Interview de M. Benjamin Griveaux, à "BFM TV" le 1er août 2017, sur la gestion par le gouvernement des entreprises en difficulté (chantier naval de Saint-Nazaire, entreprise d'auipement automobile dans la Creuse). | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Benjamin Griveaux, à "BFM TV" le 1er août 2017, sur la gestion par le gouvernement des entreprises en difficulté (chantier naval de Saint-Nazaire, entreprise d'auipement automobile dans la Creuse).

Personnalité, fonction : GRIVEAUX Benjamin, DUCHEMIN Raphaëlle.

FRANCE. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances;

ti :
RAPHAËLLE DUCHEMIN
Bonjour Benjamin GRIVEAUX.

BENJAMIN GRIVEAUX
Bonjour Raphaëlle DUCHEMIN.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Merci d'être avec nous sur RMC et BFM TV, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie. Les J.O 2024, dites-moi, bonne nouvelle, économiquement parlant, pour Paris, pour la France ?

BENJAMIN GRIVEAUX
D'abord, bonne nouvelle pour la France et pour les Français, parce qu'il y a une fierté à, finalement, accueillir des sportifs du monde entier, et ça je crois que chacun peut s'en féliciter, ça mettra les projecteurs sur notre pays qui retrouve déjà depuis quelques semaines une voix sur la scène internationale.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
C'est comme si c'était fait !

BENJAMIN GRIVEAUX
Donc c'est une bonne chose. La décision finale interviendra le 13 septembre à Lima, au Pérou, et donc moi je suis comme saint Thomas, je ne crois que ce que je vois, donc attendons le 13 septembre, mais en tout cas je crois qu'il faut saluer le travail qui a été effectué par monsieur ESTANGUET, par monsieur LAPASSET. Comme quoi, quand on confit à des professionnels, qui connaissent le monde du sport, une mission importante, elle est menée à son terme. Il faut saluer le travail qui a été effectué par la Maire de Paris, et puis aussi saluer le président de la République qui a reçu, je le rappelle, les membres du CIO quelques jours à peine après son élection, et dont je crois qu'il a su porter aussi la voix de la France, et l'importance, pour la France, d'accueillir les Jeux.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Il est même invité ce week-end à Los Angeles, par le maire de Los Angeles, qui n'est pas rancunier puisqu'il a 2028. Dites-moi, vous entendez par contre, justement économiquement, les Français dire « vous nous demandez des économies et en même temps vous allez investir » ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais c'est de la dépense d'investissement et pas de fonctionnement, et ce n'est pas la même chose, parce que quand vous investissez vous créez de la richesse. Les J.O ce sont plusieurs centaines de milliers d'emplois, pour la réalisation des infrastructures, pour l'accueil, et puis c'est aussi un partenariat avec le privé, avec des entreprises qui auront vocation à sponsoriser. Et donc, c'est dans cet équilibre entre le public et le privé que pourra se financer intelligemment le modèle économique des Jeux Olympiques, on sera vigilant, parce que l'argent public est rare, il faut donc l'investir à bon escient. Tant que ce sont des investissements dans les infrastructures, c'est bon pour le pays, c'est bon pour Paris, c'est bon pour la région Ile-de-France, et ça je crois que chacun peut s'en féliciter.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Et c'est peut-être bon pour vous, parce que 2024 le maire, ou la Maire de Paris, Anne HIDALGO, Benjamin GRIVEAUX peut-être.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je ne ferai pas de commentaire. A nouveau, sur ce sujet, j'ai déjà démenti cette information, je continuerai à le faire, je suis concentré sur la mission qui m'a été confiée par le président de la République et le Premier ministre auprès de Bruno LE MAIRE, à savoir m'occuper de l'économie et des finances de ce pays.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Laissons le temps au temps, c'est ça ?

BENJAMIN GRIVEAUX
L'économie et les finances, c'est là ma seule obsession, matin, midi et soir.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
En tout cas il va falloir, d'ici 2024, faire de gros efforts en matière de transports, parce que vous avez constaté, comme nous tous d'ailleurs, qu'il y a eu une grosse pagaille, on va le dire comme ça, à la SNCF, gare Montparnasse. Ça fait 48 heures qu'on cherche, on a enfin identifié la panne. Qu'est-ce qui s'est passé, Benjamin GRIVEAUX ?

