Déclaration de M. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, sur les principaux axes du plan Climat pour le quinquennat, à Paris le 6 juillet 2017. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, sur les principaux axes du plan Climat pour le quinquennat, à Paris le 6 juillet 2017.

Personnalité, fonction : HULOT Nicolas.

FRANCE. Ministre de la transition écologique et solidaire

Circonstances : Point presse de présentation du Plan Climat, à Paris le 6 juillet 2017

ti : « Ça fait du bien de savoir que nous ne sommes pas les seuls à nus inquiéter des évolutions climatiques. L'autre jour, j'échangeais avec l'un de mes collègues ministre et on se disait qu'on avait un tout petit peu, c'est probablement inhérant à la mise en place de notre fonction, le sentiment d'être un funambule avec cette petite inquiétude de basculer à chaque instant. Moi j'ai un ami qui fait cet exercice là et il m'a dit « Le seul moyen de ne pas tomber c'est surtout de ne pas regarder ses pieds, c'est de regarder droit. ». Je ne sais pas si c'est une parabole mais elle vaut pour l'action que nous aurons à mener dans ce ministère. Enormément des choix que nous aurons à faire ne seront pas forcément immédiatement compréhensibles si on ne les inscrit pas dans une vision du monde.

Le sujet du changement climatique est un sujet qui est particulièrement complexe parce que l'issue, de ce combat que nous menons, n'est pas immédiatement, que ce soit en positif ou en négatif parce que selon les choix que les uns et les autres allons prendre, je l'espère il va y avoir un dénouement heureux et même un saut qualitatif, je l'espère, de l'humanité, à l'inverse si on laisse les grandes tendances lourdes je crains qu'il n'y ait pas de dénouement heureux. Mais c'est un sujet compliqué parce que la menace pour nos concitoyens, et c'est vrai dans le monde entier, elle est diffuse, elle est aléatoire et l'échéance exacte ne peut pas vraiment être déterminée scientifiquement. Et, comme on a tendance à ne réagir que par la peur ce n'est pas un sujet qui spontanément, même si les choses ont bien évoluées, passe toujours au premier plan dans l'écran radar. Et, notre responsabilité ici c'est de faire en sorte que ce sujet prime sur tous les autres.

Mais il est complexe aussi, parce qu'il nous oblige à un exercice qui est un peu nouveau dans, je dirai, l'esprit de nos sociétés, de combiner deux lectures du temps. Le court terme qui se rappel à l'ordre à chaque instant avec parfois des urgences, des souffrances, des désarrois, qui, elles, sont très palpables et sur lesquelles nos concitoyens nous demandent de réagir tout de suite. Cette urgence là on ne peut pas l'esquiver mais on doit être également un garde-fou de souffrances que, je l'espère nous allons éviter. Et d'ailleurs, nous ne serons peut-être jamais reconnaissants mais nous ne sommes pas là pour ça. Notre rôle c'est de faire en sorte que la dynamique du fataliste et la dynamique de l'irréversible ne se combinent pas.

Pour dire les choses, parce que le plan climat que je vais présenter s'inscrit à ce moment très particulier où, au prétexte de la complexité économique, géopolitique, écologique parce que le 21ème siècle récupère les dettes et les conséquences des siècles précédents, on aurait tendance parfois à céder à une forme de résignation. Et, il ne vous a pas échappé que cette résignation, parfois, s'exprime même dans des régressions d'État. Et d'un État en particulier qui fait que le contexte dans lequel la France va se positionner sur ce sujet et un contexte très particulier puisqu'un des grands acteurs de la conférence de Paris a, pour l'instant pour le moins, fait une pause dans ses engagements. C'est un signal évidemment douloureux pour ceux qui n'ont pas les mêmes capacités à agir et n'ont pas les mêmes responsabilités historiques qu'un certain nombre de nations. Et je dirai que c'est un message assez violent à celles et ceux, y compris aux États-Unis, qui subissent les conséquences d'un phénomène qui est lui-même les conséquences d'un développement, je l'ai souvent dit, qu'ils n'ont pas provoqué, qu'ils n'ont pas bénéficié et pour certaines nations, je pense notamment en Asie mais aussi en Afrique, un mode de développement qui parfois c'est fait à leur détriment. Donc ça fait beaucoup d'injustices accumulées qui peuvent expliquer certaines violences de demain si nous n'y répondons pas rapidement.

D'où, moi je suis, je vous le dit d'emblée, très fier. Parce que la France aurait pu dire « Voilà puisqu'une grande nation sort, un tout petit peu, du train du climat nous allons ralentir ce train en attendant que chacun prenne sa part », c'est la réaction inverse qui a été prise par Emmanuel Macron et je m'en réjouis.

Le plan qu'on va et que je vais vous présenter ce matin, ce n'est pas une fin en soi, c'est un programme qui va se structurer au fil du temps sur les cinq années du quinquennat. Et, je vais vous en donner une colonne vertébrale mais en comprenant bien, et je le dis à mes amis associatifs, du monde des ONG, par définition, sur cette colonne, on pourra y rajouter des vertèbres et greffer un certain nombre d'éléments. Donc bien entendu c'est un cap et sur cette architecture nous nous nourrirons le temps voulu des préconisations, des remarques, des critiques des uns et des autres. Ce programme se déclinera en plans d'actions qui sont prévus mais qui vont un peu s'étaler dans le temps. Je pense que vous auriez été surpris que dans le peu de temps que nous avons eu… nous aurions été près à tout décliner mais le calendrier et évidemment bien fixé.

Alors, pourquoi ce plan climat ? Parce que déjà, je viens de le dire, pour que la France prenne sa part et maintienne ce leadership qu'elle n'a jamais perdue d'un gouvernement à l'autre, et je veux évidemment m'en réjouir. Pour faire en sorte que l'accord de Paris qui, je le rappelle, lui-même n'était pas une fin en soi, était une feuille de route, tout restait à faire, mais il a scellé un diagnostic, il a posé une feuille de route avec des responsabilités partagées. Mais chacun a conscience que les engagements qui ont étés pris à Paris, déjà, ne nous mettent pas forcément sur la trajectoire que nous impose la science pour éviter l'irréversibilité des phénomènes et l'irréversibilité des conséquences. Donc nous étions plutôt sur une volonté, et nous le sommes toujours, de ne pas nous en tenir là. Et pour que pour les grands contributeurs on accélère les choses et que l'on attende le moins possible pour accéder à nos ambitions. Et c'est cet exemple là que la France veut donner et je n'ai pas de doute qu'un certain nombre de nos partenaires vont saisir cette occasion pour nous accompagner dans ces nouvelles ambitions.

