Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à RTL le 2 juin 2017, sur le retrait des Etats-Unis de l'Accord sur le climat, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et les annonces concernant la CSG et la taxe d'habitation. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Edouard Philippe, Premier ministre, à RTL le 2 juin 2017, sur le retrait des Etats-Unis de l'Accord sur le climat, l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et les annonces concernant la CSG et la taxe d'habitation.

Personnalité, fonction : PHILIPPE Edouard, MARTICHOUX Elizabeth , CALVI Yves .

FRANCE. Premier ministre; ;

ti : ELIZABETH MARTICHOUX
Bonjour Edouard PHILIPPE !

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour Elizabeth MARTICHOUX.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup d'être avec nous dans ce studio de RTL et en effet, d'accepter le dialogue direct tout à l'heure avec les Français.
Donald TRUMP hier soir a fait un bras d'honneur spectaculaire à la diplomatie mondiale et à la lutte contre le réchauffement. Comment qualifiez-vous cette décision ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est une décision calamiteuse et calamiteuse au moins à deux titres, d'abord parce qu'en conscience, alors que chacun sait que le sujet de la lutte contre le dérèglement climatique est un sujet essentiel pour nous, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, pour la planète entière, alors que l'acuité de ce sujet, la gravité de ce sujet est documentée, alors que chacun sait les efforts considérables que nous allons devoir fournir pour être à la hauteur face à ce défi majeur, eh bien, le président des Etats-Unis en conscience décide de se retirer d'un dispositif qui avait fait l'objet d'une très longue négociation. Donc c'est calamiteux pour la planète, mais c'est doublement calamiteux parce qu'au fond en prenant cette décision, le président des Etats-Unis indique au monde qu'il entend essayer de régler les problèmes tout seul.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui, il a d'ailleurs résumé dans une phrase qui dit tout de la doctrine trumpiste, « je préfère les ouvriers de Pittsburgh à ceux de Paris », est-ce qu'Angela MERKEL avait raison quand elle a dit la semaine dernière au G7 « on ne peut plus compter sur les Etats-Unis » ?

EDOUARD PHILIPPE
En tout cas ce qui est certain, c'est que les ouvriers de Pittsburgh, ils sont sur la même planète que les ouvriers de Paris.

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'y a pas de planète B comme l'a dit Emmanuel MACRON ?

EDOUARD PHILIPPE
Il n'y a pas de planète B, il n'y a pas de plan B et tout ce qui est bon pour la planète est bon pour les ouvriers de Pittsburgh et ce qui est fascinant, et heureusement d'une certaine façon, c'est qu'aux Etats-Unis, il y a un nombre considérable d'acteurs politiques, économiques, syndicaux, associatifs qui ont parfaitement conscience de ce que Pittsburgh est sur la même planète que Paris.

ELIZABETH MARTICHOUX
Et qui pour vous peuvent contrebalancer ?

EDOUARD PHILIPPE
Ils ne sont pas présidents, et le président des Etats-Unis est le président d'un Etat souverain, et il prend ses décisions. Je ne lui conteste pas ce droit, je pense qu'il prend une décision calamiteuse mais je ne lui conteste évidemment pas ce droit ; ce que je sais aussi, c'est qu'il y a énormément d'acteurs aux Etats-Unis, y compris d'acteurs politiques, y compris d'acteurs politiques locaux qui ont parfaitement conscience du caractère calamiteux de cette décision et avec lesquels nous devons continuer à parler, nous devons continuer à discuter parce qu'il y a des initiatives. Moi, je suis très frappé par exemple par l'attachement que les maires des villes peuvent avoir à cette question du dérèglement climatique. Bon, il y a énormément de maires aux Etats-Unis qui vont vouloir continuer à travailler avec nous pour essayer de prendre des mesures locales qui permettent d'aller dans le bon sens.

ELIZABETH MARTICHOUX
Qui vont d'une certaine façon, surplomber la décision du président, enfin on comprend ce que vous voulez dire mais pour revenir à nous, d'ailleurs, les Etats-Unis émettent 20% des gaz à effet de serre, l'objectif des accords de Paris ne va pas être revu et corrigé. Est-ce que ça veut dire que les pays signataires nous par exemple, on va devoir redoubler d'efforts, renforcer nos efforts pour l'atteindre ?

EDOUARD PHILIPPE
Ça ouvre forcément une phase de consternation mais aussi une phase de résolution. Moi, je suis très frappé par l'idée et par le constat, vous avez entendu le président de la République, il s'est exprimé dès hier soir pour marquer la gravité de la décision, et la gravité de la situation, je crois que parmi les signataires de l'accord de Paris, le sentiment partagé qui va prévaloir, c'est que ça renforce et l'urgence de l'action et la nécessité de rester bien groupé et bien collectif. C'est vrai de nos partenaires chinois, c'est vrai de nos partenaires indiens, c'est évidemment vrai de nos partenaires européens. Je pense que la solution, je vous ai dit le caractère doublement calamiteux, c'est aussi l'idée qu'un pays pourrait tout seul faire prévaloir ses intérêts sans attaquer ceux des autres et en essayant de trouver une réponse au problème. Ce n'est pas ça qui va se passer, donc au fond, ça renforce la place de la France dans le souci de chercher constamment des solutions collectives à des problèmes collectifs.

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors, ça renforce le leadership qu'Emmanuel MACRON a essayé dès hier soir d'incarner ; à ce titre-là, construire Notre-Dame-des-Landes, ce serait pas contradictoire avec la nécessité de renforcer notre effort ?