BENJAMIN GRIVEAUX
100.000 personnes voyageaient sur ces lignes depuis 48 heures, 7000 n'ont pas pu trouver de solution. C'est évidemment inconcevable, et ce n'est pas acceptable dans une période de vacances, qui sont des périodes de retrouvailles familiales, et donc là-dessus la SNCF a d'ailleurs reconnu des erreurs, à la fois de communication et d'information, parce qu'il est important, dans ces moments-là, d'être parfaitement transparent et de dire aux voyageurs que le train pourra circuler ou ne pourra pas circuler, afin qu'ils puissent s'organiser, ça c'est la première chose…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Oui, enfin, il y a eu quand même de gros problèmes de communication.

BENJAMIN GRIVEAUX
Il y a eu de gros problèmes de communication, d'ailleurs la SNCF l'a reconnu elle-même. Il y a un sujet, finalement, derrière, plus important, qui est la question de l'identification de la panne, ça a été le cas. Elisabeth BORNE a commandé une inspection afin qu'on puisse déterminer exactement la chaîne de responsabilité et voir ce qui n'a pas pu fonctionner. Mais, ce que cela nous dit, finalement, c'est qu'il faut investir dans la modernisation du réseau et qu'il va falloir réaliser ces investissements rapidement, afin d'éviter que ces situations ne se reproduisent à l'avenir, et de permettre d'avoir une optimisation du fonctionnement du réseau.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais ce que disent les syndicats, Sud-Rail notamment, c'est que précisément il y a eu modernisation, et donc moins d'équipes qui connaissent moins bien le terrain, et que, du coup, on en arrive à des pannes comme celle-là, dans un endroit, finalement, que les gens ne maîtrisent pas. Donc, on est allé vérifier, fil par fil, celui qui…

BENJAMIN GRIVEAUX
Sud-Rail est dans son rôle, mais la modernisation du réseau, et ce sera l'objet d'une loi de programmation qui se tiendra en 2018 sur la question des investissements, est indispensable, afin d'éviter qu'à l'avenir…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
3 milliards par an, c'est ça ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Afin d'éviter qu'à l'avenir ce type de situation ne se reproduise.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Donc on a quand même un problème de vétusté des infrastructures ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A l'évidence, et il faut les moderniser.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Venons-en à vos dossiers, plus précisément celui de GM& S. On pensait que l'épilogue était proche, manifestement ce n'est toujours pas le cas puisqu'il va falloir attendre le mois de septembre. Ça fait quand même depuis fin 2016 que les salariés attendent de savoir à quelle sauce ils vont être mangés, ils sont 277, or, GMD, le repreneur, ne peut pas reprendre tout le monde, il dit c'est 120, ce n'est pas plus.

BENJAMIN GRIVEAUX
Je fais simplement un petit récapitulatif pour vos auditeurs, parce que c'est une histoire qui dure effectivement depuis la fin de l'année 2016. Nous avons, nous, repris les rennes, Bruno LE MAIRE dès sa nomination, moi quelques semaines après…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Vous êtes allés les voir.

BENJAMIN GRIVEAUX
Où nous sommes allés les voir. Quelle était la situation ? Il n'y avait pas de repreneur, pas de carnet de commandes, pas d'investissement sur le site. Nous avons, un, identifié un repreneur, il y avait une cinquantaine de propositions qui ont été faites, un seul était solide, parce que connu du métier, respecté, c'est l'entreprise GMD, dont monsieur MARTINEAU est le responsable. Ensuite, il fallait des commandes, parce qu'il n'y avait pas de chiffre d'affaires, il y avait une difficulté, sur cela, afin de pouvoir établir la pérennité industrielle du site.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Et vous êtes intervenus auprès de PSA, auprès de RENAULT, non sans mal parfois.

BENJAMIN GRIVEAUX
Et PSA, et RENAULT, ont rempli le carnet de commandes. La difficulté que nous avions c'était sur la partie des investissements parce que l'appareil productif nécessitait qu'on y investisse et qu'on le modernise. PSA a rejoint RENAULT, et je tiens à saluer le travail qui a été fait, à la fois par Carlos TAVARES et par Carlos GHOSN, sur ce site. Et donc, l'Etat…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Vous avez dû leur tordre un petit peu le bras quand même !