L'idée donc est d'accélérer la mise en oeuvre de l'accord de Paris et d'adopter, et je les déclinerai tout à l'heure, des nouveaux objectifs compatibles, encore une fois, avec l'horizon en dessous de 2°C par rapport à l'air industriel. Mais idéalement la trajectoire que nous devrions avoir et que, je le dis aussi, d'où l'intérêt de ce plan climat, trajectoire que nous avons pris un temps mais si vous regardez sur les deux dernières années, je ne peux pas dissimuler ça, il y a eu une forme de pause, qui n'est pas acceptable, dans cette trajectoire qui doit nous conduire aux 2°C ou au 1,5°C.

Évidement ce plan il ne se dissocie pas de la loi et du cadre de la loi sur la transition énergétique qui je le rappelle pour ceux qui en douterai, vise entre autre un certain nombre d'objectifs de développement aux énergies renouvelables et d'objectifs très ambitieux de réduction de notre consommation et mécaniquement, dans la foulée, simultanément, une réduction de la part du nucléaire à 50% en 2025.

Sur ce plan je vais faire court, enfin le plus court possible, mais gardez à l'esprit qu'il y six grands thèmes qui couvrent, je dirai, toutes les échelles de l'international. Parce que chacun comprendra que si la France est exemplaire toute seule on va décourager, évidemment, les efforts et au bout d'un moment se mettre dans des situations un peu désavantageuses. Mais jusqu'au quotidien des Français… parce que je dirai que l'une de nos priorités avec, notamment, mes deux secrétaires d'État, Brune Poirson qui n'est pas là mais qui est aux Assises de la Biodiversité à Ajaccio -biodiversité qui peut, dans sa protection, notamment des écosystèmes, nous aider à optimiser la réalisation de nos objectifs- et Sébastien Lecornu, nous aurons à coeur tous les trois de faire la démonstration, pas simplement dans les mots, que la contrainte climatique elle peut être, si on sait la saisir et si on sait créer la cohérence d'ensemble, une amélioration du quotidien des Français.

Ces six grands thèmes on va les décliner en vingt-trois axes pour agir dans tous les secteurs et couvrir tous les secteurs.

Si le Président a placé ma responsabilité assez haut dans le Gouvernement ce n'est pas pour satisfaire un égo surdimensionné, je l'espère, c'est surtout pour donner le signal que cette responsabilité, si on la porte toute seule, on n'y arrivera pas. Et donc c'est simplement pour donner un signal, plus qu'un signal, un message, à l'ensemble de nos collègues pour que chacun prenne sa part dans la feuille de route climatique, dans la transition écologique, dans la transition énergétique, et je veux témoigner que ce message a été bien reçu parce qu'il n'y a pas un Conseil des ministres où ce sujet n'est pas mis à l'ordre du jour et je ne suis pas le seul à évoquer ou à m'emparer de ce sujet.

Je le dis, c'est un plan pour les cinq ans à venir avec plusieurs grands rendez-vous. Le premier rendez-vous, fin 2018, c'est la programmation pluriannuelle de l'énergie qui va présenter notre politique énergétique. Il en est de ce domaine, comme beaucoup d'autres, il y a des décisions que je dois prendre dans l'urgence, tous les matins, mais les décisions dans l'urgence ne valent pas ni politique ni stratégie. Donc sur un certain nombre de sujets, et aujourd'hui je vais me cantonner au climat, je reviens à mon introduction, ce qui m'intéresse c'est de comprendre où on veut aller, comment on va y aller et que l'ensemble des personnes concernées dans les secteurs, parce qu'il va y avoir des mutations, ça ne se passe pas dans la brutalité mais dans l'accompagnement et dans la coconstruction. Puis de nombreuses mesures vont être précisées dans le projet de loi de finances à la rentrée.

Alors je vous ai parlé de six grands thèmes, je dirai que le premier thème c'est de rendre irréversible la mise en oeuvre de l'accord de Paris. J'ai noté avec satisfaction que le Président de la République avait annoncé devant le congrès la transformation du Conseil économique sociale et environnementale en chambre du futur. L'idée qui reste à développer, à préciser, et c'est un grand chantier, s'inscrit dans cette réflexion que nos institutions, comme notre droit, sont pris de court par l'éruption dans notre logiciel sociétal des enjeux du long terme et des enjeux universelles. Et notamment, le futur, vos enfants, nos enfants, ne sont pas toujours spontanément pris en compte parce qu'on n'a pas forcément ce sentiment que les décisions d'aujourd'hui peuvent contrarier leurs conditions d'existence. Mais c'est bien ça qui se joue. Et dans un monde happé, un peu comme dans un fleuve en cru, où l'on est précipité de jours en jours dans les urgences, cette idée qu'il y est un lieu apaisé, documenté, où les citoyens peuvent nourrir aussi de leur propre expérience, me semble être frappé au coin du bon sens. Et, dans l'esprit nous soutiendrons, mais ça a déjà été dit par le Président, l'initiative qui a été lancée par Laurent Fabius du pacte mondial de l'environnement pour faire progresser, au niveau international, le droit et les textes sur ces sujets-là.

Le deuxième axe sur cette irréversibilité c'est que l'État, qui peut beaucoup mais pas tout, peut-être de moins en moins, je ne sais pas, mais en tout cas de mieux en mieux, associe les citoyens et les consommateurs de manière innovante au suivi du plan climat. Je vous expliquerai comment mais l'idée c'est d'associer, dans des décisions que nous allons prendre, un panel de citoyens qui va incarner aussi l'esprit de ce que j'ai toujours dit c'est que les politiques ont tout à gagner à s'inspirer de l'expérience complémentaire de la société civile. Tout ça pour dire que cette transition et ce plan climat ne se fera qu'avec la compréhension, qui n'est pas toujours très spontanée car quand on isole les décisions on les sort de ce champs de long terme on y voit plus une contrainte plutôt que de voir un bénéfice. Et donc je pense qu'avec, notamment nos deux agences, l'ADEME et l'agence Française de la biodiversité, on va élaborer ce qu'on appelle un budget participatif.

