Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à BFM TV le 13 juillet 2017, sur la politique fiscale et l'accueil de M. Donald Trump, lors de la fête du 14 juillet. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à BFM TV le 13 juillet 2017, sur la politique fiscale et l'accueil de M. Donald Trump, lors de la fête du 14 juillet.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvvernement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Christophe CASTANER est avec nous, bonjour...

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Porte-parole du gouvernement, chargé des Relations avec le Parlement, Christophe CASTANER nous allons peut-être être interrompu par l'avion de Donald TRUMP qui devrait se poser dans quelques minutes, nous diffuserons les images sur BFM TV et nous les commenterons pour RMC. Puisqu'on parle de 14 juillet, la visite de Donald TRUMP – j'y reviendrai tout à l'heure – Christophe CASTANER vous avez lu ou entendu le coup de colère du chef d'état-major des Armées Pierre de VILLIERS, 850 millions d'euros c'est ce qu'ont coûté les opérations extérieures, ces 850 millions d'euros seront à la charge de qui, de tous les ministères, il y aura une mutualisation, ou uniquement du ministère de la Défense ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord ce sera à la charge des Français parce que ce dont on parle c'est le budget de la Nation et ce que vous avez vu aussi c'est le rapport de la Cour des comptes qui nous indiquait qu'il nous manquait neuf milliards, neuf milliards pour n'être qu'à 3 % de déficit - donc vous savez la situation de la France – donc il a été demandé à chacun de faire des efforts, à tous les ministères de faire des efforts, y compris au ministère des Armées, mais une chose est sûre c'est que même avec ce gel de 850 millions d'euros le budget de l'Armée sera au même niveau que ce qui était prévu dans la loi de finance initiale qui a été votée. Donc il y a des moyens pour notre Défense, pour notre sécurité, il y a des efforts demandés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous ne reviendrez pas sur ce gel, les 850 millions d'euros seront imputés au ministère de la Défense ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord le président de la République rencontrera les militaires ce soir et, donc, je vais faire confiance au président de la République pour s'adresser aux militaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah ! Ça veut dire qu'il pourrait revenir sur...

CHRISTOPHE CASTANER
Non, je ne crois pas qu'il...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne crois pas qu'il reviendra sur la photographie à l‘instant présent. Ce qu'il fallait pour le ministre du Budget c'est de trouver 4,5 milliards d'euros, excusez-moi du peu, d'économies budgétaires - tous les ministères y contribuent – et sur certaines lignes du ministère des Armées, de la Défense, il y a la possibilité de décaler non pas les salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes sur du gros matériel par exemple et donc c'est pour ça qu'on a identifié ces 850 millions. Mais attention le chiffre peut sembler correspondre, mais nous finançons...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc Emmanuel MACRON assume, assume, assume, ces 850 millions restent imputés on est bien d'accord au ministère de la Défense ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ce qui compte pour nous...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il ne changera pas d'avis ce soir ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, mais ce qui compte pour nous et qui est plus fondamental encore, mais je ne veux pas esquiver sur la Défense, c'est qu'aujourd'hui...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais il ne changera pas d'avis ce soir ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne crois pas qu'il change d'avis d'ici ce soir, par contre il aura l'occasion de s'exprimer sur sa priorité qui est, et il l'a encore dit ce matin ans un grand quotidien régional, de faire en sorte que le budget des Armées pendant cette mandature soit en forte augmentation parce que c'est nécessaire pour la modernisation des Armées. Mais une chose est sûre c'est qu'à un moment donné il faut arrêter de dépenser l'argent que l'on n'a pas et donc je crois que ce qui est important dans ce qui s'est passé...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais il y a des priorités tout de même ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr qu'il y a des priorités, le budget des Armées va fortement augmenter pendant la mandature, le président l'a dit ce matin dans...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dès 2018 ?

