Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à France Info le 17 juillet 2017, sur le budget pour 2018, l'admission post-bac et la politique étrangère. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Christophe Castaner, secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvernement, à France Info le 17 juillet 2017, sur le budget pour 2018, l'admission post-bac et la politique étrangère.

Personnalité, fonction : CASTANER Christophe.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, porte-parole du Gouvvernement

ti : NICOLAS TEILLARD
Bonjour et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info, Jean-Michel APHATIE nous a laissé les clefs, la politique est restée. Nous serons au rendez-vous, tout au long de l'été avec vous, avec Jannick ALIMI à mes côtés. Bonjour.

JANNICK ALIMI
Bonjour.

NICOLAS TEILLARD
Notre consoeur du Parisien. Et puis, notre invité, porte-parole du gouvernement, secrétaire d'Etat, chargé des Relations avec le Parlement. Bonjour Christophe CASTANER.

CHRISTOPHE CASTANER
Bonjour.

NICOLAS TEILLARD
Les relations avec les élus locaux, avant de parler du Parlement, seront au coeur de cette journée. Le Premier ministre, ce matin, le président, cet après-midi, sont attendus à la conférence des territoires, au Sénat, attendus de pied ferme par des élus locaux, inquiets, qui craignent les effets de la réforme de la taxe d'habitation. Est-ce que vous pouvez les rassurer ?

CHRISTOPHE CASTANER
Oui, bien sûr, d'abord, préciser que c'est le gouvernement qui a organisé cette invitation, pour vous dire que, il n'y a pas à nous attendre de pied ferme, puisque quand on est invité…

NICOLAS TEILLARD
Pour dire qu'il avait peut-être besoin aussi d'organiser aussi une entrevue…

CHRISTOPHE CASTANER
Voilà, quand on est invité, c'est plutôt dans un esprit convivial, il nous paraît important de dialoguer, d'échanger, c'est vrai quand on travaille sur la réforme du code du travail, mais c'est vrai aussi avec les élus, je suis maire jusqu'à mercredi, ensuite, je ne le serai plus de ma commune de Forcalquier. Et je sais ces inquiétudes, mais aujourd'hui, la taxe d'habitation est un impôt injuste, c'est un impôt archaïque, c'est un impôt qui frappe sans distinction de vos revenus, ceux qui veulent rester propriétaires ou locataires de la maison familiale par exemple, que l'on veut garder, et donc on est dans cette situation d'un impôt qu'il nous faut changer. Et donc je sais l'inquiétude, mais ce que je sais aussi, c'est qu'aujourd'hui, un tiers de la taxe d'habitation est déjà compensée à 100 %, depuis de très longues années par l'Etat, en faveur des communes, et qu'au fond, on l'a juste oublié. Donc je les invite, mes collègues maires à avoir confiance dans la parole d'Emmanuel MACRON, qui a dit que nous compenserons à l'euro près, en prenant en compte l'élargissement des bases, c'est-à-dire si la commune grandit, une petite augmentation chaque année de ces bases aussi, dans la compensation, et donc du coup, c'est un pari gagnant/gagnant…

NICOLAS TEILLARD
Sur plusieurs années, parce que c'est l'inquiétude des élus de dire : il y aura une compensation, un an, peut-être deux, et puis, ensuite, c'est oublié, c'est avalé par d'autres promesses ?

CHRISTOPHE CASTANER
Ce que je vous disais, c'est que, aujourd'hui, 5,2 milliards sont déjà compensés. Ça fait plusieurs dizaines d'années. Et au fond, on l'a oublié. Donc l'Etat est capable, quand il donne sa parole, de la tenir. Mais il y a un autre phénomène, en fait, l'inquiétude, elle est où, autant se parler franc ? Elle est du fait des baisses de dotations en fonctionnement de l'Etat depuis 2010, c'était François FILLON qui était Premier ministre, ça a continué ces cinq dernières années. Et nous souhaitons aujourd'hui, au-delà de la baisse de la taxe d'habitation, proposer un contrat aux collectivités locales, pour continuer à baisser les dépenses de fonctionnement, mais à l'inverse, augmenter les dépenses d'investissement qui sont productives de capacité d'emploi dans les communes demain, si vous investissez dans une zone d'activité ou qui sont productives d'équipements structurants pour nos communes.