Le deuxième thème c'est d'améliorer, je l'ai expliqué, le quotidien de tous les Français. L'améliorer parce que si l'enjeu climatique ajoute de l'injustice à l'injustice, de la précarité à la précarité, de l'inégalité à l'inégalité, je pense que je vais avoir du mal à entrainer les Françaises et les Français dans cette dynamique. Alors on va évidemment, pour que les Français puissent bénéficier concrètement de l'accord de Paris, on va accélérer le développement des aides pour que les voitures les moins polluantes à destination des plus modestes. Si le ministère s'appelle le ministère de la transition écologique et solidaire ce n'est pas simplement pour y rajouter un mot, c'est que cette notion de solidarité ne doit pas simplement être portée en dehors de nos frontières mais elle doit l'être, et je m'y emploierai, mais elle doit faire en sorte que ceux qui se retrouve parfois dans une forme d'impasse et même victime d'une double ou triple peine soit prioritaires dans nos états d'esprit.

Grâce au plan d'investissement le Gouvernement proposera à chaque Français une prime de transition qui lui proposera de remplacer une voiture diesel d'avant 1997, notamment ceux qui ne sont pas dans les vignettes critères, ou à essence d'avant 2001, par un véhicule plus propre, neuf ou d'occasion. Ça permettra évidemment de réduire la pollution mais aussi d'aider les ménages qui n'ont pas les moyens d'acheter les véhicules et qui se voit, pour un certain nombre de grandes villes, l'accès interdit.

Les assisses de la mobilité -et j'en profite parce que dans les objectifs et la mission qui est la mienne sans Elisabeth Borne qui est chargée de la mobilité durable et des transports, domaine essentiel pour la réussite de nos engagements, comme le logement d'ailleurs -dans ces assisses je suis convaincu que ça va donner un coup d'accélérateur à la mobilité douce, au transport en commun du quotidien. Nous avons à coeur, Elisabeth et moi, de prioriser, dans les possibles qui ne sont pas un éventail infini, deux axes. Améliorer le quotidien des transports des Français, c'est la priorité, l'entretien des réseaux routiers, l'entretien du réseau ferré et évidemment ne pas sortir définitivement les autres sujets et le report du transport modale, du Fret du réseau routier au réseau ferré. C'est en se fixant sur ces priorités que l'on pourra, et contribuer à tenir nos objectifs, et donner très rapidement des bénéfices au quotidien dans des transports plus sûrs, plus à l'heure, parfois plus rapides -pas simplement en utilisant le TGV mais en regardant les endroits où parfois on est obligé de ralentir les trains parce que le réseau est dans un tel état que des trains sont obligés de freiner, situation que Elisabeth Borne connaît beaucoup mieux que moi.

L'objectif dans le domaine du logement il est très clair, il a été annoncé par le Président Macron, éradiquer complétement la précarité énergétique. Dix ans pour satisfaire cet objectif. Dans le domaine du logement le Gouvernement va proposer à tous les Français modestes un diagnostic pour que locataire et propriétaire en situation de précarité énergétique, c'est-à-dire ceux qui, et malheureusement ça se compte en millions de personnes, ont du mal à se chauffer. Parce qu'ils ont une double peine, non seulement ils ont froids mais en plus ils ont une facture en budget de chauffage qui devient, maintenant dans le budget des ménages français, plus important que la dépense alimentaire. Dans l'esprit que le Président a demandé que l'administration soit au service des Françaises et des Français, bien voilà un exemple où nous serons là pour évaluer, proposer, aider et pas enfermer brutalement les gens dans des situations dont il faut qu'on les aide à sortir.

On va dans le même délai de dix ans faire disparaître tout ce qu'on appelle les passoires thermiques. Et, croyez-moi, ce n'est pas le sujet le plus difficile. Le sujet de l'efficacité énergétique c'est un sujet où tout le monde gagne parce que dès qu'on investit sur l'efficacité énergétique parfois il y a des facteur deux, facteur trois, facteur quatre, et la rentabilité, au moins sur ces domaines-là, elle n'est pas compliqué à en faire la démonstration. Dans d'autres domaines c'est un peu plus long mais là on peut en quelques années largement amortir. C'est pour ça que je considère que ce ne sont pas des dépenses, ce sont simplement des investissements. Et sur ce sujet et notamment sur les sujets liés au chauffage, parce que là aussi on peut aider les gens à se chauffer mieux, on va utiliser quatre milliards du plan d'investissement pour cela.

Cinquième axe, pour cette problématique d'améliorer le quotidien des français, une consommation plus responsable. C'est-à-dire permettre aux Français, c'est une demande forte avec une tendance faible, et donc on va essayer de concilier les deux, c'est que les Français souhaiteraient, et je peux le comprendre, consommer leur propre électricité. Ce qu'on appelle l'autoconsommation. Aujourd'hui quatorze mille foyers consomment leur propre énergie et trois cents cinquante mille producteurs individuels revendent leur énergie à EDF. Je parle devant le Président de l'ADEME, je pense qu'on peut aller beaucoup plus vite, beaucoup plus loin et ce petit facteur psychologique est important. Parce que c'est vrai, que produire son énergie et de la consommer soi-même c'est quelque chose que chacun a envie de voir. Parce que capter l'énergie du soleil et la remettre dans le réseau ce n'est pas pareil que de ce dire « Je suis mon propre producteur ». Ça augure quand même d'un changement profond de notre modèle énergétique. Mais je pense que dans ce domaine-là le mot n'est pas fort, on est à l'aube d'une révolution énergétique et il faut mieux être au début de la révolution que de la constater quand elle sera finit et de se dire que pour finir tout ça a profité à d'autres dans ce domaine. Croyez-moi les chinois ils ont bien vu le coup venir. Une consommation plus responsable, c'est-à-dire de permettre aux Français de consommer leur propre électricité, je viens de le dire, et on aidera également, pas simplement les foyers français, on aidera les quartiers où les zones rurales à produire et eux aussi à consommer leur énergie renouvelable comme le biogaz ou comme l'énergie solaire.

