Point de presse de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, sur la libération du photographe français Mathias Depardon, l'adoption du système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages (ETIAS) et la politique européenne de l'immigration, Luxembourg le 9 juin 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, sur la libération du photographe français Mathias Depardon, l'adoption du système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages (ETIAS) et la politique européenne de l'immigration, Luxembourg le 9 juin 2017.

Personnalité, fonction : COLLOMB Gérard.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Conseil des ministres de l'intérieur de l'Union européenne, à Luxembourg le 9 juin 2017

ti : - Donc une heureuse nouvelle aujourd'hui concernant Mathias Depardon ? La négociation a-t-elle été difficile ?

"Cela fait maintenant quelques jours que nous travaillons avec le Président de la République, avec le ministère de l'Intérieur, sur la libération de Mathias Depardon. J'étais intervenu à plusieurs reprise auprès de mon homologue, le ministre de l'Intérieur turc. Le Président de la République en avait parlé au président Erdogan et j'ai encore eu ce matin une discussion avec mon homologue turc qui m'a appris que Mathias Depardon pourrait quitter la Turquie dans la journée et qu'il arriverait en France ce soir à 22h. C'est donc une excellente nouvelle.

- Savez-vous ce qui a conduit à ce déblocage ?

C'est une discussion que nous avons eu sur le fond avec nos homologues turcs en leur disant d'abord combien nous tenions à ce qu'il y ait la libération de ce photographe et combien pour nous c'était un témoignage de volonté de la Turquie de coopérer avec l'Union européenne et plus particulièrement de manière bilatérale avec la France.

- Avez-vous compris ce qui a mené à son incarcération ?

J'ai surtout essayé de faire libérer Mathias Depardon et j'ai essayé de pouvoir plaider sa cause. Il se trouve que l'Ambassadeur de Turquie en France était pendant très longtemps le consul général à Lyon et nous avions donc des relations qui étaient courtoises , je dirais même amicales. Nous avons établi une relation de confiance et je crois qu'il a été un bon intermédiaire.

- Sur les sujets dont vous avez parlé aujourd'hui au Conseil de l'UE et notamment l'immigration, les choses ont-elles un peu avancé sur la question de la solidarité entre les pays européens dans l'accueil des demandeurs d'asile ?

Nous parlons souvent d'une Europe qui est très éloignée des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. Or j'ai vu aujourd'hui une Europe qui, au contraire, est très proche de leurs préoccupations, à la fois sur les grands sujets, ceux du terrorisme, et lorsque nous avons adopté aujourd'hui le système ETIAS, que maintenant le Parlement européen va devoir adopter, nous sommes sur des choses extrêmement concrètes qui assurent la sécurité et qui peuvent éviter demain que se commettent sur le sol de nos pays un certain nombre d'attentats.

Concernant les questions migratoires, je crois qu'il y a une distinction très forte qui est faite entre la nécessité de protéger de manière imprescriptible le droit d'asile, et puis une immigration clandestine, qui est souvent organisée par un certain nombre de mafias qui profitent de la misère humaine. On voit que la voie des Balkans a été aujourd'hui relativement fermée, stabilisée, grâce à l'accord entre l'Union européenne et la Turquie. Mais aujourd'hui en revanche, tous les flux viennent de Libye. Et c'est là qu'il faut faire porter notre effort. Cela a été l'objet d'une longue discussion. Il est nécessaire de faire en sorte qu'avant même la Libye, l'on puisse tarir les sources d'immigration clandestine, qui quelques fois viennent de très loin. Parce que les passeurs sont très organisés. L'un des principaux flux aujourd'hui est un flux provenant du Bangladesh. Nous voyons bien que la route est longue : il faut des mafias très organisées pour parvenir jusqu'en Libye, et ensuite jusqu'aux côtes italiennes.

Lorsque l'on sait qu'en Italie, depuis le mois de janvier, ont débarqué environ 50 000 personnes, on se rend compte des enjeux auxquels nous sommes confrontés. Donc, tous ensemble, nous allons faire porter l'effort sur la lutte contre ces mafias, de manière à éviter que l'Europe ne soit une fois de plus débordée par des flux d'immigration clandestine, qu'après on ne saurait plus gérer. Alors ensuite pour la solidarité, je crois qu'à partir du moment où nous arriverons à maîtriser le flux, nous arriverons à nous mettre d'accord, entre pays européens, sur une juste répartition. Merci".


Source https://ue.delegfrance.org, le 12 juin 2017

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