JANNICK ALIMI
Oui, mais Christophe CASTANER, au-delà de l'aspect financier que peut poser la baisse de la taxe d'habitation, il y a aussi un problème d'autonomie des collectivités locales, si la taxe d'habitation est progressivement remplacée par des dotations, que l'Etat décide, dont la distribution est décidée par l'Etat, c'est ça que craignent les élus locaux, au-delà aussi d'une autre réforme que vous préparez et que va peut-être détailler tout à l'heure Emmanuel MACRON, qui est le big bang territorial, puisqu'on parle de fusion, et donc de disparition de départements. Donc quelle est votre réponse, là, par rapport à l'inquiétude des élus locaux, sur leur autonomie en tant que telle ?

CHRISTOPHE CASTANER
Il y a deux réponses, d'abord, la taxe d'habitation, son montant sera ramené à zéro, pour les contribuables, pour les familles qui paient cet impôt dont je disais qu'il était injuste. Mais les maires garderont la possibilité, s'ils le veulent, de rehausser le taux, mais pour être honnête avec vous, quand le taux est à 14,10 % et que le maire décide de le passer à 14,60, ça ne se voit pas. Et donc du coup, les maires ont tendance… et cet impôt n'a cessé d'augmenter ces dernières années. Si par contre, demain, il est à zéro, parce qu'il sera ramené à zéro par l'Etat, et que le maire décide de le passer à 1, ça va se voir. Il faudra du courage politique. Et ça, peut-être aussi que c'est une question qui n'est pas posée, mais qui est cachée derrière les inquiétudes de certains maires. Deuxièmement, le big bang, il n'y aura pas de big bang, Emmanuel MACRON a dit que, il ne souhaitait pas une nouvelle grande loi NOTRe, qui va modifier partout ce qui doit se faire. Par contre, il y a des possibilités, communes nouvelles, deux petites communes ou trois petites communes qui décident de se regrouper pour travailler ensemble, faire des économies d'échelle et être plus fortes, ce n'est pas idiot. Et la seule proposition…

JANNICK ALIMI
Des départements également…

CHRISTOPHE CASTANER
La seule proposition qui va être présentée aujourd'hui, c'est celle de faire en sorte où partout vous avez une métropole qui est organisée, qui est déjà à un échelon administratif puissant aujourd'hui et un département, nous allions vers la fusion de ces deux structures, ça ne concerne que certains territoires, ils ne sont pas si nombreux que cela en France. Et où vous avez une métropole et un département, je prends l'exemple des Bouches-du-Rhône par exemple, mais je peux prendre l'exemple aussi…

JANNICK ALIMI
Paris…

CHRISTOPHE CASTANER
De Lyon. A Lyon, eh bien, à Paris, vous avez déjà la fusion entre départements et communes, mais à Lyon, où ça s'est fait naturellement, où il y a eu un accord politique entre la droite et la gauche, Michel MERCIER d'un côté, Gérard COLLOMB de l'autre, et ça s'est fait, on a juste supprimé un échelon, partout où on peut, faisons-le. Mais on ne va pas faire une énième loi d'organisation territoriale, on sort d'une loi, la loi NOTRe, qui a deux ans maintenant, il ne s'agit pas de s'amuser à faire en sorte que chaque fois qu'il y a un ministre, il veuille marquer de son sceau la République française par une loi. Voyons comment elle fonctionne, là où il y a des blocages, on lève les blocages, on change la règle. Là où il n'y en a pas, on maintient le système.

