Déclaration de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sur le rôle de l'UNAF dans le cadre des politiques familiales et la protection de l'enfance, Blois le 24 juin 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, sur le rôle de l'UNAF dans le cadre des politiques familiales et la protection de l'enfance, Blois le 24 juin 2017.

Personnalité, fonction : BUZYN Agnès.

FRANCE. Ministre des solidarités et de la santé

ti :


18 millions de familles. 16 millions de jeunes de moins de 20 ans, dont 2,3 millions d'enfants de moins de 3 ans.

Près de 800 000 bébés qui naissent en France chaque année.

Ce sont autant de familles, de jeunes, d'enfants, qu'il vous revient de représenter, et pour lesquels il me revient de porter la politique du Gouvernement. Pour vous comme pour moi, la responsabilité est lourde, et la mission exaltante.

Passionnante aussi, car – vous êtes encore mieux placés que moi pour le savoir – les besoins et attentes de ces familles changent au même rythme que notre monde évolue : vite, très vite.

Le visage même de ces familles a changé. Aujourd'hui un enfant sur deux naît hors mariage, un enfant sur cinq vit dans une famille monoparentale, un enfant sur neuf vit dans une famille recomposée. Et toutes les familles, quelles qu'elles soient, sont confrontées à l'émergence de nouvelles questions éducatives.

Dans ce monde plus rapide, plus complexe, sans doute plus incertain, plus d'un parent sur cinq déclare avoir souvent rencontré des difficultés dans l'éducation de ses enfants. Les attentes d'accompagnement et de soutien des familles sont fortes et appellent des réponses aussi urgentes qu'ambitieuses.

L'UNAF ET LE RESEAU DES UDAF PORTENT CES ATTENTES, CES BESOINS, ET OCCUPENT DANS NOTRE PAYS UNE PLACE PARTICULIERE

Forte de ses 8000 salariés et des 7000 associations qu'elle rassemble, votre union réunit des mouvements divers, aux sensibilités variées : laïcs et confessionnels, représentants des centres urbains, des banlieues et des zones rurales, mouvements anciens ou plus nouveaux. Et vous savez faire vivre, dans l'unité et dans la diversité, tous ces acteurs, au service des familles. Parce que vous êtes des partenaires essentiels de la conduite des politiques familiales.

Vous l'êtes tout d'abord parce que la loi vous confie des missions. Je pense évidemment à votre mission de représentation officielle des familles. Je pense aussi, c'est un autre exemple, que c'est à vous qu'il revient de formuler, dès qu'il est question de famille, des avis auprès des pouvoirs publics.

Mais vous êtes également des partenaires essentiels par ce que vous jouez, je le sais, un rôle majeur dans le champ de la protection juridique des majeurs.

Enfin, si votre rôle est crucial, c'est aussi du fait de votre expertise et de la qualité de vos propositions, qui justifient que l'UNAF et les UDAF soient associées aux chantiers qui demandent une expertise fine des besoins des familles.

Les propositions de l'UNAF et des UDAF sur les orientations et la mise en oeuvre de la politique familiale seront donc toujours écoutées avec attention. C'est la raison pour laquelle j'ai tenu à m'entretenir, dès mon entrée en fonctions, avec votre présidente, Marie-Andrée Blanc, et c'est pourquoi j'ai la joie de m'exprimer devant vous aujourd'hui, à l'occasion de votre assemblée générale annuelle.

Je suis bien consciente – c'est la rançon de la gloire – que l'UNAF et les UDAF ont été très sollicitées ces dernières années.

Sur les quatre dernières années, en effet, les travaux conduits par les corps d'inspection et de contrôle ont beaucoup mobilisé la présidente, les administrateurs et les équipes de l'UNAF ainsi que des UDAF. Tous ont su faire preuve d'un grand professionnalisme et je souhaite saluer les efforts que vous avez tous déployés pour vous rendre disponibles et répondre à ces nombreuses sollicitations.

Mais ces efforts n'ont pas été vains, vous le savez. Les recommandations de la Cour des Comptes donnent lieu à des mesures dont plusieurs ont déjà été engagées, et dont la mise en oeuvre doit se poursuivre dans un esprit de sérénité, de confiance et de coopération.

