Interview de M. Matthias Fekl, ministre de l'intérieur, à RTL le 13 avril 2017, sur l'enquête menée au sujet de l'incendie du camp de réfugiés de Grande-Synthe (Nord), la fermeture d'une mosquée à Torcy (Seine-et-Marne) et la campagne pour l'élection présidentielle. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Matthias Fekl, ministre de l'intérieur, à RTL le 13 avril 2017, sur l'enquête menée au sujet de l'incendie du camp de réfugiés de Grande-Synthe (Nord), la fermeture d'une mosquée à Torcy (Seine-et-Marne) et la campagne pour l'élection présidentielle.

Personnalité, fonction : FEKL Matthias, MARTICHOUX Elizabeth .

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti : ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Matthias FEKL.

MATTHIAS FEKL
Bonjour.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes en effet Place Beauvau depuis le départ du gouvernement de Bruno LE ROUX, et vous étiez avant-hier sur le camp incendié de Grande-Synthe, avec votre consoeur Emmanuelle COSSE, du gouvernement. D'abord, où en est l'enquête, sur cet incendie ?

MATTHIAS FEKL
L'enquête suit son cours, vous savez que ce sont des incidents, plus que des incidents, d'une très grande violence, avec deux types de conséquences. D'abord des victimes, nombreuses, par centaines, des femmes, des hommes, des enfants, qu'avec Emma COSSE nous sommes allés rendre visite pour...

ELIZABETH MARTICHOUX
Quand vous dites « victimes », ce sont des personnes qui n'ont pas forcément été blessées, mais qui ont tout perdu, c'est ça que vous voulez dire.

MATTHIAS FEKL
Qui ont tout perdu, qui ont vu un camp partir en flammes, qui sont dans une grande détresse ; déjà avant, parce que quand on fuit son pays, pour diverses causes et qu'on laisse tout derrière soit, on est dans une grande détresse, et quand en plus le peu que vous avez, part en flammes, que vous êtes avec vos enfants dans un gymnase, je vous laisse imaginer dans quelle situation se trouvent ces femmes, ces hommes et ces jeunes filles et jeunes garçons.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, sur ces 1 500...

MATTHIAS FEKL
Donc, nous sommes là pour les reloger, en urgence. Des solutions ont déjà été trouvées, nous avons, avec Emma COSSE, hier, fait une conférence avec les préfets de région, pour regarder, département par département, quelles pouvaient être les places disponibles pour les reloger. Ça c'est l'urgence. Et ensuite, nous...

ELIZABETH MARTICHOUX
On va rappeler aux auditeurs que cela concerne 1 500 personnes, 1 200 sont actuellement dans des gymnases, il y en a quelques centaines qui se sont « volatilisées » qui n'ont pas été accueillies. C'est ça ?

MATTHIAS FEKL
Oui, il y a des gens qui ont fui, certains reviennent maintenant vers les gymnases qui ont été ouverts, pour pouvoir se loger, et nous sommes là pour pouvoir les accueillir sur l'ensemble du territoire français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans les CAO, dans les fameux Centres d'Accueil.

MATTHIAS FEKL
Dans les Centres d'Accueil et d'Orientation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y a plus de 1 000 places disponibles dans les CAO ?

MATTHIAS FEKL
Mais nous créons des places, nous sommes mobilisés avec les services de l'Etat, avec les...

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais vous les avez déjà ces places ? Vous les avez inventoriées ?

MATTHIAS FEKL
Mais, nous sommes en train de les recenser, et nous allons trouver plusieurs centaines de places dans les jours qui viennent. Chaque jour nous faisons le point, département par département, pour recenser les places, et je veux saluer les services de l'Etat, comme les élus les maires, qui dans de très nombreuses communes, s'engagent avec une grande solidarité, et d'ailleurs quelles que soient les opinions politiques des uns et des autres. La deuxième conséquence, c'est qu'il y a des criminels, qui sont à l'origine de cet incendie, et qui seront poursuivis, qui seront punis, et qui seront reconduits à la frontière, car il est inacceptable...