NICOLAS TEILLARD
Il y a un autre rendez-vous important aujourd'hui, c'est une concertation lancée sur l'entrée à l'université, il y a encore près de 90.000 élèves qui sont dans l'attente d'une solution pour la rentrée, une concertation est lancée, est-ce qu'on a des réponses dans l'immédiat pour ces 87.000 bacheliers ?

CHRISTOPHE CASTANER
D'abord, comme chaque année, hélas, depuis trop longtemps, et on n'a jamais réglé le problème, il y a ces tensions pendant l'été, tous finissent par trouver une proposition, mais pas forcément la proposition qui correspond à leur volonté, pire, il y a des endroits où on pratique le tirage au sort, et donc l'élève, super motivé, qui a eu mention très bien, n'est pas tiré au sort, et donc il ne fera pas médecine, alors que c'était le rêve de sa vie, on voit bien qu'on a un système qui est totalement idiot et qu'il faut le réformer. Nous venons d'être élus il y a trois semaines, avec le nouveau Parlement, et donc évidemment, nous n'avons pas préparé cette rentrée, la ministre, Frédérique VIDAL, est mobilisée à fond sur ce sujet, d'où la concertation. Notre objectif est de gérer au mieux la rentrée de septembre, et de transformer le système pour la rentrée de l'année prochaine.

NICOLAS TEILLARD
C'est-à-dire de le transformer ?

JANNICK ALIMI
Justement, Christophe CASTANER, pardon, je…

CHRISTOPHE CASTANER
C'est le principe de la concertation, je réponds à votre question, si je vous donne le résultat de la concertation tout de suite, j'ai peur que pour la ministre, difficile de dire : je vais concerter avec les uns et les autres. Et puis, vous savez, on n'a pas de solution miracle, et c'est plutôt avec les professionnels, avec les présidents d'universités, avec les doyens, avec les représentants d'étudiants, avec les familles qu'il faut qu'on cherche les solutions.

JANNICK ALIMI
Mais Christophe CASTANER, la ministre justement de l'Enseignement supérieur vient de dire et de reconnaître que c'était un énorme gâchis cette procédure post-bac…

CHRISTOPHE CASTANER
Je viens de le faire aussi…

JANNICK ALIMI
Vous confirmez et vous critiquez les modalités présentes.

CHRISTOPHE CASTANER
Reprenez l'exemple que je viens de donner, quand vous avez un étudiant motivé, qui a eu mention très bien, ma fille vient d'avoir son baccalauréat, elle a une envie de formation, et si, parce qu'elle n'est pas tirée au sort, elle ne peut pas aller vers cette formation, c'est évidemment totalement idiot, c'est injuste, mais en plus, ça démotive totalement les élèves, y compris pour aller vers la mention très bien au bac. Donc oui, ce système doit être revu. On a eu une explosion du nombre d'étudiants, de bacheliers, qui allaient arriver et qui sont des étudiants d'aujourd'hui, on n'a pas ouvert les capacités d'accueil nécessaires. Il est nécessaire d'agir. Mais on ne peut pas le faire d'un coup de baguette magique. Moi, j'aurai toujours adoré être le Père Noël, y compris quand j'étais tout petit, à l'approche du 24 décembre. Et puis, au fond, j'ai découvert depuis que je ne l'étais pas. Le gouvernement, c'est un peu la même chose, il va gérer au mieux avec les universités la rentrée de septembre. Par contre, nous devons changer le système en profondeur pour la rentrée suivante.

JANNICK ALIMI
En amont également, c'est-à-dire au niveau du bac, qui est la principale condition pour avoir accès aux universités ?

