Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à CNews le 6 juillet 2017, sur la prorogation de l'état d'urgence, la situation des djihadistes français, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, la coopération européenne face à la crise migratoire et la gestion des centres d'accueil. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à CNews le 6 juillet 2017, sur la prorogation de l'état d'urgence, la situation des djihadistes français, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, la coopération européenne face à la crise migratoire et la gestion des centres d'accueil.

Personnalité, fonction : COLLOMB Gérard, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti : JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Ministre d'Etat, Monsieur le Ministre de l'Intérieur, Gérard COLLOMB, bienvenu et bonjour.

GERARD COLLOMB
Bonjour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d'être avec nous. Ce matin, des salariés de GM& S, en liquidation, ont créé des blocages d'un site du constructeur PSA dans l'Allier. Bruno LE MAIRE bien de dire qu'il faut qu'ils lèvent ce blocage immédiatement. S'ils le maintiennent, que fait le ministre de l'Intérieur ?

GERARD COLLOMB
D'abord on essaie de discuter avec les salariés, parce que je crois que leur véritable problème c'est de sauver leur emploi. Or, ils ne peuvent le sauver que si effectivement PEUGEOT passe un certain nombre de commandes, et je sais que Bruno LE MAIRE travaille sur ces commandes, pour pouvoir leur assurer du travail. Donc je crois que c'est plutôt par le dialogue avec les représentants des organisations syndicales, avec les salariés, qu'on peut résoudre le problème, plutôt que de faire des barrages et étendre le problème à l'ensemble des usines PSA.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais on voit que jusqu'à présent, les mesures préparées par Bruno LE MAIRE sont jugées insuffisantes, incomplètes, d'où les barrages. Mais s'ils les maintiennent, qu'est-ce que, pour l'ordre public, vous faites ?

GERARD COLLOMB
Oui mais vous savez, on a déjà eu à gérer un certain nombre d'autres crises. Vous m'auriez interrogé il y a trois semaines, c'était la crise viticole dans le Midi, et donc on a résolu les problèmes sans qu'il y ait besoin de recourir de manière forcenée, aux forces de l'ordre. Donc là, on va commencer par la discussion, s'il le faut, bien évidemment, à un moment donné, il faut faire régner l'ordre public.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'abord le dialogue, et ensuite... mais il n'y a pas de préalable, vous ne dites pas « il faut lever les barrages pour pouvoir discuter ».

GERARD COLLOMB
Ecoutez, moi je laisse pour le moment Bruno LE MAIRE à la manoeuvre, s'il a besoin du ministre de l'Intérieur, évidemment il fera appel à lui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors, il y a tellement de sujets avec vous, on va essayer d'en prendre quelques-uns. Aujourd'hui – et les plus importants – aujourd'hui les nouveaux députés vont débattre de l'état d'urgence, dès 09h30. Vous partez d'ici, de CNews, et vous allez à l'Assemblée. Comme vos prédécesseurs, votre gouvernement réclame de prolonger l'état d'urgence, cette fois de six mois, jusqu'en novembre. Est-ce qu'il est indispensable de vivre encore sous l'état d'urgence ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, ce que nous voulons faire, c'est essayer d'en sortir, justement, et c'est pour cela que j'ai présenté hier à la Commission des lois du Sénat, un nouveau texte de loi qui permet de garder un certain nombre de mesures pour assurer la sécurité. Mais en attendant que cette loi soit votée, elle le sera à l'automne, il faut évidemment prolonger l'état d'urgence. Pourquoi ? Parce que depuis de le début de l'année, nous avons déjà déjoué sept attentats qui auraient pu faire beaucoup de morts, et donc notre devoir, c'est d'assurer bien sûr la sécurité des Français. Donc par exemple à Marseille nous avions arrêté deux individus, qui juste avant les élections menaçaient de commettre un attentat qui aurait été terrible, on a récupéré chez eux à la fois des armes de guerre, et des explosifs, et ils s'apprêtaient à faire un attentat dans un meeting politique.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous n'auriez pas pu le faire sans l'état d'urgence ?

GERARD COLLOMB
Nous n'aurions pas pu, parce que nous ne savions pas, nous voulions lever un doute, et c'est en levant un doute chez un individu, que nous avons vu l'autre et c'était l'autre qui préparait l'attentat.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, jusqu'à présent, il y a eu des attentats déjoués, et on vit sous la pression et la menace des terroristes, là, aujourd'hui.

