Déclaration de Mme Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, à Europe 1 le 21 avril 2017, sur l'hommage national à venir au policier tué sur les Champs-Elysées, la mise en place d'une cellule d'urgence médico-psychologique à Paris et en Ile-de-France et la sécurisation des bureaux de vote pour l'élection présidentielle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, à Europe 1 le 21 avril 2017, sur l'hommage national à venir au policier tué sur les Champs-Elysées, la mise en place d'une cellule d'urgence médico-psychologique à Paris et en Ile-de-France et la sécurisation des bureaux de vote pour l'élection présidentielle.

Personnalité, fonction : MEADEL Juliette.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes

ti : FABIEN NAMIAS
Bonjour et merci d'être avec nous ce matin. Juliette MEADEL, un policier tué hier, deux de ses collègues blessés, ils ont été visés parce que policiers ?

JULIETTE MEADEL
Ils ont été visés parce que policiers, ce n'est pas la première fois que ça arrive. Evidemment je pense à lui, à sa famille, à ses proches. Franchement, atteindre, toucher les forces de l'ordre à quelques jours d'une élection présidentielle, il sent à quel point il y a de la pression sur les policiers. Moi je veux rendre hommage à leur travail, leurs conditions de travail évidemment sont difficiles. Ce sont des victimes de terrorisme. Et leur rendre hommage c'est aussi rendre hommage au fait que comme nous venons de la vivre un a donné sa vie pour nous protéger.

FABIEN NAMIAS
Le président de la République l'annonçait hier, vous nous le confirmez, un hommage national lui sera rendu.

JULIETTE MEADEL
Un hommage national c'est évidemment nécessaire, c'est la moindre des choses. Quand on porte atteinte aux forces de l'ordre on cherche à toucher ce que les Français ont dans leur attachement à l'Etat parce que c'est l'Etat qui nous protège, et c'est un Etat démocratique, et c'est aussi aux élections que l'on cherche à s'attaquer ; et c'est la raison pour laquelle solidarité totale, soutien indéfectible et reconnaissance nationale pour les forces de l'ordre et le travail qu'elles font chaque jour.

(…)

FABIEN NAMIAS
Juliette MEADEL, un dispositif particulier d'aide aux victimes a été mis en place hier soir.

JULIETTE MEADEL
Immédiatement, comme c'est le cas à chaque fois ; dans l'heure qui a suivi une CUMP, la CUMP qui et la CUMP à la fois de Paris et de l'Ile de France qui est une cellule d'urgence médico-psychologique qui se déclenche immédiatement ; cinq psychiatres et psychologues ont été sur place dont l'un est resté auprès du SAMU, les autres se sont rendus auprès des victimes, c'est-à-dire auprès des commerçants, dans tous les endroits où il pouvait y avoir potentiellement des personnes choquées ; 20 personnes ont été vues, c'était des touristes, des personnes qui étaient là, qui ont été impliquées par ce qu'elles ont vu, choquées aussi ; leurs identités ont été relevées et un numéro d'appel est activé depuis hier, c'est le 15 lorsque l'on habite Paris, parce que n'oubliez jamais que avoir été témoin d'un drame de cette nature peut susciter pas forcément dans l'heure, pas forcément dans les quelques heures qui suivent mais souvent le lendemain ou dans les jours qui viennent des réminiscences consécutives de ce qu'on appelle un psycho-traumatisme, parce que lorsque l'on a cru soi-même que l'on allait mourir, ou lorsque l'on a assisté de très près à une scène qui est la scène qui a été vécue hier et qui peut s'apparenter parfois à des scènes de guerre, on peut en avoir des séquelles psychologiques et psycho-traumatiques importantes.

FABIEN NAMIAS
A l'heure où l'on se parle un conseil de Défense est actuellement réuni autour de François HOLLANDE à l'Elysée, que peut-il sortir de ce type de réunion ?

JULIETTE MEADEL
Vous savez c'est le dispositif habituel dans ce type de situation-là, les échanges d'informations permettent de suivre au plus près, minute après minute la situation. Il y aura une déclaration à l'issue, mais ce qui compte c'est que la nation reste debout, reste ferme dans ses principes et protège les conditions de l'élection qui se dérouleront dans deux jours.

(…)

FABIEN NAMIAS
Nous votons dans 48 heures, évidemment cet attentat intervient dans un contexte politique très particulier. Il y a 67 000 bureaux de vote qui sont répartis sur tout le territoire, peut-on les sécuriser davantage et peut-on rassurer ceux qui vont aller voter ?

JULIETTE MEADEL
Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ont indiqué lors du dernier conseil des ministres quel était le dispositif qui était mis en place. Moi je me contenterais de redire ce que Matthias FEKL a dit, 50 000 policiers et gendarmes sont déployés sur tout le territoire pour assurer la protection dans de bonnes conditions du vote. Ce sont aussi des gardes-mobiles, c'est-à-dire qu'elles circulent, c'est la condition de l'efficacité de la protection, et c'est la façon dont l'Etat prend en charge et organise de façon parfaitement sereine les conditions de cette élection présidentielle décisive.

(…)

FABIEN NAMIAS
Pour terminer, je reviens sur l'élection présidentielle et le vote dans 48 heures, est-ce que vous pensez que la nature du vote – et c'est peut-être l'objectif d'ailleurs de ceux qui commettent de telles atrocités – peut être modifiée par ce qui s'est passé ? Est-ce que c'est un nouveau climat qui pèse sur ce dernier jour officiel de la campagne présidentielle ?

JULIETTE MEADEL
Assurément l'intention des terroristes est d'entrer dans le débat présidentiel. Assurément leur intention est de déstabiliser, de faire peur, de susciter ici ou là des divisions, et de fragiliser la démocratie. Et c'est justement pour cette raison que nous devons tenir, être unis, être sereins et être solidaires. Le débat qui s'est tenu hier a permis, je crois, de montrer que chacun a pris la mesure de la situation et que le plus important c'est que la démocratie triomphe.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 avril 2017

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