EDOUARD PHILIPPE
Le …

ELIZABETH MARTICHOUX
Je fais un lien avec le fait que vous ayez installé les trois médiateurs hier qui vont nous dire dans six mois, qui vont vous dire quelles sont les solutions.

EDOUARD PHILIPPE
Absolument. Mais il y a déjà de longues années, une décision a été prise …

ELIZABETH MARTICHOUX
Très longues années !

EDOUARD PHILIPPE
Très longues années !

ELIZABETH MARTICHOUX
Ca fait plus de vingt ans !

EDOUARD PHILIPPE
Les procédures administratives se sont succédés, elles ont été déroulées, les recours juridictionnels ont été introduits puis jugés, puis écartés. Les habitants de la Loire-Atlantique se sont prononcés et donc il y a toute une série d'actes importants qui sont intervenus et dont on ne peut pas dire qu'ils ne comptent pour rien et moi, Premier ministre, je ne peux pas dire que des procédures administratives régulières, des recours juridictionnels réguliers …

ELIZABETH MARTICHOUX
Et un référendum !

EDOUARD PHILIPPE
…et l'expression populaire ne comptent pour rien. Bon. Cela dit, vous savez, tout le monde sait que ce sujet est au coeur d'une tension absolument considérable, de questions d'ordre public qui sont extrêmement sensibles et donc le président de la République , il l'avait indiqué, qu'on mette tout sur la table pendant six mois pour être ensuite en mesure de prendre une décision qui sera éclairée et assumée.

ELIZABETH MARTICHOUX
A ce titre-là, petite question parce que vous avez reçu peut-être un courrier de Bruno RETAILLEAU qui est un peu concerné parce qu'il est président du conseil régional des Pays de la Loire et qui est très remonté contre Gérard FELDZER qui est l'un des trois médiateurs e dont il dit qu'il est un militant notoire anti aéroport – il a été directeur de campagne de Nicolas HULOT, il a été à Europe Ecologie les Verts – est-ce que la neutralité de cette médiation est assurée par la présence de Gérard FELDZER qui en effet au su et au vu de tout le monde est contre ?

EDOUARD PHILIPPE
Vous avez des avis extrêmement divergents sur la question de Notre-Dame-des-Landes, donc imaginer qu'on peut réunir trois personnes qui feraient l'unanimité de tout le monde n'a pas de sens. Ce que nous avons cherché …

ELIZABETH MARTICHOUX
Il n'a pas été nommé par hasard, on ne peut pas le croire !

EDOUARD PHILIPPE
Bien sûr que non ! Ce que nous avons cherché dans la composition de la petite équipe de médiation que nous avons nommé hier avec Nicolas HULOT et Elisabeth BORNE, c'est d'avoir des compétences variées, d'avoir recours à des ingénieurs, d'avoir recours à, en l'occurrence monsieur FELDZER …

ELIZABETH MARTICHOUX
Une compétence sur l'aéronautique …

EDOUARD PHILIPPE
Une compétence associative et sur l'aéronautique et en appelant madame la préfète BOQUET, en ayant compétence sur des questions administratives et d'ordre public et c'est justement l'association de ces trois compétences qui nous permet de tout mettre sur la table.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous voyez bien ce qu'on veut dire, ce n'est pas une compétence qui est remise en cause, c'est une « militance » si vous me permettez ce barbarisme, c'est un point de vue qui a été publiquement …

EDOUARD PHILIPPE
J'ai une confiance totale dans l'équipe de médiation que nous venons de nommer, ils vont avoir six mois de travail intense, ils vont voir tout le monde. Ce que nous leur avons demandé, c'est de tout mettre sur la table, de ne rien laisser sous le tapis.

ELIZABETH MARTICHOUX
La décision sera prise avant la fin de l'année, vous vous y engagez enfin qu'une décision soit prise définitivement ?

EDOUARD PHILIPPE
On ne peut pas laisser ce dossier dans l'état dans lequel nous l'avons trouvé.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous vous y engagez.

EDOUARD PHILIPPE
Entendez-moi, Madame MARTICHOUX, la chose la plus regrettable, dans ce dossier qu'on soit pour ou qu'on soit contre, c'est qu'elle ait trainé aussi longtemps.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous vous y engagez avant la fin de l'année, une décision sera prise.
La pression sur le gouvernement, Edouard PHILIPPE, est montée d'un cran avec l'ouverture d'une information judiciaire hier dans le dossier Richard FERRAND. Est-ce que vous admettez que c'est embarrassant ?

EDOUARD PHILIPPE
Oh, ce n'est sans doute pas agréable. Ça, c'est vrai que je préférerais parler de la grande négociation qu'on vient d'engager avec les organisations syndicales à propos du droit du travail, bon.

ELIZABETH MARTICHOUX
Donc vous admettez que ça pollue, que ça parasite votre travail ?

EDOUARD PHILIPPE
Ca suscite une exaspération des Français que je mesure parfaitement, que j'entends et qu'à certains égards, je comprends, ça suscite un intérêt des médias que je comprends parfaitement et qui est parfaitement conforme à leurs missions, les journalistes posent des questions et il revient à Richard FERRAND d'y répondre. Donc je comprends très bien ça. Pour ma part, j'ai indiqué le plus clairement possible, je crois, quelle était la ligne que je m'étais fixée.

ELIZABETH MARTICHOUX
Pas de démission s'il n'y a pas de mis en examen, c'est ça ?

