Interview de Mme Laura Flessel, ministre des sports à Europe 1 le 23 juin 2017, sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Laura Flessel, ministre des sports à Europe 1 le 23 juin 2017, sur la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024.

Personnalité, fonction : FLESSEL Laura.

FRANCE. Ministre des sports

ti :


PIERRE DE VILNO
Laura FLESSEL, quintuple médaillée olympique, c'est un autre combat qui l'attend aujourd'hui, celui de son job de ministre et aussi de faire venir les JO à Paris en 2024. Bonjour Laura FLESSEL.

LAURA FLESSEL
Bonjour, bonjour à tous.

PIERRE DE VILNO
Merci d'être avec nous. On vous a vu souriante sur cette photo de famille prise dans les jardins de l'Elysée avec tout le gouvernement. Ce sont des sourires francs, j'imagine, pas des postures ?

LAURA FLESSEL
Non, non, ce sont des sourires francs. Je pense qu'aujourd'hui à moins de trois mois de l'annonce en fait officielle pour la ville hot des Jeux paralympiques et Olympiques, il y a l'implication en fait de tous et ça passe aussi par le gouvernement.

PIERRE DE VILNO
Et l'ambiance au gouvernement elle est comment en ce moment ?

LAURA FLESSEL
Elle est bien, elle est bien. Hier c'était le premier conseil des Ministres avec tout le monde et aujourd'hui certains ministres et demain pourront venir supporter – parce qu'on a tous envie d'avoir les Jeux à Paris …

PIERRE DE VILNO
On va en venir aux Jeux mais vous avez une feuille de route je crois, on vous a donné une évaluation, vous allez être évaluée tous les six mois au gouvernement ! C'est quand même un job assez ….

LAURA FLESSEL
C'est une responsabilité, lorsqu'on est ministre des Sports on se doit « ministre », tout court ; on se doit en fait de répondre à une lettre de mission. Donc elle a été écrite, il y a des axes, il y aura des réformes et ça va de soi qu'on puisse tous les six mois aussi dire où on en est, parce qu'aujourd'hui le peuple – on l'a compris – il est en colère, il veut de l'espoir et nous on va faire de l'action concrète.

PIERRE DE VILNO
Et vous à travers le ministère des Sports justement ; vous on vous a surnommée « la guêpe », je crois savoir que certains de vos amis à une époque vous avaient surnommée « madame la ministre », parce que vous aviez un emploi du temps tellement compliqué, donc du coup c'était prédestiné. Vous l'avez accepté facilement ce job ?

LAURA FLESSEL
Oui, je pense. J'ai 46 ans aujourd'hui, 35 ans dans la vie du sport, chef d'entreprise, maman, citoyenne…

PIERRE DE VILNO
Il ne manquait plus que ça.

LAURA FLESSEL
Voilà. Je pense que effectivement …

PIERRE DE VILNO
Après il y a président !!

LAURA FLESSEL
(rires). On va déjà rester en tant que ministre des Sports, je pense qu'effectivement ma vie était trépidante, celle aujourd'hui elle devient en fait pour la France.

PIERRE DE VILNO
Mais quand on vous a dit « vous voulez être ministre des Sports », vous avez dit oui tout de suite ?

LAURA FLESSEL
J'ai dit « je vais parler à ma famille ». On réfléchit toujours et on prend les décisions ensemble, donc voilà. Mais après lorsqu'on est aussi engagé dans la vie, dans le sport, je me suis dit « pourquoi pas ».

PIERRE DE VILNO
Aujourd'hui et demain donc Paris prend des allures de cité olympique, ça se passe dans le monde entier également. C'est quoi le but, c'est un avant goût pour créer l'unité ; « tous derrière Paris » ?

LAURA FLESSEL
Nous sommes tous derrière Paris. Effectivement Paris va se transformer comme un parc olympique, aujourd'hui c'est la dernière ligne droite, nous sommes à trois mois, comme je l'ai dit ; il nous reste encore deux passages importants à Lausanne et à Lima, mais aujourd'hui et demain ce sont les journées olympiques et l'idée c'est justement montrer un avant-goût. Un avant-goût de ce qu'on pourrait avoir en 2024 si on avait les Jeux.

PIERRE DE VILNO
Alors l'avant-goût, Emilie BONNAUD nous le disait dans les journaux tout à l'heure c'est un vélodrome sur la place de l'Etoile….

LAURA FLESSEL
Une piste flottante au Pont Alexandre III. C'est vrai que j'invite tout le monde à venir, à se déplacer mais ce qu'il faut savoir aussi c'est que de Brest à Pointe-à-Pitre il y aura des activités. C'est vrai qu'il y a beaucoup d'activités sur Paris mais à Marseille aussi il y aura des manifestations. Il faut que ce soit vraiment de l'envergure je dirais internationale. Donc on montre des messages forts. Paris est prête et la France est prête.

PIERRE DE VILNO
Mais elle a récemment trois fois échoué à l'obtention des JO, il y a eu Barcelone en 92, Pékin en 2008, Londres en 2012, pourquoi est-ce que ça devrait marcher cette fois-ci ?