CHRISTOPHE CASTANER
Dès 2018 il y aura un effort qui sera fait sur ce budget ! Et je vous le redis attention le chiffre de 850 millions d'euros est effectivement un chiffre important, mais nous retrouverons, même avec ce chiffre de 850 millions d'euros en moins, nous retrouverons le budget initial de la loi de finance 2017 qui a été voté avec des efforts qui étaient faits pour l'Armée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais c'est difficile.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais dans les efforts qu'il va falloir faire il y a des efforts sur le service national universel dont on ne parle plus, plus personne n'en parle de ce service national universel, la mesure entrera en vigueur quand, c'était une promesse ?

CHRISTOPHE CASTANER
Une mission a été mise en oeuvre pour réfléchir justement aux conditions de mise en oeuvre de cela, donc, avant que celle-ci ait travaillé, je ne vais pas vous dire pour quand, mais nous souhaitons la mettre en oeuvre pendant la mandature. Mais juste, attention, il ne s'agit pas de...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais ça va coûter cher ça aussi ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez raison ! Et il ne s'agit pas de renforcer l'Armée parce que ce n'est pas une destination...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui va payer, la Défense ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est tous les budgets qui seront mobilisés sur ce sujet-là, parce que ce n'est pas un enjeu militaire, ce que je peux vous dire c'est un enjeu de citoyenneté, faire en sorte qu'on retrouve l'esprit de ce qui était avant dans le service national un mois de classe - c'est-à-dire que pendant un mois tous les jeunes Français puissent se retrouver ensemble, qu'on puisse identifier à la fois les besoins de formation, les besoins de soins sanitaires avec ces examens qu'on peut faire pendant ce mois - mais, en même temps, qu'on puisse identifier ces jeunes qui sont les plus éloignés des valeurs de la République et que dès ce moment-là on puisse les accompagner et empêcher toute forme de radicalisation, vous connaissez comme moi l'enjeu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien ! Sondage Elab pour Les Echos et Radio classique publié ce matin, 66 % des Français ne croient pas à la baisse des impôts en 2018, 66 %, vous voyez le scepticisme, le doute, baisse d'impôts de 11 milliards d'euros a annoncé le Premier ministre Edouard PHILIPPE. Je vais commencer, tiens, la baisse de l'impôt sur les sociétés 33 à 25 % ça commencera quand ?

CHRISTOPHE CASTANER
Dès l'année prochaine, une première tranche qui permettra de passer de 33 vers les 25 au terme de cette mandature.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien ! Suppression de la taxe d'habitation, on est bien d'accord - annonce faite ici d'ailleurs pendant la campagne par Emmanuel MACRON - dès 2018 première baisse de trois milliards d'euros, on est bien d'accord ? Tous les ménages...

CHRISTOPHE CASTANER
On est d'accord ! Et vous remarquerez que quand il était venu vous voir ici il avait annoncé en 2019 et donc, finalement, c'est avec une année d'avance et donc je comprends le scepticisme – je rebondis sur votre première remarque – je comprends le scepticisme, mais en même temps parce qu'on a tellement menti aux Français sur la dépense publique que maintenant l'opération vérité que nous voulons mettre en oeuvre elle génère du doute, eh bien soyons jugés dans la durée et je réponds à vos questions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc première hausse de trois... première...

CHRISTOPHE CASTANER
Baisse !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Première baisse de trois milliards...

CHRISTOPHE CASTANER
Vous voyez on a tellement l'habitude des hausses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, de hausses oui ça c'est sûr oui, avec cette suppression de la taxe d'habitation on est bien d'accord tous les ménages de 2018, tous les ménages seront concernés dès 2018 ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ce n'est pas totalement arrêté mais l'hypothèse la plus vraisemblable c'est qu'effectivement il y ait déjà un tiers de baisse qui compensera largement d'ailleurs la hausse de CSG que nous mettons en oeuvre pour augmenter de 20 milliards le pouvoir d'achat des salariés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, 30 % de taxe d'habitation en moins dès 2018 ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est l'hypothèse la plus vraisemblable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est l'hypothèse vraisemblable ou c'est l'hypothèse...