BENJAMIN GRIVEAUX
On a dû discuter, mais ça c'est l'objet d'une négociation, c'est, toujours, vous commencez une négociation et puis vous progressez, c'est ce qui a été fait, nous y avons travaillé d'arrache-pied avec Bruno LE MAIRE afin d'arriver à un financement global d'une quinzaine de millions d'euros, répartis entre l'Etat et les constructeurs, et ça c'était indispensable. La situation elle est terrible pour les personnes qui ne seront pas reprises parce qu'il y a des personnes qui ne seront pas reprises, nous ne l'avons jamais caché. Mais, quel était le risque quand on est arrivé ? C'est que 277 personnes perdent leur job, que la boîte soit tout simplement liquidée, du jour au lendemain…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Donc vous dites c'est mieux que rien, 120.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ce qui, quand vous êtes à La Souterraine dans la Creuse, signifie que, pour la ville, pour le territoire, pour le bassin de vie, eh bien c'est une condamnation, c'est la fin…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
C'est le premier (sic) employeur privé…

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est le deuxième employeur privé du département, comme vous le rappelez. Et donc, ça a été renvoyé, la décision, au 4 septembre, mais qu'a-t-on appris hier au tribunal de commerce de Poitiers ? Qu'il y avait une offre ferme, que l'ensemble des conditions suspensives, posées par le repreneur, avaient été levées, et elles étaient nombreuses, elles n'étaient d'ailleurs pas illégitimes. Et donc, là, il y aura la consultation des instances représentatives du personnel, ce qui est normal, au mois d'août, parce qu'il faut que les salariés accompagnent le repreneur et acceptent ce que le repreneur propose. Aujourd'hui il y a 120 emplois, c'est-à-dire on est dans ce niveau-là de reprise. Moi j'ai bon espoir que, une fois que l'appareil de production sera relancé, une fois que l'usine se sera remise à tourner, eh bien que dans 6 mois, 1 an, il puisse y avoir un peu plus que 120 emplois à la clé. C'était une première étape indispensable, nécessaire, il fallait qu'on puisse remettre l'outil de travail en fonctionnement.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Donc, 120 pour vous, si je vous comprends bien ce matin, Benjamin GRIVEAUX, ce n'est qu'un début, il pourrait y avoir…

BENJAMIN GRIVEAUX
J'espère que c'est une première étape, en tout cas ma certitude c'est que s'il n'y avait pas eu cette première étape c'était la liquidation pure et simple et le licenciement de 277 personnes sur le site. Par ailleurs, je rappelle que l'Etat et la région, les collectivités locales, mettront tout en oeuvre sur l'accompagnement des salariés, afin d'accompagner ceux qui ne seront pas repris.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Que deviennent « les blessés », comme les appelle le délégué CGT de La Souterraine, ceux qui ne sont pas repris justement ? « Pas question de se laisser dépouiller comme ça », voilà ce qu'il dit, Yann AUGRAS. Les 157, finalement, qui vont rester sur le carreau, je crois que vous avez des propositions aussi, qui ont été formulées, pour doubler le montant des primes pour ceux qui sont licenciés, 5000 au lieu de 2500, on donne aussi une enveloppe pour accompagner la mobilité.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ça c'est pour les primes à la formation, on double le montant, ce qui est absolument indispensable parce que vous êtes face à des salariés qui connaissent très bien leur métier, mais qui, pour beaucoup d'entre eux, ont travaillé pendant 25 ans dans la même activité, et donc le besoin de formation est important. Ce qu'il faut faire, en fait, dans ces cas-là, c'est du sur-mesure, c'est assurer le suivi le plus individualisé…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Le fameux accompagnement individualisé.

BENJAMIN GRIVEAUX
Parce que vous ne traitez pas de la même manière et vous n'accompagnez pas de la même manière quelqu'un qui aurait 55 ans et qui est plutôt en fin de carrière, qui a passé 25 ou 30 ans dans l'industrie automobile, que quelqu'un qui est plus jeune, et donc c'est un suivi très personnalisé, sur les questions de mobilité, sur l'accompagnement à la création d'activité, sur les questions de formation.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais quand on a passé une vie dans la Creuse, la mobilité vous y croyez ?

