Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, en hommage aux soldats canadiens de la Première Guerre mondiale, à Vimy le 8 avril 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, en hommage aux soldats canadiens de la Première Guerre mondiale, à Vimy le 8 avril 2017.

Personnalité, fonction : TODESCHINI Jean-Marc.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire

Circonstances : Inauguration du centre d'accueil et d'éducation du Mémorial national du Canada à Vimy (Pas-de-Calais), le 8 avril 2017

ti :
Monsieur le Gouverneur général du Canada, M. David Lloyd Johnston,
Monsieur le Ministre de la Défense nationale du Canada, M. Harjit Singh Sajjan,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Préfet M. Fabien Sudry,
Mesdames et Messieurs les parlementaires canadiens et français,
Monsieur le Président du Conseil d'administration du Mémorial national du Canada à Vimy,
Mesdames et Messieurs,


C'est avec plaisir que je suis, Monsieur le Gouverneur général, à vos côtés pour inaugurer ce nouveau centre d'accueil et d'éducation du Mémorial national du Canada à Vimy.

Ici, à Vimy, sur ces terres encore si profondément marquées par les combats qui y firent rage au cours de la Grande Guerre, c'est l'histoire et le souvenir qui réunissent Canadiens et Français.

L'histoire d'une bataille, celle d'Arras – et plus particulièrement de la crête de Vimy – et le souvenir de vos compatriotes, Monsieur le Gouverneur général, qui, il y a cent ans, ont traversé un océan pour défendre, sur un continent qu'ils ne connaissaient pas pour la plupart, la liberté et la démocratie dans mon pays.

A la veille de la cérémonie commémorative, où seront réunis demain les représentants des pays qui ont cette mémoire en partage, je veux, en tant que secrétaire d'Etat en charge des Anciens combattants et de la Mémoire, rendre hommage au courage, à l'abnégation des soldats des quatre divisions canadiennes qui au matin du 9 avril 1917 se lancent à l'assaut de la « butte de la mort ».

Le plateau de Vimy, où les troupes d'occupation campent depuis octobre 1914, est un point stratégique majeur qui domine la plaine des Flandres et protège les mines de charbon servant à l'économie de guerre allemande.

En 1917, plus de 200 000 soldats sont déjà tombés en tentant de déloger les troupes allemandes de la cote 145 de Vimy, devenue une forteresse imprenable.

Fort des tragiques enseignements de la Somme, le général Julian Byng, commandant du corps expéditionnaire canadien, prépare méticuleusement l'offensive de Vimy en axant sa stratégie sur la destruction massive des positions ennemies par l'artillerie, suivie d'un assaut frontal.

Après un bombardement intensif des positions allemandes durant plusieurs jours, l'assaut est lancé à 05h30 le 9 avril.

En quatre jours les troupes canadiennes remportent la crête de Vimy, font 4 000 prisonniers et contraignent l'ennemi au repli.

Cette victoire, 10 600 soldats canadiens la paient au prix du sang. 3 600 d'entre eux ne se relèveront pas.

La France sait ce qu'elle doit aux 450 000 soldats canadiens qui ont combattu à ses côtés au cours de la Première Guerre mondiale.

C'est en signe de reconnaissance et pour honorer le sacrifice consenti par les 66 000 canadiens morts sur notre territoire entre 1914 et 1918 que la France offre, en 1922, la concession à perpétuité de ce site de 117 hectares.

Sur le lieu même de cette bataille de Vimy, s'élève aujourd'hui le plus important monument canadien dédié aux victimes de la Grande Guerre.

Ici, comme à Courcelette et à Beaumont-Hamel où Canadiens et Français étaient réunis le 1er juillet 2016 à l'occasion du centenaire de la bataille de la Somme, vit la mémoire de l'engagement canadien.

Je connais la valeur symbolique de ces lieux pour la nation canadienne qui fête cette année son 150ème anniversaire.

Car c'est à Vimy que les 35 000 soldats des bataillons canadiens, autrefois intégrés dans l'armée britannique, combattent pour la première fois ensemble, arrachant leur première victoire militaire qui vaut au Canada d'apposer, en 1919, sa signature sur le traité de paix et de devenir membre de la Société des Nations.

A Vimy, où reposent vos aînés, souffle aussi l'esprit de votre nation.

La force de cette mémoire fondatrice se mesure aujourd'hui à l'importante mobilisation de plus de 20 000 canadiens, réunis ici à Vimy, pour célébrer le centenaire de cette bataille.

Je salue le travail accompli par le gouvernement du Canada et par la Fondation Vimy au sein de ce Mémorial dont le nouveau centre d'accueil et d'éducation permettra, dès lundi, de recevoir les visiteurs au cœur des tranchées et des cratères ouverts.

Les commémorations du centenaire de la Grande Guerre et celles du 70ème anniversaire du Débarquement et de la Libération de la France ont montré l'intérêt grandissant de nos compatriotes respectifs pour les lieux qui ont fait l'histoire.

Comme je viens de le rappeler, ils seront nombreux tout au long de ce week-end commémoratif.

En traversant l'Atlantique, ces femmes et ces hommes accompagnés de leurs enfants, comme le fera votre Premier Ministre demain, rendront hommage aux soldats qui se sont battus hier pour que nous vivions libres aujourd'hui.

Pour la France qui, au cours du XXème siècle, a été le théâtre de terribles conflits mondiaux, le tourisme de mémoire est une responsabilité à l'égard de ceux qui sont morts sur son sol et envers les pays qui ont combattu à ses côtés.

Je veux souligner à ce titre l'investissement de l'État français et de ses collectivités territoriales, comme la ville d'Arras, dont la mobilisation sans faille a permis de relever le défi mémoriel qui était le sien.

Le tourisme de mémoire permet de relever le premier défi qui guette ces lieux, où se sont affrontés les hommes en ce début de XXème siècle : celui de l'oubli.

Ce travail de mémoire passe par la transmission aux jeunes générations et la Fondation Vimy y veille particulièrement, elle qui nous présente aujourd'hui ce nouveau centre d'accueil et d'éducation et qui a fait de ce Mémorial un instrument d'enseignement et de sensibilisation pour nos jeunes.

Le 30 janvier dernier, j'étais avec ces jeunes, Canadiens et Français, à l'occasion du vernissage de l'exposition « Chemins de mémoire, la Grande Guerre, de 14/18 à aujourd'hui ».

Ce projet de création photographique, initié par l'Office franco-québécois de la jeunesse, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale, a vu la collaboration d'étudiants québécois et français qui se sont rendus ensemble sur les terres de Picardie, de Belgique et du Pas-de-Calais.

J'avais alors salué l'engagement de ces jeunes en faveur du travail de mémoire et la belle collaboration qui en avait découlé.

Ces commémorations que nous partageons sont autant d'occasions d'échanges entre nos deux pays comme le moment que nous vivons aujourd'hui, comme ceux qui nous réuniront demain.

Elles sont des temps où vit pleinement l'amitié entre les peuples.

Car comme les souffrances engendrées hier par la guerre, la mémoire aujourd'hui ne connaît pas de frontière.


Vive l'amitié franco-canadienne !


Source http://www.defense.gouv.fr, le 25 avril 2017

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