CHRISTOPHE CASTANER
Alors, il y a la volonté de réformer le bac, vous le savez, nous le ferons dans la mandature, en concentrant les épreuves du bac sur seulement quatre principales matières. Mais il y a aussi l'orientation. Le problème de fond est que, on pourrait dire : il y a 100 % des étudiants qui rentrent à l'université, mais ce qui me préoccupe aussi, c'est de savoir qu'il y en a la moitié, et quelquefois plus, qui sont en échec à bac + 1, bac + 2. Donc là aussi, mobilisons-nous sur l'orientation, l'objectif n'est pas de rentrer à l'université, je dirais que l'objectif est d'en sortir et d'avoir un boulot.

NICOLAS TEILLARD
Christophe CASTANER, porte-parole du gouvernement avec nous, encore quelques minutes, on fait un point sur l'info.

/// (Flash info) ///

Christian CASTANER, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement est l'invité politique de France Info. Jannick ALIMI est avec nous pour l'interroger. Le président de la République a réaffirmé hier la responsabilité de la France dans la tragédie du Vel d'Hiv, discours prononcé en présence du Premier ministre israélien Benjamin NETANYAHU, qui s'est exprimé d'ailleurs et en français, on va l'écouter.

(…)

NICOLAS TEILLARD
Un symbole fort dit Benjamin NETANYAHU, il y a beaucoup de symboles dans la diplomatie d'Emmanuel MACRON depuis plusieurs semaines, est-ce que c'est seulement de la vitrine ?

CHRISTIAN CASTANER
Non mais comme en politique, le symbole est important. Et cette main tendue à Benjamin NETANYAHU qui lui dit qu'il a évidemment toute sa place au côté du président français, au côté de la communauté juive de France à Paris hier pour commémorer la déportation et l'organisation et la complicité de l'administration française dans la déportation de familles, d'enfants, de femmes juifs de Paris et de France, ça a du sens. Mais au-delà ensuite, ils se sont…

NICOLAS TEILLARD
Derrière le symbole.

CHRISTIAN CASTANER
Au-delà, ils se sont mis au boulot, je suis en train de vous le dire. Et donc le président de la République a pu rappeler sa volonté d'avoir deux Etats, l'Etat palestinien, l'Etat d'Israël avec comme capitale Jérusalem. Le président de la République a pu rappeler à Benjamin NETANYAHU sa condamnation des colonisations. Le président de la République…

NICOLAS TEILLARD
Ça porte ça, ça peut avoir un effet ?

CHRISTIAN CASTANER
Vous savez, la question de la diplomatie c'est le ministère aussi de la parole, de l'influence, quelques fois du rapport de force. Mais ça n'est pas la France qui va intervenir en Israël pour organiser la paix. Par contre, nous sommes un des éléments, un des marqueurs de cette paix. Et le fait que le président de la République français ait trouvé toute sa place dans le concert européen, on le voit bien depuis quelques semaines et ce n'est pas que du symbole, mais aussi dans la discussion mondiale avec Vladimir POUTINE, avec Donald TRUMP mais aussi avec Benjamin NETANYAHU qu'il n'avait rencontré qu'une fois, je pense que c'est aussi important que la France, la parole de la France retrouve de l'aura, retrouve de l'importance.

JANNICK ALIMI
Au-delà de la parole de la France, il y a le processus de paix qui pourrait être démarré. Alors comme vous le disiez, comme vous le rappeliez, Emmanuel MACRON a vu Donald TRUMP avant Benjamin NETANYAHU, est-ce que vous pensez qu'un processus de paix peut être rationnellement redémarré peut-être justement sous les bons offices et de la France et de Donald TRUMP, peut-être aussi de l'ONU, mais on sait qu'une relance par l'ONU est rejetée par Israël ? Donc est-ce que vous croyez rationnellement qu'il peut y avoir un début de reprise de négociations grâce à tout ce qui s'est passé à Paris cette semaine ?