Sixième axe, le Président a mis la barre très haute dans sa campagne, et moi je m'en réjouis, l'économie circulaire. Elle est au coeur de la transition énergétique, il en est de ce domaine que pour l'ensemble des domaines, faut qu'on change de focus, faut qu'on change d'échelle, et croyez-moi on va même changer de logiciel. Mais laissez-nous le temps de télécharger l'ensemble du logiciel. L'économie circulaire chacun maintenant comprend, et y compris dans les grandes entreprises et c'est là qu'on voit que, quand même, le monde a changé et est en train de changer. Chacun voit des taches compétitives. Cette idée qu'à terme les déchets puissent devenir des ressources y a pas que les petites ou les moyennes entreprises, ni même les citoyens, qui l'ont intégrée. Je l'ai vu l'autre jour en me rendant à un anniversaire des entreprises, dans l'environnement, de grands acteurs maintenant se lancent dans cette perceptive et nous devons créer les conditions pour que cette révolution industrielle majeure, qui est source de compétitivité et d'innovation, puisse trouver tout son déploiement. Et on apportera, nous l'État, une aide aux petites entreprises qui justement cherchent à faire des économies de matière et d'énergie. Et on publiera, ça fait partie des plans d'actions, une feuille de route en 2018 sur l'économie circulaire, qui déclinera, évidemment, un certain nombre de mesures pour favoriser ce développement.

Troisième thématique, je ne vais pas dire que c'est la plus importante mais elle s'inscrit justement dans cette vision du long terme, en finir définitivement avec les énergies fossiles et s'engager vers la neutralité carbone. Faut un moment être cohérent, qu'est-ce que nous dit le GIEC ? Si on veut se donner la chance, qui n'est pas acquise, de réaliser nos objectifs climatiques, ce sont les trois quart des énergies fossiles qui faut laisser sous terre. Alors on peut mettre ça sous le tapis, on peut boire le pétrole ou les hydrocarbures, jusqu'à la lie mais à ce moment là nous ne sommes plus crédibles. Et la France, je pense très sincèrement par rapport aux autres États, va prendre aujourd'hui des engagements que nous sommes très peu à porter. Mais je pense qu'on va désinhiber beaucoup de gens. Donc, le charbon qui est aujourd'hui la principale source d'émission de CO2 sur la planète, chez nous elle représente 5% de notre production d'électricité, c'est peu mais c'est beaucoup trop. Donc la France proposera que d'ici 2022 nous cessions toutes productions d'électricité à partir du charbon. Mais dans le même esprit que toutes les transitions que nous allons développer, en accompagnant évidemment les salariés qui vont être impactés par ces décisions-là, il n'y a de transition que si l'enjeu sociale est appréhendé par ceux qui sont concernés et par ceux qui vont les solutionner et ça, ça sera. Je préfère parfois qu'on prenne un tout petit peu de temps mais qu'on ne fasse pas les choses brutalement. Parce qu'annoncer un beau matin qu'on ferme une centrale charbon par voie de presse sans que les salariés soient au courant, je vois pas comment je vais conduire la transition énergétique si l'on pratique comme ça. Donc c'est l'esprit aussi de ces contrats de transition que nous voulons mettre en place dans beaucoup de secteurs pour anticiper ce qui peut apparaître, dans un premier temps, des gagnants ou des perdants et faire en sorte qu'il n'y ai pas de perdants. Mais par contre il va y avoir des adaptations, à nous de les anticiper, de les appréhender, de les quantifier. C'est cette intelligence collective que nous allons, avec notamment mes deux secrétaires d'État, essayer de réaliser.

Huitième axe, la fin de l'exploitation des énergies fossiles en France. La France à décider d'interdire tous nouveaux projets d'exploration. Et, vous savez que quand on un permis d'exploration il y a un droit de suite donc, par voie de conséquences, permis d'exploitation de pétrole, de gaz, de charbon. Mais je rassure tout de suite, y compris pour toutes les énergies non conventionnelles. Et pour accélérer ça, parce que je fais une toute petite parenthèse, je peux prononcer sur ce que je peux encore décider, je ne peux pas me prononcer définitivement sur ce que je récupère comme droits acquis. Après on peut rentrer dans des négociations et sur un certain nombre de droits acquis nous rentrerons dans des négociations. Mais ce qui m'intéresse c'est de, maintenant, accélérer la procédure. Ça passe par la loi et donc nous proposerons à la fin de l'été ou au début de l'automne une loi qui sera présentée en ce sens au Parlement. La France produit du gaz, du pétrole, en métropole et en Outre-mer, mais elle importe aujourd'hui plus de 90% des énergies fossiles qu'elle consomme. Donc c'est pour ça que c'est aussi important, si on veut être cohérent, qu'on ne baisse pas la garde sur l'objectif de réduction de 50% notre consommation. Mais c'est un objectif qui ne doit pas effrayer parce que je suis certain que pour les entreprises, comme pour les citoyens, on sait très bien mieux consommer, moins consommer, à confort ou à service ou à efficacité égale. Et alors, dans ce domaine-là, croyez-moi, petite ou moyenne entreprise il y a un potentiel de créativité et donc de développement d'emplois qui permettront de réussir ce pari. Donc ça va conduire, tout ça, à la fin de l'exploitation, parce qu'à partir du moment où nous interdisons tout nouveau permis d'exploration et donc d'exploitation, mécaniquement en 2040 les puits qui sont exploités actuellement vont se tarir et donc les trajectoires, tel qu'on nous les a expliquées, en 2040 il en sera terminé de cette utilisation. Alors pour accompagner cette transition, évidemment, il faut un certain nombre de dispositifs incitatives, dissuasives et dans ce domaine comme dans d'autres, la condition c'est la prévisibilité et l'irréversibilité. Et évidemment nous allons renforcer le prix du carbone pour donner un prix à la pollution. Mais simplement, aussi parce qu'on peut y voir l'aspect négatif, mais en donnant un prix au carbone évolutif on introduit en creux un avantage compétitif à l'économie qui n'est pas carboné et qui jusqu'à présent à souffert dans le monde et encore aujourd'hui de désavantage puisque les énergies fossiles, notamment, vous le savez, à l'échelle du monde, sont subventionnées, sous des formes diverses, variées, et j'allais dire presque avariés d'exonération à hauteur de cinq cent milliards de dollars. Donc je pense, quand même, que dans ce dispositif d'ensemble qui est d'ailleurs de lister ces exonérations et de faire en sorte que, très rapidement, la tendance, notamment des énergies renouvelables qui naturellement à tendance à chuter, on va pouvoir accélérer ça et faire en sorte que ces énergies-là deviennent sur un plan économique, largement compétitives. On ne fera qu'accélérer un domaine qui en a déjà fait tout seul la démonstration. Alors ce prix du carbone il va permettre évidemment d'encourager tous les acteurs, entreprises, ménages, à anticiper la hausse des prix de l'énergie. Parce que les investisseurs, et c'est notamment l'un des bénéfices pas visible de l'accord de Paris, mais cette trajectoire du prix du carbone, dans laquelle on essaie d'associer l'ensemble des pays du monde, on les a pas tous mais dans la diplomatie française nous portons cette priorité, mais à partir du moment où les investisseurs ont intégrés, ce qu'on appelle le risque Carbone, vous allez voir l'effet levier que ça va provoquer. Et là aussi je pense que ça va doper massivement le développement de ce qu'on appelle l'économie verte, bleu, que sais-je encore. Ça va évidemment inciter chacun, dans tous les domaines, à bien sélectionner les choix dans les investissements, dans le transport, dans le logement, ça va inciter une forme de vertu et de sobriété.