GERARD COLLOMB
Oui, bien sûr. Bien sûr, toujours. Si vous voulez, peut-être, la menace, a-t-elle changé d'aspect, on avait beaucoup dans les premiers temps des gens qui étaient en relation avec le théâtre de guerre irako-syrien, aujourd'hui où Daesh subit une pression de la coalition extrêmement sévère, on a plus une menace endogène, c'est-à-dire des gens qui se sont radicalisés sur Internet.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Des Français d'ici.

GERARD COLLOMB
Absolument, et qui tout d'un coup décident de passer à l'acte, et ça, c'est encore plus difficile à détecter.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous pourrez le faire quand vous aurez quitté et on aura voté la fin de l'état d'urgence.

GERARD COLLOMB
Oui, on pourra le faire.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc il y a la lutte intérieure et il y a en même temps, vous disiez qu'il y a autour de 700 djihadistes français encore sur les zones de combats, en Syrie, en Irak, avec leur famille. Est-ce que vous êtes sûr de pouvoir les empêcher d'entrer en France ou en tout cas s'ils entrent en France ou s'ils reviennent en France, de les empêcher d'agir, de les neutraliser ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, si on cite ce chiffre, c'est qu'on connait à peu près tous les cas, donc quand ils reviendront, s'ils reviennent en France, ce qui n'est pas sûr, évidemment ils seront pris en mains par les services, et pour la plupart d'entre eux, en tout cas, donc les individus qui auront commis des scènes de guerre, emprisonnés.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ils sont les malvenus, de toute façon.

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, en tout cas, il faudrait entreprendre une entreprise de déradicalisation extrêmement sévère, parce que les gens qui ont participé à des scènes de guerre horribles, on a vu par exemple un certain nombre de Français décapiter des otages, évidemment que ce sont des criminels de guerre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ceux-là seront jugés.

GERARD COLLOMB
Absolument.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Si on en trouve et qu'ils rentrent. Mais ceux-là sont plus facilement, presque, repérés, que ceux qui sont endogènes, comme vous dites...

GERARD COLLOMB
Oui, bien sûr. Bien sûr, ça veut dire qu'un certain nombre de gens, se sont radicalisés parce qu'ils regardaient des vidéos sur Internet et que tout d'un coup il y a une espèce d'identification à ces soldats d'un type nouveau. Le président de la République dit souvent « ils étaient très sophistiqués dans leurs moyens de communication et de propagande », et donc il faut aussi que nous, nous puissions faire passer d'autres messages, donner à ces gens qui regardent Internet, une autre image peut-être de la civilisation que nous, nous défendons.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et aller travailler aussi en donnant des espérances aux banlieues.

GERARD COLLOMB
Je suis totalement d'accord avec vous, je crois que c'est un des problèmes fondamentaux. Aujourd'hui moi je regarde un certain nombre de quartiers, en particulier dans cette première couronne...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Autour de Lyon, de la région, de l'agglomération...

GERARD COLLOMB
Ah je dirais que Lyon, nous avons commencé à résoudre les problèmes, parce que si vous voulez, nous avons fait de la rénovation urbaine, avec une volonté de mixité sociale, là où il n'y avait que des gens paupérisés, nous avons remis les couches moyennes, et là où nous construisions de nouveaux quartiers, nous avons mis 30 % de logement social. Ça donne un équilibre qui est plus grand.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc Lyon et la région lyonnaise peuvent devenir un exemple, au moins dans ce domaine.

GERARD COLLOMB
Peut-être.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors, vous avez parlé tout à l'heure du débat sur votre loi, qui est destiné à remplacer l'état d'urgence au mois de novembre. Vous l'avez à peine lancée que déjà elle fait polémique, et beaucoup se disent « à quoi sert de renoncer à l'état d'urgence si le gouvernement fait le droit commun, la loi ordinaire ? ». A quoi ça sert, parce que c'est simplement un transfert.

GERARD COLLOMB
Non ce n'est pas un transfert. Lorsqu'on regarde la loi de près, on s'aperçoit qu'on a beaucoup changé. Si vous voulez, d'abord, ce qui caractérise de manière globale les articles qui sont proposés, c'est que, avant, dans l'état d'urgence, c'était... ce qui était visé, c'était le trouble à l'ordre public de manière générale. Là, ça concerne uniquement le terrorisme, et très strictement défini par les articles de la loi. Ensuite, par exemple, sur les assignations à résidence...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il parait qu'il y en a 68.