ELIZABETH MARTICHOUX
Des criminels qui appartiennent à ces courants de migrants qui sont des...

MATTHIAS FEKL
Qui appartiennent, pour beaucoup, certainement, l'enquête le prouvera, à des réseaux de passeurs qui exploitent la misère humaine, qui prennent des milliers d'euros à des gens qui ont déjà tout perdu, en leur promettant – à tort d'ailleurs – un avenir meilleur, et il faut être implacable, intraitable, avec ces gens-là, qui sont des vendeurs de misère, qui prospèrent sur la détresse des gens.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et précisément, beaucoup de ces migrants, de ces personnes qui ont tout perdu, ont payé ces passeurs, pour avoir le droit de traverser la Manche, pour aller en Angleterre. Mais ça veut dire qu'ils ne veulent pas quitter cette région. Ils veulent, compte tenu des efforts déjà fournis, pour pouvoir passer, ils veulent rester, ils ne veulent pas forcément aller dans les centres d'accueil. Il y a le maire de Saint-Paul-sur-Mer qui dit que 90 % des migrants ne veulent pas aller dans les CAO. 90 %

MATTHIAS FEKL
Mais, là-dessus, il y a des solutions d'hébergement dignes qui sont en train d'être trouvées, qui seront proposées, mais qui devront être acceptées. On ne laissera pas se reconstituer...

ELIZABETH MARTICHOUX
S'ils ne sont pas acceptés...

MATTHIAS FEKL
On ne laissera pas se reconstituer le camp de Grande-Synthe, et on ne laissera pas se constituer des campements sauvages, ici ou là, disséminés dans le paysage et disséminés dans les communes.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne laisserez pas reconstruire le camp de Grande-Synthe.

MATTHIAS FEKL
Non.

ELIZABETH MARTICHOUX
Contrairement aux voeux du maire d'Amiens (sic) CAREME, qui lui, ne l'exclut pas.

MATTHIAS FEKL
Nous avons travaillé avec le maire, nous l'avons vu avec Emma COSSE lorsque nous étions sur place, et il fait un travail formidable, il fait preuve d'une solidarité, et en même temps d'une très grande lucidité sur la situation, et j'ai toute confiance que nous réussirons, à l'avenir, comme hier, à travailler parfaitement avec lui.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous êtes contre le principe de construire ces camps qui accueillent ces migrants, là où ils restent, où ils demeurent, vous êtes contre ?

MATTHIAS FEKL
Je crois qu'il faut là-dessus être vraiment extrêmement pragmatique, regarder les choses au cas par cas, parce que vous avez des situations qui peuvent être différentes. Ce qui est important, c'est de ne pas laisser des endroits, comme ça, devenir des endroits de non-droits, dans lesquels la misère peut s'installer.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc, des camps comme à Paris, comme le fait Anne HIDALGO, oui ?

MATTHIAS FEKL
Mais, la France a toujours été un pays d'accueil, que ce soit pour l'asile ou que ce soit pour tous les immigrés qui ont le droit de rester ici. Et donc, la politique du gouvernement, c'est l'accueil digne de tous ceux qui ont vocation à rester dans notre pays.

ELIZABETH MARTICHOUX
Par exemple, Jean-Luc MELENCHON, dans son programme...

MATTHIAS FEKL
... et l'éloignement digne, de tous ceux qui ont vocation à partir.

ELIZABETH MARTICHOUX
Jean-Luc MELENCHON dit qu'il faut faciliter le droit d'asile en France et construire plus de camps d'accueil, de ce type en France. Vous êtes d'accord ?

MATTHIAS FEKL
Nous avons une politique d'asile, et l'OFPRA, la Cour nationale du droit d'asile, sont là pour garantir le droit d'asile, qui a toujours fait partie des droits dans le pays des Droits de l'homme.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous avez par ailleurs, en tant que ministre de l'Intérieur, ordonné mardi la fermeture immédiate d'une mosquée à Torcy, en Seine-et-Marne, près de Paris, mosquée radicalisée, elle était sous surveillance depuis des années. Question simple, qui vient à l'esprit effectivement de tout un chacun : pourquoi pas plus tôt ? Pourquoi est-ce que ça intervient mardi ?

