Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à "Radio Classique" le 5 juillet 2017, sur la déclaration de politique générale du Premier ministre et ses principales annonces. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à "Radio Classique" le 5 juillet 2017, sur la déclaration de politique générale du Premier ministre et ses principales annonces.

Personnalité, fonction : DURAND Guillaume, TRAVERT Stéphane.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de l'alimentation

ti : GUILLAUME DURAND
Nous sommes avec le ministre de l'Agriculture, Stéphane TRAVERT, qui est en direct sur l'antenne de Radio Classique ce matin, puisque le Conseil des ministres va démarrer à 08h30, pour que l'hommage à Simone VEIL puisse se dérouler dans la cour des Invalides. Le voici.

- Jingle -

GUILLAUME DURAND
Stéphane TRAVERT, bonjour. Vous êtes ministre de l'Agriculture, vous avez été donc député de la Manche. C'est un discours de politique générale qui a obtenu l'approbation de 370 votants, 67 opposants, 129 abstentions. C'est donc une performance, puisque c'est au fond le nombre d'opposants le plus faible depuis maintenant 1959. La question que je voulais vous poser, la première. C'est vous qui avez vécu d'autres discours de politique générale, AYRAULT, VALLS, puisque vous avez été élu, donc, en 2012. Comment vous situez celui qui s'est déroulé hier après midi ? Plus calme, plus tranquille, moins d'opposants ?

STEPHANE TRAVERT
Bonjour. Oui, c'est un discours de politique générale qui, dont l'ambiance tranchait beaucoup par rapport à celui que j'avais pu connaitre avec Jean-Marc AYRAULT ou Manuel VALLS, dans le précédent quinquennat. Leurs discours avaient été ponctués de quolibets, voire d'insultes, de hurlements et de vociférations, et hier c'est une Assemblée nationale qui a écouté avec beaucoup de respect le Premier ministre faire son discours de politique générale.

GUILLAUME DURAND
Mais parce que la majorité est écrasante aussi. Il y a moins d'opposants.

STEPHANE TRAVERT
Même si la majorité est forte, je ne parle pas du mot écrasante, la majorité est forte, mais je crois que l'ensemble des députés ont voulu montrer aux Françaises et aux Français, que la représentation nationale c'était aussi une image, et que l'on devait donner une image de respect, du débat national et de nos institutions.

GUILLAUME DURAND
On a lu sur les lèvres du fameux MELENCHON, « honteux, scandaleux, coup de force », etc. parce qu'il commentait au fur et à mesure du déroulement de ce discours, donc, la parole d'Edouard PHILIPPE. Est-ce que finalement ce n'est pas lui, le seul et unique opposant au couple, pour l'instant, le seul et unique opposant au couple MACRON – PHILIPPE ?

STEPHANE TRAVERT
Ecoutez, peut-être dans l'art oratoire, on sait qu'il excelle en la matière, mais vous savez, c'est une position purement et simplement tribunitienne. Derrière, quels sont les actes, quelles sont les propositions...

GUILLAUME DURAND
Eh bien la rue, c'est ça qu'il souhaite pour la loi travail.

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr, mais aujourd'hui la représentation, elle est à l'Assemblée nationale, et c'est à l'Assemblée nationale que nous délibèreront collectivement, de ce qui sera demain la politique de notre pays, et que sur la loi travail, aujourd'hui, eh bien le débat a pu commencer hier soir en commission des Affaires sociales avec l'audition de Muriel PENICAUD, la ministre du Travail, et donc il y a une méthode, une méthode qui est claire, c'est de pouvoir débattre sereinement à l'Assemblée nationale. C'est en même temps, avec la ministre du Travail, la rencontre avec les organisations syndicales pour, dans la clarté, définir...

GUILLAUME DURAND
Mais dans la discrétion du discours hier, parce qu'on en a très très peu parlé, il y a eu beaucoup de choses qui ont été dites sur le baccalauréat, sur les vaccins...