GERARD COLLOMB
68 aujourd'hui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça veut dire qu'ils sont retenus chez eux, à leur domicile.

GERARD COLLOMB
Voilà. Donc, eux ne seront plus retenus demain à leur domicile, ils auront le droit de circuler dans leur commune pour leurs occupations familiales, pour aller travailler. Ils pourront bénéficier, s'ils le demandent, d'un bracelet électronique qui leur permettra de sortir de ces frontières, de manière à ce que l'on puisse quand même garder un contact avec eux. Parce que, voyez, moi j'ai eu le cas à Lyon, de quelqu'un dont on avait perdu la trace, qui était venu à Lyon, c'était à Saint-Quentin-Fallavier, et c'était celui qui avait décapité le chef d'entreprise pour qui il travaillait.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais si vous permettez, est-ce que vous n'aggravez pas le risque, parce qu'à partir du moment où il sera plutôt libre dans la commune, il peut à tel ou tel moment, comme ... agir et commettre un attentat. Plus... à l'endroit, chez lui, mais dans la commune.

GERARD COLLOMB
Il faudra qu'il vienne se présenter et il sera évidemment toujours suivi par nos services.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et Gérard COLLOMB, vous débaptisez les perquisitions administratives, j'ai vu que vous en faites des visites.

GERARD COLLOMB
Et des saisies.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais qui les décide, qui les autorise ?

GERARD COLLOMB
Alors, c'est le ministre de l'Intérieur, après avoir averti le procureur, et sous le contrôle, le procureur de Paris, pardon, spécialisé comme vous le savez dans le terrorisme, et avec un contrôle du juge de la liberté et de la détention parisien, c'est-à-dire que nous aurons deux personnes, le procureur et le GLD, qui auront à connaitre de toutes les affaires de terrorisme français et qui seront donc spécialisés...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais qui commence ? Qui alerte l'autre ?

GERARD COLLOMB
C'est le ministre de l'Intérieur qui prévient le procureur, et ensuite la saisie se fait sous le contrôle du GLD.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et si le juge des libertés dit non ?

GERARD COLLOMB
Eh bien s'il dit non, on arrête la perquisition et puis c'est tout.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bon. Il peut dire non, il a sa liberté, il intervient.

GERARD COLLOMB
Absolument.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et dans quel cas les mosquées seront fermées ? Parce qu'avant c'était presque définitivement, maintenant vous dites, on voit dans le projet, six mois. Et si c'est six mois, est-ce que c'est six mois renouvelables ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, ce que nous voulons faire pour les mosquées, d'ailleurs il n'en a pas beaucoup de concernées...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Combien ?

GERARD COLLOMB
Je peux vous dire qu'on en a trois que l'on souhaite fermer. C'est simplement pour apologie, donc, de terrorisme et donc provocation à commettre les actes de terrorisme, donc c'est extrêmement encadré. Vous savez que la Convention européenne des droits de l'homme prévoit évidemment la liberté des cultes et encadre cela de manière très spécifique.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Très bien. Vous dites trois, et pourquoi vous ne le faites pas, pourquoi vous ne les fermez pas ?

GERARD COLLOMB
On est en train de les fermer.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ah bon ? Vous êtes en train de fermer trois.

GERARD COLLOMB
Bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et les autres vous les surveillez.

GERARD COLLOMB
Et on en avait, si vous voulez, depuis le début de l'état d'urgence, on en a fermé 16 autres.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et si l'imam qui fait de prédications un peu dangereuses, il revient ou il est mis dehors ?

GERARD COLLOMB
Non, alors, en général, ce que l'on fait, c'est que l'on change l'association cultuelle et que l'on rouvre ensuite la mosquée avec des imams qui évidemment sont choisis pour avoir un islam ouvert et compatible avec les valeurs de la République.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Avant de passer aux migrants, vous définissez un périmètre de protection, les stades, les salles de spectacle, etc. Mais d'ores et déjà, qui protège pour les vacances d'été ? Qui ?