Dans la même veine on va, ça avait été annoncé mais autant le confirmer, faire converger la fiscalité entre le diesel et l'essence avant la fin du quinquennat et donc comme je viens de vous le dire on va accélérer l'augmentation du prix du carbone. On va dépasser, mais attention aux fantasmes, l'objectif d'un prix Carbone à cent euros, tel qu'il avait été prévu en 2030. Mais ne me demandez pas à quel niveau parce que ce n'est pas encore établi, ça sera décidé pour la prochaine loi de finance. Mais en gardant à l'esprit que tout ça, hors sol évidemment ça parait très facile, arrivé chez les citoyens les plus modestes ça peut être vécu comme une pénalité supplémentaire. Donc bien entendu, des tas de mesures d'accompagnement seront pris pour les personnes dans ces situations difficiles, notamment comme le chèque énergie, qui vont accompagner cette évolution. Chose très importante c'est que ce plan climat élargie aussi le prix du Carbone aux HFC, ces fameux gaz que vous connaissez et qui sont utilisés dans la climatisation, qui ont des effets sur l'effet de serre bien supérieur au CO2. C'est d'ailleurs très important que dans notre stratégie nous ne focalisons pas simplement sur le CO2 et que nous n'oublions pas un certain nombre de substances que je ne vais pas énumérer ici. Donc comme évoqué on va soutenir, et quand je n'étais pas au Gouvernement déjà on était, quand même, le promoteur de la coalition mondiale sur le prix du carbone. L'idée est de faire converger le prix du Carbone avec une souplesse de départ, puisque certains pays, courageux d'ailleurs, ont fixés un prix du Carbone alors que parfois ils ont une économie balbutiante, j'allais dire inféodé au carbone, et malgré ça ils ont pris un certain nombre d'engagements. Donc nous qui avons, d'abord une responsabilité historique, et je pense une attitude un peu plus grande, c'est normal que nous allions plus vite et plus loin. Et, ce prix du carbone il vise à ce que 25% des émissions mondiales soient couvertes par un prix carbone en 2020. Mais à 50% en 2030.

Le dixième axe, mais celui-là pour moi est essentiel et plus que symboliquement fort, c'est que la France était engagée à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Bien dans l'esprit et dans la concrétisation de ce qu'à annoncer le Président de la République lorsque les Etats-Unis ont annoncés leur proposition sur l'accord de Paris, nous nous allons fixer comme objectif la neutralité carbone à l'horizon 2050. Et avec la loi sur la transition énergétique on avait ce facteur quatre, bien nous, nous allons aller plus loin. Alors je vais pas rentrer dans les détails techniques mais ça participe aussi d'un objectif qui est le mien c'est que si on se contente simplement, et c'est pas l'un ou l'autre, de réduire nos émissions de gaz à effet de serre sans utiliser la capacité des écosystèmes à stocker un certain nombre de gaz à effet de serre, au premier rang le CO2, on n'y arrivera pas. Donc la neutralité carbone c'est de faire en sorte que d'ici 2050, il y ait un équilibre de neutralité entre ce que les puits carbones peuvent nous donner en soutient et les réductions que nous avons fait dans le même temps. Et cet objectif, évidemment, est lourd, compliqué mais va nous mettre cette contrainte qui va mécaniquement, et bien, engager les investissements, les économies, sur cette dynamique-là. Et je suis certain que ça va nous permettre, encore une fois, de flécher nos intelligences, notre économie, notre finance, vers un objectif où l'on a tout à gagner. On sera, peut-être pas le premier mais, sur cette objectif, si je ne me trompe pas, on arrive, peut-être après la Suède et le Costa-Rica, donc beau podium. Il sera décliné, dans la stratégie nationale, d'un Carbone qui sera publié en 2018 mais aussi dans certains grands secteurs comme par exemple l'automobile ou la (...). Dans cette esprit nous annonçons la fin de la vente des voitures à essence et diesel d'ici 2040, je note que ce matin un constructeur d'automobile européen vient d'annoncer qu'à dater 2019, il n'aura sur le marché que des véhicules électriques. Je mets ça aussi en perceptive que cet objectif a été pris pour 2030, et non pas 2040, par le président Indien. Donc c'est un objectif, évidemment qui est lourd, mais si nous avions pas à l'esprit, Elisabeth et moi, que les solutions sont là et que nos propres constructeurs ont dans leur cartons de quoi alimenter et adapter cette promesse qui est aussi, comme l'ensemble de l'agenda climatique, un agenda de santé publique. Faut quand même bien comprendre ça, c'est d'ailleurs comme ça que les chinois sont rentrés dans l'agenda climatique. Parce que lutter contre le changement climatique c'est aussi simultanément -et c'est pour ça que ce qui sont septique sur le climat pourraient au moins prendre l'argument santé- c'est que c'est aussi une manière de lutter contre la pollution atmosphérique et ces conséquences tragiques. Donc c'est pour moi une véritable évolution et on aura l'occasion d'y revenir.

