Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à Europe 1 le 1er août 2017, sur la panne de la gare Montparnasse, la rénovation du réseau ferré et l'augmentation du prix du passe Navigo en Ile-de-France. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à Europe 1 le 1er août 2017, sur la panne de la gare Montparnasse, la rénovation du réseau ferré et l'augmentation du prix du passe Navigo en Ile-de-France.

Personnalité, fonction : BORNE Elisabeth.

FRANCE. Ministre des transports

ti : JOURNALISTE
Il est 07h48, c'est l'heure de « L'interview Vérité ». Antoine GENTON, vous recevez ce matin Elisabeth BORNE, la ministre chargée des Transports.

ANTOINE GENTON
Bonjour Elisabeth BORNE.

ELISABETH BORNE
Bonjour.

ANTOINE GENTON
Les raisons de la panne à la gare Montparnasse ont été identifiées : défaut d'isolement sur une installation électrique. Les réparations ont commencé il y a quelques heures maintenant. Comment vous sentez-vous de matin ? Est-ce que vous êtes soulagée ?

ELISABETH BORNE
Eh bien écoutez, je pense que je suis soulagée et que tous les voyageurs qui arrivent vers Montparnasse sont soulagés. Donc, effectivement, l'origine de la panne a été identifiée. Moi j'étais passée faire le point avec Patrick JEANTET, le président de SNCF Réseau et Guillaume PEPY, président de la SNCF Mobilité hier. L'origine a été identifiée, la panne a été réparée, un poste de signalisation, c'est une installation très compliquée, et donc...

ANTOINE GENTON
Oui, c'est long 48 heures, pour trouver une panne.

ELISABETH BORNE
Absolument, c'est pour ça que je me suis rendue hier dans ce poste pour comprendre pourquoi ça mettait aussi longtemps.

ANTOINE GENTON
Comment l'expliquer alors ?

ELISABETH BORNE
Et donc on aura certainement à faire un retour d'expérience, à la fois sur pourquoi on a mis aussi longtemps à trouver la panne, pourquoi on a mis aussi longtemps à la réparer, et c'est pas faute d'énergie dépensée par les équipes de la SNCF, et aussi pourquoi on a eu une situation aussi dégradée dimanche gare Montparnasse. Donc moi j'ai demandé un rapport aux deux présidents de la SNCF, pour la fin de la semaine, parce que je pense que la situation n'est pas satisfaisante, moi je ne m'en satisfais pas, et il faut qu'on évite de recommencer des situations de ce type-là.

ANTOINE GENTON
La SNCF est une entreprise d'Etat, qu'allez-vous faire pour remédier à ces nombreux incidents, qui sont souvent quotidiens pour les usagers des trains, qu'il s'agisse de l'Ile-de-France ou d'autres régions ?

ELISABETH BORNE
Alors, c'est très clair, et c'est le sens aussi des annonces qui ont été faites par le président de la République le 1er juillet dernier, vous savez, en inaugurant deux lignes à grande vitesse, la LGV vers Bordeaux et vers la Bretagne.

ANTOINE GENTON
Qui a connu quelques problèmes, d'ailleurs, Paris – Rennes.

ELISABETH BORNE
Voilà. Mais donc il faut, il faut accorder la priorité aux transports de la vie quotidienne, à l'entretien et à la modernisation de nos réseaux. Ce qui s'est passé ce matin, c'est effectivement un poste ancien. C'est bien de faire des lignes à grande vitesse, de gagner du temps pour aller à Bordeaux ou à Rennes, mais si ensuite on est bloqué gare Montparnasse, on voit bien que ça ne va pas. Et donc, priorité à la régénération et aux transports de la vie quotidienne.

ANTOINE GENTON
Justement, est-ce que l'Etat va investir pour l'entretien et la modernisation du réseau ferré ? Est-ce que vous avez déjà une idée des montants qui pourraient être investis dans les mois ou les années qui viennent ?

ELISABETH BORNE
Ce sont trois milliards d'euros, tous les ans, qui vont être investis pour rénover le réseau, dont il faut bien comprendre qu'il s'est fortement dégradé. Et la priorité aux lignes à grande vitesse, s'est faite au détriment de la modernisation du réseau existant. Un autre paradoxe, c'est qu'au moment où on a inauguré ces deux lignes à grande vitesse, 5 300 km de voies en France font l'objet de ralentissements. Donc, voilà. On revoit les priorités, priorité à l'entretien et à la modernisation, aux transports de la vie quotidienne. Moi, je lancerai à la rentrée des assises de la mobilité, pour que les Français nous disent quelles sont leurs priorités, qu'est-ce qu'ils attendent, et puis aussi pour faire émerger toutes les bonnes idées, et tout cela débouchera sur une loi de programmation au début 2018, où on dira quels sont les transports que l'on va construire dans les prochaines années, et avec quels financements.