STEPHANE TRAVERT
Bien sûr.

GUILLAUME DURAND
On va parler tout à l'heure de la baisse des charges et d'un certain nombre d'autres choses, mais sur la loi travail, c'était quand même très discret, alors que c'est quand même ça l'actualité.

STEPHANE TRAVERT
Oui, mais c'est un sujet dont on a beaucoup parlé, d'abord pendant la présidentielle, et le Premier ministre l'a dit dans son discours de politique générale, on en a aussi beaucoup parlé entre la présidentielle et les élections législatives. Aujourd'hui, le travail de concertation a démarré avec les organisations syndicales et je n'ai pas entendu dire que les organisations se plaignaient du traitement qui leur était réservé, en tous les cas dans la manière que l'on avait de discuter et de dialoguer avec eux pour avancer sur ce sujet.

GUILLAUME DURAND
Alors, il y a deux interrogations dans la Presse, je disais tout à l'heure la Presse libérale de ce matin, Stéphane TRAVERT nous sommes en direct avec vous, je rappelle que vous êtes ministre de l'Agriculture. L'engagement du CICE en baisse de charges, 1er janvier donc de 2019, et l'ISF reportée au budget 2018. Est-ce que ça veut dire qu'on a décalé, alors est-ce que c'est pour des raisons qui tiennent aux 3 % européen, est-ce que c'est pour des raisons de prudence ou est-ce que finalement la grande réforme libérale annoncée par Emmanuel MACRON, finalement, fait pschitt ?

STEPHANE TRAVERT
Non, ce n'est pas une grande réforme libérale, mais je crois qu'il convient de phaser les choses tout au long du quinquennat. Concernant les baisses de charges, nous avions le CICE, qui était un dispositif qui plaisait très bien aux chefs d'entreprise, moi beaucoup de chefs d'entreprise que j'ai rencontrés durant ces dernières années, me disaient combien le CICE était important, d'abord pour leurs résultats et puis pour devancer un certain nombre d'investissements. Demain, à partir de 2018, eh bien ce seront des baisses de chemin jusqu'à 6,5 points, jusqu'à une fois et demie le SMIC qui permettra aux salariés un gain de pouvoir d'achat, mais aussi aux entreprises de pouvoir diminuer le coût du travail...

GUILLAUME DURAND
Et quand vous écoutez les économistes disent que tout ça est quand même extrêmement timide par rapport à ce qu'on pouvait croire ou penser de la politique d'Emmanuel MACRON en matière de réforme de l'Etat, par exemple, le périmètre de l'Etat, les économies massives, où sont-elles ?

STEPHANE TRAVERT
Je ne vois pas où cela est timide. Nous avons dit ce que nous faisions et nous allons faire ce que nous avons dit, tout simplement pendant la campagne, et il n'y a pas de remise en cause de ce qui a pu être dit durant la campagne des présidentielles et des législatives. Mais nous phasons dans le temps, l'ensemble des mesures que nous souhaitons.

GUILLAUME DURAND
Deux questions. Vous êtes parlementaire, évidemment la question de la proportionnelle est importante. Est-ce qu'on saura exactement quelle est, enfin, vous, par exemple, quelle est la proportion de proportionnelle que vous souhaitez ? 15 %, 20 %, comment ça va se passer ?

STEPHANE TRAVERT
Mais, je crois que là aussi il faut regarder sur cette dose de proportionnelle comment on peut intégrer la représentativité juste de l'ensemble des composantes politiques dans notre pays. Donc là il y aura un débat, le chef de l'Etat consultera l'ensemble des responsables des partis politique de notre pays, pour... et le président du Sénat, enfin, toutes celle et ceux qui ont à dire quelque chose sur ce sujet, et je pense que nous trouverons la bonne formule. Moi je suis tout à fait favorable à ce qu'une dose de proportionnelle soit inscrite dans la constitution, pour faire en sorte que toute la société, dans sa diversité, soit représentée à l'Assemblée nationale.