POUR REPONDRE AUX ATTENTES ET AUX BESOINS DES FAMILLES, JE SERAI TOUJOURS A VOS COTES

Les différents champs de mon ministère – solidarités et santé - sont complémentaires, ils se renforcent mutuellement. Vous le savez bien, vous qui mobilisez depuis longtemps des intervenants dans les établissements de santé, et qui, encore récemment, avez participé à la création de l'Union nationale des associations d'usagers du système de santé, l'UNAASS, devenue « France Assos Santé ».

Je m'appuierai sur ces complémentarités pour porter la politique familiale avec vigueur, plaisir et enthousiasme. Parce que, si mon périmètre de compétence est vaste, les familles y ont toute leur place, j'ai à coeur de vous le dire aujourd'hui.

LA POLITIQUE QUE JE MENERAI, AVEC TOUT LE GOUVERNEMENT, S'ATTACHERA D'ABORD A RENOVER L'ACCOMPAGNEMENT DES FAMILLES

Je pense d'abord aux solutions d'accueil de la petite enfance et aux dispositifs de soutien à la parentalité. A côté du soutien financier apporté par les allocations familiales et le quotient familial, ce sont des piliers de la politique familiale, depuis la conférence de la famille de 1998. Ce sont aussi - le soutien à la parentalité et l'accueil du jeune enfant - des dispositifs de prévention essentiels, et je voudrais insister sur ce point. Le Président de la République s'est engagé à conduire la révolution de la prévention en matière de santé, et j'agirai en ce sens, mais je pense que cette révolution vaut tout autant en matière de politique familiale. Or les services d'accueil de la petite enfance et de soutien à la parentalité permettent justement d'agir précocement, pour répondre à des situations susceptibles de se détériorer.

Avec eux, nous pouvons désamorcer des situations avant qu'elles ne deviennent problématiques mais nous pouvons aussi, quand le problème est déjà avéré, le détecter rapidement et orienter la famille vers la réponse adéquate.

Enfin - je ne vais pas m'étendre sur ce point mais vous le savez- les services d'accompagnement des familles sont non seulement des outils de prévention, mais aussi puissants vecteurs d'égalité des chances.

C'est pourquoi, je souhaite construire, en partenariat avec les collectivités locales, la Branche Famille, les gestionnaires de services et bien sûr l'UNAF, une offre globale et cohérente de services d'accompagnement des familles. Mon ambition, c'est que cette offre couvre depuis la naissance de l'enfant jusqu'à son accession à l'autonomie, et qu'elle soit à même de répondre en même temps aux besoins des enfants et à ceux de leurs parents. Les solutions d'accueil du jeune enfant seront renforcées pour permettre aux familles de trouver une solution adaptée à leurs besoins. Il y a en effet des besoins spécifiques des enfants, je pense par exemple au handicap. Et il y a des besoins spécifiques des parents, je pense par exemple aux horaires adaptés, ou encore aux problématiques de conciliation vie familiale – vie professionnelle. Je m'engagerai pour la qualité de l'accueil du jeune enfant, tant individuel que collectif : que l'on parle des crèches ou des assistants maternels, on parle d'investissement pour l'avenir. Avec mon collègue ministre de l'éducation nationale, je travaillerai pour renforcer la liaison avec l'école ainsi que la préscolarisation précoce dans les quartiers prioritaires. Ces objectifs, je veillerai à ce qu'ils soient déclinés à l'occasion de la préparation de la prochaine convention d'objectifs et de gestion de la CNAF, pour la période 2018-2022.

Quant à la politique de soutien à la parentalité, je veux qu'elle soit mieux structurée et plus lisible pour les parents. Nous devons décloisonner et améliorer l'articulation des acteurs les uns avec les autres. Parce que nous devons nous attacher, tous ensemble, à être dans une logique de résultats, non de moyens, pour offrir le meilleur service possible aux parents. Et nous devons, en renforçant la lisibilité de notre action, mieux faire connaître aux familles tout ce à quoi elles ont droit.

Des groupes de travail, ont été lancés pour co-construire, avec l'ensemble des acteurs concernés, une stratégie nationale qui clarifiera les objectifs de cette politique, ses contours, ses principes de mise en oeuvre, et guidera l'action des pouvoirs publics pour les cinq ans à venir. Je sais que l'UNAF y participe activement, et je veux vous en remercier.