BENJAMIN GRIVEAUX
La question étant de savoir est-ce que la mobilité s'applique de la même manière à des personnes qui sont plus proches de la retraite qu'à des personnes plus jeunes, ça dépend aussi de votre environnement familial, si vous êtes établi là depuis longtemps ou pas, si vous êtes prêt à engager de la mobilité. Tout ça, ça se traitera au cas par cas. Et moi je tiens à saluer aussi, et je veux associer au travail que nous avons accompli avec Bruno LE MAIRE, le cabinet de Muriel PENICAUD, qui a été très présente et qui, justement, a mis en place des dispositifs exceptionnels pour pouvoir accompagner les salariés non repris.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Puisque vous évoquez Bruno LE MAIRE, il est attendu à Rome aujourd'hui, sur le dossier STX. Il dit, ce matin dans la presse italienne, le Corriere Della Sera, qu'il faut un actionnaire privé, un partage à égalité. Tout ça part évidemment d'un bon sentiment, parce que la semaine dernière ça s'est quand même un peu mal passé avec l'Italie.

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, c'est une discussion dans laquelle nous défendons les intérêts des chantiers navals de Saint-Nazaire…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
On discute ou on impose ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Et les intérêts français.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
On a imposé là !

BENJAMIN GRIVEAUX
Nous devions exercer un droit de préemption, nous avions jusqu'à la fin de la semaine dernière pour le faire, sinon nous perdions la main. Il n'était pas question…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Vous dites droit de préemption, vous n'employez pas le terme nationalisation, c'est un gros mot manifestement.

BENJAMIN GRIVEAUX
C'est le terme juridique exact, nous avons exercé…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais aujourd'hui 100 % de l'entreprise, c'est bien une nationalisation temporaire.

BENJAMIN GRIVEAUX
Temporaire. Nous avons exercé le droit de préemption, nous l'avons fait de manière temporaire, pourquoi ? Parce que sinon nous perdions totalement la main, et il n'était pas question de perdre la main sur ce dossier, pour plusieurs raisons. C'est un dossier important en termes d'emplois, et c'est un bassin important. C'est un dossier essentiel en termes de savoir-faire industriel, et il fallait maintenir ce savoir-faire industriel. Et puis c'est un dossier important pour une autre raison, c'est que, aujourd'hui c'est de la construction navale civile, et peut-être demain pourrions-nous avoir des coopérations et avoir une construction navale de nature plus militaire, Florence PARLY est également associée sur cette question et elle est très vigilante, et à ce titre il était normal que l'Etat prenne ses responsabilités. Ce qui ne veut pas dire qu'à terme il n'y ait pas un partenaire privé, FINCANTIERI c'est un industriel italien parfaitement établi, à la réputation parfaitement bonne, disons-le…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais vous ne voulez pas lui laisser la main.

BENJAMIN GRIVEAUX
Mais, la proposition qui a été faite c'était d'être à 50/50 et qu'ils aient le contrôle opérationnel de l'entreprise au quotidien. Ça n'a pas suffi, Bruno LE MAIRE se rend donc aujourd'hui à Rome pour poursuivre les discussions et arriver à convaincre nos amis Italiens.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Oui, parce que vous dites que la négociation avec l'Italie n'est pas rompue, eux qualifient – ce n'est pas moi qui le dit, c'est le président du Conseil italien – de grave et incompréhensible, la nationalisation temporaire ; pardon de l'expression.

BENJAMIN GRIVEAUX
A nouveau, la France défend ses intérêts stratégiques en termes d'emplois, de savoir-faire, de maîtrise de sa technologie, c'est là normal, et je suis certain que les discussions qui seront engagées tout à l'heure par Bruno LE MAIRE, à Rome, avec les autorités italiennes, nous permettront d'avancer positivement sur ce dossier.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
On parlait d'actionnaires privés, vous savez que les sous-traitants de STX, notamment ici, en France, souhaitent faire partie du tour de table. C'est une éventualité ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ils rencontrent, sous l'égide de Bruno RETAILLEAU, ce matin, à Bercy, nos équipes. Ecoutez, ça, c'est à voir, je ne peux pas vous donner le résultat d'une réunion qui commence dans quelques minutes à Bercy, on verra les propositions qui seront faites…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Mais ça va dans le bon sens ?