MATTHIAS FEKL
Parce qu'il faut disposer de tous les éléments, pour que le dossier tienne, au regard de l'état de droits, au regard des règles de notre pays, qui sont la liberté d'expression, la liberté de culte, mais là, il y a eu des dérives, qui n'ont rien à voir avec la liberté d'expression et avec la liberté de religion. Et donc, à chaque fois qu'un dossier sera prêt et juridiquement ficelé, pour pouvoir être opérationnel...

ELIZABETH MARTICHOUX
C''est trop long ? C'est trop long le ficelage juridique ?

MATTHIAS FEKL
Non, mais nous sommes dans un état de droits, et donc mes prédécesseurs ont toujours travaillé dans cet état d'esprit-là. Il y a eu de nombreuses fermetures de mosquées par les prédécesseurs qui étaient avant moi au ministère de l'Intérieur. La semaine dernière j'ai procédé à la fermeture d'une mosquée...

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous en avez une à Sète.

MATTHIAS FEKL
... à Sète. J'ai fait pareil à Torcy, en Seine-et-Marne.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il y en a d'autres, dans le collimateur du ministère de l'Intérieur ?

MATTHIAS FEKL
J'ai décidé l'éloignement du territoire français d'Amir RAMADAN, un prêcheur de haine, qui...

ELIZABETH MARTICHOUX
Le frère de Tariq RAMADAN.

MATTHIAS FEKL
Ça c'est une chose, mais il y a ensuite les propos qu'il a tenus, étant peu clairs, c'est une manière polie de dire, sur l'égalité entre les sexes, sur l'antisémitisme et la haine des juifs, sur la haine aussi d'autres musulmans.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il devait venir prononcer, effectivement, une « conférence », et vous avez procédé à son renvoi en Suisse. C'est bien ça ?

MATTHIAS FEKL
Mais, nous éloignerons de France, tous ceux qui prêchent la haine et tiennent des propos incompatibles avec la République.

ELIZABETH MARTICHOUX
L'imam de Torcy est un enseignant, un prof de maths. D'abord, est-ce qu'il était chargé de cours, Abdelali BOUHNIK ?

MATTHIAS FEKL
Ça, il faut regarder précisément quelle est sa situation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais, vous ne savez pas, ce matin, s'il était chargé de cours.

MATTHIAS FEKL
Non. Nous savons parfaitement ce qu'il prêchait dans sa mosquée, c'est-à-dire des prêches incompatibles avec les valeurs de notre pays, qui sont des valeurs de tolérance, de liberté, d'égalité. Et donc lorsque vous êtes ambigu, voire plus du tout ambigu sur ces sujets-là, la mosquée dans laquelle vous prêchez, doit être fermée.

ELIZABETH MARTICHOUX
On en déduit qu'il n'était pas enseignant dans un lycée type, voilà, il était prof de maths, il ne l'était pas.

MATTHIAS FEKL
Je vérifierai très précisément quels sont les...

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne savez pas.

MATTHIAS FEKL
... enjeux. Par ailleurs, nous avons travaillé d'abord sur la mosquée, les prêches de haine, mais nous sommes en lien permanent, pour que ces propos-là ne puissent être tenus nulle part ailleurs, ni dans la mosquée, ni à l'extérieur.

ELIZABETH MARTICHOUX
On verra... on ira voir aussi de notre côté. Abdelali BOUHNIK qui était l'imam de cette mosquée que vous avez faites fermer mardi. La campagne électorale sent mauvais ?

MATTHIAS FEKL
C'est une question ?

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, pardon, point d'interrogation à la fin de la phrase. Est-ce qu'elle sent mauvais cette...

MATTHIAS FEKL
C'est une campagne majeure pour notre pays. Beaucoup de choses...

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est une phrase de François HOLLANDE. Est-ce qu'elle sent mauvais ?