LAURA FLESSEL
Parce que là c'est une campagne faite, écrite par des sportifs, faite par des sportifs…

PIERRE DE VILNO
Ce n'était pas le cas avant ?

LAURA FLESSEL
Et non. Donc du coup on s'est inspiré aussi des erreurs pour construire un projet compact, sur des sites iconiques, avec des coûts maitrisés, avec une organisation éco-responsable. Et c'est vrai qu'on a appris de nos erreurs, nous sommes solidaires aujourd'hui…

PIERRE DE VILNO
Là vous êtes en train de dire quand même qu'avant ce n'était pas des sportifs qui rédigeaient la charte, qu'on a dépensé beaucoup d'argent et que tout ça était….

LAURA FLESSEL
Il y a toujours eu un héritage et la force en fait de ce programme aujourd'hui c'est que nous sommes dans la construction, dans l'innovation, dans le respect de l'autrui, dans le respect des valeurs. Aujourd'hui on a besoin aussi d'avoir un évènement de ce type ; on sait organiser un événement, l'euro, là en l'occurrence c'est une fête. C'est une fête mais derrière il y a un développement économique, il y a de la construction des infrastructures, il y a de l'engouement pour la santé. Et donc à travers cet objectif d'avoir les Jeux Paris 2024 derrière c'est toute une économie qui va refonctionner, c'est de la création d'emplois ; et derrière oui j'ai envie de vous dire ….

PIERRE DE VILNO
Dans quel sens l'économie ?

LAURA FLESSEL
Dans l'économie de marché. On va recevoir, gérer des milliards de personnes, on va créer des emplois, on va répondre à un besoin aujourd'hui qui est quand même de répondre à une jeunesse. On sait pertinemment qu'on a des champions, on veut les amener jusqu'au bout mais là on parle de génération 2024, donc on va construire un héritage pour le futur.

PIERRE DE VILNO
Si on parle d'économie on se souvient aussi de l'après JO à Rio, les terrains en abandon, la crise à Athènes, est-ce que vous n'avez pas peur de ça ?

LAURA FLESSEL
Mais je vais vous répondre, vous avez les retours statistiques de Londres, c'est aujourd'hui ….

PIERRE DE VILNO
Prenons exemple sur Londres.

LAURA FLESSEL
Voilà, prenons exemple sur Londres, ils ont fait des Jeux magnifiques, ils ont exporté leur savoir-faire et aujourd'hui ils sont bénéficiaires, donc du coup nous on s'est inspiré des campagnes …des pays qui n'ont pas réussi leur héritage et nous on va être dans la position de réussir notre héritage. Il y a eu cette construction avec je dirais les partenaires et il y a cette coresponsabilité à avoir aujourd'hui.

PIERRE DE VILNO
On parlait d'optimisme, on vous sent vraiment à fond derrière ces Jeux 2024, est-ce que ce n'est pas aussi parce qu'il y a eu ce double vote de Thomas BACH du Comité olympique justement qui voulait à la fois - on le sentait la semaine dernière dans ses déclarations - donner et à Paris et à Los Angeles ?

LAURA FLESSEL
Je pense qu'il y a une réécriture à avoir et c'est vrai qu'on reconnait que Thomas BACH…

PIERRE DE VILNO
Il est le président de la Commission exécutive du Comité Olympique.

LAURA FLESSEL
Voilà. Il a annoncé cette double attribution, c'est très bien, en revanche ce qui nous intéresse, et on a tout construit, et la population nous a suivis, sur un projet pour 2024. Donc on entend, c'est une très belle action, on l'entend parce qu'il y a aujourd'hui deux villes qui sont prêtes à accueillir des Jeux, en revanche notre programmation a été basée autour de 2024, donc on va rester sur 2024.

PIERRE DE VILNO
C'est 2024 ou rien ?

LAURA FLESSEL
Ou 2028.

PIERRE DE VILNO
Ah !!

LAURA FLESSEL
Non, non, c'est 24 ou 28. Mais nous notre programmation a été basée que sur 2024.

PIERRE DE VILNO
Quels sont les atouts de Paris face à los Angeles ?

LAURA FLESSEL
Vous avez l'éco-responsabilité ; aujourd'hui on a un projet responsable. On a en fait des sites iconiques dans un rayon de 10 km. On a quasiment 95 % des sites existants ou temporaires. Je vous dirais on a cette volonté de la population française à accueillir des Jeux Olympiques et Paralympiques. Donc voilà ce sont nos forces. On a réfléchi ensemble, on va porter le projet jusqu'à Lausanne et puis après il y aura Lima.

PIERRE DE VILNO
Et avec Emmanuel MACRON derrière vous.

LAURA FLESSEL
Avec le président de la République qui a tout de suite reçu le Comité d'évaluation pour leur dire et leur présenter sa joie de pouvoir recevoir les Jeux en France.

PIERRE DE VILNO
Et qui vous encourage donc.

LAURA FLESSEL
Tout à fait.

PIERRE DE VILNO
Merci beaucoup Laura FLESSEL, ministre des Sports.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 juin 2017

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