GUILLAUME DURAND
Mais la dose c'est quoi ? C'est 15, 20 % ?

STEPHANE TRAVERT
Oui, elle se situe autour de cela, 15 à 20 %, mais le débat n'est pas fermé aujourd'hui, il va falloir l'ouvrir d'abord, et puis pour permettre de trouver cette dose qui permettra la juste représentation de chacune et de chacun.

GUILLAUME DURAND
Qu'est-ce qui a été donné, parce que c'est assez discret, ce qui a été annoncé concernant évidemment le secteur qui est le vôtre, vous êtes ministre de l'Agriculture, il s'agit justement des territoires et de l'Agriculture.

STEPHANE TRAVERT
Oui, alors, sur les territoires et l'agriculture, aujourd'hui nous allons lancer les états généraux, parce que la priorité c'est de donner du revenu aux agriculteurs, qu'ils puissent vivre de leur travail, qu'ils puissent vivre dignement de leur travail. Et donc nous allons lancer dans le mois de juillet, avec le président de la République et le Premier ministre, les états généraux de l'alimentation, où nous aborderons deux sujets essentiels, que sont la répartition de la valeur et la création de valeurs, autour des grands opérateurs que sont les producteurs, les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs. Et puis ensuite, dans un deuxième temps, un autre chantier, autour de l'alimentation saine et équilibrée, quelle alimentation nous voulons dans le futur, comment nous faisons aussi entrer notre agriculture et notre alimentation dans le 21ème siècle, avec l'avènement du numérique, le souci qu'ont nos concitoyens d'avoir, je dirais, confiance dans l'alimentation qui leur est proposée et d'avoir confiance dans leurs producteurs.

GUILLAUME DURAND
Mais Stéphane TRAVERT, vous qui est êtes ministre de l'Agriculture, vous savez pertinemment qu'il y a beaucoup d'agriculteurs qui à cause de la concurrence internationale ne vivent pas de leur production...

STEPHANE TRAVERT
Mais bien sûr.

GUILLAUME DURAND
C'est-à-dire que les coûts mondiaux sont tellement faibles, que finalement ils produisent à perte, et au fond, ils vivent extrêmement mal. On parle de nombreux suicides, etc. etc. Est-ce que ça veut dire que l'Etat envisage, à travers vous, d'ores et déjà des aides pour ceux qui sont le plus en difficultés ?

STEPHANE TRAVERT
Alors, il y a aujourd'hui des aides qui existent...

GUILLAUME DURAND
Oui, bien sûr, mais...

STEPHANE TRAVERT
... bien sûr, mais ce que nous voulons faire, c'est redonner de la compétitivité à notre modèle agricole. Il existe plusieurs modèles agricoles d'ailleurs aujourd'hui dans notre pays, et il ne s'agit pas d'opposer les modèles agricoles les uns aux autres, mais il s'agit de les faire monter en gamme, monter en puissance, pour avoir plus de compétitivité, pour être plus performant, pour les aider à investir. Je voudrais rappeler qu'il y a un plan de 5 milliards d'euros d'investissements qui est prévu sur le secteur agricole, pour aider nos producteurs à passer le cap dans leurs exploitations, de modernisation de celles-ci, et je crois qu'autour de cela, en créant de la valeur, en répartissant mieux la valeur et en permettant à nos producteurs d'avoir en Europe, demain, des règles de concurrence qui soient revues, corrigées, cela pourra permettre d'avoir une agriculture beaucoup plus forte et plus compétitive.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup Stéphane TRAVERT, le ministre de l'Agriculture, qui était venu commenter ce matin, donc sur l'antenne de Radio Classique, avant le Conseil des ministres qui aura lieu maintenant dans 34 minutes, avant le Conseil des ministres qui va précéder, donc, l'hommage qui est rendu à Simone VEIL aux Invalides. Merci d'être venu ce matin. Bonne journée à vous.

STEPHANE TRAVERT
Merci à vous, bonne journée.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 juillet 2017

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