EDOUARD PHILIPPE
Lorsqu'un ministre est mis en examen, il convient qu'il démissionne immédiatement avec une petite exception que je me permets d'indiquer, ce sont les mises en examen résultant de plaintes pour diffamation car comme vous le savez, en matière de diffamation, la mise en examen est automatique, elle ne traduit donc pas autre chose …

ELIZABETH MARTICHOUX
On parle de François BAYROU …

EDOUARD PHILIPPE
…autre chose qu'une automaticité. Donc moi, j'ai donné ma ligne, elle est claire, un ministre mis en examen, ça démissionne. Exemplarité dans les fonctions de ministre parce que c'est ce qu'attendent les Français et surtout, et surtout, parce que ça n'est pas une petite chose. La production d'une loi visant à rétablir la confiance dans l'action publique, qui prévoit in nombre de mesures à mon avis considérables…

ELIZABETH MARTICHOUX
Inédites, révolutionnaires sans doute pour les pratiques de la politique mais …

EDOUARD PHILIPPE
Je ne suis pas sûr qu'elles soient révolutionnaires mais je suis certain qu'elles fixent des règles strictes, des règles claires, auxquelles tout le monde va devoir, que tout le monde va devoir appliquer, la loi sera dure mais ça sera la loi. Et ça me va très bien !

ELIZABETH MARTICHOUX
C'est ma dernière question sur Richard FERRAND, cette loi encore une fois qui est inédite, qui contient, on l'a vu hier, un nombre même au-delà de ce qui avait été annoncé dans la campagne pour la transparence de la vie publique elle est parasitée, le paysage est brouillé, c'est dommageable à votre action, c'est dommageable à ce début de quinquennat réussi !

EDOUARD PHILIPPE
Je ne crois pas …

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous ne pouvez pas l'admettre !

EDOUARD PHILIPPE
Je ne crois pas que la loi soit brouillée. Encore une fois …

ELIZABETH MARTICHOUX
La présentation de la loi si !

EDOUARD PHILIPPE
Je ne crois pas. Je pense que les Français ont très bien entendu que nous alpons supprimer la cour de justice de la République, que nous allons supprimer la réserve parlementaire, que nous allons supprimer la possibilité d'avoir recours à des emplois familiaux, que nous allions faire en sorte que le cumul des mandats dans le temps soit limité ; je crois que les Français l'ont très, très bien entendu et on va le répéter, croyez-moi, parce que c'est au fond ce qu'ils attendent , ce qu'ils veulent, ils veulent des règles claires, nous allons le produire et je pense qu'au fond, commencer parce que ça sera le premier texte de ce quinquennat, commencer par-là, c'est bien montrer l'envie que nous avons de rentrer si vous le passez l'expression dans un « nouveau monde de la politique. »

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors on y reviendra tout à l'heure sans doute avec les auditeurs, une majorité de Français préféreraient que Richard FERRAND démissionne, vous leur répondrez sans doute directement.
Très vite, deux questions si vous me permettez. D'abord, la hausse de la CSG qui est une des cibles de la droite, on rappelle que 60% des retraités vont subir cette augmentation, vous confirmez d'abord ?

EDOUARD PHILIPPE
D'abord, je suis tout à fait impressionné par le fait qu'un certain nombre de mes amis qui se présentent sous l'étiquette LR défendaient avec vigueur en expliquant que c'était le meilleur projet y a six mois, l'idée qu'il fallait augmenter la TVA pour tout le monde de deux points.

ELIZABETH MARTICHOUX
Maintenant, ils veulent baisser les impôts, donc voilà, la doctrine a changé !

EDOUARD PHILIPPE
Je peux l'entendre mais permettez-moi de le souligner parce que ça ne manque pas d'une certaine fraîcheur ! Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que si vous voulez parler de la CSG, alors parlons de tout !

ELIZABETH MARTICHOUX
Alors en une minute, ça va être compliqué mais sur ce sujet …

EDOUARD PHILIPPE
Non, non !

ELIZABETH MARTICHOUX
…vous admettez…

EDOUARD PHILIPPE
Parlons de tout Madame MARTICHOUX !

ELIZABETH MARTICHOUX
Je parle juste des 60% des retraités, pas des autres salariés !

EDOUARD PHILIPPE
Mettez en face de la CSG la contrepartie qui est la baisse des cotisations sociales et la baisse des prélèvements sur l'ensemble des travailleurs, salariés, et fonctionnaires, qu'il y aura des mesures compensatoires pour les fonctionnaires.

ELIZABETH MARTICHOUX
François LENGLET le rappelait juste avant que vous n'entriez dans le studio.

EDOUARD PHILIPPE
Je suis heureux qu'il l'ait fait parce que c'est évidemment essentiel et disons aussi que la mise en oeuvre de la mesure que la taxe d'habitation sera rythmée de façon à ce que les retraités ne soient pas affectés dans l'intensité qui est évoquée sur la retraite…Pour dire les choses autrement …

ELIZABETH MARTICHOUX
Je vais essayer de traduire ; la hausse de la CSG …oui dites-moi !

EDOUARD PHILIPPE
Merci d'essayer de traduire mais je vais essayer d'être moi-même assez clair. Pour dire les choses autrement, toute une série de retraités et ceux qui bénéficient de petites pensions ne sont pas du tout affectés par l'augmentation de la CSG.

ELIZABETH MARTICHOUX
40% !

EDOUARD PHILIPPE
Oui, 40% !

ELIZABETH MARTICHOUX
En dessous de 1 200 euros.