MATTHIAS FEKL
Eh bien, ce qui est sûr, c'est qu'une campagne comme celle-là doit être l'occasion de déployer des débats de fonds, de travailler sur les sujets de fonds, c'est ça une campagne électorale, des idées.

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça n'est pas le cas ?

MATTHIAS FEKL
Ça pourrait être plus le cas, me semble-t-il, et moi j'ai toujours considéré que la politique c'était de l'action, mais c'était aussi et surtout des idées. C'est les idées que les uns et les autres défendent, dans cette campagne.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'y a pas d'idées dans cette campagne.

MATTHIAS FEKL
Non, ce n'est pas ce que j'ai dit.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'y a pas de débats, il y a peu d'idées.

MATTHIAS FEKL
Ce n'est pas ce que j'ai dit.

ELIZABETH MARTICHOUX
Eh bien vous semblez dire quand même qu'il est regrettable qu'il n'y en ai pas davantage.

MATTHIAS FEKL
Il est très important que chacun puisse déployer ses idées, qu'y compris les commentateurs, les journalistes, fassent autre chose que de commencer les hausses et les baisses des uns et des autres dans les sondages...

ELIZABETH MARTICHOUX
Eh bien on le fait tous les jours sur RTL, matin, midi et soir.

MATTHIAS FEKL
... et se demandent quels sont les projets les meilleurs pour les Français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais, pour revenir à François HOLLANDE, et on ira ensuite sur votre « candidat ». Il a raison, le chef de l'Etat, d'intervenir comme il le fait cette semaine dans Le Point, en marquant sa préférence pour un candidat, sans le nommer, mais qui est Emmanuel MACRON ? La politique a besoin de renouvellement, dit-il par exemple, il préconise aussi qu'une Nation nouvelle, une action nouvelle soit faite à partir de ce qu'il a fait, tout ça désigne MACRON. Il a raison le chef de l'Etat ?

MATTHIAS FEKL
Ça, vous pouvez lire les choses comme vous le souhaitez. Moi, je peux vous dire ce que je pense, moi, sur cette campagne. J'ai soutenu, et je soutiens, clairement Benoit HAMON, qui a gagné la primaire socialiste. Donc, en tant que socialiste, je le soutiens. Dans son projet, il y a beaucoup de sujets d'avenir, qui sont abordés, avec des réponses fortes...

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi ça ne marche pas ?

MATTHIAS FEKL
... sur la démocratisation de l'Europe...

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi ça ne marche pas, la campagne de Benoit HAMON ?

MATTHIAS FEKL
... sur le nouveau monde du travail, sur le renouvellement démocratique.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pourquoi tout ça, ça n'imprègne pas ? Pourquoi ça ne convainc pas ?

MATTHIAS FEKL
Mais, parce que la campagne est difficile et la situation pour notre famille politique est difficile. Tout le monde le sait. Mais ce n'est pas parce que les choses sont difficiles, que j'ai pour habitude de changer d'opinion. Tous ceux en Lot-et-Garonne et ailleurs qui me connaissent, le savent parfaitement.

ELIZABETH MARTICHOUX
Mais il a eu raison, par exemple, Benoit HAMON, dans cette difficulté, de s'en prendre à tous ces ministres qui ne le soutiennent pas, ou pas à assez, contrairement à vous ?

MATTHIAS FEKL
Je vous ais indiqué que je lui avais apporté, dès le soir de la primaire, mon soutien, loyalement, et en considérant que dans son projet, élaboré avec beaucoup de personnalités de tout premier plan dans le monde intellectuel, dans le monde syndical, dans le monde économique, il y avait des choses extrêmement fortes. J'ai été ensuite nommé ministre de l'Intérieur, et avant même de prendre mes fonctions, en parfaite intelligence avec Benoit HAMON, j'ai quitté toutes mes responsabilités dans la campagne, pour me consacrer exclusivement à la sécurité des Français.