Nouvelle thématique, c'est de faire de la France le numéro un de l'économie verte en faisant de l'accord de Paris une chance pour la créativité, l'innovation et l'emploi. C'est très important parce que, j'espère que j'y parviendrai mais ça fait partie des objectifs, des volontés que nous avons, c'est de vraiment réconcilier économie et écologie. Ça a toujours été opposé alors que ce sont deux mots qui sont indissociables d'ailleurs qui ont la même étymologie. On n'aura pas trop de mal à le faire si, encore une fois, nous encourageons ce qui va dans le bon sens et dissuadions ce qui va dans le mauvais sens. Parce qu'une petite ou grande entreprise, et parfois les moyennes entreprises en s'associant avec des petites entreprises, ont dans la transition énergétique cette créativité folle. Et il y a, dans cette transition et à nous d'en faire la démonstration des gisements d'emplois qui sont très importants. J'aimerai d'ailleurs que chacun se convaincre que la contrainte écologique et la contrainte économique ça peut-être et ça sera un fantastique, je l'espère, instrument de sorti de crise. On va évidemment, ça avait été annoncé par le Président Macron, soutenir la recherche et l'innovation. Il y a des choses où les technologies sont déjà là. On regarde aussi parfois pourquoi les technologies germent sur nos territoires et s'épanouissent ailleurs. En bénéficiant d'ailleurs, souvent, dans la première partie des aides, des dispositifs de l'État mais dont après l'épanouissement industriel ne se fait pas forcément sur notre territoire. Sébastien et moi nous avons ça dans notre focus pour faire en sorte que si les gens bénéficient d'une aide de la DPI ou d'un plan d'investissement d'avenir ça serait assez logique que nous créions les dispositions pour que jusqu'au bout ils aient envie de rester. Dans l'idée de soutenir la recherche et l'innovation, vous le savez, il y a l'initiative science come to France. Et la France renforce dès à présent ces dispositifs d'attractivité et de coopérations scientifiques dans le domaine clé pour combattre le changement climatique. J'ai évoqué, ça a été évoqué en Conseil des ministres avec la ministre de la recherche, que ce que demandent les chercheurs c'est un certain nombre de conditions, y compris pour eux, de travail, mais y compris pour leur famille, pour pouvoir venir en France et nous apporter leur savoir et leur compétence. Et, simplement vous dire que cela est dans les tuyaux et que je pense que nous allons nous nourrir et nous alimenter de cette nouvelle compétence et on va faire en sorte que ce soit attractif pour toute cette science. Et, nous sommes candidats pour la quarante-septième session plénière au printemps 2018 du GIEC et je sais que cela a été plutôt bien accueilli par les chercheurs. Faire de Paris la capitale de la science verte, je ne suis pas naïf, il ne suffit pas de changer les couleurs de l'économie et les couleurs de la finance pour que tout aille bien. Mais à choisir, je préfère que la finance s'oriente sur ce qu'est la solution et s'embête pas avec ce qu'est le problème et j'essaierai d'en être le gardien. On doit-être au coeur de la réflexion sur la meilleure prise en compte des risques climatiques donc la régulation financière. Je renvoie à ça l'article 173 de la loi pour la transition énergétique et la croissance verte. Et sur la scène mondiale ça va obliger des investisseurs à publier l'impact de leurs activités sur le climat et à choisir d'investir dans l'économie verte plutôt que dans les énergies fossiles. Puis je pense que nous aurions raison, et on va s'y atteler, à augmenter la quantité d'obligations vertes et la France a été le premier pays à émettre de tels obligations.

Quatorzième axe, je vous rassure on arrive, pas tout à fait, au terme mais on a passé la moitié, on va accélérer, évidemment, le déploiement des énergies renouvelables. Là je fais un appel aux Français, on ne peut pas être contre tout, et c'est un chantier qui est difficile, conflictuel localement, mais on ne peut pas refuser tout. Et quelque part cette critique elle me revient aussi dans mes anciennes fonctions. Les énergies renouvelables, pour moi, c'est la solution principale d'avenir. Pourquoi ? Parce qu'une fois qu'on aura les machines pour capter le vent, le soleil, le mouvement des vagues, le gradient thermique des océans, la géothermie, on aura accès à une source d'énergie relativement inépuisable et à terme gratuite. Enfin une fois que vous avez les machines et je veux simplement faire une petite parenthèse mais cette révolution énergétique que nous impose la contrainte climatique c'est une aubaine pour la paix dans le monde. Parce que, observez à quoi ont été dû la plus part des conflits depuis la Seconde Guerre mondiale, creusez un peu, le pétrole, le charbon et le gaz n'étaient jamais très éloignés. En s'affranchissant des énergies fossiles je pense qu'on s'affranchit aussi d'énormément de sources de tentions et surtout on va remettre de l'équité dans le rapport de force géopolitique. Parce que à terme, et ce terme n'est pas si éloigné, quand chaque pays pourra être autonome sur le plan de l'énergétique avec des énergies qu'il maitrisera et bien il n'y aura plus de grande ou de petite puissance, y aura des gens, des hommes, des femmes, qui pourront se regarder d'égale à égale. Mais ce qui vaut à l'international, pour moi, vaut également pour nos territoires. La France a adopté une trajectoire de renouvellement des énergies renouvelables qui est ambitieuse, qui est inscrit dans la loi que ma prédécesseuse, Ségolène Royal, a votée avec un objectif de 32% en 2030. Pour tenir cet objectif, ça revient à la petite remarque que je vous ai faite, va falloir qu'on simplifie le cas du renouvellement des énergies renouvelable. Je prends un exemple pour prendre la complexité que je découvre dans sa complexité elle-même tous les jours. D'ailleurs on croit toujours atteindre le pique de complexité mais je peux vous dire qu'il y a encore une grande latitude. Quand vous faites un appel d'offre pour des éoliennes offshore entre le moment où vous faites l'appel d'offre et le moment où l'on va implanter la première éolienne offshore il se passe entre dix et quinze ans. À cause des recours que je peux comprendre. Mais la folie du truc c'est que, quand on peut mettre la première éolienne entre temps elle est totalement dépassée, c'est-à-dire que vous avez entre temps des éoliennes qui sont deux fois plus efficaces, ce qui permettrait d'en mettre deux fois moins mais faudrait repartir sur l'appel d'offre, au départ, donc en reprendre pour douze ans. Je vous dit simplement ça pour expliquer la situation actuelle et simplement prendre à témoin que si l'on trouve pas une manière d'aller un peu plus vite et bien nos engagements, qui sont aussi des engagements sociaux, parce que, encore une fois, tout cela c'est pour donner, aussi, accès à une énergie moins chère, moins dangereuse et plus protectrice sur le plan de la santé. Il faut que… c'est là que j'ai besoin de la compréhension de chaque Françaises et Français, il faut que chacun comprenne l'intérêt général et la vision dont je parlais tout à l'heure. Donc, le Gouvernement publiera une liste des appels d'offres qui seront lancés dans les prochaines années et évidemment avec un focus tout particulier sur les énergies renouvelables que nous voulons développer plus encore en Outre-Mer. Et la programmation des appels d'offres en métropole, sur la durée du quinquennat elle sera présentée au plus tard dans un an dans le cadre de la révision de la programmation pluriannuelle de l'énergie.