EDOUARD PHILIPPE
Ça n'a rien de neutre. Et pour les autres, nous allons rythmer l'augmentation de la CSG avec les mesures prises sur la taxe d'habitation pour que les deux mesures se contrebalancent. Il y a donc …

ELIZABETH MARTICHOUX
Ce seront les premiers bénéficiaires pour dire les choses de la suppression de la taxe d'habitation !

EDOUARD PHILIPPE
…une majorité, de l'ordre de 80% de retraités qui ne verront pas leur pouvoir d'achat affecté, et un très grand nombre d'actifs qui, eux, bénéficieront des mesures que nous avons mises en oeuvre. Donc on peut toujours jouer à se faire peur, et même si j'ai 46 ans et que je n'ai pas l'expérience politique de tourte une série de mes amis, je sais que les campagnes électorales servent aussi à cela mais on peut aussi poser sur la table clairement les mesures qui ont été présentées par le président de la République et constater qu'il s'agit de faire en sorte d'offrir un peu plus de pouvoir d'achat aux Français qui travaillent et de trouver des mécanismes de financement qui permettent d'avancer vers une universalisation des droits. Ça n'est pas rien !

ELIZABETH MARTICHOUX
Comment caractérisez-vous votre relation avec le président jupitérien ?

EDOUARD PHILIPPE
D'abord, je ne suis pas forcément prompt à en parler volontiers parce que je pense qu'il se passe beaucoup de choses qui doivent rester entre nous mais je dirais qu'elle est fluide.

ELIZABETH MARTICHOUX
Oui …

EDOUARD PHILIPPE
Très fluide !

ELIZABETH MARTICHOUX
D'accord. Je décide, il exécute ? Comme CHIRAC / SARKOZY ?

EDOUARD PHILIPPE
Elle est très fluide et très institutionnelle parce que …

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous réussissez à marquer votre territoire ?

EDOUARD PHILIPPE
Parce qu'au-delà de la façon dont deux hommes s'entendent, il y a les institutions de la Ve République.

ELIZABETH MARTICHOUX
Dans tout duo, vous savez, il y a à de rares exceptions près comme justement CHIRAC / JUPPE, il y avait une forme de rivalité, entre Matignon et l'Elysée, vous vous y préparez ?

EDOUARD PHILIPPE
Ce n'est pas du tout la nature des relations telle qu'elle s'est engagée entre nous. Encore une fois, elle est marquée par une très grande fluidité et je me réjouis beaucoup de cette relation.

ELIZABETH MARTICHOUX
Vous serez, vous êtes en tous les cas pour l'instant chef de la majorité, c'est ma dernière question vous recevrez les députés à Matignon ?

EDOUARD PHILIPPE
Le Premier ministre, il a vocation à être le chef de la majorité parlementaire l'animateur de la majorité parlementaire. A l'évidence, je vais avoir des relations avec les parlementaires, avec les parlementaires qui feront partie de la majorité et avec les autres. Un Premier ministre, ce n'est pas le chef d'un clan. Un Premier ministre, c'est celui qui dirige un gouvernement, qui présente et qui anime une majorité au Parlement et il a vocation à parler à tout le monde !

ELIZABETH MARTICHOUX
Et vous parlerez tout à l'heure aux Français en direct sur RTL à 8h15.

EDOUARD PHILIPPE
Et je m'en réjouis.

ELIZABETH MARTICHOUX
Merci beaucoup Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Merci beaucoup !

YVES CALVI
Edouard PHILIPPE nous a rejoints à nouveau dans ce studio pour répondre à vos questions, et on va tout de suite donner la parole à Patrick qui nous appelle de Strasbourg. Bonjour Patrick, le Premier ministre vous écoute.

PATRICK
Bonjour Monsieur Edouard PHILIPPE, bonjour Monsieur CALVI. Ma question sera sur les impôts. Vous avez fait partie d'une famille politique qui a dénoncé le ras-le-bol fiscal pendant le quinquennat Hollande, vous allez augmenter la CSG et vous allez supprimer, pour une certaine partie de la population, la taxe d'habitation, dont je ne ferai pas partie. Qu'est-ce que vous allez faire en termes d'impôts, en tout cas de baisses d'impôts, pour les classes moyennes et pour les classes moyennes supérieures ?

EDOUARD PHILIPPE
Bonjour monsieur. Moi je fais partie de ceux qui pensent que la pression fiscale en France est importante et que donc il faut faire attention à ne pas décourager ceux qui travaillent, ceux qui ont des revenus modestes, voire même au-delà de modestes, je suis parfaitement conscient que ça. Et je peux vous indiquer que lorsque j'étais maire du Havre, j'ai fait attention, pendant 6,5 ans de mandat, 7 ans même, à ne pas augmenter les taux de l'impôt municipal, et j'y étais extrêmement attentif.

YVES CALVI
C'est très bien, nous aimons beaucoup la bonne ville du Havre, mais Le Havre n'est pas la France Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Ça ne m'avait pas échappé Monsieur CALVI. Pour répondre à votre question, monsieur, un élément. Nous allons baisser, et ce ne sera pas une petite baisse, les cotisations sociales des actifs, -3,25 points, baisser les cotisations sociales des actifs et la mettre au regard d'une augmentation de la CSG c'est neutre fiscalement. Il ne s'agit pas d'une augmentation d'impôt, c'est neutre fiscalement. C'est la première chose. La deuxième chose, vous avez parlé de la taxe d'habitation. La taxe d'habitation, c'est une ressource importante pour les collectivités territoriales, mais c'est un impôt injuste, illisible et, en vérité, incompréhensible, et tous ceux qui regardent comment fonctionne la taxe d'habitation localement, le savent. Vous avez des gens qui payent des taxes d'habitation élevées dans des quartiers où la valeur des appartements est bien inférieure, bien inférieure, à d'autres. Cet impôt est devenu un impôt injuste, et je pense que c'est justement une excellente nouvelle que ce gouvernement entende le réduire à sa portion congrue.

