Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à France 2 le 13 juillet 2017, sur la politique de l'immigration et les économies budgétaires du ministère à réaliser en 2017 et 2018. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à France 2 le 13 juillet 2017, sur la politique de l'immigration et les économies budgétaires du ministère à réaliser en 2017 et 2018.

Personnalité, fonction : COLLOMB Gérard, ROUX Caroline.

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti :
GERARD COLLOMB

Bonjour.

CAROLINE ROUX
Alors le Premier ministre a présenté hier un plan immigration. En quoi les mesures annoncées hier pourront éviter par exemple ce qui se passe à Calais, ce qui se passe Porte de la Chapelle, à savoir des migrants qui sont évacués et qui reviennent.

GERARD COLLOMB
Si vous voulez le plan que nous proposons se déclinent en trois points. Le premier point c'est d'essayer de faire en sorte qu'on n'ait plus ces flux de personnes qui aujourd'hui passent à travers le Niger, passent à travers la Libye et qui arrivent quelquefois en Italie, quelquefois en France, et donc nous allons mener un certain nombre d'actions pour pouvoir limiter ce flux. Le deuxième point c'est que ceux que nous déclarons demandeurs d'asile nous allons le faire de manière accélérée. Aujourd'hui cela prend 14 mois, nous allons réduire en six mois. Enfin, aujourd'hui il y a très peu de gens qui quittent la France, nous allons accélérer ce mouvement, et moi j'ai donné des ordres aux Préfets pour qu'effectivement celles et ceux qui se voient refuser le droit d'asile doivent quitter le territoire.

CAROLINE ROUX
Alors, je m'arrêterais sur le dernier point, c'est d'ailleurs une des phrases prononcées hier par le Premier ministre, il dit « les migrants déboutés de leur demande d'asile feront systématiquement, systématiquement l'objet d'une mesure d'éloignement ». Quel délai vous fixez pour renvoyer ces demandeurs d'asile déboutés chez eux ? On le sait depuis toujours, c'est la voie classique de l'immigration illégale en France. Qu'est-ce qui va changer concrètement ?

GERARD COLLOMB
Alors si vous voulez tout dépend des pays. D'abord vous avez un certain nombre de personnes qui ont déjà fait leur demande d'asile dans un autre pays et qui la retentent en France. On va reprendre contact avec ces pays, on va leur renvoyer ceux qui effectivement sont en charge dans leur pays. Ensuite nous allons passer des accords, pays par pays, parce qu'on sait bien quels sont les pays dont sont aujourd'hui originaire l'immigration, de manière à ce que nous puissions leur renvoyer un certain nombre de migrants. Enfin, si vous voulez vous avez les pays qui sont surs et avec qui nous devons traiter ; je prends un exemple, l'Albanie aujourd'hui est un pays sur, les ressortissants peuvent venir sans visa et ensuite ils se déclarent demandeurs d'asile. J'ai téléphoné avant-hier au Premier ministre et donc nous cherchons une solution pour que ces migrants puissent retourner chez eux.

CAROLINE ROUX
Je ne veux pas être désagréable de bon matin, mais qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans la façon d'appréhender le problème, c'est-à-dire augmenter un peu les places d'accueil, limiter au maximum les filières, travailler avec les pays d'origine, qu'est-ce qu'il y a de nouveau dans votre façon de prendre le problème ?

GERARD COLLOMB
C'est surtout, si vous voulez, la volonté de le faire. Parce que jusqu'à présent, on va dire, qu'on annonçait un certain nombre de choses et on ne le faisait pas. Pour la première fois un certain nombre d'avions ramène les migrants dans leur pays, et donc nous avons vraiment décidé de nous attaquer à ce problème avec une extrême fermeté.

CAROLINE ROUX
Est-ce que vous avez accepté sans rien dire la réduction de votre budget ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez sur notre budget c'est le budget d'abord de 2017, donc c'est la fin du budget.

CAROLINE ROUX
526 millions d'économie.

GERARD COLLOMB
Mais en même temps c'est 526 millions de réduction mais c'est le plus gros budget en exécution que nous aurons connu depuis 2002. Parce que le budget avait été sur-budgétisé, et donc aujourd'hui ce que nous perdons par rapport à la masse du budget c'est à peine plus d'1 %, donc on va dire que finalement on s'en tire pas trop mal.