CHRISTOPHE CASTANER
Non mais je suis honnête avec vous, Jean-Jacques BOURDIN, l'objectif c'est de la baisser de trois milliards sur un peu moins de 10, donc 30 %...

JEAN-JACQUES BOURDIN
D'accord.

CHRISTOPHE CASTANER
Ensuite, comment on va l'organiser ? Ce sera dans le cadre de la loi de finance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Tout le monde, les 80 % seront concernés ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je vous dirais que c'est la commande du Premier ministre et du président.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon d'accord, bon d'accord. Dites-moi et la contribution à l'audiovisuel public, qu'est-ce qu'elle va devenir, parce qu'elle était englobée avec la taxe d'habitation la taxe audiovisuelle, elle sera supprimée ou pas ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est une ligne supplémentaire, non je n'ai pas le souvenir qu'il y ait eu d'annonce d'Emmanuel MACRON sur sa suppression...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais moi je vous pose la question.

CHRISTOPHE CASTANER
Et donc elle sera discutée dans le cadre de la loi de finance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et augmentée ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne crois pas, nous ne travaillons pas sur cette hypothèse, mais chaque année vous savez c'est un débat : un euro de plus, deux euros de plus.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Est-ce qu'elle sera augmentée ?

CHRISTOPHE CASTANER
Pour l'instant ce n'est pas dans les hypothèses de travail du ministère de la Culture.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Suppression des cotisations maladie et chômage payées par les salariés, on est bien d'accord, j'y reviens, augmentation de la CSG en contrepartie de 1,7 %...

CHRISTOPHE CASTANER
Mais en insistant sur le fait que c'est 20 milliards en plus qui sont neutralisés par ces 20 milliards. Là-dessus c'est juste un transfert de pouvoir d'achat pour tous les gens qui travaillent, parce que – et vous le savez comme moi – ce dont les Français souffrent c'est le sentiment de travailler et de ne pas assez être rémunérés, il y a eu des baisses de charges pour les entreprises, c'était nécessaire, il faut maintenant avoir des baisses de charges fortes pour les salariés pour augmenter leur pouvoir d'achat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il est juste de faire payer les retraités aux revenus supérieurs à 1.200 euros par mois, franchement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors on est plutôt à plus de 1.400, mais, même à 1.400...

JEAN-JACQUES BOURDIN
1.400, mais même à 1.400 on n'est pas riche.

CHRISTOPHE CASTANER
Donc, c'est pour ça que nous le compensons et que nous le compensons par la taxe d'habitation. Ce qui est sûr c'est que la CSG est plus juste parce que plutôt que de faire porter tout l'effort uniquement sur ceux qui travaillent vous faites porter l'effort sur tout le monde, y compris sur les revenus du capital. Mais vous avez raison il y a 56 % des retraités qui seront perdants avec cette augmentation de 1.7, c'est simple depuis 2.000 euros...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, vous assumez ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais je vais jusqu'au bout, 2.000 euros ça fait 34 euros d'augmentation chaque mois, mais on compense par la taxe d'habitation, et si chacun peut faire derrière la télé ou derrière son poste de radio le calcul ils s'apercevront que même un tiers de la baisse dont on vient de parler sera supérieure à cette hausse de CSG.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Mais, si je suis fonctionnaire...

CHRISTOPHE CASTANER
Et donc il n'y aura pas pour l'essentiel des retraités de perte, il y aura même un gain.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais, si je suis fonctionnaire, j'aurais de la perte ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, parce que là DARMANIN le ministre s'est engagé...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah, bon, compensation ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il y a une négociation sur ces sujets-là qui sera engagée en septembre pour avoir une neutralisation de cette perte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire compensation, alors, pour les fonctionnaires ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, oui, neutralisation de l'augmentation, compensation...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment, sous forme de prime, comment ?