YVES CALVI
Un oui, un non, est-ce que vous pouvez dire à Patrick, qui paye 15.000 euros d'impôt par an, qui appartient à ces classes moyennes de la société française, vous impôts n'augmenteront pas sous ma responsabilité, sous la responsabilité du président MACRON ?

EDOUARD PHILIPPE
Pardon, je ne vais pas répondre par oui ou par non, ce que je sais c'est que la diminution de cotisations sociales pour un actif, mis au regard de l'augmentation de la CSG, pour un couple de salariés qui gagnerait le SMIC, c'est un gain de salaire net de 520 euros par an, ce n'est pas rien.

YVES CALVI
Merci Patrick. Et du coup, Guillaume, va vous interroger, lui, sur la CSG, il nous appelle de Paris. Bonjour Guillaume, Edouard PHILIPPE vous écoute.

GUILLAUME
Bonjour Monsieur Edouard PHILIPPE, bonjour Yves CALVI. Ma question va un petit peu rebondir sur la précédente, c'est sur la CSG que je souhaitais vous interroger, puisqu'on parle beaucoup des retraités, on parle beaucoup des salariés qui vont avoir une baisse de leurs cotisations salariales, mais moi je suis indépendant, profession libérale, médecin pour être précis, et l'augmentation de la CSG c'est, pour mon cas personnel, ça va être 3000 euros par an, très nettement, sur mon chiffre d'affaires. Or, il n'est prévu strictement aucune diminution de charges par ailleurs, puisque de toute façon on ne paye pas de cotisations salariales en tant qu'indépendant, or la frange de la population à laquelle j'appartiens, les classes moyennes supérieures, avons été les principales victimes du matraquage fiscal, que ce soit de la fin du mandat de Nicolas SARKOZY ou de celui de François HOLLANDE. Donc, pour nous c'est un peu la double peine. Donc, est-ce que vous avez une réponse précise pour les indépendants dont nous sommes tout de même quelques représentants en France ?

YVES CALVI
Le Premier ministre vous répond Guillaume.

EDOUARD PHILIPPE
D'abord je suis parfaitement conscient de ce que vous indiquez et je comprends parfaitement. Je répète ce que j'ai dit. Vous payez la CSG, et moi je ne peux pas faire un dispositif dans lequel on baisse les impôts pour tout le monde, très vite, parce que ça ne correspond pas aux engagements qui ont été pris par le président de la République et ça ne correspond pas à la situation de notre pays. En revanche, il y a un certain nombre d'engagements, je l'ai dit sur la taxe d'habitation, j'imagine que vous payez aussi une taxe d'habitation, j'imagine que – je ne sais pas où vous habitez monsieur – mais j'imagine…

YVES CALVI
A Paris.

EDOUARD PHILIPPE
Alors, à Paris elle est plutôt moins élevée qu'elle peut l'être dans les villes ailleurs, mais enfin néanmoins j'imagine que vous payez une taxe d'habitation, et je pense que ce n'est pas inutile d'avoir à l'esprit que vous n'avez pas forcément vocation à la… vous n'aurez plus vocation à la payer. Par ailleurs, j'aimerai pouvoir dire qu'on va diminuer les impôts pour tout le monde, parce que tout le monde le souhaite, mais ce ne serait pas raisonnable, ce serait très facile à dire, mais ce ne serait pas raisonnable.

YVES CALVI
Vous nous dites qu'on ne peut pas baisser les impôts dans notre pays aujourd'hui…

EDOUARD PHILIPPE
Non.

YVES CALVI
Etant donné la situation économique du pays ?

EDOUARD PHILIPPE
Ce n'est pas ce que je vous dis.

YVES CALVI
Ah !

EDOUARD PHILIPPE
Je vous dis que lorsqu'on est un chef de gouvernement, et lorsqu'on est un responsable, dans la majorité, ou dans l'opposition, on est conscient de la situation financière du pays et on doit s'exprimer, et prendre des mesures, avec le courage de dire qu'on ne peut pas la dégrader, voilà, c'est ce que je dis. Donc, nous allons prendre des mesures pour relancer l'activité, nous allons baisser les cotisations sociales pour les actifs parce qu'il faut revaloriser le travail, et je le dis très clairement, nous allons corriger cette taxe d'habitation qui est un impôt, qui est devenu injuste, et qui est incompréhensible. Mais je ne peux pas, y compris dans une période électorale, peut-être même surtout dans une période électorale, expliquer à chaque catégorie de Français que ça va être formidable et qu'on va raser gratis, ça n'existe pas.

YVES CALVI
Merci beaucoup de nous avoir appelés Guillaume. Maintenant c'est Pierre qui vous interroge, il nous appelle du département du Var, de la ville des Maures, bonjour Pierre.