GERARD COLLOMB
Eh bien nous avons le dispositif Vigipirate, donc adapté aux vacances d'été, c'est-à-dire qu'on fait basculer plutôt Vigipirate sur les plages, sur les lieux de résidences, sur les festivals, qu'évidemment pour le Tour de France cycliste, on déploie une force considérable, puisque ça sera au total 23 000 policiers et gendarmes qui vont encadrer le Tour de France.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et ça donc tout l'été, quand on parle vacances...

GERARD COLLOMB
Tout l'été.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
... vous dites que pour les policiers et la sécurité il n'y a pas de vacances.

GERARD COLLOMB
Ah il n'y a pas de vacances pour les policiers, malheureusement. D'ailleurs moi je veux les remercier, parce que depuis, on va dire, quelques années, ils font un travail intense et c'est vrai que beaucoup font des sacrifices sur leur vie personnelle, pour pouvoir protéger nos concitoyens.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais, une parenthèse, on a entendu qu'il faut équilibrer les budgets, et que la plupart des ministères vont faire des économies. Est-ce que votre ministère est tenu à des économies ou il est sanctuarisé ?

GERARD COLLOMB
Alors, c'est à la fois donc la nécessité de faire des économies, comme tout le monde...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous aussi ?

GERARD COLLOMB
Oui, mais en même temps le président de la République s'est engagé à créer 10 000 postes et ceux-là vont être maintenus, c'est-à-dire qu'il y a des endroits, parce que le ministère il est large, nous allons devoir faire des économies pendant que sur d'autres nous redéployerons les effectifs.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Un mot, vous avez dit « les plages seront protégées ». Est-ce que vous accepterez qu'on se baigne en burkini ?

GERARD COLLOMB
On a déjà eu à juger ce type de problème, parce que si vous voulez, il y avait une personne qui pendant le festival de Cannes avait fait venir par provocation, un certain nombre de femmes de Paris, pour les faire se baigner sur la Croisette.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
S'il recommence, qu'est-ce que vous lui faites ?

GERARD COLLOMB
Eh bien vous savez que ce sont des maires qui prennent des arrêtés pour trouble à l'ordre public, et donc c'est après le juge qui contrôle si effectivement il y avait trouble à l'ordre public.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Monsieur le Ministre de l'Intérieur, Monsieur le Ministre d'Etat, Gérard COLLOMB, le 12 juillet vous allez présenter au Conseil des ministres votre plan migrants. D'ores et déjà, on sait, et Amnesty vient de le dire aujourd'hui, l'été 2017 est un des plus meurtrier qui soit, avec des naufrages et des sauvetages en Méditerranée, et une Italie qui craque et une Europe qui a l'air débordée. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il ne faut pas décréter là l'état d'urgence ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, lorsqu'on retarde ce qu'on été les phénomènes migratoires dans les dernires années, on a d'abord eu ce qu'on appelle la route des Balkans, c'est-à-dire le passage depuis la Turquie jusqu'au centre de l'Europe, en passant par les Balkans, ceci aujourd'hui n'est plus un problème, dans la mesure où entre l'Union européenne et la Turquie, il y a eu un accord, et aujourd'hui il n'y a plus que 4 000 personnes, 4 800 qui passent...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
ERDOGAN, le gentil démocrate ERDOGAN, joue le jeu, là, de l'accord avec l'Europe.

GERARD COLLOMB
Qui a permis effectivement...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais la Libye et l'Italie ?

GERARD COLLOMB
Alors aujourd'hui c'est le problème de la Libye, parce qu'effectivement il n'y a plus d'Etat stable, même si nous essayons d'aider à en constituer un, et c'est vrai que vous avez des flux qui viennent depuis le Sahel, d'autres même qui arrivent de plus loin. Vous avez par exemple un afflux de gens du Bengladesh, qui arrivent directement à Tripoli, et qui trouvent un certain nombre de passeur qui veulent les emmener de l'autre côté de la Méditerranée. Il faut bien voir qu'on a affaire à des trafiquants qui sont d'une cruauté terrible. Aujourd'hui...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui oui. Des tortionnaires, des salopards tortionnaires, Amnesty le dit, avec des témoignages.