CAROLINE ROUX
Alors là vous nous faites une explication de texte, pardonnez-moi, mais on annonce, le ministre de l'Economie annonce 536 millions d'euros d'économie, et combien concrètement allez-vous demander comme effort à vos troupes, à votre ministère ? C'est combien, vous dites 1 %, c'est combien ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez nous avons un budget qui aujourd'hui est de plus de 12 milliards, donc vous voyez ça représente des sommes qui sont relativement petites. Et donc nous allons pouvoir jouer sur un certain nombre de postes d'économie.

CAROLINE ROUX
Alors lesquels ?

GERARD COLLOMB
Vous voyez nous n'en sommes même plus maintenant – ça c'est le budget 2017 –, hier je suis allé préparer le budget 2018 et on a égrené poste par poste, à la fois les mesures sur lesquelles on pouvait faire des économies et puis en même temps des mesures nouvelles dont nous avions besoin. Quelques pistes d'économie : par exemple chacun a son laboratoire de police scientifique, est-ce que ça ne serait pas mieux que Gendarmerie, Police, éventuellement Préfecture de Paris aient le même laboratoire ? Aujourd'hui nous avons par exemple trois écoles de formation des chiens ; est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux y en avoir ? Voilà toute une série de mesures sur lesquelles nous travaillons et sur lesquelles nous allons faire des économies.

CAROLINE ROUX
Vous n'avez pas l'air inquiet, les syndicats de police le sont inquiets. Ils expliquent par exemple que leurs heures supplémentaires ne sont toujours pas payées, etc, donc comment est-ce que vous pouvez les rassurer ce matin ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez nous avons fait prendre dans les mesures qui elles sont certaines, ce qui a été donc donné dans l'accord sur le temps de travail, et donc ça c'est des choses qui ne sont pas remises en cause. De la même manière nous avons bien insisté sur le fait que le déploiement des armes technologiques, des tablettes qu'ils ont aujourd'hui, qu'on a plus d'ailleurs dans la Gendarmerie que dans la Police, seront bien effectivement distribuées et qu'on aura bien demain une Police, une Gendarmerie connectées.

CAROLINE ROUX
Est-ce que vous pouvez leur dire ce matin que le budget 2018 sera en augmentation?

GERARD COLLOMB
2018 c'est l'année la pire, si vous voulez, pourquoi? Parce que vous avez en fait dans le budget précédent une fausse estimation. Donc on découvre tout d‘un coup qu'il y a 8 milliards de crédit qui étaient annoncés et qui n'existaient pas. Donc moi je découvre par exemple que dans tel ou tel secteur je ne peux même pas payer jusqu'à la fin de l'année. Donc je suis obligé de réabonder pour pouvoir payer un certain nombre de dépenses.

CAROLINE ROUX
Donc ce sera rude aussi en 2018, c'est ce que vous nous expliquez ce matin.

GERARD COLLOMB
Oui on va dire qu'il y a deux années qui sont …

CAROLINE ROUX
On va dire ça comme ça. Combien d'effectifs sont mobilisés, nous sommes à la veille du 14 juillet, un an après les attentats de Nice, 14 juillet avec la venue également de Donald TRUMP, c'est un 14 juillet sous tension.

GERARD COLLOMB
Bien sur. Nous avons mobilisé 86 000 personnes, donc ça veut dire un effort tout à fait impressionnant, et donc je pense que nous pouvons faire en sorte que les choses se passent dans le calme. La situation est sous contrôle, comme on dit.

CAROLINE ROUX
Juste une dernière question, il y a eu une interpellation hier à Gonesse d'un fiché S, par les hommes du RAID. Est-ce que c'était un homme qui visait à passer à l'action ? Pourquoi a-t-il été interpellé ?

GERARD COLLOMB
Vous savez il y a beaucoup de contrôles qui se font sur les fichés S parce que vous avez toute une série de catégories, ce n'est pas forcément dans les fichés S radicalisation. Bon ! Après ça arrive tous les jours ; la semaine dernière par exemple nous avons eu une affaire entre Belges et Français, où peut-être il(s) s'appretai(ent) à commettre un attentat. Ça veut dire que le niveau de menace reste extrêmement haut.

CAROLINE ROUX
Merci beaucoup Gérard COLLOMB.

GERARD COLLOMB
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 juillet 2017

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