PIERRE
Bonjour. Monsieur le Premier ministre j'ai une petite question à poser, je sais qu'elle est dérangeante, mais pour des gens comme nous, qui nous nous sommes battus pour monsieur MACRON, et puis pour En Marche, depuis avril 2016, on a fait énormément de travail un petit peu partout, en mettant en exergue ce qui était proposé au niveau de la moralité de la vie publique et de la politique. On se retrouve aujourd'hui dans une situation qui ressemble étrangement à ce que nous avons vécu avec monsieur FILLON et madame LE PEN. Et aujourd'hui, les gens comme moi, qui se sont battus, qui ne votaient plus depuis 2002 et qui se sont mis un petit peu à la disposition de monsieur MACRON, aujourd'hui nous nous retrouvons dans une situation où… Je suis entièrement d'accord, vous allez parler de droit, nous nous parlons de moralité, parce que c'est ce sur quoi nous nous sommes battus pendant des mois et des mois - et aujourd'hui nous nous retrouvons exactement dans une situation à laquelle nous n'aurions jamais voulu faire face. Et le résultat de tout cela c'est que des gens comme nous, eh bien on n'a vraiment pas envie d'aller voter, et je ne suis pas le seul avec cet état d'esprit. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ?

YVES CALVI
Qu'avez-vous à répondre à la déception en fait, c'est ça la question ?

EDOUARD PHILIPPE
Encore une fois, je l'ai dit tout à l'heure avec madame MARTICHOUX, je comprends parfaitement cette déception et cette exaspération, mais je vous dirais volontiers monsieur, d'abord que vous vous êtes battu et que vous avez gagné. Vous vous êtes engagé, auprès d'Emmanuel MACRON, et il a été élu président de la République. Il a été élu sur un certain nombre d'engagements, sur sa personnalité bien entendu, mais sur un certain nombre d'engagements. Au nombre de ces engagements il y avait la mise en oeuvre rapide d'une loi visant à rétablir la confiance dans l'action publique, cette loi a été présentée hier, elle sera présentée officiellement au Conseil des ministres le 14 juin, ce sera probablement le premier texte, ou un des deux premiers textes, adopté à l'occasion de la session extraordinaire qui s'ouvrira au mois de juillet. Dans ce texte vous avez toute une série de mesures d'une très grande précision, d'une très grande force, qui correspondent parfaitement à la tonalité et aux engagements qui ont été pris par le président de la République pendant la campagne. Vous dites que le débat actuel autour de monsieur FERRAND ressemble étrangement, je crois citer vos mots précis, à l'affaire FILLON, eh bien il y a une chose que je sais c'est que, une fois que la loi que nous préparons aura été adoptée, il n'y aura plus d'emplois familiaux à l'Assemblée nationale et au Sénat, il n'y aura plus d'emplois familiaux, il sera interdit, pour un parlementaire, de recruter sa femme, son mari, ses parents, ses enfants, tout ça sera terminé. Il ne sera plus possible, dans l'année qui précde l'exercice d'un mandat, de créer une société de conseil. Ces éléments-là ils sont incroyablement plus ambitieux que tout ce qui existe aujourd'hui, ils sont portés par le garde des Sceaux, ils sont portés par le gouvernement, et je pense que vous trouverez, une fois qu'ils auront été adoptés, une bonne partie des réponses aux questions que vous vous posez aujourd'hui.

YVES CALVI
Je me tourne à nouveau vers Pierre, est-ce que le Premier ministre vous a donné envie de retourner aux urnes, Pierre ?

PIERRE
Pas plus que cela. N'aurait-il pas été de bon aloi de faire preuve d'exemplarité concernant tout cela. Je comprends que monsieur FERRAND est quelqu'un qui a démarré absolument au tout début avec monsieur MACRON, je comprends le respect de l'amitié, le respect du combat en commun, mais ce que je ne comprends pas c'est le problème de moralité. On s'est battu pour la moralité et aujourd'hui on tourne le dos à cela, et c'est très gênant. Même si une loi est en train d'arriver, qu'elle avait été promise, entièrement d'accord, mais, pendant des mois on s'est battu sur l'exemplarité, on s'est battu sur l'honnêteté des politiques, ce que doit être l'honnêteté des politiques, ce que doit être l'honnêteté de la vie politique française, et aujourd'hui on tourne le dos à ce qui a été dit, on a tout dit et on fait son contraire. Et ça, pour des gens comme nous, qui ont été assesseurs pour le compte de monsieur MACRON lors de la présidentielle, où nous voulions être assesseurs pour les législatives, je ne me vois pas aujourd'hui être assesseur dans le bureau de vote dans lequel j'étais, où je me suis battu pour convaincre des gens, entre autres des problèmes de moralité, je me sens mal à croiser leur regard dans le bureau de vote.

YVES CALVI
Pierre, ce que vous nous dites est très fort, et je pense même qu'on peut dire que c'est émouvant, nous avons laissé cette parenthèse et ce dialogue se nouer avec le Premier ministre, qui vous répond et ensuite on vous quitte puisque nous devons donner la parole à d'autres auditeurs, bien entendu. Je vous laisse réagir Edouard PHILIPPE.