GERARD COLLOMB
Bien sûr. Aujourd'hui, par exemple, devant le tribunal de Turin, le procureur de Turin a dit que sur un camp qui est du côté de Misrata, qu'il n'avait jamais vu cela depuis la deuxième guerre et les camps de concentration. Ça dit l'horreur quand même. Donc, ce que nous voulons, c'est passer un certain nombre d'accords avec des pays d'où viennent ces migrants, qui ne sont pas des réfugiés politiques, mais qui sont des migrants économiques. Et le président de la République a dit l'autre jour qu'il fallait faire la distinction entre effectivement les réfugiés, pour qui...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais ça c'est beau à dire, mais comment vous faites la distinction ?

GERARD COLLOMB
Eh bien si vous voulez, nous allons essayer d'établir, au Sud de la Libye, une espèce de cordon sanitaire qui nous permette de couper la route aux passeurs...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ça, il y a longtemps que Xavier BERTRAND le demandait.

GERARD COLLOMB
Oui. Et nous allons travailler, vous parliez du Sommet de Tallinn qui a lieu demain, qui concerne l'Union européenne, mais il va y avoir dans quelques semaines, le 24 juillet, un sommet qui va avoir lieu à Tunis, avec les pays de la méditerranée, pour justement parler de cela.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'ici là, il y aura encore des types qui seront morts dans la Méditerranée.

GERARD COLLOMB
Nous voulons, tout de suite, tout de suite, nous avons demandé, et c'est aujourd'hui à Tallinn, que l'Union européenne va demander les choses...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est Jacqueline GOURAULT, votre ministre, qui y va.

GERARD COLLOMB
... que le HCR et l'Office international des migrants, puisse effectivement installer un certain nombre de bases, de manière à pouvoir traiter l'afflux de migrants du Sud et éventuellement quand c'est des pays sûr, renvoyer dans leur pays.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord, mais avec toutes les armées de l'Europe, il n'y a pas besoin d‘aller taper sur ces salopards dont vous parlez, les tortionnaires qui sont dans le sud de la Libye ? Pas recommencer la guerre de Libye, évidemment, mais aller prendre ces milices bien organisées, avec leurs complices et leurs réseaux d'assassins ?

GERARD COLLOMB
Alors, monsieur Jean-Pierre ELKABBACH, je vous comprends, mais ce n'est pas moi qui peux prendre ce type de décision, parce qu'il y a des milices, quand même, armées très fortes et il faut déployer des forces de manière conséquente.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Prenez-les, dites à votre collègue de le prendre. Là, je mets une parenthèse, parce qu'on vient de me dire qu'il y a une opération anti terroriste en cours en Belgique, et qu'il y a des menaces de terrorisme et peut-être des gens qui passeraient la frontière. Qu'est-ce que vous en pensez ?

GERARD COLLOMB
Eh bien nous savons qu'il y a aujourd'hui, donc, une opération qui visait quelques individus, qui était d'une part en Belgique, d'autre part en France. Je crois que le procureur s'est saisi de l'affaire, et donc aujourd'hui il y a enquête, donc je ne peux pas en dire plus, mais effectivement c'est encore une opération que la coopération entre les services français et les services belges a permis de déjouer.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc ils ne passeront pas les frontières comme des passoires.

GERARD COLLOMB
Ah mais vous savez, on a déployé beaucoup de gens aux frontières, pour pouvoir justement arrêter un certain nombre de gens terroristes qui effectivement circulaient à l'intérieur de l'Europe, et donc c'est comme cela que l'on peut empêcher qu'un certain nombre d'actes soient commis.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous ne vous êtes pas répartis si je peux me permettre, le travail, avec le président de la République ? Lui c'est l'humanitaire, le bon, et Gérard COLLOMB devient le méchant qui applique la logique sécuritaire ?

GERARD COLLOMB
Non, je crois qu'il y a un accord parfait avec le président de la République, il l'a dit d'ailleurs l'autre jour, il a dit : il faut vraiment séparer ce qui est demande d'asile et puis effectivement réfugiés économiques. Autant le devoir d'accueillir les uns est sacré, autant les autres ont vocation à repartir dans leur pays.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que, je veux dire, c'est facile de dire ça, parce que les réfugiés qui venaient de Syrie et d'Irak, ils sont beaucoup moins nombreux à venir, tandis que les migrants qui viennent du Sud Sahara, ils sont de plus en plus nombreux et le flux ne s'arrêtera pas.