JE VEUX AUSSI – C'EST UN DEUXIEME CHANTIER - TRAVAILLER SUR LA PROTECTION DE L'ENFANCE

C'est le rôle de mon ministère de définir la stratégie nationale pour la protection de l'enfance. Je souhaite qu'il le fasse en structurant l'ensemble des interventions auprès des enfants en danger ou en risque de l'être autour des besoins fondamentaux de l'enfant. Parce que, pour protéger les enfants, on ne peut pas faire autrement que de partir de leurs besoins.

Cette stratégie nationale pour la protection de l'enfance nous la construirons, bien sûr, en nous appuyant sur les recommandations du Conseil national de la protection de l'enfance, dans lequel l'UNAF est fortement impliqué, je le sais.

Elle doit faire une large à place à la prévention parce que, comme je vous l'ai déjà dit, il vaut mieux, en matière de politique familiale comme en matière de politique de santé, prévenir que guérir.

Elle devra aussi permettre de lutter toujours plus contre les violences faites aux enfants. A cet égard, je veux vous dire que la mise en oeuvre du premier plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants est une des mes priorités.

MAIS LA POLITIQUE FAMILIALE NE S'ARRETE PAS A L'ENFANCE ET A LA PARENTALITE, IL Y A AUSSI D'AUTRES CHANTIERS A CONDUIRE

Je pense par exemple au chantier des solidarités intergénérationnelles. Il faut que nous renforcions le soutien aux aidants familiaux. Ils sont, encore plus que d'autres, sujets à l'épuisement physique et moral, aux maladies. Je mettrai en oeuvre l'engagement du Président de la République de leur assurer un soutien médical plus poussé. Je serai attentive à valoriser les dispositifs de répit : l'accueil de jour, l'hébergement temporaire, le relayage à domicile (souvent appelé baluchonnage), ou encore le congé de proche aidant, qui n'est pas assez connu.

Enfin, nous renforcerons l'information et le soutien aux tuteurs familiaux. La loi du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs a réaffirmé le principe de primauté familiale dans l'exercice des mesures de protection. Pour le rendre effectif, elle a prévu une information ou un soutien aux tuteurs familiaux en vue de les aider à exercer le mandat de protection de leur parent que leur a confié le juge.

Mais moins de la moitié des mesures nouvelles de protection juridique sont exercées par un membre de la famille ou un proche. Aussi, pour développer ce dispositif insuffisamment mis en oeuvre, une dotation supplémentaire de 3 M€ - qui sera déléguée en régions en juillet - permettra à l'Etat de financer en 2017 de nouvelles actions. En parallèle, d'autres travaux vont être engagés pour améliorer d'autres volets de la politique de protection juridique des majeurs. Je pense notamment au pilotage du dispositif, ou encore aux recommandations éthiques et déontologiques pour l'activité de mandataire judiciaire.

JE VAIS FINIR PAR QUELQUES MOTS SUR LA METHODE DE TRAVAIL : DANS LA MISE EN OEUVRE DE TOUTES CES ORIENTATIONS, L'ETAT JOUERA PLEINEMENT SON ROLE, MAIS IL LE FERA EN S'APPUYANT SUR L'ENSEMBLE DE SES PARTENAIRES INSTITUTIONNELS ET ASSOCIATIFS

La politique familiale n'est pas une politique solitaire, c'est une politique partenariale, j'en suis convaincue. Etre ministre de la famille ce n'est pas seulement travailler pour les familles, c'est aussi travailler avec les familles.

Ces dernières années ont vu de grands progrès dans la construction du dialogue entre les différents partenaires : des schémas départementaux des services aux familles ont été déployés, des protocoles de prévention ont été établis, le Conseil national de la protection de l'enfance et le Haut Conseil des familles, de l'enfance et de l'âge ont été installés.

Nous disposons désormais d'instruments très précieux qui nous aideront à mieux éclairer les enjeux, identifier les priorités, fédérer les acteurs du territoire, et mobiliser les énergies. Mais il nous reste à travailler encore pour achever de structurer, autour de l'Etat, la gouvernance nationale de la politique familiale.

Je compte bien m'engager pleinement dans cette perspective. Et je sais pouvoir compter sur l'UNAF et les UDAF pour m'y aider.


Je vous remercie.


Source http://www.unaf.fr, le 17 juillet 2017

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