Déclaration de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, sur les retombées de la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux pour la région Nouvelle Aquitaine, à Paris le 1er juillet 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, sur les retombées de la mise en service de la LGV Tours-Bordeaux pour la région Nouvelle Aquitaine, à Paris le 1er juillet 2017.

Personnalité, fonction : BORNE Elisabeth.

FRANCE. Ministre des transports

Circonstances : Mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux, à Bordeaux (Gironde) le 1er juillet 2017

ti : « Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Ministre d'État, cher Nicolas Hulot,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président du Conseil régional,
Messieurs les Présidents des Conseils départementaux,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,


C'est une très grande fierté d'être parmi vous aujourd'hui pour cette journée inaugurale historique, pour Bordeaux et bien au-delà.

27 années après la mise en service de la branche Sud-Ouest de la ligne à grande vitesse Atlantique, nous célébrons la mise en service d'un nouveau tronçon majeur et de la desserte associée.

Confiée par SNCF Réseau à un partenaire privé dans le cadre d'un contrat de concession avec la société LISEA, la LGV Tours-Bordeaux aura été un des plus grands chantiers du monde.

Ce projet, c'est une ligne nouvelle, c'est aussi tout un système de transport qui est mis en place, avec 10 raccordements pour irriguer les territoires autour de la ligne. C'est aussi un nœud ferroviaire qui a changé de dimension ici à Bordeaux. C'est enfin un projet exemplaire pour son insertion environnementale, grâce au travail accompli avec les associations de protection de l'environnement.

Je veux saluer l'implication de tous les financeurs du projet, et ils sont nombreux. Au-delà du concessionnaire, ce sont toutes les mailles du territoire qui se sont mobilisées, des agglomérations en passant par les départements, les Régions, l'Europe et, bien sûr l'Etat, car ce sont les mobilités à toutes les échelles qui vont être améliorées.

Je veux saluer enfin toutes les entreprises impliquées dans ce projet, la SNCF bien sûr, mais aussi les groupements d'entreprises COSEA et MESEA, pilotés par Vinci, avec notamment Ineo, TSO et Systra. Sans oublier Alstom pour ses trains.

Nos entreprises, nos ingénieurs pourront afficher ces formidables références pour exporter nos technologies : notre pays a vocation à être un leader mondial dans ces domaines qui vont des travaux publics à la mobilité, du TGV aux transports urbains.


Cette nouvelle offre représente une véritable révolution des relations entre Paris et le Grand Sud Ouest.

Révolution des temps de trajet, d'abord. Avec un gain de 1h10 sur la liaison entre Paris et Bordeaux, et aussi au-delà, cette ligne nouvelle amplifiera les échanges économiques et humains. Elle facilitera le report modal de l'avion vers le train sur l'un des trajets Paris-province les plus empruntés, en générant une économie de 70 kg de CO2 pour chaque passager reporté.

Révolution de la fréquence, ensuite. Avec plus de 18 allers-retours quotidiens directs, c'est une desserte sans arrêt entre Bordeaux et l'Ile-de-France cadencée à l'heure et à la demi-heure en pointe. Il y a bien sûr, également, les trains qui assurent la desserte des villes de la Région situées sur le parcours, Châtellerault, Poitiers, Angoulême ou Libourne : ils porteront à plus de 33 allers-retours par jour, au total, le nombre de liaisons avec l'Ile-de-France.

Révolution du confort, enfin, avec l'arrivée progressive, dès 2017, de 40 nouvelles rames TGV Duplex L'Océane, ainsi que de rames Duplex rénovées, avec un nouveau design, plus de confort, les prises et le Wifi à bord.


Mais la révolution majeure, c'est celle de la mobilité pour tous. C'est le plus important, et je souhaite en faire le fil conducteur de notre action collective pour les transports.

La mobilité pour tous, c'est d'abord une question de tarifs, d'abord. A ce titre, je me réjouis que cette mise en service s'accompagne de l'arrivée des offres à petits prix entre Paris et le Sud-Ouest. Je sais les difficultés qu'il a fallu surmonter pour définir cette nouvelle offre TGV, je sais combien la question du modèle économique de la grande vitesse a été débattue à cette occasion.

J'ai sur ce point une vision simple : le TGV doit rester un transport populaire, accessible au plus grand nombre. Nous devrons être vigilants à ce que nos choix en termes de politique ferroviaire soient compatibles avec cet impératif. Qu'il s'agisse de déplacements du quotidien ou nationaux, notre objectif doit être clair : amener toujours plus de Français à s'orienter vers une mobilité durable.


La mobilité pour tous, c'est aussi faire que le ferroviaire bénéficie à toutes les échelles. Cher Guillaume Pepy, vous avez dit que ce projet rétrécit la carte de France. Il fait plus que cela !

Car c'est également la carte de tout le Sud-Ouest et notamment de la région Nouvelle Aquitaine qui est redessinée. Cher Alain Rousset, je sais combien votre Région a investi pour le transport ferroviaire ces dernières années. Cette ligne nouvelle, ce n'est pas seulement pour aller plus vite de Bordeaux vers Paris. Dès demain, Angoulême ne sera plus qu'à 35 minutes et Poitiers à 1h de Bordeaux. Ces 10 années de travaux ont permis de faire sauter le fameux bouchon ferroviaire de Bordeaux. C'est la mobilité des 60 000 voyageurs quotidiens des TER en Nouvelle Aquitaine qui sera facilité, et je m'en réjouis particulièrement.

Mais c'est aussi la carte de la métropole bordelaise elle-même qui est transformée, grâce à une gare rénovée et embellie qui connecte tous les modes, du TGV au tramway et aux mobilités actives. La gare est devenue un lieu de vie et un accélérateur d'un développement urbain durable, ouverte sur les 2 côtés de la ville et porte d'accès au nouveau quartier Euratlantique. Monsieur le Premier ministre, grâce aux connexions que vous avez souhaité optimiser entre les tramways et le réseau ferroviaire, c'est toute l'agglomération qui se déplacera mieux demain.

Aujourd'hui, c'est donc bien plus qu'une nouvelle ligne que nous mettons en service, c'est une nouvelle architecture de toutes les mobilités, connectées entre elles, nationales, régionales et métropolitaines, et je ne peux que m'en réjouir. Nous ne pouvons plus aujourd'hui concevoir un projet de transport sans penser d'abord à tous les usages qui en seront faits. Cette articulation de toutes les échelles est indispensable pour que nos efforts profitent à tous et à tous les territoires.


A cet égard, je sais qu'il nous reste encore beaucoup à faire et beaucoup à inventer, pour apporter des réponses à tous en matière de mobilité. Je pense notamment à la desserte des territoires ruraux ou périphériques, qui représentent 40% de la population.

Je suis sûre que nous partageons la conviction que nous devons y faire beaucoup mieux.

L'entretien et la sécurité des réseaux existants, la modernisation des itinéraires routiers là où ils sont sources d'éloignement voire de souffrances doivent être des priorités incontournables. Les nouveaux services, à l'heure des plateformes numériques et de la mobilité partagée, seront autant d'opportunités à notre disposition pour tirer le meilleur parti des infrastructures.

La ligne Sud Europe Atlantique dont nous fêtons aujourd'hui la mise en service est un exploit historique.

Grâce aux révolutions que vous avez tous portées autour d'elle, elle incarne le modèle de mobilité pour tous et pour tous les territoires que nous voulons.

Nous pouvons en être extrêmement fiers.


Alors, à tous, merci pour cette magnifique journée, et bravo pour cette réussite collective ! »


source https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr, le 13 juillet 2017

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