Avant dernier thème, si je ne me trompe pas, ça rejoint ce que j'ai dit tout à l'heure, mobiliser le potentiel des écosystèmes et de l'agriculture pour lutter contre les changements climatiques. L'agriculture est l'un des secteurs qui est le plus exposé, d'ores et déjà et y compris chez nous, aux conséquences du dérèglement climatique. Faites un petit tour des territoires, regardez l'état de nos ressources hydriques d'années en années ça s'avance dans le temps c'est-à-dire que des situations qu'on a constaté au mois d'aout, on commence à les constater pratiquement au mois de mai. Pour ne parler que de cet aspect et ce qui était dans beaucoup de domaines l'exception va devenir la norme. J'en suis désolé que les premiers rapports du GIEC soient aujourd'hui des démonstrations mais faut toujours qu'on soit dans la réalisation des événements. Pour commencer à anticiper ou à réagir dans le plan climat, évidemment, on prévoit d'engager la transformation de systèmes agricoles. Parce que l'agriculture n'est pas que le problème, elle est peut-être la solution. Mais si elle est la solution, il faut qu'elle soit à son avantage c'est l'esprit des états généraux de l'alimentation que nous allons engager pour, je l'espère, produire de l'intelligence collective qui aura comme corolaire, pas forcément comme objectif mais comme corolaire, de redonner la sécurité, psychologique, économique et sanitaire à nos agriculteurs, qui aura comme corolaire, je l'espère de leur redonner un lien de confiance, de respect, qui n'a pas disparu mais de renforcer avec le monde urbain. Donc j'attends beaucoup de ces états généraux de l'alimentation et nous le lancerons probablement, au mois de juillet. Mais le principe de ces états généraux c'est de prendre le temps pour que les postures tombent et que seul prévale l'intelligence et le bon sens. Je ne vais pas détailler les ateliers sur le gaspillage alimentaire, sur la réduction des intrants, on a des marches de manoeuvre la dessus étant quand même le pays qui a une grande largesse sur l'utilisation des pesticides, insecticides, et des fongicides. Donc là nos marches de progression elles sont assez évidente et quelqu'un l'autre jour me disait que je n'avais pas en tête le souci de protection des agriculteurs, je l'ai prioritairement en tête parce que ce que je sais c'est que les premières victimes de ces pratiques excessives et je pourrais en donner des exemples tragiques, ce sont les agriculteurs eux-mêmes.

Seizième axe, mettre une fin d'infinitive à la déforestation importée en France et le plan climat prévoit de mettre rapidement fin à cette déforestation importée. C'est-à-dire aux produits qui conduisent à la destruction des trois grands bassins de forêts tropicales au monde : Amazonie, Asie du sud-est et bassin du Congo. Par exemple pour, notamment, la production d'huile de palme, ou de soja non durable. Et, cette décision elle est très importante parce que nous allons fermer une fenêtre qui donnait la possibilité pour les biocarburants d'y incorporer de l'huile de palme. Mais tout ça s'inscrit aussi dans ma vision du modèle agricole tel que je le rêverai, c'est que notre bétail soit inféodé à l'importation de protéine végétale qui se fait dans des conditions sociales et environnementales, notamment au Brésil, au détriment de la forêt amazonienne. C'est toute cette cohérence que je voudrai imprimer et cette incohérence à laquelle je voudrai mettre fin. La déclaration de New York sur les forêts signée en parallèle de l'accord de Paris prévoit de diviser par deux la déforestation en 2020 et d'y mettre fin en 2030. Le plan climat, évidemment, s'inscrit dans cet objectif. Je rappelle que la déforestation est responsable de plus de 10% de l'émission de gaz à effet de serre. Donc je pense qu'on sous-estime, et je l'ai toujours dis, c'est bien beau d'engager nos industriels à réduire leur émission de gaz à effet de serre mais c'est schizophrène en même temps de s'accommoder que des millions d'hectares de forêt qui sont des puits de carbones se transforment en source de carbone, que des zones humides, des mangroves, des barrières de corail et des terres agricoles soient simultanément détruits dans une forme d'indifférence et en même temps de stupidité. Parce que si d'un côté on réduit et de l'autre on relâche, je pense que chacun peut comprendre qu'on n'y arrivera pas.