CHRISTOPHE CASTANER
J'ai échangé ce matin avec Gérald DARMANIN qui est en charge de cela et donc il a proposé aux partenaires sociaux de la fonction publique une séance de travail à l'automne, dès septembre, pour neutraliser cette augmentation parce qu'évidemment il n'est pas question qu'il y ait une perte de pouvoir d'achat pour les fonctionnaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Même chose pour les indépendants ?

CHRISTOPHE CASTANER
Mais attention à une chose la dépense dans la fonction publique, notamment pour le salaire des fonctionnaires, même si vous n'embauchez pas elle augmente, elle augmente de façon mécanique, donc là encore c'est de la dépense publique, la dépense publique c'est de l‘impôt, donc il nous faut aussi là-dessus tenir les cordons de la bourse et faire en sorte qu'on ne dépense pas plus l'année prochaine sur nos dépenses publiques parce que toutes ces baisses d'impôts il va falloir les compenser et il va falloir les compenser par des baisses de dépense publique et je ne voudrais pas que l'année prochaine vous m'invitiez en me disant : « Ah oui mais alors les 11 milliards-là ils sont compensés sur tel ou tel ministère », oui il va falloir que tous les ministères contribuent à la baisse de la dépense publique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Christophe CASTANER il y a une question que j'ai posée, je crois que c'était à Bruno LE MAIRE la semaine dernière, la défiscalisation des heures supplémentaires oui ou non dès 2018 ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, pas dès 2018...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, pas dès 2018.

CHRISTOPHE CASTANER
Ce n'est pas aujourd'hui dans les engagements, on a parlé de 11 milliards d'euros des baisses d'impôts, vous le savez ce n'est pas pour 2018 dedans. Mais en même temps on n'a pas été élus seulement pour une année, on a été élus pour cinq ans, donc il y a la volonté d'accélérer – vous l'avez vu la semaine dernière, il y a eu une accélération, nous sommes passés d'une baisse de sept milliards à 11 milliards - mais tout ne sera pas fait dès 2018.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais ça sera fait les années suivantes ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, je pense que ça reste évidemment...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sous forme d'exonération de cotisations sociales, c'est cela...

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, et seulement...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qu'a promis Emmanuel MACRON ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr, et seulement de cotisations et pas d'impôts, je vous rappelle que Nicolas SARKOZY quand il les avait mises en oeuvre avait été plus loin, il avait aussi proposé la défiscalisation en matière d'impôts, François FILLON dans son programme n'avait pas voulu reprendre cette mesure, Emmanuel MACRON l'a repris et nous souhaitons la mettre en oeuvre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Suppression du RSI ?

CHRISTOPHE CASTANER
1er janvier de l'année prochaine.

JEAN-JACQUES BOURDIN
1er janvier de l'année prochaine. Rattachement au régime général de la Sécurité sociale ?

CHRISTOPHE CASTANER
Bien sûr ! Et c'est aussi dans ce cadre-là et je vais répondre à la question suivante celle sur les fonctionnaires, les indpendants vont aussi avoir une augmentation de la CSG, donc il nous faudra travailler justement au moment de la suppression du RSI sur la neutralisation, parce qu'il n'y a pas de raison que les indépendants paient plus...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ca veut dire que les cotisations payées par les commerçants, les artisans, les indépendants seront moindre que ce qu'ils payaient jusque là à travers le RSI ?

CHRISTOPHE CASTANER
La volonté de neutraliser cette augmentation de CSG.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ca veut dire que les cotisations seront en baisse ?

CHRISTOPHE CASTANER
Nous prendrons en compte cela évidemment.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça c'est important, c'est important pour eux...

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous le savez, vous le savez.