EDOUARD PHILIPPE
Oui, merci. Moi j'entends ce que vous dites monsieur, et je sens dans votre voix, puisque je ne vous vois pas, mais je vous entends, je sens dans votre voix, non pas l'exaspération, car vous faites preuve d'un très grand calme, mais une forme d'émotion, parce que vous croyez profondément, et à juste titre, que le temps est venu de transformer l'action publique et de rétablir la confiance. Donc j'entends l'expression sincère, à la fois d'une colère, et aussi d'une ambition, d'une certaine façon. Je veux vous dire deux choses. D'abord, les candidats qui soutiennent le président de la République, ceux qui veulent donner une majorité à ce gouvernement, s'engagent sur le projet de loi que nous déposons, et même s'il n'est pas parfait au sens où il ne peut pas demain régler des comportements d'hier, même s'il n'est pas parfait il constitue une avancée exceptionnelle pour permettre le rétablissement de la confiance. Encore une fois, les mesures qui sont contenues dans ce projet de loi vont rendre impossibles toute une série de pratiques, ou d'usages, qui étaient acceptés, qui étaient légaux, mais qui ne sont plus acceptés, qui ne sont plus acceptables, et qui vont désormais être interdits. Et c'est une avancée majeure qui correspond au combat que vous avez mené. Je me permets de vous indiquer, monsieur, que je ne suis pas sûr que dans les autres formations politiques, et chez les autres candidats, on soit prêt à reprendre point par point l'ensemble des mesures que nous proposons.

YVES CALVI
Le dialogue de Pierre et du Premier ministre, Edouard PHILIPPE, en direct sur l'antenne de RTL, nous l'avons laissé se nouer, on se retrouve dans quelques instants avec d'autres auditeurs.
(…)

YVES CALVI
Pour la première fois depuis sa nomination en tant que chef de gouvernement, Edouard PHILIPPE répond aux Français, ça se passe sur RTL et maintenant c'est François et qui vous parle, Edouard PHILIPPE, qui nous appelle de Verdun dans la Meuse. On vous écoute François ; merci d'écouter notre radio.

FRANÇOIS
Oui bonjour Monsieur le Premier ministre, bonjour Yves CALVI.
Avant d'évoquer ma question qui aura trait à la ruralité à l'aménagement du territoire, je voudrais évoquer un cri détresse, d'alarme concernant le département de la Meuse et à travers lui, d'autres départements ruraux que sont la Haute-Marne, que sont les Ardennes entre autres. J'habite un département plus pauvre que pauvre ; j'y travaille, j'y suis né et ça fait plus de 60 ans et je voudrais attirer votre attention sur la détresse, la misère qui se développe, qui se développe. Est-ce que vous savez que sur le plan économique que les agriculteurs souffrent énormément, que sur le plan le plus gros employeur du département, c'est l'hôpital de Verdun, avec 1 600 personnes ? ! D'autre part la ville de Verdun, la plus importante du département de 180 000 habitants, 180000 habitants, la ville de Verdun n'est pas reliée aux ex métropoles régionales que sont Reims, Metz, Nancy, par ligne SNCF. Nous n'avons pas également de classes préparatoires aux grandes écoles, on s'appauvrit, nos jeunes ne trouvent pas des métiers qui correspondent à leur formation, le taux de chômage est élevé, nous avons 25 habitants au kilomètre carré. C'est vraiment la catastrophe, on veut préparer les Jeux Olympiques pour 2024 ; nous n'avons même pas une piscine olympique de 50 mètres couvert dans le département de la Meuse. Sur le plan culturel, appauvrissement également, c'est-à-dire que il y a un seul théâtre en Meuse, il est fermé depuis quelques mois parce qu'on ne peut pas …La commission de sécurité l'a fait fermer, on n'a pas les moyens …

YVES CALVI
François, je me permets de vous interrompre, excusez-moi, je précise que vous êtes pharmacien et si je comprends bien après la photographie très rude que vous venez de faire de votre département, la question vous souhaitez poser au Premier ministre est de savoir ce que ce qu'il compte faire pour revitaliser notamment la ruralité dans un département comme le vôtre. Alors je laisse répondre Edouard PHILIPPE si c'est bien la question que vous vouliez lui poser et je le crois !

EDOUARD PHILIPPE
Là encore – d'abord bonjour Monsieur – là encore on entend dans votre dans votre voix l'anxiété, enfin plus que l'anxiété d'ailleurs sur cette relégation et des territoires ruraux qui est particulièrement forte dans le Grand Est et qui s'exprime parfois électoralement par des réactions de colère et mais au-delà de ça, par une forme de désespérance et qui est évidemment …enfin qu'il faut entendre, qu'il faut saisir et à laquelle il faut répondre. Dans le diagnostic que vous portez, Monsieur, il y a des éléments sur l'enclavement et l'absence de dessertes de transports de bonne qualité, il y a des éléments sur les services, à la fois service public, mais pas seulement service public et puis il y a aussi, en creux, quelque chose qui relève de l'absence de projet et de l'absence de projection dans l'avenir. C'est des défis majeurs et vous ne me croiriez pas, vous auriez raison d'ailleurs, si je vous disais tout ça est très simple et on va répondre à cette question en 30 secondes et ensuite on passera à la suivante. Ce que je sais, c'est que nous avons envie, nous allons lancer avec le gouvernement une réflexion sur la cohésion des territoires, sur l'investissement dans les territoires ruraux, sur la transformation, vous avez parlé beaucoup d'agriculture à juste titre, sur la libération des énergies agricoles, sur la surproduction normative qui peut gêner le développement de l'agriculture en France. J'ai reçu dans le cadre des consultations organisées sur le paquet de droit du travail, la FNSEA et j'ai été frappé par la grande précision et la grande détermination et de ce syndicat qui représente les agriculteurs à faire en sorte de considérer l'agriculture qui vit des moments difficiles et parfois très difficiles pour certains secteurs comme une chance pour notre pays. Et c'est une chance pour notre pays ; c'est une chance économique ; c'est une chance d'exportation ; c'est l'identité à certains égards de notre pays, donc il va falloir répondre à tout ça. J'irai dans l'Est prochainement, je ne sais pas si je passerai dans la Meuse, je sais que j'irai dans la Haute-Marne mais je suis conscient de ce que vous avez dit, Monsieur, et je pense que vous verrez dans les semaines et les mois qui viennent des annonces du gouvernement dont je ne sais pas si elles vous rassureront, dont je ne sais pas si elles vous combleront mais qui auront clairement à l'esprit que nous devons répondre à la question que vous posez.