ANTOINE GENTON
Alors, il y a des transports qui vont être construits autour de Paris, dans la région parisienne. Paris 2024 devrait accueillir les Jeux Olympiques en 2024, c'est presque gagné pour la capitale française, est-ce que cet évènement va accélérer les choses et va rapidement améliorer les transports des Franciliens ?

ELISABETH BORNE
On n'a pas encore la confirmation, mais effectivement, on a encore avancé sur la candidature de Paris pour les JO de 2024. Le point qui est important, c'est que les investissements qui vont être faits pour ces Jeux Olympiques, serviront tous les jours aux Franciliens, ça va être le métro du Grand Paris, vous savez, les 200 km de lignes nouvelles que l'on construit autour de Paris, c'est aussi CDG Express, la liaison avec l'aéroport.

ANTOINE GENTON
Enfin, enfin !

ELISABETH BORNE
Enfin, voilà. Et donc, effectivement, les Jeux Olympiques c'est l'occasion de nous mobiliser sur ces projets, mais qui sont des projets, pas uniquement pour les Jeux Olympiques qui vont améliorer le quotidien de tous les Franciliens.

ANTOINE GENTON
Alors, le quotidien peut-être aussi des Parisiens. Vous le disiez, Elisabeth BORNE, le gouvernement décide de s'intéresser particulièrement aux transports du quotidien, aux petits trajets, à Paris ces petits trajets sont de plus en plus difficiles, notamment pour les automobilistes, la place accordée à la voiture ne cesse de se réduire. Est-ce que vous êtes convaincue par la politique menée par Anne HIDALGO, vous qui connaissez bien, aussi, Paris, puisque vous avez travaillé à la Mairie de Paris ?

ELISABETH BORNE
Je pense que c'est le sens de l'histoire. Dans toutes les grandes métropoles au monde, on est amené à réduire la place de la voiture, et à donner une priorité, à la fois aux transports en commun...

ANTOINE GENTON
Est-ce que c'est bien fait aujourd'hui ?

ELISABETH BORNE
Je pense qu'il faut effectivement organiser les choses, avoir des meilleurs transports en commun, favoriser les mobilités actives. Les mobilités actives, c'est quoi ? C'est la marche, c'est le vélo. Vous savez que l'on soutient l'achat de vélos à assistance électrique. Et tout ça permet qu'effectivement on puisse réduire la place de la voiture, sans tomber dans la thrombose au quotidien.

ANTOINE GENTON
De bonnes intentions, mais peut mieux faire sur la mise en place de ces mesures et de ces intentions.

ELISABETH BORNE
Il faut accompagner la réduction de la place de la voiture pour que ça se fasse au bénéfice de tout le monde.

ANTOINE GENTON
Le prix du passe Navigo augmente en Ile-de-France aujourd'hui, l'abonnement mensuel passe de 73 € à 75,20 € précisément, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie PECRESSE revient ainsi pour la deuxième fois sur une promesse de campagne, ça date de 2015, ne pas augmenter ce prix du passe Navigo, est-ce que c'est une bonne décision, est-ce que c'était une décision nécessaire ?

ELISABETH BORNE
Il faut avoir en tête que les transports en France, et spécialement en Ile-de-France, sont parmi les moins chers au monde. L'abonnement à Berlin ou à New York est à 100 €, à Londres, je ne vous en parle même pas, c'est à plus de 400 €.

ANTOINE GENTON
Oui, c'est très cher.

ELISABETH BORNE
Je pense que les Franciliens, ils souhaitent d'abord, et c'est le cas partout en France, avoir des transports qui fonctionnent. La part payée par le voyageur est très faible, c'est 25 % sur les TER, c'est moins de 30 % sur les transports en commun, donc il faut évidemment faire attention aux gens dont le pouvoir d'achat est modeste, mais il faut aussi avoir un bon équilibre. Quand ce n'est pas le voyageur qui paie, c'est le contribuable, donc me voyageur peut aussi participer au développement de ces transports.

ANTOINE GENTON
Merci Elisabeth BORNE, ministre chargée des Transports.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 août 2017

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