministres actuellement, ou de la tenue rapide d'élections législatives. Il est très important que la dynamique engagée au mois d'octobre se prolonge dans l'élection d'un Parlement assurant à chacun une juste représentation. C'est une nécessité, non seulement pour que les institutions libanaises puissent répondre pleinement aux attentes des Libanais et conduire les réformes nécessaires, mais aussi pour que la communauté internationale puisse continuer d'apporter, dans de bonnes conditions, son assistance au Liban face aux conséquences de la crise syrienne.


Mesdames et Messieurs,

Parmi les institutions dans lesquelles les Libanais placent aujourd'hui leur confiance, il y a, au premier rang, les forces armées libanaises.

Face au terrorisme - nous en avons parlé à plusieurs reprises aujourd'hui -, l'armée libanaise ne faiblit pas. Cette menace, nous la connaissons bien, nous Français, car l'ennemi qui a frappé le Bataclan en novembre 2015, Nice et Saint-Etienne du Rouvray en juillet 2016, est le même que celui qui a endeuillé le Liban à Bourj el-Barajneh, au mois de novembre 2015, ou à Qaa et Zahlé pendant l'été 2016. Comme l'a illustré le rocher de Raouché, illuminé aux couleurs de la France et du Liban en 2015, nos pays sont solidaires dans le deuil, dans la douleur et dans la lutte. Il n'est pas exagéré de dire, comme l'a fait le ministre français des Affaires étrangères pendant son dernier déplacement, que l'Anti-Liban constitue l'une des principales lignes de front face à Daech. Ligne de front que l'armée libanaise, en lien avec les services de sécurité, tient avec une remarquable efficacité, ce qui lui vaut toute notre admiration.

Admiration, disais-je, mais aussi reconnaissance car nous mesurons à quel point, en défendant le Liban, les forces armées libanaises contribuent à la sécurité de l'Europe.

Il est naturel que nous accordions ainsi, comme d'autres partenaires le font - certains sont présents dans cette salle -, un haut degré de priorité à nos coopérations avec l'armée libanaise, qu'il s'agisse de fourniture de matériels ou de formations. Au Liban même, nous envoyons des détachements d'assistance militaire opérationnelle, mais en France aussi, nous accueillons des stagiaires.

Nous le faisons car nous savons que l'armée libanaise est un partenaire de confiance, qu'elle s'est prémunie contre le risque de divisions interconfessionnelles, qu'elle entend, comme c'est sa vocation, être présente sur l'ensemble du territoire libanais et qu'elle conserve l'entière maîtrise des équipements et des savoirs transmis. Elle offre aux institutions libanaises une protection précieuse et légitime dans les périodes de tension.

Nous sommes donc déterminés à amplifier nos coopérations à l'avenir. Je suis heureux de confirmer, ce soir, que la contribution exceptionnelle annoncée par le président de la République à Beyrouth, au mois d'avril 2016, aboutira dans les semaines à venir. En 2017, les armées libanaises recevront de la France des moyens supplémentaires singulièrement dans la lutte contre les engins explosifs, des véhicules blindés, mais aussi la formation, les munitions et les pièces de rechange pour les moyens déjà livrés. J'observe d'ailleurs que dans le domaine de la formation opérationnelle, notre effort a été triplé depuis 2014. Pour la seule année 2017, 20 millions d'euros seront engagés dans ce cadre au service de la sécurité du Liban. Cet effort se poursuivra. Comme je l'ai indiqué récemment en Jordanie, j'ai décidé et obtenu du Parlement lors du vote de la loi de finances pour 2017, la création d'une ligne budgétaire spécifique permettant de financer l'acquisition de matériels au bénéfice des pays les plus soumis à la pression des groupes terroristes, comme le Liban ou les pays du Sahel.

Demain, je me rendrai au Liban-Sud, à la rencontre des soldats de la Force intérimaire des Nations Unies pour le Liban, la FINUL, et je saluerai le contingent français stationné à Deir Kifa. Je remercie par avance le ministre libanais de la Défense de m'y accompagner. Sa présence à mes côtés sera un message fort pour la communauté internationale et pour les Libanais.

On ne le dit pas assez, le contingent français de la FINUL, fort de ses 850 militaires, représente la contribution française la plus importante à une opération de maintien de la paix. Importante en nombre, elle l'est aussi par sa mission, puisque la France arme la réserve du commandant de la force, positionnée pour être capable d'intervenir, dans les plus brefs délais, sur l'ensemble de la zone. Je salue le général Pierre de Nortbécourt, chef d'état-major de cette force et le colonel Loïc Girard, chef de corps du 1er régiment d'infanterie de marine et qui commande ici le bataillon Daman, arrivé au Liban voici à peine une semaine.

Cette présence robuste illustre la détermination de la France, avec les autres composantes de la FINUL, à contribuer à la cessation des hostilités au Liban-Sud, dans l'attente d'une solution à long terme. La mission est largement remplie puisque le calme, même fragile, prévaut au Sud depuis plus de dix ans désormais. Les Nations Unies font un travail remarquable.

Là-bas aussi, nous travaillons main dans la main avec les forces armées libanaises. L'objectif que se sont donnés le Liban et la communauté internationale est connu de tous : il est décrit dans la résolution 1701, dont les Nations unies sont la garante. Il s'agit d'aider le gouvernement libanais à exercer intégralement sa souveraineté, sur l'ensemble du territoire libanais. Nous n'ignorons pas que la lutte contre le terrorisme accapare une partie importante des moyens des Forces armées libanaises, qui pourraient être déployés au Sud. Mais il reste de notre responsabilité, en attendant des conditions plus propices, de coopérer activement avec l'armée libanaise pour qu'elle soit chaque jour mieux préparée à assumer sa mission dans cette région.


Mesdames et Messieurs,

Un Liban fort et vivant, des institutions en marche et une armée robuste : voilà ce à quoi la France travaille, dans le cadre bilatéral de sa coopération mais aussi à travers son engagement aux Nations Unies et au sein de la FINUL. Elle se réjouit de pouvoir compter sur votre concours et votre soutien en ce sens.


Vive la France ! Vive le Liban ! Vive l'amitié franco-libanaise !


Source http://www.ambafrance-lb.org, le 27 mars 2017

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