YVES CALVI
On a compris aussi que Richard FERRAND s'il reste ministre aura du travail en tant que responsable de la Cohésion des Territoires.

EDOUARD PHILIPPE
Je vous le confirme !

YVES CALVI
Dernière question, elle vous est posée par Brigitte qui nous appelle de Brest dans le Finistère. Bonjour Brigitte, merci d'écouter RTL, c'est le Premier ministre qui vous vous écoute maintenant.

BRIGITTE
Oui, bonjour monsieur le Premier ministre, bonjour Monsieur CALVI ! Moi, je m'interrogeais durant cette période d'observation plutôt bienveillante de la part des Français depuis l'élection du président et votre nomination sur la composition du gouvernement et notamment sur un ministère, ministère ou secrétariat, à la Condition féminine. Déjà, je m'interrogeais sur la justification d'un tel ministère 70 ans après la première nomination d'une femme ministre et bon moi je m'interrogeais sur son utilité, je sais que les organisations qui se déclarent féministes étaient très demandeuses mais que pour nombre de décisions comme celles qui ont été annoncées aujourd'hui sur les congés maternité pouvaient à mon avis relever du ministère des Solidarités et de la Santé. Et par ailleurs j'étais un peu interloquée par les récentes interventions de Madame SCHIAPPA, le premier soutien aux femen, ce n'est pas vraiment l'idée que je me fais du féminisme, pas de réaction sur quelque chose qui a beaucoup touché les femmes, sur la liberté d'aller venir à Paris et pas seulement à Paris d'ailleurs et enfin vraiment l'anecdote sur l'affaire HANOUNA. Donc moi ce que je voulais vous demander, c'est bon, de ne pas retenir ce ministère comme un ministère gadget s'il doit être maintenu parce que c'est la perception que l'on en a, que l'on avait eue avec le précédent gouvernement.

YVES CALVI
Ce qui revient à interroger le Premier ministre sur une vraie politique d'égalité entre les hommes et les femmes si je vous comprends bien !

BRIGITTE
Qui peut être répartie entre différents ministères mais non pas avec un ministère un peu gadget !

YVES CALVI
Le chef du gouvernement vous répond.

EDOUARD PHILIPPE
Madame, vous avez raison, si on si on crée des secrétariats d'Etat ou des ministères pour faire des gadgets, ce serait dramatique mais reconnaissez avec moi que le sujet de l'égalité femmes-hommes est un sujet qui est encore posé. Il est encore posé dans le monde du travail, il est encore posé dans la vie quotidienne, il est encore posé dans la façon dont on exerce les droits qui sont reconnus aux Françaises et aux Français donc et je pense d'ailleurs que vous ne dites pas le contraire, vous en avez parfaitement conscience. Alors on pourrait très bien imaginer que ce sujet irrigue l'ensemble des politiques publiques mises en oeuvre par l'ensemble des ministres et c'est le cas, mais vous savez comme moi que sur un certain nombre de priorités, le président les a définis – le handicap, l'égalité femmes hommes, le numérique –, il faut pouvoir avoir des aiguillons et des gens qui coordonnent l'action de l'ensemble des ministres. C'est la raison pour laquelle ces trois secrétariats d'Etat ont été placés auprès du Premier ministre parce qu'ils ont une vocation interministérielle, ils ont une vocation à travailler avec l'ensemble des ministres pour faire en sorte que nous puissions avancer dans le sens d'une plus grande égalité, d'une plus grande information des droits et d'une plus grande effectivité des droits. Après, on peut mettre tous les curseurs que l'on veut dans la façon dont on défend cette égalité et il y a des gens qui ont des attitudes qui peuvent être provocatrices, vous avez cité vous-même les femen, il y a des gens qui portent le sujet d'une manière différente si j'ose dire, chacun son style. Mais le fond du sujet, c'est comment est-ce qu'on garantit dans notre pays une plus grande égalité et une réelle égalité de droits entre les femmes et les hommes. Et nous avons encore beaucoup de travail ; heureusement beaucoup a été fait, vous avez raison de dire qu'on n'est plus du tout dans la même situation aujourd'hui que celle dans laquelle on se trouvait il y a 60 ans, énormément a été fait mais il reste encore beaucoup à faire et le président de la République et l'ensemble du gouvernement portent cette volonté et portent cette priorité.

YVES CALVI
Merci beaucoup, Edouard PHILIPPE d'avoir instauré pour la première fois ce dialogue avec les Français sur la première radio de France, sur RTL, et je vous souhaite une excellente journée. Vous restez un homme de droite ?

EDOUARD PHILIPPE
C'est marrant, on se pose beaucoup cette question en ce moment, Monsieur CALVI ! Je reste qui je suis, attaché à la liberté individuelle et collective, à la liberté de penser, attaché à l'autorité de l'Etat avec des références dans mon panthéon personnel qui me classent à droite pour certains, à gauche pour d'autres, je veux dire je me pose pas tellement cette question moi !

YVES CALVI
Bonne journée à vous et bon travail. Merci Edouard PHILIPPE !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 juin 2017

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