GERARD COLLOMB
Mais monsieur ELKABBACH, pour vous donner un exemple et pour vous montrer que ces problèmes sont effectivement complexes et qu'il faut les résoudre, aujourd'hui par exemple au Pakistan, vous avez trois millions d'Afghans qui vont être refoulés du Pakistan. Si évidemment ils viennent tous en Europe, on voit que les problèmes pour l'Europe ne sont pas finis et donc il est obligatoire pour nous, d'avoir une certaine politique de fermeté et donc de surveillance des frontières de l'Union européenne.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire qu'ils viennent, mais on ne peut pas le accueillir tous. Par exemple, vous avez parlé des Afghans, on dit qu'il y a à peu près 80 à 100 Afghans qui arrivent chaque jour d'Allemagne, qui étaient venus avec le million de migrants à Paris et qui vont Porte de la Chapelle ou dans le centre d'accueil d'Anne HIDALGO. D'abord, est-ce que c'est vrai ?

GERARD COLLOMB
Nos problèmes aujourd'hui sont concentrés sur trois ou quatre aspects. Le premier c'est évidemment Calais, j'en ai parlé ces semaines dernières.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pas de centre d'accueil, pas de jungle nouvelle.

GERARD COLLOMB
Et pas laisser se reconstituer effectivement une jungle qu'on ne contrôlerait plus. Le deuxième, c'est les Alpes Maritimes, mais le travail avec les Italiens se fait en parfait partenariat. Nous avons un problème spécifique sur l'Est de la France, avec les Albanais, mais nous sommes en relation avec les autorités albanaises pour essayer de le résoudre. Et enfin, le dernier problème concerne Paris, puisqu'arrivent 400 personnes par jour, pardon, par semaine, sur Paris...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
1 600 par mois !

GERARD COLLOMB
Et donc évidemment c'est totalement insoluble, ça veut dire qu'il faut qu'un certain nombre de gens, qui n'ont pas droit à l'accueil et à l'asile, on puisse très vite instruire leur dossier et les renvoyer dans leur pays.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors, ça veut dire, à Paris, il y a... la Maire de Paris est débordée, et est-ce qu'il faut ouvrir de nouveaux centres d'accueil à Paris ?

GERARD COLLOMB
Si vous voulez, c'est toujours le même problème, c'est-à-dire qu'au départ on se dit : « Je vais ouvrir un centre où je vais avoir 500 personnes »...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et après on est débordé.

GERARD COLLOMB
Et puis ensuite, vous avez 3 à 4 000 personnes et vous êtes bien obligé de résoudre le problème.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu'est-ce qu'il faut qu'elle fasse ? Qu'est-ce que vous dites à Anne HIDALGO qui va s'exprimer cet après-midi ?

GERARD COLLOMB
Eh bien si vous voulez, ce que l'on va faire, c'est-à-dire prendre en compte le problème, puisqu'on ne veut pas qu'il y ait 2ou 3 000 personnes qui soient effectivement dans les rues des Paris, Porte de la Chapelle c'est devenu aujourd'hui totalement insoutenable, avec les problématiques...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et c'est inadmissible.

GERARD COLLOMB
... qui se sont passées les semaines dernières.

.JEAN-PIERRE ELKABBACH
A l'égard des femmes, etc. Et qu'est-ce que vous faites ?

GERARD COLLOMB
Donc, à partir de là, nous allons répartir à la fois sur l'Ile-de-France, peut-être ouvrir un certain nombre de gymnases, à la fois dans la première couronne mais en même temps sur Paris, de manière à répartir les migrants.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui, mais en même temps vous faites un appel d'air.

GERARD COLLOMB
Non, parce qu'ils seront... il y aura très très vite un examen de la situation et une reconduite aux frontières. Ceux qui ne veulent pas reconduire dans leur pays, ne maitriseront jamais les flux migratoires.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et vous dites reconduite à la frontière et la demande d'asile. L'OFPRA fait un boulot formidable, ils sont 800, il faudrait des renforts, peut-être que vous allez leur accorder.

GERARD COLLOMB
Bien sûr, je suis allé visiter l'OFPRA il y a 15 jours.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Ils veulent des renforts, peut être que vous leur donnerez dans votre plan, et ils ont réduit déjà en quelques temps la durée de la demande d'asile. Vous voulez qu'ils réduisent encore ce temps ? A combien ?