CHRISTOPHE CASTANER
Surtout que pour certains, si on a une traduction, une adhésion directe au régime général, pour certains ça fait une augmentation de 40 à 50 %, nous le savions, nous savions que le RSI ne fonctionnait pas bien et donc le rattachement au régime général avec un guichet unique qui soit dédié aux indépendants va faciliter le système, mais, en même temps, il n'était pas question de leur dire : « Oui mais alors ça va être mieux mais ça va vous coûter 50 % de plus », ils sont déjà en fragilité n'en rajoutons pas ; et donc l'engagement que nous avons pris – et nous allons le mettre en oeuvre – c'est la suppression du RSI très vite, je sais que ça inquiète, y compris les salariés du RSI, mais ils seront intégrés dans le dispositif parce qu'on doit prendre en compte leur travail, mais il faut améliorer le travail, je ne passe pas une journée sur mon territoire sans rencontrer quelqu'un qui me dit : « le RSI ça ne marche pas »...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Evidemment !

CHRISTOPHE CASTANER
Et, quand ça ne marche pas, il faut changer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réforme de l'ISF dès 2018 on est bien d'accord, flat taxe sur l'épargne aussi, 30 % dès 2018, ça aussi ce sont des mesures qui sont confirmées...

CHRISTOPHE CASTANER
C'est bien déjà.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ca avantage les plus riches ça, non ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, sur l'ISF...

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai vu que toutes les études montrent quand même que ce sont ceux qui gagnent le plus qui sont indirectement concernés.

CHRISTOPHE CASTANER
Mais en fait on change de... vous savez plus on est riche...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah ! Alors-y.

CHRISTOPHE CASTANER
Je veux dire plus on est riche, plus on paie d'impôts, il y a 50 % des Français qui ne paient pas d'impôts qui pourtant s'intéressent à la question de l'impôt...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, mais ça je suis totalement d'accord...

CHRISTOPHE CASTANER
Là ce qu'on veut c'est changer le regard, c‘est à dire que dans ce pays on a l'habitude de fiscaliser la rente et jamais de défiscaliser la prise de risque, quelque part si vous placez dans l'immobilier vous êtes tranquille, si vous prenez le risque de placer dans l'économie réelle dans une entreprise vous êtes pénalisé. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? On retire de l'ISF tout cet investissement qui est fait dans l'entreprise, dans une petite entreprise, dans une plus grosse entreprise, et donc c'est cet investissement-là qui crée de l'emploi et, donc, on ne veut pas pénaliser ce qui aujourd'hui suscite un risque pour celui qui investit dans l'entreprise et que, au contraire, on a besoin d'argent pour financer notre économie et, donc, il ne s'agit pas de faire un cadeau aux riches, il s'agit de financer l'économie réelle française plutôt que des fonds de pension ou des fonds d'investissement dans l'immobilier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Christophe CASTANER, j'ai une question avant de voir Donald TRUMP quitter AIR FORCE ONE, parce que la passerelle a été... juste une question très vite, Emmanuel MACRON tiendra-t-il sa promesse, le tiers-payant généralisé entrera-t-il en vigueur le 1er décembre ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, nous travaillons sur cela.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il y a une hésitation, vous me posez la question parce qu'il y a une hésitation depuis...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, bien sûr. Est-ce qu'il entrera généralisé en vigueur le 1er décembre, obligatoire ?

CHRISTOPHE CASTANER
C'est notre objectif de le garantir. Après c'est un peu compliqué avec les professionnels de santé qui s'en inquiètent - et on peut comprendre qu'ils s'en inquiètent – donc il faut leur garantir que ça se fera sans qu'ils perdent de l'argent, sans que ça consomme trop de temps.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, le tiers-payant généralisé entrera en vigueur obligatoirement le 1er décembre ?

CHRISTOPHE CASTANER
Pour tout le monde, c'est notre objectif, c'est de faire en sorte que ça se passe le mieux possible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc c'est confirmé, c'est confirmé, vous allez...

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez qu'il y a une hésitation...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh oui, oui, oui.

CHRISTOPHE CASTANER
Et que la ministre a corrigé elle-même son hésitation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, maintenant, ça y est ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je vous le confirme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous me le confirmez.