Dix-septième axe -c'est un plan climat sur cinq ans et vous comprenez que trois mesures n'y suffirai pas, vous avez de la chance, vous avez dans le dossier de presse l'ensemble du plan climat, je n'en ai extrait que la substantifique moelle- s'adapter au changement climatique. Je vais essayer de faire plus court. Parce que la France est déjà confrontée au changement climatique, en métropole, évidemment et à fortiori dans les territoires d'Outre-mer. Donc vous verrez dans le dossier qui vous a été fourni, notre stratégie pour faire face à cette adaptation, que ce soit l'adaptation d'un certain nombre de productions agricoles, que ce soit la montée des eaux, que ce soit la raréfaction des ressources, que ce soit l'intensification et la multiplication des extrêmes climatiques. Donc évidemment nous sommes dans l'atténuation mais il en est de la France comme le reste du monde, les changements climatiques malheureusement c'est parti et notre seule attitude aujourd'hui c'est de les contenir dans une limite réversible. Mais en revanche on ne peut pas arrêter le phénomène, on aurait dû s'y prendre plutôt.

Dernier thème, renforcer la mobilisation internationale sur la diplomatie climatique, soutenir les acteurs non gouvernementaux qui agissent pour le climat. Je l'ai dit tout à l'heure, pour réussir cette mise en oeuvre ça passe par une mobilisation de l'ensemble des acteurs mais pas uniquement des États et notamment des grandes métropoles. Et j'ai toujours soutenu l'initiative que préside Anne Hidalgo, le C40, ou l'initiative d'Arnold Schwarzenegger le R20. Mais en même temps, évidemment, l'action des territoires, on sait que pratiquement 50% de la solution elle est dans ses échelles là et croyez moi je ne confonds pas l'attitude brutale de l'administration de M. Trump avec l'État d'esprit des Etats-Unis. Brune Poirson, je crois, a reçu il y a quelques jours le maire de Pittsburgh qui est un des exemples de la résistance qui s'opère aux Etats-Unis, dans les Gouvernements fédéraux, chez les acteurs économiques, la profusion de start-ups et même y compris, parfois chez les pétroliers. Donc certains ont compris que le coup était parti. Il y a deux manières d'entrer dans l'avenir, on lui tourne le dos ou nous nous avons décidé de prendre la main et de le construire. Et, dans cette diplomatie climatique avec Jean-Yves Le Drian nous sommes très sincères. Parce que je ne peux pas être sur tous les fronts même si j'ai en charge des négociations sur la biodiversité, sur le climat, sur les océans. Mais je suis plus seul, j'ai maintenant deux secrétaires d'État qui vont pouvoir m'aider. Mais la diplomatie française qui très sincèrement, puis quand j'étais envoyé spéciale pour la COP j'ai pu le mesurer, on a quand même une diplomatie très forte, elle est excessivement en pointe sur ces sujets-là. Et justement sur l'adaptation du droit international, sur l'adaptation de nos institutions au danger universel, sur la coalition carbone et sur l'initiative de Laurent Fabius sur lequel on va essayer, notamment à New York au mois de Septembre, de pouvoir la défendre dans cette enceinte, je vous dis simplement que voilà, ça fait partie des priorités diplomatiques, ça aurait été dommage de perdre l'acquis culturel de nos postes à l'étranger.

Puis dernière chose, dernière dans la liste, première dans mon coeur, soutenir les pays en développement. Je l'ai souvent dit, le cynisme des uns, le fatalisme des uns nourrit le fanatisme des autres. Et je pense que beaucoup de gens n'ont pas conscience de la violence extrême qui a été envoyé par ces espèces de reniements en disant « On se désengage, on a promis depuis Copenhague aux uns et aux autres que l'argent -dans la plupart du temps on n'a pas vu le premier dollar ou le premier euro- vous avez subit les conséquences de notre développement et maintenant débrouillez-vous » c'est comme ça que c'est reçu. Alors, j'allais dire pour le coup, très cyniquement, si ce n'est pas pour eux, faisons le pour nous, parce que dans un monde qui est connecté croyez-moi, tout cela est bien compris, donc nous avons une responsabilité. On s'est engagé à mobiliser cent milliards de dollars de financement pour les pays en développement, qui proviennent de sources variées. Mais faut pas que ce mot de « sources variées » dissimule un flou, donc je serai exigeant pour que l'on comprenne la part de prêt, la part de financement. Faire en sorte que ceux qui ne sont pas éligibles à des prêts puissent également pouvoir en bénéficier. Il doit permettre aux pays en développement de réduire les émissions, alors par exemple en luttant contre la déforestation ou en choisissant des énergies renouvelables. Mais il doit aussi permettre d'aider les victimes du dérèglement climatique ceux qui sont victimes de catastrophes naturelles en les aidant à reconstruire leurs logements, leurs infrastructures après le passage, je ne sais pas, d'un typhon ou d'un ouragan et en se prémunissant des sécheresses dans l'agriculture. Je rappelle aussi, parce que beaucoup, pas forcément ici, semblent ignorer que les changements climatiques provoque trois fois plus de déplacés, qui n'ont pas encore ce statut de réfugiés climatique mais la réalité nous obligera probablement à préciser ça. Donc quand je vois l'excessive fébrilité par rapport à des mouvements migratoires je mets ça non pas comme une mise en garde mais simplement comme une réalité qu'on n'est pas censé occulter. Les engagements de la France sur ce sujet-là c'est cinq milliards de dollars par an en 2020 donc un milliards pour l'adaptation. Donc le fond vert, un milliard entre 2015 et 2019 et l'initiative africaine, que nous soutenons, pour les énergies renouvelables, c'est plus de deux milliards en 2015 et en 2020. J'entends bien que tout ça peut paraître lourd, j'espère contribuer à le rendre désirable mais le message que je veux faire passer c'est : Aidez nous tous, parce que ce n'est pas un enjeu sectoriel particulier, c'est un enjeu universel, c'est-à-dire que chacun d'entre nous est concerné, doit apporter sa contribution. Aidez-nous à planter des arbres sur lesquels on ne se reposera jamais mais peut-être que nos enfants pourront s'y reposer. »


source https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr, le 28 juillet 2017

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