CHRISTIAN CASTANER
D'abord ce serait prétentieux de dire que c'est grâce à tout ce qui s'est passé à Paris. Mais je pense effectivement qu'à un moment donné, ces deux peuples qui sont légitimes l'un et l'autre, le peuple d'Israël est légitime aussi à revendiquer sa sécurité, à défendre et à organiser la sécurité de son territoire, mais ces deux peuples ont besoin de dialoguer, de renforcer ça. Nous savons que si la France a une parole forte, c'est aussi l'engagement des Etats-Unis. Le premier déplacement au Moyen-Orient du président TRUMP a montré aussi un changement dans les équilibres, peut-être une façon de tourner le dos aussi à l'Iran. Et donc on sait aussi que le rapport entre l'Iran et Israël est extrêmement tendu, extrêmement inquiet. Donc il est important qu'on puisse (nous) favoriser ce dialogue en ne tournant le dos à aucun des pays. Toute la stratégie d'Emmanuel MACRON, que ce soit le Moyen-Orient mais que ce soit sur d'autres conflits que l'on connaît, comme la situation en Syrie, c'est de faire en sorte que la France puisse ramener celles et ceux qui s'opposent dans le cercle, dans la discussion, à la table de la discussion. Et donc nous jouons sur… et nous souhaitons le jouer aussi dans le conflit israélo-palestinien…

JANNICK ALIMI
Mais enfin il n'y a pas de calendrier, il n'y a pas d'agenda, il n'y a pas une accélération prévue encore une fois, après les rencontres entre Emmanuel MACRON, Donald TRUMP et Benjamin NETANYAHU.

CHRISTIAN CASTANER
Ecoutez ! Je ne vais pas relever ce qui a été dans la discussion entre le Premier ministre israélien et le président de la République française. Mais il y a cette volonté d'en sortir de la part du Premier ministre israélien, faisons-lui confiance. La question n'est pas pour nous de savoir qui est gentil, qui est méchant, ce n'est pas comme ça la diplomatie où vous faites avec des acteurs qui sont élus démocratiquement dans leur pays, qui gèrent aussi des conflits que nous n'imaginons pas, que nous ne vivons pas, je pense à la situation en termes de sécurité d'Israël…

NICOLAS TEILLARD
Christian CASTANER…

CHRISTIAN CASTANER
Donc il faut trouver avec eux des solutions, il ne faut pas stigmatiser. J'ai vu certains qui s'opposaient à la venue de TRUMP ou de NETANYAHU…

NICOLAS TEILLARD
Il a un rôle Emmanuel MACRON…

JANNICK ALIMI
Personne ne stigmatise, c'est justement…

CHRISTIAN CASTANER
Pas vous mais certains oui qui s'opposaient même à la venue de NETANYAHU hier, je pense qu'ils ont tort.

NICOLAS TEILLARD
Vous parlez international et diplomatie, il est aussi chef des armées Emmanuel MACRON, il est manifestement en froid avec le chef d'état-major des armées qu'il a recadré à plusieurs reprises ces derniers jours. Pourquoi cette tension rarissime à ce niveau-là ?

CHRISTIAN CASTANER
Parce que quand vous êtes chef, de temps en temps il faut aussi montrer votre autorité…

NICOLAS TEILLARD
Dans la presse ?

CHRISTIAN CASTANER
L'autorité n'est pas déléguée. Je crois que sur le sujet, il a fait un rappel à l'ordre sur quelqu'un qui s'était exprimé publiquement et qui a confirmé ses propos. Ce n'est pas une défiance, ce n'est pas une mise en cause mais le président de la République a tenu à rappeler qu'il était le chef des armées et que le chef des armées n'était pas sous l'influence de qui que ce soit. Je pense que c'est aussi un élément de la sécurité des Français, que de voir qu'Emmanuel MACRON a cette capacité aussi à ne céder à personne sur un sujet qui relève de son pouvoir régalien.

JANNICK ALIMI
Est-ce que vous pensez que Pierre DE VILLIERS, qui va rencontrer Emmanuel MACRON vendredi, va donner sa démission comme la logique semble le conduire ?