CHRISTOPHE CASTANER
Je ne dis rien d'autre que le dernier propos de la ministre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le dernier propos de la ministre. Tiens cette petite phrase sur Muriel PENICAUD-là, je n'ai pas très bien compris votre petite phrase : « je demande à la presse de ne pas chercher à affaiblir Muriel PENICAUD car nous sommes dans un moment important pour la réforme du travail ».

CHRISTOPHE CASTANER
Je vais vous dire c'était une maladresse de ma part, mon propos était plus global sur le fait de dire : « attendez, on sait tous qu'on lui tire dessus parce qu'elle est hyper-exposée » et la traduction que j'en ai faite et cette petite phrase qui est prise dans un propos un peu plus global était une maladresse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais enfin si elle est affaiblie c'est sa faute, non ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ce n'est pas de sa faute.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eventuellement ?

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ce n'est pas de sa faute, elle n'est pas condamnée...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour l'instant non, mais si jamais elle est affaiblie, pardon...

CHRISTOPHE CASTANER
Non, ce que je voulais dire après avoir reconnu mon erreur de langage, ce que je voulais dire c'est que parce qu'elle est exposée, parce qu'elle est au combat, parce qu'elle est au front, évidement elle est une cible.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Je termine, puisqu'on va beaucoup parler de terrorisme avec Donald TRUMP, enfin pas nous, Emmanuel MACRON, il y a des femmes, il y a des enfants Français que l'on a retrouvés à Mossoul ou à Raqqa, ils étaient partis pour le Djihad - parfois contre leur gré ou pas, certains enfants sont même nés en Irak ou en Syrie – qu'en fait-on ? La France doit-elle les rapatrier et les accueillir ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous avez raison c'est un gros problème, en gros il y a trois tiers dans les Français qui sont partis au Djihad, un tiers d'hommes, la plupart ne reviendrons pas nous le savons, un tiers de femmes...

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire qu'ils seront tués ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ils mouront sur place.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils seront tués ?

CHRISTOPHE CASTANER
Beaucoup sont morts d'ailleurs dans les combats.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ils seront tués non pas directement par les forces françaises mais avec l'aide des forces irakiennes ou autres ?

CHRISTOPHE CASTANER
Vous savez quand on part faire la guerre, y compris contre son propre pays, il faut assumer le risque...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, ils seront tués ?

CHRISTOPHE CASTANER
Et qu'ils l'assument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et nous ne ferons rien pour empêcher cela ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je vous dis qu'ils l'assument, s'ils décident de faire la guerre à la France qu'ils assument leur risque.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qu'ils assument la mort ?

CHRISTOPHE CASTANER
Par contre, je vais répondre à votre question, sur les femmes et les enfants c'est une vraie difficulté, c'est pour ça que ceux qui évoquent la déchéance de nationalité se trompent parce que si vous retirez la nationalité à ces femmes et à ces enfants qui un jour vont vouloir revenir, ils reviendront, ils reviendront mais vous ne les suivrez pas, et donc il faut effectivement faire en sorte qu'ils reviennent, qu'ils soient incarcérés, qu'ils soient dans des centres fermés, dédiés, avec un travail psychologique qui sera...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, on va les accueillir...

CHRISTOPHE CASTANER
Ils sont Français, donc ils rentreront en France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils sont Français, et les faire rentrer dans des centres...

CHRISTOPHE CASTANER
Il faut des centres dédiés et ce sera …

JEAN-JACQUES BOURDIN
On en a ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui on en a. Et il faudra des ailes spécialisées dans certaines prisons sur ce sujet. Et il faut avoir en tête que certains enfants, j'ai vu dans la campagne présidentielle, parce que j'étais préparé à ce dossier-là aussi, j'ai vu des images d'enfants français d'une dizaine d'années exécutés. Et donc ces enfants à un moment donné nous savons psychologiquement dans quel état ils seront. Donc il nous faut évidemment faire en sorte de les désintoxiquer. Le terme est un peu dur mais la violence de ce qu'ils ont fait, de ce qu'ils ont subi surtout nécessite que nous puissions les accompagner. C'est pour ça, je le dis avec une certaine gravité, ceux qui se contentent de dire « déchéance de nationalité » se trompent, parce que ces enfants perdus reviendront à un moment donné en France, nous les connaissons ; il est important que nous puissions les identifier, les incarcérer, les accompagner.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On attend maintenant Donald TRUMP et Mélania TRUMP vont quitter Air Force One qui a atterri, qui est à Orly ; cette visite de Donald TRUMP… C'est le président des Etats-Unis qui est reçu, parce que finalement les Français comprennent…