GERARD COLLOMB
Oui, on veut arriver à 6 mois, donc l'examen, donc de manière à ce que, si vous voulez, les demandeurs d'asile authentiques puissent bénéficier assez vite d'une protection et que les autres puissent être expulsés.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dernière remarque, madame MERKEL, elle avait accueilli 1 million, en réalité, il reste combien de ce million ? Parce qu'ils sont là, et puis après avec l'espace de Schengen ouvert, ils circulent.

GERARD COLLOMB
Je pense qu'aujourd'hui il y a à peu près encore en Allemagne 800 000 personnes, qui sont restées intégrées, mais qu'effectivement, il y a eu des déboutés du droit d'asile, qui aujourd'hui essaient par exemple de venir en force.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et à Paris, chez madame HIDALGO ? Le président de la République a lui même dénoncé il n'y a pas longtemps des dysfonctionnements dans les services de police. Un fichier, un fiché S portait des armes, avait le droit à un port d'armes. Dans quels cas vous serez sûr que ça ne se reproduira plus ?

GERARD COLLOMB
Eh bien j'ai tout de suite envoyé une circulaire aux préfets, pour leur demander d'examiner l'ensemble des situations où les gens pouvaient être dans le fiché S et en même temps détenteurs d'armes. Nous en avons trouvé une petite centaine et nous sommes en train d'évacuer tous ceux-là.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Sur 15 000 fichés S, il n'y aurait qu'une centaine, et là vous en êtes sûr. Ceux-là alors ?

GERARD COLLOMB
Nous sommes en train, évidemment, d'évaluer la situation et de retirer les armes. Mais vous savez, dans le fiché S, il y a tout le monde. Le fichier qui vise les radicalisés, c'est le fichier SPRT, qui lui est véritablement ceux qui peuvent passer à l'acte parce qu'ils sont radicalisés.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous pensez que vous arriverez à réduire et à contrôler l'autorisation du port d'armes ?

GERARD COLLOMB
Eh bien on va rendre, on va cribler de manière plus difficile, et si vous voulez, chaque fois la décision sera prise par le préfet, parce que là, la décision n'avait pas été prise par le préfet. Quand il y aura un cas litigieux, Ça sera au préfet de prendre sa responsabilité et de décider.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Qu'est-ce que vous voulez incarner, vous qui êtes ministre de la police, mais pas seulement de la police ? Il y en a qui disaient « Je veux être le premier flic de France », etc. Gérard COLLOMB, qu'est-ce qu'il veut incarner ?

GERARD COLLOMB
Eh bien écoutez, moi je veux incarner une société future apaisée, mais pour pouvoir apaiser, il faut commencer au départ, par avoir de la fermeté. Alors, cela ne suffit pas, et donc il faut conjuguer avec toute une série de politique, d'emploi, d'urbanisme etc. que nous allons faire avec nos collègues. Mais moi, je suis en charge de la sécurité, je vais assurer cette sécurité.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire, si on devait dessiner et faire le portrait de Gérard COLLOMB, on lui met un casque bleu et une matraque.

GERARD COLLOMB
Non, parce que, si vous voulez, la difficulté par rapport au temps où j'étais maire de Lyon, c'est que quand j'étais maire de Lyon, je m'occupais de tout, c'est-à-dire que c'était moi qui faisais à la fois la sécurité, l'urbanisme, l'emploi, la culture, là je suis un peu spécialisé, donc ça ne m'empêcher pas d'avoir...

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Allez, droit dans le costard.

GERARD COLLOMB
Ça ne m'empêche pas d'avoir des sentiments et de dire au conseil des ministres comment il faut reconstruire global, de manière globale notre société, qui effectivement s'est beaucoup déstructurée au cours des dernières années.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous vouliez fusionner, quand vous êtes arrivé, le GIGN, la BRI et en même temps le RAID. Vous allez le faire ?

GERARD COLLOMB
Nous sommes en train de regarder, parce qu'on ne fait pas ça, comme ça, en claquant des doigts. Nous regardons, nous ne nous interdisons rien. Vous avez vu que le président de la République a lui-même créé sa task-force de manière à coordonner des GISI, des GSE, les armées, etc. nous-mêmes nous regardons.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
La task-force, elle commence à être opérationnelle, mais vous ne croyez pas qu'il était temps que l'équipe se passe les informations, par souci d'efficacité...

GERARD COLLOMB
Oui, bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Au lieu de faire de l'égotisme et du narcissisme corporatiste ?