BENJAMIN GRIVEAUX
A partir du moment où vous associez les forces vives d'un territoire, les entreprises d'un territoire, eh bien c'est toujours bon pour le développement économique d'une entreprise. Vous savez, une entreprise, comme STX, c'est un écosystème, ce sont des sous-traitants, ce sont des emplois indirects, ce sont des familles, qui touche, bien au-delà, des milliers de salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire, et donc il est important que chacun puisse se mobiliser. C'est aussi le sens de ce que nous engageons dans les territoires. Moi j'étais la semaine dernière à Marseille, où je suis allé visiter les quartiers Nord, un incubateur qui s'appelle « Le carburateur », dans les quartiers Nord de Marseille, il travaille avec l'écosystème des entreprises qui est autour de lui, et c'est comme ça que ça fonctionne, parce que vous créez des synergies, parce que les gens apprennent à se connaître et puis investissent dans le territoire ensemble, c'est aussi cela qu'il faut valoriser.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Benjamin GRIVEAUX, est-ce que vous étiez au Conseil des ministres du 12 juillet…

BENJAMIN GRIVEAUX
Non, je n'y étais pas.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Quand Emmanuel MACRON a dit, manifestement, aux moins expérimentés d'entre vous, « c'est du pipi de chat ce qui me remonte dans certaines de vos notes » ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Je n'y étais pas.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Vous n'y étiez pas.

BENJAMIN GRIVEAUX
Donc je n'ai pas l'habitude de commenter les Conseils des ministres par nature, et alors encore moins ceux auxquels je ne participe pas.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Il paraît que l'Elysée veut remplacer certains vice-présidents à l'Assemblée nationale parce que pas assez aguerris justement. C'est vrai que c'est le reproche qu'on fait aux « marcheurs. »

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, beaucoup de procès ont été faits à cette nouvelle majorité. Que les choses soient claires. Les Français ont souhaité envoyer à l'Assemblée nationale des personnalités nouvelles, issues de la société civile. Le règlement intérieur de l'Assemblée nationale c'est 160 articles et 100 pages, faut-il le reconnaître sur le bout des doigts au bout d'un mois ? Ma réponse est non. Et moi je préfère avoir des parlementaires qui sont issus de la société civile, qui ont une expérience professionnelle parce que je me dis que si on veut faire bouger le pays et transformer l'économie de ce pays, je préfère cela aux champions de la procédure, qui en général, sont les champions de l'immobilisme.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Officiellement il y a urgence à leur trouver des successeurs plus aguerris, voilà ce que dit l'Elysée.

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, ça ce sont des racontars de ce qui s'est passé au conseil des ministres, donc moi je n'ai pas l'habitude de commenter, mais ce dont je suis certain, c'est que ceux qui sont là depuis 25 ans et qui nous expliquent que rien ne fonctionne bien à l'Assemblée nationale, seraient inspirés de regarder eux-mêmes ce qui s'est passé depuis 25 ans, peu de choses ont bougé. Ce que je constate, c'est qu'en un mois, trois textes importants ont été votés, et qu'on est en avance sur le calendrier parlementaire. Que la loi sur le renouvellement dans la confiance démocratique a été adoptée à une écrasante majorité et que c'est donc cela l'important, c'est l'efficacité de l'action publique, c'est ça qu'attendent de nous, les Français et rien d'autres.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Et ce soir, ce soir au plus tard, en théorie, on aura la liste pour les sénatoriales, la liste de La République En Marche, vous pensez pouvoir franchement, emporter une majorité aussi au Sénat ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ecoutez, on fera en tout cas tout ce qui est possible pour porter les idées de La République En Marche au-delà de l'Assemblée nationale au Sénat, où un groupe a déjà été constitué sous la président de François PATRIAT, moi j'ai la certitude que les élus locaux sont sensibles à la démarche qu'a engagé Emmanuel MACRON de recomposition de la vie politique française. Parce que je le rappelle les élus locaux constituent le corps électoral des sénateurs et pour beaucoup d'entre eux, ils dirigent leur ville avec des majorité bipartisane, avec des majorités de projets, et je pense que la démarche qui a été engagée par La République En Marche, de casser les clivages et de mettre autour de la table des gens de bonne volonté qui ont envie de faire progresser le pays, eh bien c'est la démarche d'engager beaucoup d'élus locaux…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Donc vous pariez sur une majorité ?

BENJAMIN GRIVEAUX
Ont engagé beaucoup d'élus locaux dans leur propre majorité. Je ne sais pas s'il faut parier sur une majorité, mais en tout cas moi, je ne parie pas au moment des élections mais, je fais confiance dans l'intelligence des élus locaux pour reconnaitre que ce qui a fonctionné pour eux au niveau local, peut sans doute fonctionner au niveau national.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Merci Benjamin GRIVEAUX.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 2 août 2017

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