ELIZABETH MARTICHOUX
Effectivement votre tâche est grande. Encore une question sur la campagne quand même, Jean-Luc MELENCHON, si vous me permettez l'expression largue, c'est-à-dire distance votre candidat dans les sondages, encore une fois vous, qui connaissez bien la politique, qui aimait le débat d'idées, pourquoi ça ne marche pas ?

MATTHIAS FEKL
Moi, je vous ai indiqué ce que j'avais à dire sur cette campagne, mes convictions personnelles et en même temps, mon rôle aujourd'hui, assurer la sécurité des Français et assurer le bon déroulement de l'élection présidentielle puisque vous savez que c'est le ministre de l'Intérieur, le ministère de l'Intérieur qui en assure le déroulé avec beaucoup de défis dans cette élection, y compris à un moment où le risque terroriste reste maximal dans notre pays.

ELIZABETH MARTICHOUX
Beaucoup de prudences, vous n'irez pas au-delà. Quand Jean-Luc MELENCHON dit qu'avec les autres candidats, les Français vont cracher du sang, par exemple, c'est une image qui vous semble appropriée ?

MATTHIAS FEKL
Je crois que je vous ai répondu sur la campagne.

ELIZABETH MARTICHOUX
L'élection à proprement parlé, techniquement ne risque pas d'être hackée comme on l'avait dit, comme on l'a craint à un moment sur ce plan là ? Vous dites que tout est opérationnel, tout est sécurisé ?

MATTHIAS FEKL
Lorsque j'étais en charge des Français de l'étranger, notamment et du commerce extérieur au quai d'Orsay, j'avais décidé de ne pas ouvrir le vote électronique pour les Français de l'étranger avec regret, mais en considérant qu'il y avait des risques très forts que les choses se passent mal, une décision que j'assume totalement. Nous sommes aujourd'hui mobilisés pour assurer la sécurité de ces élections en sécurisant les systèmes d'informations, en sécurisant la transmission des données, mais avec un risque qui est élevé sur notre démocratie.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et qui continue de l'être malgré tous les pare-feux que vous mettez en place ?

MATTHIAS FEKL
Qui continue de l'être, notre pays, notre démocratie, la France sont une cible et nous nous défendons à chaque instant en nous adaptant au degré de la menace.

ELIZABETH MARTICHOUX
Deux petites questions pour terminer, d'abord le QG de Marine LE PEN a été victime entre guillemets, d'une tentative d'incendie cette nuit, est-ce que le Front national a demandé plus de sécurité depuis ?

MATTHIAS FEKL
D'abord ce sont des actes inacceptables, le débat démocratique se traduira dans les urnes et c'est là que chacun doit faire ses choix. Nous sommes en lien avec les équipes de la candidates du Front national, dès hier soir et nous verrons s'il y a lieu le cas échéant, en lien avec eux, de renforcer les dispositifs de sécurité.

ELIZABETH MARTICHOUX
S'il y a une demande, vous y répondrez. Ce soir, match Lyon contre le Besiktas en ligue Europa, il y aura 20.000 supporters dans le stade lyonnais, en quelques secondes excusez-moi, mais après l'attentat évidemment de Dortmund est-ce que la sécurité a été renforcée ce soir au stade ?

MATTHIAS FEKL
Nous adaptons la sécurité au degré de la menace sur chaque événement. J'étais ce week-end au Parc des Princes pour m'assurer du dispositif de sécurité, nous sommes sur chaque événement sportif, comme sur tous les grands événements en permanence à l'affût…

ELIZABETH MARTICHOUX
Ça a été renforcé ?

MATTHIAS FEKL
… nous renforcerons s'il y a lieu, nous pouvons encore adapter les choses tout au long de la journée aux vues de la menace.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup Matthias FEKL qui est ministre de l'Intérieur depuis trois semaines, encore pour trois semaines, c'est ça et vous avez dit à quel point vous étiez concentré sur votre métier provisoire…

MATTHIAS FEKL
Ensuite les Français choisiront et eux seuls.

ELIZABETH MARTICHOUX
Peut-être, sans doute. Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 avril 2017

Rechercher