GERARD COLLOMB
Bien sûr. Comme vous le savez, les services secrets ont beaucoup évolué en l'espace de quelques années, et du fait d'ailleurs de la menace terroriste. Avant, ils étaient quand même plutôt spécialisés dans le contre terrorisme, c'est-à-dire par rapport aux autres pays considérés comme potentiellement pouvant nous poser des problèmes. Aujourd'hui, comme je l'ai indiqué sur l'évolution de la menace, il faut qu'ils regardent ce qui se passe sur le sol français et donc pouvoir déjouer les attentats qui aujourd'hui sont le principal souci de nos concitoyens.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et des gouvernements de toute l'Europe, des citoyens de toute l'Europe.

GERARD COLLOMB
Bien sûr.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous disiez tout à l'heure, « je ne peux pas faire ce que je faisais à l'époque quand j'étais à Lyon ». Mais vous ne le faites pas, mais c'est le président de la République qui fait tout.

GERARD COLLOMB
Absolument.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il fait tout. Les gens se disaient « le président MACRON va dévorer son Premier ministre ». Est-ce que dans ce qui s'est passé entre Versailles et l'Assemblée nationale, et vous les voyez les uns les autres, les premiers débats où les gens d'En Marche ! sont un peu intimidés et disciplinés, est-ce que voyez qu'il a fait disparaitre son Premier ministre ?

GERARD COLLOMB
Non, je crois qu'il y a un rôle très équilibré entre les deux. Lui, fixe le grand cap, prend les décisions qu'il faut, et ensuite le rôle du Premier ministre, délicat, c'est de mettre tout ça en musique, de faire surtout qu'il y ait une concordance entre le projet et le financement, ce qui par les temps qui courent n'est pas toujours facile.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Les Français vont garder avec raison, le souvenir et l'émotion de la cérémonie des Invalides hier. Simone VEIL était déjà la France quand elle avait 15 ans à Auschwitz Birkenau, c'est ce que nous disait hier Marceline IVENS. Aux Invalides, c'est le président MACRON qui a pris et révélé sa propre décision. On l'écoute.

EMMANUEL MACRON, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Je vous prie, madame, de recevoir l'immense remerciement du peuple français à l'un de ses enfants tant aimé, dont l'exemple, lui, ne nous quittera jamais. C'est pourquoi j'ai décidé, en accord avec sa famille, que Simone VEIL reposerait avec son époux au Panthéon.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Gérard COLLOMB, Emmanuel MACRON président, dit avec l'assentiment des deux fils, Jean et Pierre-François VEIL, « Je décide », je décide « je », sans hésiter et sans attendre. Qu'est-ce que ça dit aujourd'hui, pour cela et pour le reste du président de la République ?

GERARD COLLOMB
Eh bien d'abord, si vous voulez, je dirais que la décision de mettre au Panthéon ensemble Simone et Antoine VEIL, est quelque chose de remarquable, parce que c'était un couple indissociable dans la vie, et donc on ne pouvait pas mettre Simone sans Antoine. Mais la décision, c'est celle du président. Oui, nous avons un président qui décide. Et je crois que si aujourd'hui les Français retrouvent la fierté de leur pays, c'est parce qu'ils voient un président qui s'affirme, qui s'affirme en France, qui s'affirme en Europe, qui s'affirme dans le monde.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous ne regrettez pas d'avoir été un des premiers Marcheur alors.

GERARD COLLOMB
Eh bien écoutez, je dois dire que je suis très fier des choix que j'ai fait à l'époque. J'étais un peu isolé, personne n'y croyait et aujourd'hui le président de la République prend des décisions qui honorent la France, qui peut-être lui rendent sa place.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous gardez votre foi en Emmanuel MACRON, mais vous vous rendez-compte que, est-ce qu'on peut rester enthousiaste quand il y a le choc, le poids du réel qui fait parfois différer des promesses ?

GERARD COLLOMB
Ah mais c'est quelqu'un qui a toujours été dans la prise en compte du réel, c'est en ce sens d'ailleurs qu'on sen retrouvait. Quand tant de gens pensaient la France comme il y a 30 ans, lui il la pense dans le monde tel qu'il est aujourd'hui.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Merci d'être venu, Gérard COLLOMB, et bonne journée qui va être longue et lourde.

GERARD COLLOMB
Merci.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et nous, à demain.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 juillet 2017

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