CHRISTOPHE CASTANER
J'espère qu'ils comprennent, je trouve que la polémique…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà ils sortent de l'avion, on va regarder, priorité au direct.

(…)

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

CHRISTOPHE CASTANER
Je voudrais revenir sur la polémique que certains ont voulu lancer « c'est pas bien d'accueillir le président des Etats-Unis ». D'abord pour deux raisons il fallait l'accueillir. La première c'est qu'il vient pour commémorer l'engagement des troupes américaines qui sont venues il y a un siècle…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils n'ont rien sauvé du tout, deux divisions, il y avait 450 divisions sur le terrain…

CHRISTOPHE CASTANER
Oui mais ce n'est pas eux qui ont fait gagner la guerre. Mais ils sont venus alors que beaucoup sont seraient restés chez eux. Et donc du coup ils sont venus, ils se sont engagés. Et donc c'est bien qu'on puisse leur rendre hommage et que le président des Etats-Unis soit là pour cet hommage national rendu aux troupes américaines qui par deux fois se sont engagées pour sauver notre liberté, ça me parait bien. Et j'avoue, je trouve un peu indigne cette fausse polémique lancée par quelque uns. Et puis ensuite il y a un enjeu diplomatique, les Etats-Unis aujourd'hui sur certains sujets comme sur le climat se replient sur eux-mêmes. Vous avez vu au G20 la motion, seuls les Etats-Unis n'ont pas valid le plan climat proposé par l'accord de Paris. Les 19 autres oui. Donc on a une posture, on condamne, on rejette, on dit il n'est pas sympa, on ne l'aime pas et on ne lui parle plus ou alors on a l'inverse. Ce qu'Emmanuel MACRON veut faire, c'est-à-dire le ramener dans le cercle, le ramener dans la discussion, faire en sorte que le président des Etats-Unis, qui reste la première puissance mondiale, soit non pas exclu du cercle. Et si la France peut jouer un rôle de facilitateur moi je suis fier que ce soit Emmanuel MACRON qui contribue à ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Une dernière chose, Manuel VALLS, qui a tweeté « la suppression du secrétariat général aux victimes du terrorisme est une erreur. Je demande à Edouard PHILIPPE d'entendre les associations ».

CHRISTOPHE CASTANER
Manuel a créé ce ministère donc je peux comprendre qu'il y soit attaché, mais moi ce que je sais c'est que plutôt qu'une députée qui est devenue ministre pour se charger de cela, le Premier ministre a installé hier un comité interministériel avec une femme magistrate qui aura au moins la même énergie, mais peut-être plus encore de compétence parce qu'elle a travaillé sur ces sujets-là du terrorisme pour suivre le dossier. Et donc le symbole d'un secrétariat d'Etat n'est jamais une garantie d'efficacité. Je suis secrétaire d'Etat et je sais de quoi je parle sur le risque d'inefficacité, ça peut m'arriver quelquefois, j'ai dit que je pouvais même dire des bêtises des fois. Et donc je préfère moi aujourd'hui avoir une administration forte rattachée au Premier ministre avec la puissance du Premier ministre pour faire en sorte que cette urgence, cette nécessité de dialogue, d'accompagnement, de soutien à toutes les victimes et à tous les proches des victimes soit mobilisée. Ne cherchons pas de gadget, faisons en sorte d'être efficace.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Christophe CASTANER d'être venu nous voir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 juillet 2017

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