CHRISTIAN CASTANER
Non, il n'y a pas de logique, c'est un militaire, il sait aussi le sens de l'autorité. Et je pense qu'un militaire sait aussi que le rappel à l'ordre est nécessaire dans le management entre deux hommes qui vont discuter, ils vont se voir, ils vont échanger, ils prendront une décision ensemble. Emmanuel MACRON lui a confirmé sa confiance en le prorogeant dans ses fonctions, il faut qu'ils discutent, ils vont le faire.

NICOLAS TEILLARD
Vous avez utilisé le mot défiance, il y a une certaine défiance entre l'entourage d'Emmanuel MACRON et du parti En Marche. Avec les journalistes, on a des consignes manifestement avec une inquiétude de représentants d'En Marche, vous en faites partie de penser que les journalistes étaient là pour piéger certains députés ou certains ministres. Pourquoi ce climat ?

CHRISTIAN CASTANER
Ce n'est pas de la défiance mais en même temps…

NICOLAS TEILLARD
Quand on dit « il ne faut pas se laisser piéger par les journalistes », c'est une forme de défiance.

CHRISTIAN CASTANER
Non mais d'abord, vous savez ceux qui coachent… parce que là les propos sont de quelqu'un qui tentait de coacher le journaliste, c'était de dire « faites attention ». Mais vous savez même moi, quand je viens le matin ici, j'ai besoin de préparer l'émission et je me « méfie » de certaines de vos questions parce que j'ai peur de dire quelque chose qui ne serait pas conforme aux intérêts de la France, par exemple comme porte-parole du gouvernement. Et donc c'est aussi un propos que je peux tenir aux jeunes députés qui viennent : faites attention, l'exercice médiatique n'est pas un exercice facile et à un moment donné, certains journalistes peuvent effectivement vous piéger. Ça m'arrive assez régulièrement, je vois des titres de dépêches qui commentent des propos que j'ai pu tenir qui me surprennent. Mais ensuite ce n'est pas de la défiance, c'est plutôt un apprentissage. C'est vrai que s'il y a ce sentiment de défiance, il faut que nous le levions, vous êtes dans votre rôle y compris quand vous mettez en cause certaines de nos politiques, y compris quand vous enquêtez sur les uns et les autres.

JANNICK ALIMI
Quand vous dites « apprentissage » Christian CASTANER, ça veut dire que vous êtes conscient qu'il faut peut-être changer les modalités de votre communication et que vous allez le faire peut-être à la rentrée, c'est ça que vous nous annoncez ?

CHRISTIAN CASTANER
Non, non, mais je crois que la communication entre le président de la République, le gouvernement, les parlementaires et les Français se passe plutôt bien. Moi, je n'ai pas à juger de cela, je suis un élément de la communication, je ne suis pas un expert en communication. Et donc je crois qu'aujourd'hui il faut faire cela. Ensuite, on va se dire les choses…

JANNICK ALIMI
Oui, s'il vous plaît.

CHRISTIAN CASTANER
La tension, elle existe dans le fait que le président de la République a décidé de ne pas être un commentateur de commentaires. Et donc c'est très perturbant parce que nous n'étions pas habitués à ça. Je vais vous le dire avec un peu de brutalité, je pense qu'il ne changera pas et, donc, il va falloir que vous et que nous nous habituions à cette parole plus rare, plus maîtrisée que celles des commentaires et du off…

JANNICK ALIMI
Non, mais poser des questions après des points presse comme hier avec monsieur NETANYAHU, ça aurait peut-être été bienvenu et opportun !

CHRISTIAN CASTANER
Mais dans les points presse, le président de la République répond. Mais aujourd'hui, il veut maîtriser sa communication. Ça change, mais on va s'y habituer.

NICOLAS TEILLARD
Ce sera le mot de la fin. Christian CASTANER, porte-parole du gouvernement, était l'invité politique de France Info.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 juillet 2017

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